Missionnaires d'Afrique
Spiritualité
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Richard Dandenault M.Afr.
Récollection
Pour le Mois de Mai 2011 dans la ligne des Actes Capitulaire.
LA JOIE PASCALE :LA BREBIS ÉGARÉE ET RETROUVÉE
TEXTE PROPOSÉ : LUC 15, 4-7
INTRODUCTION : LE CADRE (15, 1-3)
Jésus est présenté comme défendant son option pour les pécheurs. ''Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s'approchaient de Jésus pour l'entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Cet homme accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux.''
* Cadre historiquement juste. En Orient, recevoir quelqu'un à sa table - c'est un honneur pour l'invité. C'est un signe de paix, de confiance, de fraternité, de pardon, un signe spécial d'acceptation. C'est partager la vie.
* L'inclusion des pécheurs à la communauté de salut, signifié dans le cadre de manger ensemble est l'expression la plus significative du message de l'amour rédempteur de Dieu.
* En plus de montrer Jésus mangeant avec les pécheurs, Luc montre Jésus comme s'il était l'hôtelier, lequel commence toujours par louer les qualités de ceux qu'il invite, lesquels, à leur tour, répondent en remerciant d'être en présence d'un tel hôtelier.
* Face aux Pharisiens, Jésus se présente comme celui qui invite les pécheurs à sa table, non pas simplement comme celui qui mange avec eux. En faisant ainsi, Jésus heurte la sensibilité culturelle et religieuse des Pharisiens.
LA PAROLE DE DIEU : LE TEXTE : cur de la parabole : no. 4 - restauration de la brebis. Joie qui précède et joie qui suit.
a. ''Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis
b. Et qu'il en perde une,
c. Ne laisse pas les 99 autres dans le désert1. Pour aller à la recherche de celle qui est perdue,
2. Jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée? Et quand il l'a retrouvée
3. Il la charge tout joyeux sur ses épaules
4. Et de retour à la maison, il réunit ses amis et voisins
3' Et il leur dit : Réjouissez-vous avec moi
2' Car j'ai retrouvé ma brebis
1' Celle qui était perdue,a' Je vous le déclare : c'est ainsi qu'il y aura plus de joie au ciel
b' Pour un seul pécheur qui se convertit,
c' Que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de conversion.Portée culturelle
* Une parabole tournant autour d'un pasteur a quelque chose de spécial pour des Pharisiens. Moïse était compté comme pasteur. Les rois dans Ézéchiel sont vus comme des bergers (Ch. 36 en particulier). En contraste, les bergers de chair et d'os du 1er siècle étaient considérés comme impurs le métier étant impur. Il y avait là une sorte ''d'incongruité'' : mépriser les bergers concrets et les approuver par ''allégorie''. David était aussi un berger. Comment les rabbins pouvaient-ils mépriser les bergers du voisinage et vénérer les figures-bergers de l'AT?
* Jésus s'adresse à eux : ''lequel parmi vous ayant 100 brebis...'' : parabole de choc : il s'adresse à des pharisiens comme s'ils étaient des bergers. C'était de la part de Jésus une décision de haute portée culturelle et théologique. Être responsable pour 100 brebis : les propriétaires pouvant être multiples, ils engageaient un berger pour tous. Celui-ci n'était pas un mercenaire. Il est membre d'une famille élargie. La perte d'une brebis est une perte pour tous. La joie de la retrouver est une joie pour tous. L'aspect communautaire est ici important.
* Par deux fois le berger se réjouit : quand il retrouve la brebis, quand il se retrouve en communauté, au village. En retrouvant la brebis prise dans une mauvaise situation, le berger se réjouit au fait qu'il aura à la guérir : ce sera le travail difficile une fois au village. Il faut redonner la santé à la brebis. C'est la source de la joie du berger et c'est le sommet de la parabole.
Portée religieuse (théologique) :
* Joie du berger : exprimée et partagée en communauté en prenant soin de la brebis blessée. Jésus se réjouit de recevoir les pécheurs et de les restaurer en communauté. Il y a ici claire indication christologique de la passion. Le berger porte sur ses épaules le poids de la brebis. C'est le thème de l'amour gratuit à la recherche du pécheur. La parabole met en évidence toutes les démarches pour recouvrer une propriété perdue avec la satisfaction du succès reconnu. Sous-entendu : toute la peine que Dieu se donne pour retrouver les pécheurs, les publicains qui appartiennent à Dieu, avant même qu'ils se soient repentis.
