Missionnaires d'Afrique
Survivre au Karamoja
KARAMOJA, OUGANDA Nous devons admettre que certaines terres ne peuvent supporter une augmentation de la population ad
infinitum. Le principe de la parenté responsable devrait sappliquer dans ce cas. De plus, les changements que je propose dans cet article ne sont possibles que si les gens du Karamoja passent dune culture de raid et de pillage à une culture de paix. La survie au Karamoja ne dépend pas dune question dargent et de nourriture, mais dun changement déchelle de valeurs. Nous sommes ici en plein coeur dun travail missionnaire qui veut transformer un coeur de pillard en celui dune personne qui respecte la vie tant chez ses amis que chez ses ennemis.
Avant dêtre blessé dune balle à la jambe, dans une escarmouche , Franz Pfaff a servi au Karamoja pendant 8 ans et mené à bien le Happy Cows Project (projet Vachea heureusea). Il a profité de son temps sabbatique pour faire le pélerinage de Saint Jacques de Compostelle, une marche de 2300 km, à partir de Horb en Allemagne. À pieds !* * *
Les habitants du Karamoja, les Karimojong, sont des éleveurs de bétail semi-nomades. Un million dentre eux vivent dans le nord-est de lOuganda et la majorité désire continuer à mener la vie ancestrale et poursuivre les traditions pastorales en menant au pâturage les troupeaux de vaches, de moutons et de chèvres. Ce peuple posséderait illégalement 100.000 armes à feu. Ces dernières années, ils recoivent de laide alimentaire des organismes internationaux. Est-ce une fatalité ? Ou ce peuple pourrait-il encore vivre sur ses terres sans aide venant de létranger ?
La majorité des Karimojong désire continuer la vie semi-nomade. Même si le gouvernement a bâti des écoles dans la région, seulement 50% des enfants sont scolarisés. LÉtat offre pourtant des rations alimentaires aux enfants. Cela les attire à lécole... mais seulement à lheure des repas, où ils viennent se faire servir en compagnie de leurs mères et des bébés ! Lapprentissage scolaire, en tant que tel, nest pas très populaire. Sans école primaire, difficile dapprendre un métier moderne. Il ne reste à ce peuple que les moyens de survie traditionnels le pâturage, lélevage et la culture des terres.
La vie selon les traditions
Le Karamoja a deux millions dhectares de paturage. Des vétérinaires nous disent quune tête de bétail a besoin de 4 hectares pour se nourrir annuellement. La région ne pourrait donc supporter que 500.000 bêtes. Ruben de Koning (People in Motion, University de Nimègue, 2003) reconnaît que pour vivre modestement, une personne devrait posséder six têtes de bétail. Le P. Bruno Novelli (Karimojong Traditional Religion, Biblioteca Comboniana) pense que quatre bêtes suffisent. On peut donc penser que si chaque Karimojong possédait 5 têtes de bétail, seulement 100.000 personnes pourraient vivre au Karamoja. Mais il sont déjà un million. Le résultat, cest que la lutte pour les ressources naturelles est continuelle et que, chaque jour, on y est témoin de conflits armés.
En plus de lélevage du bétail, les Karimojong cultivent aussi la terre pendant la saison des pluies. Ils récoltent du sorgho, lingrédient de base de la bière locale. Les changements climatiques se font aussi sentir là-bas. Jusquà il y a une vingtaine dannées, une récolte sur trois était perdue. Maintenant, chaque deux ans la sécheresse cause une mauvaise récolte.
Les famines dont on se rappelle
Les Karimojong se rappellent de leur histoire, surtout quand il sagit des années de famine. Comment ont-ils survécu ? Quelles leçons en ont-ils tirées ? Les auteurs qui ont récoltés les souvenirs oraux des Karimojong ont pu établir quil y eut une grande famine en 1706. La population et les troupeaux furent décimés. On parle aussi dune grande famine en 1800 et dune autre en 1900 dont les vieux ont dit : Les gens se déplaçaient dans toutes les directions, sans tenir compte des alliés ou des ennemis. Des filles et des soeurs étaient vendues ou données. Il y avait des meurtres... Les personnes valides erraient à la recherche de fruit du tamarinier ou de melons sauvages. Ils partaient à la chasse. Pendant ce temps les vieux restaient au village, survivant en buvant le sang et le lait de leurs maigres vaches. Ils attendaient que la mort les libère. (Augusto Pazzaglia, The Karimojong, Museum Combonianum, no 37, 1982).
