Nouvelles du 19-10-2010
Texte Pris sur le site Zénit
Lettre sans précédent de Benoît XVI aux séminaristes du monde
Son expérience de séminariste à une époque tragique
ROME, Lundi 18 octobre 2010 (ZENIT.org) - " Chers séminaristes ! J'ai voulu vous montrer par ces lignes combien je pense à vous surtout en ces temps difficiles et combien je vous suis proche par la prière. Priez aussi pour moi, pour que je puisse bien remplir mon service, tant que le Seigneur le veut " : c'est ainsi que Benoît XVI conclut cette lettre sans précédent, de Benoît XVI aux séminaristes du monde, en quelle sort comme un couronnement de l'Année sacerdotale. Il n'hésite pas à leur confier son expérience de séminariste, à une époque tragique. Il ne passe pas sous silence la question de la pédophilie.
Texte intégral de la lettre du pape
Chers Séminaristes,
En décembre 1944, lorsque je fus appelé au service militaire, le commandant de la compagnie demanda à chacun de nous quelle profession il envisageait pour son avenir. Je répondis que je voulais devenir prêtre catholique. Le sous-lieutenant me répondit : Alors vous devrez chercher quelque chose d'autre. Dans la nouvelle Allemagne, il n'y a plus besoin de prêtres. Je savais que cette " nouvelle Allemagne " était déjà sur le déclin, et qu'après les énormes dévastations apportées par cette folie dans le pays, il y aurait plus que jamais besoin de prêtres. Aujourd'hui, la situation est complètement différente. Mais, de diverses façons, beaucoup aujourd'hui aussi pensent que le sacerdoce catholique n'est pas une " profession " d'avenir, mais qu'elle appartient plutôt au passé. Vous, chers amis, vous vous êtes décidés à entrer au séminaire, et vous vous êtes donc mis en chemin vers le ministère sacerdotal dans l'Église catholique, à l'encontre de telles objections et opinions. Vous avez bien fait d'agir ainsi. Car les hommes auront toujours besoin de Dieu, même à l'époque de la domination technique du monde et de la mondialisation : de Dieu qui s'est rendu visible en Jésus Christ et qui nous rassemble dans l'Église universelle pour apprendre avec lui et par lui la vraie vie et pour tenir présents et rendre efficaces les critères de l'humanité véritable. Là où l'homme ne perçoit plus Dieu, la vie devient vide ; tout est insuffisant. L'homme cherche alors refuge dans la griserie ou dans la violence qui menacent toujours plus particulièrement la jeunesse. Dieu est vivant. Il a créé chacun de nous et nous connaît donc tous. Il est si grand qu'il a du temps pour nos petites choses : " Les cheveux de votre tête sont tous comptés ". Dieu est vivant, et il a besoin d'hommes qui vivent pour lui et qui le portent aux autres. Oui, cela a du sens de devenir prêtre : le monde a besoin de prêtres, de pasteurs, aujourd'hui, demain et toujours, tant qu'il existera.
Le séminaire est une communauté en chemin vers le service sacerdotal. Avec cela, j'ai déjà dit quelque chose de très important. : on ne devient pas prêtre tout seul. Il faut " la communauté des disciples ", l'ensemble de ceux qui veulent servir l'Église. Par cette lettre, je voudrais mettre en évidence - en jetant aussi un regard en arrière sur ce que fut mon temps au séminaire - quelques éléments importants pour ces années où vous êtes en chemin.
