Missionnaires d'Afrique
Spiritualité
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Herman Bastijns M.Afr.
Récollection Carême 2012
La Parole qui fait vivre
Pour entrer dans ce carême, je voudrais partir de la réponse de Jésus à la première tentation du diable au désert que nous lisons dans l'Evangile de Mathieu : "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu". (Mt 4, 4)
Cette réponse traduit en premier lieu l'expérience profonde de Jésus lui-même dans le désert. Au-delà de la faim qui le tenaille, Jésus se nourrit et vit d'une Parole chargée d'une infinie tendresse, celle qu'il a entendue à son baptême. C'est d'elle qu'il apprend à tirer toute sa force. Comme le prophète Jérémie, et avec combien plus de vérité, Jésus aurait pu dire : "Quand je rencontrais tes paroles, Seigneur, je les dévorais, elles faisaient ma joie, les délices de mon coeur, parce que ton Nom a été invoqué sur moi, Seigneur de l'univers" (Jr 15, 16)
Cette réponse concerne aussi l'avenir de l'homme au-delà de toutes les réussites économiques et matérielles. Plus encore que de pain et de vêtement, l'homme a besoin d'égards. Ce qu'il cherche par-dessus tout, simplement pour continuer à croire en son humanité, c'est un regard qui lui parle avec des égards. Avec une infinie tendresse. Mais qui lui parlera de la sorte ? Timothy Radcliffe dit que le chrétien n'est pas en premier lieu ni plus sage, ni plus fort, ni même meilleur que tous les autres, mais il est quelqu'un qui a reçu un message, quelqu'un qui a entendu une parole et qui en vit.
La question sous-jacente à la réponse de Jésus au diable est la suivante : Que faut-il donc à l'homme pour vivre, pour vivre une vie humaine, pour vivre pleinement ? Qu'est-ce qui nous assure une qualité de vie ou une vie de qualité? C'est cette question, très actuelle en ce temps de crise économique, que je vous propose comme thème et boussole pour ce temps de carême : Qu'est-ce qui me fait vivre vraiment ? Que me faut-il pour me sentir bien, heureux, plein de vie ? La question peut surprendre, car nous gardons vaguement l'idée que le temps de carême doit être un temps de contrainte, de vie amoindrie, un temps triste. Serait-ce pour cela que le Carnaval est vu comme une occasion de se réjouir une dernière fois avant d'entrer dans un temps triste ? Et si le contraire était vrai ? Si le Carnaval était une dernière occasion d'être bruyamment triste avant d'entrer dans un temps de joie profonde et de vie intense ?
Que faut-il pour vivre pleinement ? Il faut bien des choses dont aucune n'est à négliger. Il faut d'abord le pain tout court, pour éviter la mort physique. Mais il faut un pain mangé en famille ou en compagnie, pour éviter la solitude et l'isolement. Il faut aussi un pain partagé dans la paix, pour conjurer la peur. Enfin, il faut un pain venu du ciel, pour vaincre le désespoir.
Quelles attitudes peuvent nous aider à manger notre pain d'une façon vraiment nourrissante ?
Tout d'abord une attitude de gratitude pour le pain quotidien. Je ne me souviens pas d'avoir manqué un jour d'un des trois repas habituels, alors que je connais bien des gens qui ne mangent qu'une fois par jour, sinon tous les deux ou même trois jours. La meilleure façon de m'engager dans le combat contre la faim dans le monde, est de commencer d'abord par rendre grâce pour la nourriture abondante et saine que je reçois. La prière classique le dit bien : " Merci, Seigneur pour ce repas et donne du pain à ceux qui n'en ont pas " ou plutôt : " aide-nous à procurer du pain à ceux qui n'en ont pas ".
Une deuxième attitude que nous pourrions essayer de cultiver durant ce carême est la commensalité. Nos repas sont plus qu'une occasion pour chacun de se nourrir physiquement, ils sont aussi des occasions choisies de vivre la convivialité et la fraternité. Pensons-y et n'oublions pas que manger un peu plus lentement est en outre bon pour la santé.
Une troisième attitude est celle de la paix intérieure et d'un esprit positif. Le pain, mangé dans la colère, dans le ressentiment ou dans la peur, ne profite pas vraiment au corps. Il est vrai que le monde d'aujourd'hui nous offre largement de quoi nous inquiéter, nous indigner, nous révolter même. Mais si nous amenons systématiquement tous ces griefs à notre table, nous finirons par faire tourner en vinaigre même le meilleur des vins.