La famine fait souffrir et les famines reviennent régulièrement. Faut-il en conclure que lélevage nest pas adapté aux conditions difficiles de ce pays aride ? Paul Spencer (The Pastoral Continuum, Clarendon Press, Oxford 1998, pp. 228 et 248) cherche à déterminer les causes et les effets dune famine. Est-ce lélevage qui dégrade les terres. Ou, au contraire, est-il un moyen écologique de les préserver ? Il y a deux modèles pour étudier la relation entre lélevage et la terre. Un modèle doux (malthusien) et un autre qui conduit à la catastrophe. Le modèle catastrophique (néo-malthusien) constate quaprès une famine, la population baisse, le nombre de têtes de bétail aussi, et que la terre se renouvelle et supporte à nouveau les humains et les bêtes. Les populations recommencent à se multiplier et épuisent encore une fois les ressources naturelles. Doù, à nouveau, sécheresse, famine et mortalité. Le cycle infernal serait de 100 ans.
La vie au Karamoja depuis 1900
Depuis larrivée des pouvoirs coloniaux, il y a plus de données statistiques sur la situation alimentaire du Karamoja. W. J. Groenendijk (Looking for Food, Wageningen, Agricultural University, 1995, p. 13), après avoir distribué laide alimentaire dOxfam au Karamoja en 1993, a fait un résumé de toutes les famines, petites et grandes.
Dabord la famine nommée Lokwakoit, os blanchis partout, os des squelettes de vaches. En 1945, Lorengelaga, où il y avait si peu de gras de mouton que les femmes ne pouvaient huiler leurs bracelets et les faire briller. 1958, Longoripuko, sauce noire car en cuisant la viande des vaches maigres elle prenait cette couleur. 1960, Lodiaut, farine de manioc car des marchands vinrent de loin vendre cet aliment quon nappréciait pas au Karamoja. 1961/1962, Lolibakipi, leau verte car il y eu tant de pluie que les céréales moisirent dans les greniers. 1978 Ekaropus, couleur vert-bleu quon retrouve sur les jeunes plants de sorgho quand ils sèchent. 1980 Lorengepulu, terre rouge, car le sol était si sec que les semences ne germèrent pas et on ne vit pas le vert des plants cette année-là. 1984 Lokiar, la tueuse, car les récoltes furent tuées par la sécheresse. La famine de 1993-94, quand M. Groenendijk dirigea la distribution de nourriture, na pas encore reçu de nom. Depuis 1994, les Karimojong subissent chaque année un déficit céréalier comblé par les tonnes de maïs du Programme alimentaire mondial (le PAM).
Le magazine Der Spiegel, no 2006/3, a un reportage sur laide alimentaire aux gens du Turkana, une région voisine au nord du Kenya, au même climat que le Karamoja. Le reportage a pour titre Tödliche Abhängigkeit, Dépendance fatale. Le nord du Kenya est surpeuplé, déclare le biologiste suisse Hans Herre. Pendant plusieurs années, ce scientifique a dirigié lICIPE, lInstitut de recherche du Kenya. M. Herre déclare que la surpopulation est le résultat des campagnes daide alimentaire. La terre au Turkana ne pourrait par elle-même faire vivre tant dhumains. Vers 1963, 20.000 Rendille y vivaient. Aujourdhui ils sont plus de 56.000. Jajoute quon pourrait en dire autant du Karamoja. La vie traditionnelle ny est donc plus possible.
Comment réagir à la pénurie alimentaire ?
Les gens essayent de survivre. Pour sortir de leur misère, ils sessayent à de nouvelles activités. Ceux qui ont des terres mais ont perdu leurs vaches se mettent à lagriculture tout en élevant quelques chèvres et moutons. Dautres ont commencé lélevage du poulet. Ceux qui nont plus de terre sont près à tous les travaux et plusieurs doivent se résigner à aller mendier dans les villes ou dans les paroisses. Quelques-uns enfin utilisent leurs armes à feu et vivent du banditisme.
