Missionnaires d'Afrique
Rome

Le PISAI



Histoire de l’Institut
Une des intuitions de base du cardinal Lavigerie concernant la présence de la Société dans le monde musulman de l’Afrique du Nord était que, pour ouvrir ce monde au christianisme, il faudrait un temps plutôt long pour le préparer à d’autres sensibilités religieuses.

Il a fallu ensuite du temps pour que la Société se mette à traduire cette intuition en structures et projets. La situation en Algérie, à la fois kabyle et arabe et, politiquement, un département français, présentait des difficultés particulières. La situation en Tunisie semblait plus favorable. Ce fut pourtant avec une grande discrétion et prudence qu’on ouvrit en 1926 une maison d’études qui finit par prendre le nom de “IBLA” [Institut des Belles-Lettres Arabes]. C’était à la fois un lieu qui favorisait les contacts avec les élites tunisiennes et un centre pour l’étude de la langue arabe et de l’islamologie pour les Pères destinés à l’Afrique du Nord. Après le Chapitre de 1947, le centre pour les études fut transféré à la Manouba (1949). En 1960, le centre prit la dénomination IPEO (Institut Pontifical des Études Orientales).

Entrée du PisaiEn 1964, il fut décidé de transférer l’IPEO à Rome où il prit le nom d’IPEA [Institut Pontifical des Études Arabes], plus tard IPEAI où le grand I indique un élargissement de perspective: l’audience envisagée n’est plus seulement le monde arabophone, mais le monde musulman, arabe et autre. Ce nom fut italianisé en PISAI, avec des Statuts revus. L’Institut fut habilité à accorder les grades universitaires de licence et de doctorat.

Le personnel et le coût de fonctionnement d’un tel Institut de niveau universitaire devenaient un poids insoutenable pour la Société. Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a décidé de placer l’Institut directement sous la responsabilité du Saint Siège, notamment pour son financement. La Société, en la personne du Supérieur général, garde un rôle de responsabilité institutionnelle pour la marche de l’Institut. Après une longue période de préparation, le PISAI est, en ces jours-mêmes, en train de passer au nouveau statut d’«Institut voulu par le Saint Père», au service de l’Église pour la présence auprès du monde musulman.


Piet Horsten M.Afr

Programme, vision de l’Institut
L’objet des études effectuées au PISAI concerne les matières de l’islamologie (Coran, exégèse coranique, tradition prophétique, théologie, droit, philosophie, mystique, histoire, islam contemporain) et une initiation théorique à la relation islamo-chrétienne.

Lors d'une conférenceLa méthode suivie se base sur un apprentissage assidu et conjoint de la langue arabe qui est l’instrument indispensable pour aborder au plus vite les sources de l’islam directement dans les textes originaux. Nous pensons qu’une connaissance de l’islam, uniquement ou surtout à partir des travaux occidentaux de seconde main, n’est pas suffisante pour une approche honnête et réelle du monde musulman. En outre, la connaissance de l’arabe classique est une excellente base de départ pour l’acquisition de l’arabe dialectal.

Le but général d’une telle formation est de préparer les candidats de telle façon qu’ils soient crédibles et dignes de confiance pour les musulmans avec lesquels ils seront appelés à vivre ; ces derniers auront vite fait de s’apercevoir qu’ils ont affaire à des gens qui ont essayé d’acquérir une vision objective de l’islam, autant que faire se peut, au lieu de se contenter de points de vue et de préjugés occidentaux en la matière. Le but spécifique est de leur donner une qualification poussée, pour répondre aux exigences de plus en plus nombreuses et de haut niveau de la part de musulmans qui sont présents partout dans le monde.