Une quatrième attitude n'est autre qu'une foi joyeuse et persévérante.
Un aspect positif de notre culture actuelle, souvent décriée, est que nous sommes devenus en premier lieu responsables de notre propre bonheur et que nous pouvons et devons prendre les moyens pour assurer ce bonheur. Les moyens matériels et les moyens psychiques pour nous trouver " bien dans notre peau " ne manquent pas. Vous connaissez-le le vieux dicton : " Aide-toi et Dieu t'aidera ". Il semble que nous n'avons que trop bien compris la première partie de ce dicton, mais oublié la deuxième. Oui, il y a un mot que beaucoup aujourd'hui ne connaissent même plus : " La Divine Providence ". Savoir que quelqu'un pense à moi, se soucie de moi, s'occupe de moi et prend soin de moi, voilà qui me remplit d'énergie, de joie et de paix, surtout quand il s'agit de Dieu lui-même. Car notre faim la plus profonde, plus profonde que de pain, est notre faim de Dieu.
Alors, j'oserais vous inviter, cette année, à vivre un carême joyeux, un carême tonifiant, un carême plein de vie. Cela peut paraître en contradiction avec une idée courante qu'on se fait du carême. Mais peut-être faut-il revoir et " évangéliser " cette conception courante. Jésus ne dit-il pas que ces amis " ne peuvent pas jeûner tant que l'époux est avec eux" ? (Lc 5,34) L'ascèse du corps et de l'esprit n'est pas un but en soi, mais une condition et un moyen pour libérer en nous l'action de grâce et la louange. La solitude et le silence du carême ne sont pas un isolement, mais au contraire une présence très intense à Dieu et à tous ceux que Dieu aime.
Garde mon âme dans la paix, près de toi, Seigneur !Je voudrais prolonger cette réflexion d'une façon concrète et pratique.
Nous-autres, qui vivons dans la moitié Nord de notre globe, nous avons beaucoup, nous savons beaucoup et nous pouvons beaucoup. Et pourtant nous souffrons tous d'une maladie que ne connaissent pas ceux qui ont peu, qui savent peu et qui peuvent peu. Cette maladie endémique des pays en pointe du développement s'appelle le stress.
Je me souviens de cette sur que je rencontrai un jour dans un hôpital. Elle me salua en coup de vent et, toute agitée et hors d'haleine, elle me lance : " Père, je cours, je cours, je ne sais plus où j'ai la tête et je ne sais même plus si je vis encore ! ". J'ai quand même eu le temps de lui dire : " Bon courage ! ". Et je pensais en moi-même : " Espérons que cette situation ne durera pas trop longtemps. " Car il faut bien admettre qu'il y a inévitablement dans nos vies des moments où il faut savoir y mettre le paquet pour faire avancer le travail. Je pense à des sportifs qui engagent toutes leurs forces au moment de la compétition. Je pense à des moments dans notre vie où il faut être prêt à engager toute notre énergie et beaucoup de temps. Je pense même à saint Ignace qui montrait une grande compréhension pour ses jeunes Jésuites étudiants, au moment des examens. Il leur disait de réduire, si nécessaire, le temps de la prière, mais sans jamais abandonner l'examen du conscient, c'est-à-dire ces moments de recueillement où l'on cherche à écouter dans son cur, le murmure de l'Esprit au milieu de la tourmente. Le stress est donc bon en soi et nécessaire pour une vie intense et féconde.
Mais là où cela se gâte, c'est quand le stress devient permanent, car alors il engendre épuisement, découragement, dégoût et finalement désespoir.
D'où provient un tel déclin du tonus vital ? Il peut provenir du dehors, sous la forme d'une ou de plusieurs tâches ou responsabilités au-delà de mes forces. Il peut aussi provenir d'un problème communautaire qui compromet sérieusement les relations et la collaboration. Et l'on pourrait encore déceler bien d'autres causes, comme une situation d'insécurité, un grave problème de santé, etc.. Devant tout cela, nous devons d'abord reconnaître la situation et puis, calmement, voir comment nous pouvons y remédier.
Mais ne pointons pas trop vite du doigt les facteurs extérieurs. En-dessous de ceux-ci, il y a aussi et surtout des facteurs intérieurs de stress. Je pense en particulier aux diverses compulsions qui nous harcèlent du dedans sans nous laisser de répit : cette hantise de la perfection qui ne me permet ni repos ni satisfaction ; ce besoin compulsif d'être utile aux autres qui épuise mes forces; cette fascination du succès à tout prix, même au prix de mon propre bien-être ; ou encore ce besoin insatiable de briller et de me distinguer ou celui de tout savoir et de tout prévoir ; il y a encore l'obsession du devoir, ou celle du plaisir, ou celle de l'autodéfense ; et finalement celle d'une fausse tranquillité qui finit par m'isoler des autres, des événements et de la vie.