* Thème de la repentance : le fait des 99 justes est une ironie de la part de Jésus. De fait, tous ont besoin de repentance (Cf. Is. 53, 6. tous étaient à la dérive ). Dans le judaïsme du 1er siècle la repentance était une route pour le Royaume à venir. Pour Jésus, la repentance est réponse au Royaume déjà venu. Dans la parabole, ce n'est pas la brebis qui court après son berger, mais le contraire. Le fait d'être retrouvé signifie repentance. La parabole donne une vision entièrement nouvelle de la nature du repentir. Importance de l'unicité de chaque personne humaine pour Dieu et pour Jésus. C'est ainsi qu'il renverse le principe de Caïphe prêt à sacrifier une brebis unique pour sauver la nation. (= sauver les 99 brebis et abandonner la brebis égarée). Pour Caïphe, l'importance de chaque personne n'existe pas.
* On a trop souvent entretenu dans la catéchèse et ailleurs la fausse évidence qu'il y avait d'abord le péché, puis la conscience du péché, ensuite le repentir et enfin, au terme, la demande du pardon. Parfois l'attitude anti-évangélique qu'il fallait MÉRITER le pardon. D'abord le péché, puis le pardon. Ce semble évident. C'est le contraire qui est vrai. ''SEUL LE PARDON RÉVÈLE LE PÉCHÉ. On change en se sachant pardonné, non pas pardonné parce qu'on a changé. ''Seul se repent celui a déjà trouvé le Dieu qui fait grâce'' (K. Barth). Pour que le péché apparaisse comme son propre refus de Dieu, il doit faire la rencontre du pardon. Car le péché voile l'impossibilité où je suis de changer moi-même / mon cur. Le péché doit d'abord être mis à découvert : il est révélé dans le pardon, car le pardon est la création d'un cur nouveau : une tâche impossible à l'être humain, possible à Dieu seul. La nouveauté du cur éclaire, par contraste, les ténèbres où on était auparavant plongé.
* Dans le pardon, le Père fait renaître à la confiance : plus j'écoute la Parole de Dieu, plus je sors du péché. Je commence à interpréter l'existence, la vie, les événements, les autres à partir d'une relation amoureuse, non à partir d'un MOI qui prend toute la place. Sur cette route, Jésus fait le travail essentiel. C'est l'espérance du pèlerin qui découvre la présence qui purifie.
(Notes inspirées : Kenneth E. Bailey : ''Poet & Peasant and Through Peasant Eyes, A literary - Cultural Approach to the Parables in Luke'', / J. Jeremias : ''Jérusalem au temps de Jésus'' / Joseph Thomas, SJ :'' le péché'' dans Magazine Panorama).
Missionaries of Africa
Spirituality
Richard Dandenault M.Afr.
Recollection
For May 2011 according to the orientations of the 2010 Chapter
EASTER JOY:
THE SHEEP LOST AND FOUND
SUGGESTED TEXT: LUKE 15: 4-7
INTRODUCTION: THE CONTEXT (15: 1-3)
Jesus is presented as defending his option for sinners. 'The tax collectors and the sinners, meanwhile, were all seeking his company to hear what he had to say, and the Pharisees and the scribes complained. 'This man' they said 'welcomes sinners and eats with them.'
* The context is historically accurate. In the Middle East, inviting someone for a meal at home is an honour for the guest. It is a sign of trust, fraternity, and forgiveness, a singular gesture of acceptance. It is to share life.
* The most meaningful expression of God's redeeming love is including sinners in the community of salvation, signified by the context of eating together.
* In addition to showing Jesus eating with sinners, Luke portrays Jesus as though he were an hotelier, who always begins by praising the qualities of those he invites; in their turn, they reply by thanking him for being in the presence of such an hotelier.
* Faced with the Pharisees, Jesus presents himself as the one who invites sinners to his table, not only as one who eats with them. In so doing, Jesus clashes with the cultural and religious sensitivity of the Pharisees.
THE WORD OF GOD: THE TEXT: Core meaning of the parable: no. 4 - Reinstatement of the sheep. Joy before and joy after.
a. 'What man among you with a hundred sheep
b. losing one
c. would not leave the ninety-nine in the wilderness1. and go after the missing one
2. till he found it? And when he found it,
3. would he not joyfully take it on his shoulders,
4. and then, when he got home, call together his friends and neighbours?