1. Celui qui veut devenir prêtre doit être par-dessus tout " un homme de Dieu ", comme le décrit saint Paul (1Tm 6, 11). Pour nous, Dieu n'est pas une hypothèse lointaine, il n'est pas un inconnu qui s'est retiré après le "big bang". Dieu s'est montré en Jésus Christ. Sur le visage de Jésus Christ, nous voyons le visage de Dieu. Dans ses paroles, nous entendons Dieu lui-même nous parler. C'est pourquoi, le plus important dans le chemin vers le sacerdoce et durant toute la vie sacerdotale, c'est la relation personnelle avec Dieu en Jésus Christ. Le prêtre n'est pas l'administrateur d'une quelconque association dont il cherche à maintenir et à augmenter le nombre des membres. Il est le messager de Dieu parmi les hommes. Il veut conduire à Dieu et ainsi faire croître aussi la communion véritable des hommes entre eux. C'est pour cela, chers amis, qu'il est si important que vous appreniez à vivre en contact constant avec Dieu. Lorsque le Seigneur dit : " Priez en tout temps ", il ne nous demande pas naturellement de réciter continuellement des prières, mais de ne jamais perdre le contact intérieur avec Dieu. S'exercer à ce contact est le sens de notre prière. C'est pourquoi il est important que la journée commence et s'achève par la prière. Que nous écoutions Dieu dans la lecture de l'Ecriture. Que nous lui disions nos désirs et nos espérances ; nos joies et nos souffrances, nos erreurs et notre action de grâce pour chaque chose belle et bonne et que, de cette façon, nous l'ayons toujours devant nos yeux comme point de référence de notre vie. Nous prenons alors conscience de nos erreurs et apprenons à travailler pour nous améliorer ; mais nous devenons aussi sensibles à tout le bien et à tout le beau que nous recevons chaque jour comme quelque chose allant de soi et ainsi la gratitude grandit en nous. Et avec la gratitude, grandit la joie pour le fait que Dieu nous est proche et que nous pouvons le servir.
2. Dieu n'est pas seulement une parole pour nous. Dans les sacrements il se donne à nous en personne, à travers les choses corporelles. Le centre de notre rapport avec Dieu et de la configuration de notre vie, c'est l'Eucharistie. La célébrer en y participant intérieurement et rencontrer ainsi le Christ en personne doit être le centre de toutes nos journées. Saint Cyprien a interprété la demande de l'Evangile : " Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ", en disant, entre autre, que " notre " pain, le pain que nous pouvons recevoir en chrétiens dans l'Eglise, est le Seigneur eucharistique lui-même. Dans la demande du Notre Père, nous prions donc pour qu'il nous donne chaque jour " notre " pain ; qu'il soit toujours la nourriture de notre vie. Que le Christ ressuscité, qui se donne à nous dans l'Eucharistie modèle vraiment toute notre vie par les splendeurs de son amour divin. Pour la juste célébration eucharistique, il est nécessaire aussi que nous apprenions à connaître, à comprendre et à aimer la liturgie de l'Église dans sa forme concrète. Dans la liturgie, nous prions avec les fidèles de tous les siècles - passé, présent et avenir s'unissent en un unique grand chur de prière. Comme je puis l'affirmer à propos de mon propre chemin, c'est une chose enthousiasmante que d'apprendre à comprendre peu à peu comment tout cela a grandi, quelle expérience de foi se trouve dans la structure de la Liturgie de la Messe, combien de générations ont contribué à la former en priant !
3. Le Sacrement de Pénitence aussi est important. Il m'enseigne à me regarder du point de vue de Dieu, et m'oblige à être honnête envers moi-même. Il me conduit à l'humilité. Le Curé d'Ars a dit une fois : Vous pensez que cela n'a pas de sens d'obtenir l'absolution aujourd'hui, sachant que demain vous ferez de nouveau les mêmes péchés. Mais, - a-t-il dit - Dieu lui-même oublie en cet instant vos péchés de demain pour vous donner sa grâce aujourd'hui. Bien que nous ayons à combattre continuellement contre les mêmes erreurs, il est important de s'opposer à l'abrutissement de l'âme, à l'indifférence qui se résigne au fait d'être ainsi fait. Il est important de continuer à marcher, sans être scrupuleux, dans la conscience reconnaissante que Dieu me pardonne toujours de nouveau. Mais aussi sans l'indifférence qui ne ferait plus lutter pour la sainteté et pour l'amélioration. Et en me laissant pardonner, j'apprends encore à pardonner aux autres. Reconnaissant ma misère, je deviens plus tolérant et compréhensif devant les faiblesses du prochain.