Michel Lagarde
M.Afr

Personnes qui constituent l’Institut
Fondé par les Pères Blancs en vue de la formation de leurs candidats et d’autres missionnaires destinés à être des agents pastoraux dans des pays à majorité musulmane, le PISAI a débuté avec une majorité absolue et assez constante de Pères Blancs parmi ses étudiants. Après 1955, la présence Père Blanc parmi les étudiants restera assurée, mais assez tôt, vers la fin des années cinquante, on voit se joindre à eux des OFM, des prêtres diocésains, quelques FMM, des sœurs de St Joseph de l’Apparition, des sœurs de N. D. de Sion, des Salésiennes, quelques Domi­nicains, etc.

PISAI MAfr Community. L.-r.: Félix Phiri, Fausto Guazzati, Michel Lagarde, Piet Horsten.Les années soixante verront l’apparition timide mais constante d’étudiants laïcs, venant surtout de l’Italie. Dans la même période, on constate la diminution en nombre des étudiants Pères Blancs, particulièrement dans les années quatre-vingt où on voit leur nombre se réduire drastiquement. D’un total d’environ 275 étudiants qui sont passés par le PISAI entre 2000 et 2009, 11 seulement étaient des étudiants Pères Blancs.

Si nous regardons les pays d’origine des étudiants, les Européens ont toujours été la majorité – avec les Italiens largement en tête. Ces dernières années ont vu une croissance en nombre des étudiants africains. L’Asie - l’Indonésie en particulier - et les Amériques maintiennent leur présence, aussi bien des laïcs que des religieux. Il faut ajouter à cela d’autres régions d’où les étudiants proviennent, notamment des pays arabes, tels que l’Égypte, le Liban, la Syrie, etc.

L’évolution de la composition du corps professoral, notamment pour ce qui concerne la présence des professeurs Pères Blancs au PISAI, a suivi plus ou moins le même parcours que celle des étudiants. Dès les années soixante, on voit des non Pères Blancs mentionnés sur la liste des professeurs. Toutefois, la communauté des professeurs résidents ainsi que la direction de l’institution resteront exclusivement Pères Blancs, jusqu’au début des années deux mille. Durant l’année académique 2008-2009, sur l’ensemble des vingt et un professeurs, cinq sont des Pères Blancs, et parmi les six membres de la communauté des professeurs résidents il y a quatre Pères Blancs.

Les trois dernières années (2006-2009) ont été une période de transition, de la responsabilité ultime des Pères Blancs pour l’Institut vers la responsabilité directe du Vatican. À la fin de ce processus, le PISAI ne sera plus sous la responsabilité exclusive des Pères Blancs, mais géré par eux au nom du Vatican.

Fr Felix Phiri

Felix Phiri
M.Afr

Site du Pisai

Tiré du Petit Echo N° 1001 2009/5

 

 


 

Missionaries of Africa
Rome


The PISAI


History of the Institute
One of the basic intuitions of Cardinal Lavigerie concerning the presence of the Society in the Muslim world of North Africa was that in order to open this world to Christianity, there would have to be a rather long timescale to prepare it for alternative religious sensitivities.

It then took time for the Society to translate this intuition into structures and projects. The situation presented particular difficulties in both Kabyle and Arab Algeria, in addition to being, politically, a territorial division of France. The situation in Tunisia appeared more favourable. Nonetheless, it was with great discretion and prudence that in 1926 a house of studies was opened, which would take the name of ‘IBLA’ (Institute of Advanced Arabic Literature). It was at one and the same time a location that promoted contact with the Tunisian elite and an Arabic and Islamology study centre for Fathers destined for North Africa. After the 1947 Chapter, the study centre was transferred to the Manouba (1949). In 1960, the centre assumed the title of IPEO [Pontifical Institute for Middle Eastern Studies].

Entrée du PisaiIn the wake of changes negotiated in the context of an accord between the Vatican and the Tunisian government, it was decided to transfer IPEO to Rome in 1964, where it took the name of IPEA [Pontifical Institute for Arabic Studies]. It later became IPEAI; the final ‘I’ indicated a broadening of scope - the target audience was no longer only the Arabic-speaking world, but the world of Muslims, Arabs and others. This name was italianised to PISAI, with revised Statutes. The Institute was authorised to award university standard licentiates and doctorates.