3' "Rejoice with me," he would say
2' "I have found my sheep
1' that was lost."a' In the same way, I tell you, there will be more rejoicing in heaven
b' over one repentant sinner
c' than over ninety-nine virtuous men who have no need of repentance.'
Cultural relevance:
* A parable centring on a shepherd has a special meaning for Pharisees. Moses was considered a shepherd. The kings in Ezekiel are seen as shepherds. (Ch. 36 in particular). By contrast, the flesh and blood shepherds of the 1st century were considered impure ... the occupation was impure. Here, there was a kind of absurdity: despising down-to-earth shepherds and approving of them symbolically! David was also a shepherd. How could the rabbis despise the shepherds of the neighbourhood and venerate the shepherd-figures of the OT?
* Jesus addresses them: 'What man among you with a hundred sheep': it is a parable intended to stun: he is addressing Pharisees as though they were shepherds! For Jesus, it was a decision of high cultural and theological relevance. Responsibility for 100 sheep meant that there could have been multiple owners; they employed one shepherd for all. He was not a hired hand out for money. He was a member of an extended family. The loss of a sheep is a loss for all. The joy of finding it is a joy for all. The community aspect here is significant.
* The shepherd rejoices twice: when he finds the sheep and when he reaches his community in the village. Finding the sheep caught in a difficult situation, the shepherd rejoices in that he will have it to heal; this will be the hard work once back in the village. He has to restore the health to the sheep. This is the shepherd's source of joy and the high point of the parable.
Religious (theological) Relevance:
* The shepherd's joy: expressed and shared in community by taking care of the injured sheep. Jesus rejoices to receive sinners and restore them to community. Here, there is a clear Christological indication of the Passion. The shepherd carries the weight of the sheep on his shoulders. It is the theme of the gratuitous love of the quest for the sinner. The parable highlights all the steps taken to find a lost article with the satisfaction of the acknowledged success. This implies all the trouble God goes to in order to find sinners, the tax-collectors who belong to God, even before they repent.
* The theme of repentance: the mention of the 99 virtuous is paradoxical on Jesus' part. In fact, all are in need of repentance (Cf. Is. 53: 6. 'We had all gone astray like sheep'. In 1st century Judaism, repentance was a pathway for the Kingdom to come. For Jesus, repentance is the response to the Kingdom already here. In the parable, the sheep does not run after its shepherd, but the contrary. The fact of being found signifies repentance. The parable gives an entirely novel view of the nature of repenting. It is the importance of the unique nature of every human person for God and for Jesus. In this way, he overturns the principle of Caiaphas, ready to sacrifice one single sheep to save the nation. (This is tantamount to saving the 99 sheep and abandoning the lost sheep.) For Caiaphas, the importance of each individual person does not exist.
The false evidence that firstly there was the sin, then awareness of the sin, then repentance and finally, at the end, the request for forgiveness has too often been maintained in catechesis and elsewhere. There was sometimes even the anti-Gospel notion that forgiveness had to be DESERVED. First sin, then forgiveness. This seems self-evident. Yet it is the reverse that is true. 'ONLY FORGIVENESS REVEALS SIN. We change in knowing we are forgiven, not forgiven because we have changed.' 'We know the terrible extent of our sin exactly and precisely to the terrible extent of God's forgiveness.' (K. Barth). God imprisons us by flinging wide our cell door. God's judgment accuses [us] by showing us that all the charges against us have been dropped. It threatens us by showing us that we are out of danger.
In order for sin to appear as our own denial of God, we have to encounter forgiveness, for sin obscures the impossible dilemma where we find ourselves - powerless to change ourselves, our hearts.
* Sin has firstly to be exposed: it is revealed in forgiveness, for forgiveness is the creation of a new heart: an impossible task for a human being; possible to God alone. Newness of heart, by contrast, enlightens the darkness in which we were previously immersed.
* In forgiveness, the Father restores trust: the more I listen to the Word of God, the more I emerge from sin. I begin to interpret existence, life, events, others, from a loving relationship, not from my EGO that takes up all the space. On this faith journey, Jesus does the essential work. It is the hope of the pilgrim who discovers the presence that purifies.
(Notes inspired from: Kenneth E. Bailey: ''Poet & Peasant and Through Peasant Eyes, A literary - Cultural Approach to the Parables in Luke'', / J. Jeremias: ''Jerusalem in the time of Jesus'' / Joseph Thomas, SJ: "le péché'' in Panorama Magazine).