4. Maintenez en vous la sensibilité pour la piété populaire, qui est différente selon les cultures, mais qui est aussi toujours très semblable, parce que le cur de l'homme est, en fin de compte, toujours le même. Certes, la piété populaire tend vers l'irrationalité, parfois même vers l'extériorité. Pourtant l'exclure est une grande erreur. A travers elle, la foi est entrée dans le cur des hommes, elle a fait partie de leurs sentiments, de leurs habitudes, de leur manière commune de sentir et de vivre. C'est pourquoi la piété populaire est un grand patrimoine de l'Eglise. La foi s'est faite chair et sang. La piété populaire doit certainement être toujours purifiée, recentrée, mais elle mérite notre amour et elle nous rend nous-mêmes de façon pleinement réelle " Peuple de Dieu ".
5. Le temps du séminaire est aussi et par-dessus tout un temps d'étude. La foi chrétienne a une dimension rationnelle et intellectuelle qui lui est essentielle. Sans elle, la foi ne serait pas elle-même. Paul parle d'"une forme d'enseignement " à laquelle nous avons été confiés dans le baptême (Rm 6, 17). Vous connaissez tous la parole de saint Pierre, considérée par les théologiens médiévaux comme la justification d'une théologie rationnelle et scientifiquement élaborée : " Toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande 'raison' (logos) de l'espérance qui est en vous " (1 P 3, 15). Apprendre à devenir capable de donner de telles réponses est l'un des principaux buts des années de séminaire. Je ne peux que vous prier avec insistance : Etudiez avec sérieux ! Mettez à profit les années d'étude ! Vous ne vous en repentirez pas. Certes, souvent la matière des études semble très éloignée de la pratique de la vie chrétienne et du service pastoral. Toutefois il est complètement erroné de poser toujours immédiatement la question pragmatique : est-ce que cela pourra me servir plus tard ? Est-ce-que cela sera d'une utilité pratique, pastorale ? Il ne s'agit pas justement d'apprendre seulement ce qui est évidemment utile, mais de connaître et de comprendre la structure interne de la foi dans sa totalité, pour qu'elle devienne ainsi réponse aux demandes des hommes, lesquels changent du point de vue extérieur de générations en générations, tout en restant au fond les mêmes. C'est pourquoi il est important d'aller au-delà des questions changeantes du moment pour comprendre les questions vraiment fondamentales et ainsi comprendre aussi les réponses comme de vraies réponses. Il est important de connaître à fond la Sainte Ecriture en entier, dans son unité d'Ancien et de Nouveau Testament : la formation des textes, leur particularité littéraire, leur composition progressive jusqu'à former le canon des livres sacrés, leur unité dynamique intérieure qui ne se trouve pas en surface, mais qui, seule, donne à tous et à chacun des textes leur pleine signification. Il est important de connaître les Pères et les grands Conciles, dans lesquels l'Eglise a assimilé, en réfléchissant et en croyant, les affirmations essentielles de l'Ecriture. Je pourrais continuer encore : ce que nous appelons la dogmatique, c'est la manière de comprendre les contenus de la foi dans leur unité, et même dans leur ultime simplicité : chaque détail unique est finalement simple déploiement de la foi en l'unique Dieu qui s'est manifesté et se manifeste à nous. Je n'ai pas besoin de dire expressément l'importance de la connaissance des questions essentielles de la théologie morale et de la doctrine sociale catholique. Combien est importante aujourd'hui la théologie cuménique ; la connaissance des différentes communautés chrétiennes est une évidence ; pareillement, la nécessité d'une orientation fondamentale sur les grandes religions, sans oublier la philosophie : la compréhension de la quête des hommes et des questions qu'ils se posent, auxquelles la foi veut apporter une réponse. Mais apprenez aussi à comprendre et - j'ose dire - à aimer le droit canon dans sa nécessité intrinsèque et dans les formes de son application pratique : une société sans droit serait une société privée de droits. Le droit est condition de l'amour. Je ne veux pas maintenant poursuivre cette énumération, mais seulement redire encore : aimez l'étude de la théologie et poursuivez-la avec une sensibilité attentive pour enraciner la théologie dans la communauté vivante de l'Eglise, laquelle, avec son autorité, n'est pas un pôle opposé à la science théologique, mais son présupposé. Sans l'Eglise qui croit, la théologie cesse d'être elle-même et devient un ensemble de diverses disciplines sans unité intérieure.