Je disais que le stress permanent peut mener au désespoir, et ainsi jouer dans la carte du diable. Mon évêque, le cardinal Danneels, dans une de ses lettres de Noël, a parlé du stress. Il cite un article de la revue Famille Chrétienne, où est dévoilée la stratégie du grand Tentateur. Voici les consignes que le diable donne à un de ses serviteurs au moment de l'envoyer en mission sur la terre.
" N'oublie jamais que ton but principal sera toujours de semer le désespoir. Ne perds cela jamais de vue. Or, tu dois savoir que tu atteindras ce but plus facilement par l'acédie (fatigue, découragement, dégoût) que par l'orgueil. Avec l'acédie, tu peux obtenir tout. Veille aussi à ce qu'on n'en parle nulle part. Fais barrer le mot dans le dictionnaire et dans les contrôles de grammaire de tous les pc's. S'ils ne connaissent plus le mot, il ne penseront plus à la chose elle-même.
Et plus elle est oubliée, plus nous aurons les mains libres. Pour répandre ce virus parmi tes clients, dès qu'ils rencontrent un conflit ou une difficulté, pousse-les à courir à gauche et à droite pour chercher une solution ; fais-leur croire que le salut est dans le changement ; donne-leur régulièrement un nouveau jouet. Entretiens aussi l'amertume. Qu'ils soient nombreux à répéter : " Les gens ne valent plus rien ; partout il n'y a que des scandales ; on ne peut plus se fier de personne. " Quand tu as à faire à un chrétien, fais-le rêver à haute voix d'une Eglise idéale.
Concentre-toi surtout sur les années du milieu de la vie. C'est un terrain de chasse rêvé. Au début de leur vie spirituelle, incite-les à être follement généreux. Puis laisse-les se fatiguer, se fatiguer de faire le bien jour et nuit, le dimanche et les jours de semaine. Rappelle-toi que l'activisme est le meilleur des poisons. Avec l'activisme, tu les tue tous. Et puis, n'oublie pas les réunions, beaucoup de réunions - la réunionite -, surtout tard le soir. Avec ça tu te débarrasses de la prière du soir et leur sommeil ne sera pas restaurateur. Et s'ils se lèvent déjà fatigués, ils ne prieront pas non plus le matin. Va maintenant, et fais du bon travail. "
Si la tentation repose sur une stratégie de la mort, nous devons la combattre avec une stratégie de la vie. Le cardinal Danneels nous propose 10 petites règles pour vivre selon de cur de Jésus.
1. Ne t'effraie pas de sentir parfois la fatigue, la fatigue de vivre. Elle est inévitable, mais elle peut être une grâce de purification et de croissance humaine et spirituelle.
2. Examine ta vie. Est-ce que faire est plus important pour toi qu'être ?
3. Ne te sens pas responsable de tout. Dieu veut aussi faire sa part.
4. Ne volons pas d'une fleur à l'autre comme les abeilles. Le premier miel est le meilleur.
5. Si tu es toujours pressé, commence par faire les choses un peu plus lentement et veille à laisser des blancs dans ton agenda.
6. Pour les anciens pères spirituels, un moine affronte beaucoup de tentations, mais la pire est de 'ne pas savoir s'arrêter'.
7. Sois persévérant. La persévérance est le premier pas vers l'espérance.
8. Cherche quelqu'un pour t'aider. Non pas un conseiller qui t'offre des instruments pour travailler ; non pas un psychologue qui t'aide à enlever des obstacles, mais un père spirituel pour qui tu es un pèlerin en route vers Dieu.
9. Entraîne-toi dans la confiance et dans la conscience que Dieu est ton Père et toi son enfant. Les enfants ne doivent pas être capables de tout.
10. Commence toujours par remercier. Après, il y aura encore suffisamment de temps pour se plaindre et poser des questions.Bon carême !
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Herman Bastijns M.Afr.
Lent 2012The word that gives life
In order to enter into this Season of Lent, I would like to start from Jesus' reply to the Devil's first temptation in the desert, which we find in Matthew's Gospel, 'Man does not live on bread alone but on every word that comes from the mouth of God'(Mt 4, 4).