Avec lagriculture, les paysans de louest du Karamoja peuvent parfois gagner leur vie. Il y tombe environ 1.000 mm de pluie chaque année. On lappelle pour cela la Wet Belt (la ceinture mouillée). Ailleurs, les paysans sont moins fortunés et les cultures ne leur permettent pas de vivre. Deux années sur trois, les récoltes sont mauvaises. Jai vu les femmes et les filles de la campagne qui entoure Moroto venir en ville et soffrir pour faire la lessive des citadins, nettoyer les maisons des fonctionnaires, etc.
Dautres vont ramasser du bois et viennent le vendre en ville. Certains viennent au marché pour vendre poulets, tomates, miel. Il y a des hommes qui cassent des pierres et les vendent aux maçons. Dautres travaillent dans des carrières de pierre à chaux pour lusine de ciment de Tororo. On compte 5% dalphabétisés qui peuvent trouver un travail dans ladministration, la police et larmée.
On voit des mendiants partout. Le nombre des enfants de rue à Moroto est en augmentation. Quelques enfants ont déjà migré vers dautres villes de lOuganda. Il y a des adultes qui quêtent en écrivant à leurs députés. Ils demandent largent pour payer les frais dhôpital, la scolarité, et même pour pouvoir sacheter du tabac ou de la bière locale. Les parlementaires narrivent pas à sexpliquer quand ils reviennent devant leurs électeurs...
Par peur, ils en perdent lhabitude et sinstallent à demeure dans la capitale. Les employés des ONG et les missionnaires étrangers reçoivent aussi des demandes daide. Les Karimojong vous disent sans détour que létranger aux mains vides nest pas le bienvenu.
Les hommes armés (parfois aussi des femmes) sont un danger pour la population. Ils croient que le vol leur ouvrira toutes grandes les portes de la richesse et du bien-être. Quand ils ont besoin dargent, ils tendent des embûches sur les routes et rançonnent les voyageurs. Il y a environ 100.000 armes à feu illégales au Karamoja.Est-il possible de vivre au Karamoja ?
Chaque pays du monde a des possibilités pour nourrir un nombre limité dhabitants. Avec ma petite expérience, je crois que le Karamoja peut nourrir environ un million de Karimojong. Ils devraient alors passer à une autre manière de faire de lélevage. Un million de têtes de bétail pourraient nourrir 500.000 personnes. Je dis cela parce que jai travaillé pendant huit ans au projet Happy Cows (Vaches heureuses). Jy ai vu que les éleveurs soccupant de la santé de leurs bêtes peuvent augmenter le revenu quils en tirent. Quant à lagriculture, je crois quon devrait essayer les suggestions de deux agronomes dexpérience, John Wilson et Jim Rowland (Land and Agriculture in Karamoja, subventionné par lUnion Européenne, 2001). Le Karamoja pourrait facilement nourrir 500.000 habitants et plus. John et Jim parlent dune meilleure adaptation aux zones climatiques difficiles en utilisant une plus grande variété de semences.
Franz Pfaff M.Afr.
Photos Franz
Survival in Karamoja
KARAMOJA, UGANDA We have to say that no land can support a population that is growing ad
infinitum. Some form of responsible parenthood is necessary everywhere. In addition, we then have to add that the changes stipulated below are only possible if Karamoja changes its gun culture to a culture of peace. Survival in Karamoja is not a problem of money and food, but a problem of mentality and of a scale of values.
We are here in the sphere of missionaries who want to turn a raider into a person who respects the sanctity of life of both friends and enemies. For 8 years, Franz Pfaff has been leading the Happy Cow Project in Karamoja where he was badly wounded in an ambush. He is now doing a sabattical in Europe and has just recently completed the Saint James (Santiago) of Compostela pilgrimage: 2,300 km from Horb in Germany. On foot!* * *
Karamoja is a Region of semi-nomadic cattle raisers in the North-East of Uganda. A million Karimojong, of whom the majority wish to continue a traditional lifestyle and traditional way of grazing cattle, sheep and goats are its inhabitants. They have an estimated 100,000 unregistered guns and they need and receive food relief every year. Has it to be like this or can the Karimojong once more live without food relief?