6. Les années de séminaire doivent être aussi un temps de maturation humaine. Pour le prêtre, qui devra accompagner les autres le long du chemin de la vie et jusqu'aux portes de la mort, il est important qu'il ait lui-même mis en juste équilibre le cur et l'intelligence, la raison et le sentiment, le corps et l'âme, et qu'il soit humainement " intègre ". C'est pour cela que la tradition chrétienne a toujours uni aux " vertus théologales ", " les vertus cardinales ", dérivées de l'expérience humaine et de la philosophie, et en général la saine tradition éthique de l'humanité. Paul le dit aux Philippiens de façon très claire : " Enfin, frères, tout ce qu'il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d'aimable, d'honorable, tout ce qu'il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper " (4, 8). L'intégration de la sexualité dans l'ensemble de la personnalité fait aussi partie de ce contexte. La sexualité est un don du Créateur, mais aussi une tâche qui regarde le développement de l'être humain. Lorsqu'elle n'est pas intégrée dans la personne, la sexualité devient quelque chose de banal et en même temps destructive. Nous le voyons aujourd'hui dans notre société à travers de nombreux exemples. Récemment, nous avons dû constater avec une grande peine que des prêtres ont défiguré leur ministère par l'abus sexuel d'enfants et de jeunes. Au lieu de conduire les personnes vers une humanité mature, et d'en être l'exemple, ils ont provoqué, par leurs abus, des destructions dont nous éprouvons une profonde douleur et un profond regret. A cause de tout cela peut surgir en beaucoup, peut-être aussi en vous-mêmes, la question de savoir s'il est bien de devenir prêtre ; si le chemin du célibat est raisonnable comme vie humaine. Mais l'abus, qui est à réprouver absolument, ne peut discréditer la mission sacerdotale, laquelle demeure grande et pure. Grâce à Dieu, nous connaissons tous des prêtres convaincants, pleins de foi, qui témoignent que dans cet état et précisément dans la vie du célibat, on peut parvenir à une humanité authentique, pure et mature. Ce qui est arrivé doit toutefois nous rendre plus vigilants et attentifs, justement pour nous interroger soigneusement nous-mêmes, devant Dieu, dans le chemin vers le sacerdoce, pour comprendre si c'est sa volonté pour moi. Les confesseurs et vos supérieurs ont cette tâche de vous accompagner et de vous aider dans ce parcours de discernement. Pratiquer les vertus humaines fondamentales est un élément essentiel de votre chemin, en gardant le regard fixé sur le Dieu qui s'est manifesté dans le Christ, en se laissant toujours de nouveau purifier par Lui.
7. Aujourd'hui, les débuts de la vocation sacerdotale sont plus variés et différents que par le passé. La décision de devenir prêtre naît aujourd'hui souvent au sein d'une expérience professionnelle séculière déjà commencée. Elle mûrit souvent dans la communauté, spécialement dans les mouvements, qui favorisent une rencontre communautaire avec le Christ et son Eglise, une expérience spirituelle et la joie dans le service de la foi. La décision mûrit aussi dans les rencontres tout à fait personnelles avec la grandeur et la misère de l'être humain. Ainsi, les candidats au sacerdoce vivent souvent sur des continents spirituels extrêmement divers. Il pourra être difficile de reconnaître les éléments communs du futur envoyé et de son itinéraire spirituel. C'est vraiment pour cela que le séminaire est important comme communauté en chemin au-dessus des diverses formes de spiritualité. Les mouvements sont une chose magnifique. Vous savez combien je les apprécie et les aime comme don de l'Esprit Saint à l'Eglise. Ils doivent toutefois être évalués selon la manière avec laquelle ils sont tous ouverts à la réalité catholique commune, à la vie de l'unique et commune Eglise du Christ qui, dans toute sa variété demeure toutefois une. Le séminaire est la période où vous apprenez les uns avec les autres, les uns des autres. Dans la vie en commun, peut-être difficile parfois, vous devez apprendre la générosité et la tolérance non seulement en vous supportant mutuellement, mais en vous enrichissant les uns les autres, si bien que chacun puisse apporter ses dons particuliers à l'ensemble, tandis que tous servent la même Eglise, le même Seigneur. Cette école de tolérance, bien plus, d'acceptation et de compréhension mutuelles dans l'unité du Corps du Christ, fait partie des éléments importants de vos années de séminaire.