This reply in the first place transmits Jesus' actual profound experience in the desert. Over and above the hunger that gnaws at him, Jesus is nourished and thrives on a word laden with infinite tenderness, the word he heard at his baptism. He will learn to draw all his strength from this word. As the Prophet Jeremiah said, and with all the more truth, Jesus could also have said, 'When your words came, I devoured them: your word was my delight and the joy of my heart; for I was called by your name, Lord, God of Sabaoth. (Jr 15: 16)
This reply also concerned the future of man beyond all economic and material success. Above and beyond food and clothing, man needs consideration. What he seeks above all, just to continue believing in his humanity, is a look that speaks to him with consideration, with infinite tenderness. Now, who is going to speak to him in this way? Timothy Radcliffe says that the Christian is not first and foremost wiser, stronger or better than anyone else, but someone who has received a message, someone who has heard a word and lives from it.
The underlying question to Jesus' reply to the Devil is the following: what does man need to live, to live a human life, to live fully? What guarantees us a quality of life and a life of quality?
This question, very topical in our economic crisis times, I am offering to you as the theme and compass bearing for this Season of Lent: what really gives me life? What do I need to feel good, content and full of life? The question may surprise, because we keep a vague idea of the Season of Lent as a time of restriction, a diminished life, a time of sadness. Could it be for this reason that Carnival is seen as an opportunity to rejoice for the last time before entering into a period of misery? What if the contrary were true: if Carnival were the last opportunity to be noisily miserable before entering into a time of deep joy and vibrant living?
What do we need to live fully? There must be things that cannot be left out. Firstly, we need food just by itself to avoid dying of hunger. However, we need food eaten in family or in company to avoid solitude and isolation. We also need food shared in peace, to ward off fear. Finally, we need food from heaven, to vanquish despair.
Which attitudes could help us take our food in a way that is truly nourishing?
Firstly, we need an attitude of gratitude for our daily bread. I do not remember missing a day without three ordinary meals, whereas I know lots of people who only eat once a day, or even every second or third day. The best way to become involved in the fight against hunger in the world is to begin by giving thanks for the abundant and healthy food I receive. 'Thank you, Lord, for this meal and give bread to those who do not have any.' This should rather be, '...help us to find bread for those who do not have any.'
A second attitude that we could try to cultivate during this Lent is commensality. Our mealtimes are more than just an opportunity to take physical nourishment. They are also privileged occasions to live conviviality and fraternity. Take time to think about it and let us not forget that eating a little more slowly is, besides, good for our health.
A third attitude is inner peace and a positive outlook. A meal taken in anger, resentment or fear does nothing to nourish the body. It is true that in today's world there is more than enough to worry, to anger and even to revolt us. However, if we systematically bring all this grief to the table, we will end up changing even the finest wine into vinegar.
A fourth attitude is none other than a joyful and enduring faith.
A positive aspect of our often decried contemporary culture is that we have become first and foremost responsible for our own happiness and that we can and must take the means to ensure this happiness. There is no shortage of material and psychological means to feel comfortable with ourselves. You know the old saying, 'God helps those who help themselves.' It seems we have understood only too well the latter part of this saying, but forgotten the first. Indeed, many today no longer know the expression, 'Divine Providence'. Knowing that someone is thinking about me, is concerned for me and looks after me fills me with energy, joy and peace, especially when it is God himself doing so. Our innermost hunger, more ravenous than for food, is our appetite for God.
Now, I will take the liberty of inviting you this year to live a joyful Lent, a stimulating Lent, and a Lent full of life. This may appear contradictory to the current idea of Lent. However, perhaps we need to revisit and evangelise this current conception. Did not Jesus say of his friends, 'Surely you cannot make the bridegroom's attendants fast while the bridegroom is still with them?' (Lk 5:34)
Asceticism of body and soul is not an aim in itself, but a condition and a means to liberate in us thanksgiving and praise. Lenten solitude and silence are not isolation, but a very intense presence to God and to those whom God loves.
My soul is longing for your peace, near to you, my God!I would like to extend this reflection in a tangible and practical way.
As for us who live in the Northern Hemisphere, we have a lot, we know a lot and we can do a lot. Nevertheless, we all suffer from an illness that those who have little, know little and can do little do not. This endemic illness in the countries of the forefront of development is called stress.