The majority of the Karimojong want to remain traditional. Even though the government has built one school for every parish, only 50% of school age children are in school. The government also offers school food, which does indeed attract children to school, but only during lunchtime and besides school age children, mothers with babies who wish to receive a plateful of food also come. Schooling as such is not yet popular. Without schooling, not much professional training is possible; that means that only traditional knowledge and traditional means of production and traditional resources maintain the people.
Traditional resources
Traditional resources of livelihood are land and livestock. The Region of Karamoja has 2 million hectares of pasture. According to the estimates of veterinary doctors, one head of cattle needs 4 hectares of range land in a traditional setting to have sufficient fodder for the year, which means that the whole Region of Karamoja can only feed 500,000 head of cattle. Ruben de Koning (People in Motion, University of Nijmegen, 2003) reckons that to have a decent livelihood every person should own 6 head of cattle. Fr. Bruno Novelli (Karimojong Traditional Religion, Biblioteca Comboniana) thinks that 4 head of cattle are sufficient. Suppose we allocate 5 head of cattle to every Karimojong, then only 100,000 people can live well in Karamoja, but there is already a population of one million.As a result, competition for scarce resources is enormous and even armed conflicts are part of everyday life.
Apart from the cattle, there is also the land as a resource. The Karimojong people practice agriculture during the rainy season. They plough the arable land and grow sorghum, from which they brew the local beer. Climate change has affected the yield. Until 20 years ago, it was reckoned that one year out of three has a crop failure. However, we now reckon that 2 years out of three pass without a good harvest.
The experience of famines in the past
Famines are known to have already caused problems to the Region of Karamoja in the past. How did the people react to them and can we learn something from that experience? According to some writers, the famines were serious and devastating. There was a great famine in 1706 that killed many people and cows. There was another big famine in 1800. Again a big famine is recorded in 1900, about which old people reported: In every direction the people went, careless of who was friend and who was foe. Daughters and sisters were sold or given away. Some people were beaten to death or killed in some way; other people wandered around in any remaining scrubland looking for wild fruits - tamarinds, or wild melons or searching for game. Old men and women remained in the villages living on the blood and milk of some thin cow and waiting for death to liberate them. (Augusto Pazzaglia, The Karimojong, Museum Combonianum n. 37, 1982).
During the famines, the people had to suffer greatly. The famines are recurrent. Does it mean that raising livestock is not adapted to the harsh conditions in arid and semi-arid land? Paul Spencer (The Pastoral Continuum, Clarendon Press, Oxford 1998, pp. 228 and 248) wonders about the cause and effect. Does raising livestock degrade the environment or does it preserve the ecology? There are two basic models of relationship between nomadic pastoralists and their environment: a benign model and one that is doom-laden . the benign view is Malthusian, struggling at the rough end of the balance with nature, and the other is neo-Malthusian, tumbling inescapably towards disaster. Suppose we look more closely at the neo-Malthusian model, it would then mean that after the famine, the people are few, the cattle are few and the land is wide. Therefore, nature can produce plenty of grass and trees and vegetation. The small number of people and livestock begin to prosper and multiply. However, then the reserves of nature dwindle and the vegetation covering the land is gradually destroyed again causing aridity, disease and famine. These changes seem to have a 100-year cycle.
Life in Karamoja since 1900
Since the arrival of the colonial powers, we have more records about the food situation in Karamoja. W. J. Groenendijk (Looking for Food, Wageningen, Agricultural University, 1995, p. 13), who distributed relief food on behalf of Oxfam in Karamoja in 1994, presents a summary of all major and minor famines. Lokwakoit: white bones everywhere from the many cows that died of rinderpest. 1945 Lorengelaga: it was a time when the ghee and the sheeps fat was so little that the women could not oil and clean their bracelets, which they wear around the neck and so the ornaments looked red and rusty.
