COMMUNIQUE DE PRESSE
19 novembre 2008LES MISSIONNAIRES INQUIETS DE LA SITUATION DANS L'EST DE LA RD CONGO
PLAIDENT AUPRES DES INSTITUTIONS DE L'UE ET DES PAYS MEMBRES
POUR QU'UNE ACTION SOIT ENTREPRISEConfronté par la vaste crise humanitaire provoquée par les combats dans l'Est de la RD Congo, le Réseau Afrique Europe Foi et Justice (AEFJN) plaide pour une intervention plus directe de l'UE et de ses pays membres. AEFJN est un réseau d'environ 30.000 missionnaires qui travaillent en Afrique et en Europe.
En lien avec EURAC, le réseau des ONG européennes engagées en Afrique centrale, AEFJN plaide pour que l'UE recrute et déploie, dans un avenir très proche, une force militaire pour garder ouvert un corridor humanitaire. Il demande aussi à l'UE d'accroître les efforts diplomatiques pour consolider la mise en application des Accords de Goma et de Nairobi - signés par les différentes parties engagées dans le conflit actuel. Il requiert surtout que l'UE veille à la mise en pratique et soutienne le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la région des Grands Lacs, signé à Nairobi en décembre 2005.
L'avancée des troupes du CNDP de Laurent Nkunda vers Goma a forcé l'armée congolaise (FARDC) à abandonner la ville. Les combats dans la région ont provoqué le déplacement de plus de 250.000 civils. Plusieurs factions armées (CNDP, FARDC, Mai-Mai, etc.) ont attaqué les civils, les ont pillés, tués, blessés et violés. Au point de départ, la MONUC ne voulait pas ou ne n'était pas capable de protéger les populations dans les zones prises par les rebelles et à Goma. Depuis lors, la MONUC et la FARDC ont commencé à assurer la sécurité dans Goma.
La France, qui assure actuellement la présidence de l'UE, a proposé l'envoi d'une force militaire de l'UE qui travaillerait en lien la MONUC et l'armée congolaise pour stabiliser la situation humanitaire et promouvoir le processus de paix.
Le maintien de la paix dans la région et l'absence de risque de nouveaux conflits dépendent, d'après ce que croient EURAC et AEFJN, de l'envoi très rapide de troupes de l'UE pourvues d'un mandat clairement défini et qui collaboreraient avec la MONUC. Cette force de stabilisation devrait s'atteler non seulement aux conséquences mais également aux causes de ces combats.
En constatant qu'à l'heure actuelle, ni les Forces Armées de la RDC ni la Monuc n'ont la capacité et la crédibilité nécessaires pour imposer sur le terrain le respect des accords de Goma et de Nairobi, EurAc et AEFJN recommandent à l'Union européenne et à ses états-membres de :
1) mobiliser et déployer à très court terme une force de stabilisation militaire : Cette force (a) aura un impact rassurant immédiat sur la population congolaise qui n'a plus aucune confiance dans la Monuc ; (b) aura un impact de dissuasion sur les fauteurs de troubles ; et (c) peut faire la différence en termes opérationnels à condition d'une articulation fine avec les FARDC et la Monuc pour le désarmement du CNDP et des FDLR. Avec des termes de référence bien précis et un mandat bien défini dans le temps et dans l'espace, une telle mission européenne peut stabiliser la situation humanitaire et sauver un processus de paix, auquel il n'existe à ce jour aucune alternative. Pour atteindre ces objectifs, la force de stabilisation militaire ne doit pas seulement s'occuper des conséquences de la crise, mais aussi (et d'abord) des causes : le non-respect des accords de Nairobi et de Goma et la lutte pour le contrôle et l'exploitation des ressources naturelles, dont le commerce entretient les groupes rebelles. AEFJN et EurAc sont convaincus qu'il n'y a pas de solution militaire aux conflits au Nord-Kivu ; néanmoins, force est de constater qu'aucune solution politique négociée n'a de chance de réussir sans une pression réelle exercée sur les signataires des accords de paix pour qu'ils respectent leurs propres engagements.
2) rétablir le cadre des Accords de Goma et de Nairobi par une pression diplomatique (a) sur le Rwanda pour qu'il empêche tout appui venant de son territoire à la rébellion de Nkunda ; et (b) sur la RDC pour qu'elle empêche toute complicité opérationnelle entre son commandement sur le terrain et des milices des FDLR. Nous applaudissons chaque initiative diplomatique qui vise à remettre les Accords de Goma et de Nairobi à l'ordre du jour comme cadre de résolution du conflit. AEFJN et EurAc demandent également à l'Union européenne de soutenir et accompagner la mise en uvre du projet Amani par la mise à disposition des moyens nécessaires et par le soutien aux actions de la société civile tant en matière de vulgarisation et de médiation que sur le plan humanitaire.
3) activer et soutenir le cadre créé par le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs signé à Nairobi le 15 décembre 2006 par les chefs d'Etat et de Gouvernement de onze pays au deuxième Sommet de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL). Selon les projets et les protocoles élaborés dans les réunions préparatoires, la CIRGL se propose de contribuer à l'éradication des causes des conflits cycliques et à transformer la région en un espace de sécurité durable, de stabilité politique et sociale, de croissance économique et de développement partagés. Le suivi de la Conférence et la mise en uvre des projets n'ont pas eu lieu malgré l'entrée en vigueur du Pacte le 21 juin 2008. Les contributions des partenaires de la RDC au Fond spécial de reconstruction et de développement sont indispensables pour que le Pacte devienne une réalité.