I remember this Sister I met one day in a hospital. She greeted me in passing like a whirlwind and, all excited and breathless; she shot at me, 'Father, I am run off my feet and I am so out of my mind I do not even know if I am still alive!' I nonetheless had time to say, 'Good luck!' I thought to myself, 'Let us hope that this situation will not last long.' It has to be said that there are inevitably times in our lives when we must know when to put all we have in to move the work ahead. I am thinking of sportspersons who devote all their powers to the moment of competition. I am thinking of times in our lives when we must be ready to commit all our energy and lots of time. I am even thinking of St Ignatius who showed great understanding for his young Jesuit students at exam time. He told them to reduce, if necessary, prayer time, but never to abandon the examen of conscience, i.e., these times of contemplation when we seek in the depths of our hearts the murmuring of the Spirit in the midst of turmoil. Stress is therefore good in itself and necessary for an intense and fruitful life.
However, there were it is spoiled is when stress becomes permanent, for then it engenders exhaustion, discouragement, distaste and finally despair.
Where does such a decline in vital body tone come from? It may come from outside, in the form of one or several tasks or responsibilities beyond my strength. It can also come from a community problem that seriously compromises relationships and cooperation. Other causes could be uncovered, such as an unsafe situation, a serious health problem, etc. Faced with this, we must firstly acknowledge the situation and calmly see how we can remedy it.
However, let us not be too quick to point to outside factors. Underpinning these, there are also and especially inner factors of stress. I am thinking in particular of various compulsions that harass us from within without relief: the drive to perfection that does not allow me rest or satisfaction; the compulsive need to be useful to others that drains my strength; this fascination with success at any cost, even at the cost of my self. Again, there is the insatiable need to shine and distinguish myself, or of knowing everything and of foreseeing everything. Further, there is the obsession of duty, or of pleasure, or self-defence. Finally, there is the sense of false composure that ends up isolating me from others, from events and from life.
I said that permanent stress can lead to despair and thus buy into the Devil's game. In one of his Christmas letters, my Bishop, Cardinal Danneels, spoke of stress. He quoted an article from the Magazine Famille Chrétienne, where the strategy of the great Tempter was unveiled. Here are the orders the Devil gives to one of his servants when sending him on a mission to the earth.
'Never forget that your main goal is always to sow despair. Do not lose sight of this. Now, you will know that you will achieve this purpose more easily by acedia, (fatigue, discouragement, distaste) than by pride. With acedia, you can win everything. See to it than nobody speaks about it anywhere. Have the word struck from the dictionary and the grammar checks in all PCs. If they do not know the word any longer, they will not think about it. The more it is forgotten, the more we will be able to have a free hand. To spread this virus among your clients, as soon as they come up against a conflict or a problem, push them to run right and left for a solution. Make them believe that salvation is in change. Give them a new toy regularly. Likewise, maintain bitterness. Let many of them restate, 'People are worthless; there are scandals everywhere; no one can be trusted.' When you have to do with a Christian, make him dream of an ideal Church.
Concentrate especially on the midlife age range. It is a happy-hunting ground. At the outset of their spiritual lives, incite them to be over-the-top generous. Then let them feel fatigue, tired of doing good night and day, Sundays and weekdays. Remember that activism is the best poison. With activism, you kill them all. Then, don't forget meetings, lots of meetings - meeting-itis - especially late into the night. With this, you get rid of their evening prayer and their sleep will not be refreshing. Moreover, if they rise already tired, they will not pray in the morning either. Go now and do good work.'
If temptation rests on a death-dealing strategy, we must combat it with a life-giving strategy instead. Cardinal Danneels proposes 10 little rules to live according to the heart of Jesus.
1. Do not be dismayed to feel fatigue sometimes. It is inevitable, but it can be a grace for purification, as well as human and spiritual growth.
2. Examine your life. Is doing more important for you than being?
3. Don't feel responsible for everything. God wants to do his part too.
4. Don't flit between one flower and another like a bee. The first honey is the best.
5. If you are always in a hurry, begin by doing things a little more slowly and see to it that there are blank spaces in your appointments book.
6. For the Desert Fathers, a monk confronts many temptations, but the worst is, 'not to know when to stop'.
7. Persevere. Perseverance is the first step towards hope.
8. Look for someone to help you; not a counsellor who offers you instruments for analysis or a psychologist who will help you remove obstacles, but rather a Spiritual Father for whom you are a pilgrim on a path to God.
9. Practice trust and awareness that God is your Father and you are his child. Children are not expected to do everything.
10. Always begin by thanking. Afterwards, there will be enough time to complain and raise questions.I hope you have a Holy Lent!
Translated into English by Fr. Donald MacLeod, M.Afr