1958 Longoripuko: dark soup, the meat of the famished cows produced a dark soup when it was cooked. 1960 Lodiaut: cassava flour, the harvest was so poor that the traders had to bring and were able to sell cassava flour, which until that time was not considered proper food. 1961/1962 Lolibakipi: green water, there was so much rain that the grain rotted even in the granaries. 1978 Ekaropus: a blue yellow colour, which can be seen when the young sorghum dries up. 1980 Lorengepulu: red earth, it was so dry that the seeds did not sprout and the fields remained red in colour. 1984 Lokiar: the killer, all the crops were killed by drought. 1994 the famine when Mr Groenendijk supervised the distribution of relief food. The famine had not yet received a name by the people. Since that time, the Karimojong have a constant shortage of food and receive tons of maize from the World Food Programme every year.
The German newsmagazine, Der Spiegel nr 3/2006, reports the results of the relief food supply, which goes to Turkana in Northern Kenya, a region that has climatic conditions similar to Karamoja. The report bears the title Tödliche Abhängigkeit, Fatal dependency. Northern Kenya is hopelessly overpopulated, says the Swiss biologist Hans Herren, who for many years has directed the ICIPE Research Institute in Kenya. Overpopulation is the result of Western aid, which has flowed into the area for years.
The land here does not have the capacity to feed so many people. 20,000 Rendille used to live in Northern Kenya around 1963, now there are more than 56,000. I further add that the same is true of Karamoja. The population has grown and is growing very fast. If the people want to continue their traditional way of life, they cannot live.
Reactions to the constant shortage of food
The people try to survive. Pressed by hardship, the people have entered into various activities. Those who have land but no cattle do agriculture and keep goats and sheep and have some hens. People who do not even have land have a very tough life. They look for casual employment. Others go begging in town or to the nearest parish. Those who have a gun can occasionally resort to armed robbery.
As for agriculture, the peasants can have a good income, if they live in the Western belt of Karamoja, which is called the Wet Belt since it has more than 1000mm of rainfall annually. To those who are not fortunate enough to have land in the Wet Belt, agriculture offers a very meagre income, since in 2 out of 3 years no good crop is produced. Those who live in the neighbourhood of the town of Moroto, especially the women and girls, go to town to wash dishes in the hotels or to wash the laundry of salary earners, or to work in households. Other people collect firewood from the scrubland and sell it in town. Others break stones and supply the masons. Some people bring hens, tomatoes or honey to town for sale. Others quarry limestone for the cement factory of Tororo. About 5% of the people are literate and manage to get a job in the administration, the police and the army.
Begging is very common. The number of street children in Moroto is growing very fast. Some street children have already gone to other towns in Uganda. Some adults are also adept in begging. They address their requests to their Member of Parliament. They ask money to pay a hospital bill, school fees, or money for snuff or a good drink of local beer. Parliamentarians have a tough time when they come home to see their voters, so much so that they fear to return and prefer to stay in the capital. Employees of NGOs and expatriate missionaries also receive a heavy load of requests for help. The Karimojong justify themselves that they would not allow an expatriate to come to their land if he or she comes empty-handed.
The men who have guns are a threat. They believe that robbery is the gateway to riches. When they need cash, they lie in wait on the road and ambush cars. There are about 100,000 unregistered guns in Karamoja.
Possibilities for survival in Karamoja
There is of course no country in the world that can feed an unlimited number of inhabitants. It is my own humble opinion that Karamoja can feed a million people. If the Karimojong would turn from extensive to intensive cattle raising, they could have a million healthy and productive cattle that would feed 500,000 people. I say this because I have worked in the project of the Happy Cow for 8 years and I have seen how much the farmers who practised basic animal health care improved their incomes from their livestock.As for agriculture, I would say that the suggestions given by two long-time experienced agriculturalists, John Wilson and Jim Rowland (Land and Agriculture in Karamoja, funded by the European Union, 2001) could improve agriculture in Karamoja so that it would easily feed 500,000 people and more. John and Jim suggest more adaptation to the climatic zones in Karamoja and a greater variety of seeds.
Franz Pfaff, M.Afr.