Missionnaires d'Afrique
Spiritualité
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Richard Dandenault M.Afr.
Récollection
Pour le Mois de Janvier 2011 dans la ligne des Actes Capitulaire.
Texte suggéré pour Janvier 2011
Être fasciné par la vie
Un curé de paroisse rapportait le contenu d'un appel téléphonique qu'il avait reçu d'une paroissienne. Elle lui disait : " Ma vie est devenue une platitude. Elle ne trouve plus d'échos nulle part. Je voudrais vivre plus profondément "
" On n'oublie pas une telle remarque, se disait le curé après coup. Dans son cri de détresse, cette femme me renvoyait à moi-même, à bon nombre de moments vides dans ma vie dans lesquels je me voyais emprisonné derrière mes ornières, enfermé dans mes limites. Quelque chose que j'aurais aimé atteindre demeurait au-delà de mes horizons comme au-delà de toute frontière ".
Le marché littéraire abonde aujourd'hui d'ouvrages biographiques de chercheurs de sens dans leur vie. Tel le personnage de Hamlet de Shakespeare.
La Parole de Dieu : Marc 10, 17-22
" Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Il n'y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d'adultère; tu ne tueras point ; honore ton père et ta mère. Il lui répondit: Maître, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens "
Commentaire :
''Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?'' demande à Jésus ce notable de l'Évangile de Marc (10, 17-30). Un homme angoissé! Il court vers Jésus et se met à genoux, grandement désireux d'avoir réponse à sa question. Et Jésus lui signale que la Bonté relève de plus grand que lui et qu'il faut célébrer d'abord la seule bienveillance de Dieu, ''Dieu seul est bon'' lui dit-il. Quant à vivre une vie bonne et honnête, Jésus lui rappelle simplement l'observance des commandements, de faire un bon usage de sa liberté dans les relations humaines et dans l'usage des biens de la terre. Respect des personnes et des choses. C'est déjà un bon commencement.
''C'est ce que je fais'', lui répond l'homme ''depuis ma tendre enfance''. Et Jésus commença à l'aimer. Un détail de haute importance dans la suite du récit. Et là-dessus Jésus lui suggère de laisser à d'autres les richesses qu'il possède pour se mettre à sa suite. Il découvre qu'il n'a pas la liberté intérieure pour une telle décision. Il s'en retourne chez lui, envahi par une grande tristesse.
Réflexions :
1. L'invitation de Jésus est troublante. Elle ne se limite pas à la simple matérialité des choses ou de la valeur des richesses. Elle peut se traduire dans la question suivante : peut-on enfermer dans un système législatif ou autre, si bon soit-il, les ultimes problèmes de l'existence humaine? Peut-on réduire un mystère aussi inéluctable et inaccessible que peut être la ''vie éternelle'' à quelque chose qu'on pourrait faire? Peut-on en faire une affaire de calcul pour mettre ses bonnes uvres à la caisse d'épargne dans le but un jour d'en toucher la récompense avec intérêts composés?
2. ''À l'intérieur de notre expérience de vie'', nous dit un auteur contemporain, Henry Nouwen ''s'il y a un mot qui résume bien notre souffrance, c'est bien le mot PERTE. Il semble que parfois la vie n'est qu'une longue série, impressionnante, de pertes. Aux différentes étapes de notre vie, perte de sécurités de toutes sortes, de santé, de popularité, d'apparence et perte de nos rêves : nous nous étions imaginé que nous avions réussi, que nous étions appréciés et aimés. Ce n'est pas toujours le cas. Perte d'un certain sens de l'existence, de l'impact de la foi, d'habitudes de vie rassurantes qui se sont émoussées, des doutes se sont introduits. Et que faire de nos pertes? se demande-t-il. Glisser dans le ressentiment ou en faire le deuil et s'orienter dans la gratitude : c'est dans toutes ces brèches que peuvent s'infiltrer la parole de pardon, de guérison, d'espérance ''
3. ''Une seule chose te manque'' dit Jésus. Il faut apprendre à faire le deuil de toutes les fausses sécurités qui nous habitent au fur et à mesure que nous faisons l'épreuve de pertes pour retrouver un espace de liberté intérieure qui se crée et se développe et qui le rend apte à recevoir ce que Jésus appelle ''la vie éternelle''. Celle-ci ne se fait pas même à travers les meilleurs moyens dont on peut disposer (les richesses), mais elle se reçoit et se recevra toujours comme le fruit de la bienveillance de Dieu.
4. C'est ainsi que l'Évangile est une large invitation, une lente maturation comme elle est une longue patience. ''La seule condition, nous dit un autre auteur, et ce n'est pas facile, est de demeurer ouvert, dans la foi évangélique, à l'appel de Jésus et à sa fascination pour la vie. Peut-être est-il plus long de comprendre la logique de l'amour et de l'appel, que de comprendre la logique de la loi et du commandement. Le dépouillement matériel n'a de sens que par rapport à une promesse entendue depuis le fond des temps : une vie nouvelle avec le Christ et avec les autres. Dans ce travail d'évangélisation, il se peut que nous sentions une certaine tristesse, sensibles que nous sommes à ce que nous considérons comme des pertes : que ce soit notre confort, nos privilèges, nos avantages ou de tout autre pouvoir que confèrent l'argent et les biens matériels. Comme pour ce jeune homme envahi de tristesse à la suite de la parole exigeante de Jésus, il importe grandement de rester tout aussi sensible au regard d'amour posé sur nous par Jésus comme semence féconde et gratuite de vie éternelle nous ouvrant à la toute-puissante bienveillance de Dieu '' (Guy Lapointe, OP, Institut St-Albert, Montréal, homélie du 28e dimanche, TO, Année B)
Conclusion
Le fait que cet homme de l'évangile soit retourné chez lui dans la tristesse ne signifie pas que le regard d'amour de Jésus se soit détourné de lui. Qui sait si ce même regard d'amour n'ait pas porté son fruit à une étape ultérieure de sa vie à un moment où il aurait pris au sérieux l'appel de Jésus pour entrer dans la vie éternelle? " Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ", " Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu ". (Marc 10, 25, 27).