Pour plus d'informations :Kris Berwouts - Rue des Tanneurs, 165 B - 1000 Bruxelles, Belgique -
Tel: +32 (0)2 213 04 00 / Mobile: +32 (0) 485 070 852 @: kris.berwouts@EurAc-network.org
http://www.EurAc-network.orgBegoña Iñarra - Africa-Europe Faith & Justice Network (AEFJN) - 174, rue Joseph II - B-1000 Brussels, Belgique
Tel. +32.(0)2.234.68.12 / Fax +32.(0)2.231.14.13 / Mobile +32.(0)474.41.50.37 @: begoinarra@aefjn.org
http://www.aefjn.org
PRESS RELEASE
19th November 2008
MISSIONARIES CONCERNED ABOUT THE SITUATION
IN THE EASTERN REGION OF D R CONGO
PRESS THE EU INSTITUTIONS AND MEMBER STATES FOR ACTION
Faced with the huge humanitarian crisis caused by the fighting in the east of DR Congo, the Africa Europe Faith & Justice Network (AEFJN) is pressing for more direct intervention from the EU and its member states. AEFJN is a network of over 30,000 missionaries working in Africa and in Europe.
Together with EURAC, the network of European NGOs involved in Central Africa, AEFJN is lobbying for the EU to mobilise and deploy, for a very short period, a military force to keep open a humanitarian corridor. It also calls on the EU to increase diplomatic efforts to ensure the implementation of the Goma and Nairobi Peace agreements - that were signed by all parties involved in the current conflict. Moreover, it wants the terms of the Pact on Security, Stability and Development in the Great Lakes Region signed in Nairobi in December 2005 to be activated and supported.
The advance of the CNDP troops of Laurent Nkunda towards Goma forced the Congolese army (FARDC) to abandon the city. The fighting in the region caused the displacement of more than 250,000 persons. Different armed factions (CNDP, FARDC, Mai-Mai, etc.) attacked civilians, looted, killed, injured and raped them. Initially, MONUC did not want to or was unable to protect the population in the areas taken by the rebels, and in Goma. Since then, the FARDC and MONUC have begun to ensure safety in Goma.
France, the current holder of the EU presidency, proposed sending an EU military force to work with MONUC and the Congolese army to stabilise the humanitarian situation and promote the peace process. A few EU countries support this, but many do not.
To maintain peace in the region and avoid the risk of fresh conflict, EURAC and AEFJN believe EU troops should be sent immediately with a clearly defined mandate and in consultation with MONUC. This stabilisation force should address not only the consequences but also the causes of the fighting.
In the light of the present situation where neither the DRC armed forces nor MONUC have the capacity or the credibility to enforce compliance with the Goma and Nairobi accords on the ground, AEFJN and EURAC recommend that the European Union and its member states should:
1. Mobilise and deploy for a short period a military stabilisation force : Such a force (a) would immediately reassure the Congolese people who have lost confidence in MONUC ; (b) would restrain those who are provoking the unrest; and (c) could make a difference in operational terms provided that it worked very closely with the FARDC and Monuc to disarm the CNDP and the FDLR. With precise terms of reference and a mandate clearly defined as to timescale and operational area, a European mission could stabilise the humanitarian situation and save the peace process. At present no alternative exists. In order to realise these aims, the military stabilisation force should address not only the consequences of the crisis but, first and foremost, its causes: the failure to respect the Nairobi and Goma Accords and the struggle to control and exploit the natural resources of the area, which are traded to provide funds for the rebels. AEFJN and EURAC are convinced that there can be no military solution to the conflicts in North Kivu; nevertheless, it must be admitted that no negotiated political solution can possibly succeed unless there is strong pressure on the signatories to the peace agreements to act in accordance with their own commitments.
2. Reconfirm the terms of the Goma and Nairobi Accords by diplomatic pressure (a) on Rwanda to prevent any support from its territory for Nkunda's rebellion; and (b) on the DRC to prevent any operational complicity between its command on the ground and the FDLR militias. We encourage every diplomatic initiative which helps put the implementation of the Goma and Nairobi Accords back on the agenda. AEFJN and EURAC also request the European Union to work to put into effect the Amani project by providing essential funding and by supporting its work in making its activities known, in mediation and humanitarian relief and by upholding civil society.
3. Activate and support the terms of the Pact on Security, Stability and Development in the Great Lakes Region signed in Nairobi on 15 December 2006 by the heads of state and government of eleven countries at the 2nd Summit Meeting of the International Conference on the Great Lakes Region (CIRGL). According to the projects and protocols drawn up in the preparatory meetings, the CIRGL aims to help eradicate the causes of the cyclical conflicts and transform the region into a area of permanent security, political and social stability and equitable economic growth and development. There has been neither any follow up to the conference nor any implementation of the projects although the latter came into force on 21 June 2008. Contributions from the DR Congo's partners to the Special Fund for Reconstruction and Development are vital if the Pact is to become a reality.
For more information:
Kris Berwouts - Rue des Tanneurs, 165 B - 1000 Bruxelles, Belgique -
Tel: +32 (0)2 213 04 00 / Mobile: +32 (0) 485 070 852 @: kris.berwouts@EurAc-network.org
http://www.EurAc-network.orgBegoña Iñarra - Africa-Europe Faith & Justice Network (AEFJN) - 174, rue Joseph II - B-1000 Brussels, Belgique
Tel. +32.(0)2.234.68.12 / Fax +32.(0)2.231.14.13 / Mobile +32.(0)474.41.50.37 @: begoinarra@aefjn.org
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