The personnel and cost of running such a university-standard Institute became an unbearable burden for the Society. His Holiness Pope Benedict XVI decided to place the Institute under the direct responsibility of the Holy See, in particular for its financing. The Society, in the person of the Superior General, retains the role of institutional responsibility for the running of the Institute. After a long period of preparation, the PISAI is currently in the process of passing a new Statute of ‘Institute desired by the Holy Father’, at the service of the Church in favour of being present to the Muslim world.


Piet Horsten M.Afr

Programme and vision of the Institute
The goal of studies undertaken at PISAI involves Islamology, (Koran, Koranic exegesis, prophetic tradition, theology, law, philosophy, mysticism, history, contemporary Islam), and a theoretical introduction to Islam-Christian relations.

Lors d'une conférenceThe method is based on a thorough and integrated learning of Arabic, which is an indispensable instrument in tackling the Islamic sources directly in the original as rapidly as possible. We believe that a knowledge of Islam, solely or especially from second-hand Western sources is not sufficient for an honest and genuine approach to the Muslim world. Besides, knowledge of classical Arabic is an excellent point of departure for assimilating colloquial Arabic.

The general aim of such a pedagogy is to prepare candidates to be credible and trustworthy to Muslims with whom they will be called upon to live; the latter will soon notice if they have to deal with people who have tried to acquire an objective vision of Islam, as far as possible, instead of being satisfied with Western points of view and prejudices on the subject. The specific aim is to give them a higher qualification to respond to many increasing demands, and the high standards on the part of Muslims all over the world.


Michel Lagarde
M.Afr

The people who make up the Institute
Founded by the White Fathers to train their candidates and other missionaries destined to become pastoral workers in Mus­lim ma­jority countries, the PISAI began with a fi­xed majority and fairly constant number of White Fathers among its students. Leafing through the register of Students and Professors 1949-1994, there is an almost exclusive White Father and White Sisters student body between 1949-1955.

PISAI MAfr Community. L.-r.: Félix Phiri, Fausto Guazzati, Michel Lagarde, Piet Horsten.Afterwards, the number of White Father students remained stable, with slight annual variations in the first decades. Very early in the 1950s, they were joined by the OFM, diocesan priests, some FMM, Sisters of St Joseph of the Apparition, Sisters of OL of Sion, Salesian Sisters, some Dominicans, etc. In the 1960s there was a tentative but constant attendance of lay students, especially for evening courses. In the same period, there was a noticeable drastic reduction in the number of White Father students, particularly in the 1980s. Out of a total of 275 students who attended the PISAI between 2000 and 2009, only 11 were White Father students.

In terms of the home countries of students, Europeans have always been in the majority - with Italians in the lead. These last few years has seen in increase in the number of African students, especially priests from Nigeria and Tanzania. Asia, in particular Indonesia, and the Americas maintain their presence, both laypeople and Religious. Other regions students come from should also be added, in particular Arab countries such as Egypt, Lebanon, Syria, etc.

Evolution in the composition of the teaching body, notably in relation to the presence of White Father professors at the PISAI, more or less followed the same course as the students. From the 1960s, there were non-White Fathers mentioned on the list of professors: up till then, these posts had been the prerogative of members of the Society. Nevertheless, the community of resident professors, as well as the running of the Institute itself remained exclusively White Father until the beginning of the Millennium.

The last three years (2006-2009) have been a period of transition from ultimate White Father responsibility for the Institute to direct Vatican responsibility. At the end of this process, the PISAI will no longer be under the exclusive responsibility of the White Fathers, but will be managed by them on behalf of the Vatican. For the 2008-2009 academic year, out of 21 professors, 5 are White Fathers, and among the six members of the resident professors’ community there are four White Fathers.

Fr Felix Phiri
Felix Phiri M.Afr

Pisai Website

From Petit Echo n° 1001 2009/5