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Spirituality
Richard Dandenault M.Afr.
Recollection
For January 2011 according to the orientations of the 2010 Chapter
Suggested Texts for January 2011
A sense of wonder for life
A parish priest was giving an account of a phone call he had from a lady in his parish; she told him, 'My life has fallen flat. It doesn't relate to anything anymore. I wish I could live life more deeply.' 'This kind of statement is hard to put aside', the priest said to himself afterwards. 'In her cry for help, this lady set me wondering about myself, about a good number of empty spaces in my life in which I saw myself stuck in a rut, closed in by my shortcomings. Something I would have liked to attain remained beyond my reach, as though further than any boundary.'
The book market today is well supplied with biographical works by those seeking a meaning to their lives; such is the character of Shakespeare's 'Hamlet'.The Word of God: Mark 10: 17-22
"He was setting out on a journey when a man ran up, knelt before him and put this question to him, 'Good master, what must I do to inherit eternal life?'
Jesus said to him, 'Why do you call me good? No one is good but God alone.
You know the commandments: You must not kill; You must not commit adultery; You must not steal; You must not bring false witness; You must not defraud; Honour your father and mother'
And he said to him, 'Master, I have kept all these from my earliest days'.
Jesus looked steadily at him and loved him, and he said, 'There is one thing you lack. Go and sell everything you own and give the money to the poor, and you will have treasure in heaven; then come, follow me.'
But his face fell at these words and he went away sad, for he was a man of great wealth."Commentary:
'Good master, what must I do to inherit eternal life?' This is what this dignitary asks of Jesus in Mark's Gospel (10: 17-30). He is a worried man! He runs up to Jesus and kneels before him, very anxious for a reply to his question. Jesus points out that goodness comes from a power greater than he and that he must firstly benefit from only the kindness of God. He tells him, 'No one is good but God alone.' As for a good and honest life, Jesus simply reminds him of the observance of the Commandments, to make good use of his freedom in human relations and in the use of the goods of the earth, respect for persons and things. It is already a good start. The man replies, 'I have kept all these from my earliest days'. Then Jesus begins to love him. This is a highly significant detail in the flow of the story. Just at that point, Jesus proposes he should leave the riches he owns to others and join him. The man discovers he does not have the inner freedom to take such a decision. He returns home overwhelmed by great sadness.
Reflections:1. Jesus' invitation is disturbing. It is not just about the materiality of things or the value of riches. It could be put in this way by the question: 'Can we enclose in any one legislative system, no matter how comprehensive, the ultimate riddle of human existence? Can we reduce a mystery as unavoidable and inaccessible as to what 'life eternal' may be to something that people can simply do? Can we calculate eternal life by putting our good works into a bank account in order to draw it out with compound interest one day?
2. Contemporary author Henry Nouwen tells us, 'Within our life experience, if there is one word that aptly summarises our suffering, it must be the word LOSS. Sometimes it seems that life is one long impressive series of losses. At various stages of our lives, there are all types of losses in our sense of security, loss of health, of popularity, of appearance and of our dreams; we had imagined we had succeeded, that we were appreciated and loved. It is not always the case. There is a loss of the meaning of life, of the impact of faith; reassuring habits of living that have lost their taste, doubts that intrude.' He asks, 'What can we do about our losses? We can slide into resentment or grieve for our losses, then turn towards gratitude: it is through these gaps that the words of forgiveness, healing and hope can penetrate.'
3. Jesus says, 'There is one thing you lack.' We need to learn how to grieve the loss of all the false security that dwells in us as we experience losses to rediscover a free inner space that grows and develops, making it receptive to what Jesus calls 'eternal life'. This life is not created even through the best means affordable (riches), but it is received and will always be received as the product of God's kindness.
4. In this way, the Gospel is a broad invitation, a slow maturation, as it requires much patience. Another author tells us, 'The sole condition, which is not easy, is to remain open, in Gospel-based faith, to the call of Jesus and his fascination for life. Perhaps it takes longer to understand the logic of love and vocation than to understand the logic of law and commandment. Material deprivation only makes sense in relation to the promise heard from time immemorial: new life with Christ and with others. In this labour of evangelisation, at times we can feel of a certain fatigue, sensitive as we are to what we consider our losses: our comfort, our privileges, our advantages or any other power conferred by money and material goods. Just like this young man overwhelmed by sadness upon hearing the challenging words of Jesus, it is of paramount importance to remain just as sensitive to the loving look Jesus has for us as the fruitful and freely-given seed of eternal life, opening us up to the almighty kindness of God.' (Guy Lapointe, OP, Institut St-Albert, Montreal, homily on the 28th Ordinary Sunday Year B)
Conclusion
The fact that this man in the Gospel went back home sad does not mean that Jesus' loving look was withdrawn from him. Who knows if this same look of love did not bear fruit at a subsequent stage of his life when he would be able to take the call of Jesus to enter into eternal life to heart? 'It is easier for a camel to pass through the eye of a needle than for a rich man to enter the kingdom of God' 'For men', he said, 'it is impossible, but not for God: because everything is possible for God.' (Mark 10: 25, 27).