Chers séminaristes ! J'ai voulu vous montrer par ces lignes combien je pense à vous surtout en ces temps difficiles et combien je vous suis proche par la prière. Priez aussi pour moi, pour que je puisse bien remplir mon service, tant que le Seigneur le veut. Je confie votre cheminement de préparation au sacerdoce à la protection de la Vierge Marie, dont la maison fut une école de bien et de grâce. Que Dieu tout-puissant vous bénisse tous, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.
Du Vatican, le 18 octobre 2010.
Vôtre dans le Seigneur
BENEDICTUS PP. XVI
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Zenit 19-10-2010
BENEDICT XVI'S LETTER TO SEMINARIANS
"For Us God Is Not Some Abstract Hypothesis"
VATICAN CITY, OCT. 18, 2010 (Zenit.org).- This is the letter Benedict XVI wrote to seminarians on the occasion of the end of the Year for Priests, which ended in June. The letter is dated Oct. 18, the feast of Luke the Evangelist.
* * *
Dear Seminarians,
When in December 1944 I was drafted for military service, the company commander asked each of us what we planned to do in the future. I answered that I wanted to become a Catholic priest. The lieutenant replied: "Then you ought to look for something else. In the new Germany priests are no longer needed". I knew that this "new Germany" was already coming to an end, and that, after the enormous devastation which that madness had brought upon the country, priests would be needed more than ever. Today the situation is completely changed. In different ways, though, many people nowadays also think that the Catholic priesthood is not a "job" for the future, but one that belongs more to the past. You, dear friends, have decided to enter the seminary and to prepare for priestly ministry in the Catholic Church in spite of such opinions and objections. You have done a good thing. Because people will always have need of God, even in an age marked by technical mastery of the world and globalization: they will always need the God who has revealed himself in Jesus Christ, the God who gathers us together in the universal Church in order to learn with him and through him life's true meaning and in order to uphold and apply the standards of true humanity. Where people no longer perceive God, life grows empty; nothing is ever enough. People then seek escape in euphoria and violence; these are the very things that increasingly threaten young people. God is alive. He has created every one of us and he knows us all. He is so great that he has time for the little things in our lives: "Every hair of your head is numbered". God is alive, and he needs people to serve him and bring him to others. It does makes sense to become a priest: the world needs priests, pastors, today, tomorrow and always, until the end of time.
The seminary is a community journeying towards priestly ministry. I have said something very important here: one does not become a priest on one's own. The "community of disciples" is essential, the fellowship of those who desire to serve the greater Church. In this letter I would like to point out - thinking back to my own time in the seminary - several elements which I consider important for these years of your journeying.
1. Anyone who wishes to become a priest must be first and foremost a "man of God", to use the expression of Saint Paul (1 Tim 6:11). For us God is not some abstract hypothesis; he is not some stranger who left the scene after the "big bang". God has revealed himself in Jesus Christ. In the face of Jesus Christ we see the face of God. In his words we hear God himself speaking to us. It follows that the most important thing in our path towards priesthood and during the whole of our priestly lives is our personal relationship with God in Jesus Christ. The priest is not the leader of a sort of association whose membership he tries to maintain and expand. He is God's messenger to his people. He wants to lead them to God and in this way to foster authentic communion between all men and women. That is why it is so important, dear friends, that you learn to live in constant intimacy with God. When the Lord tells us to "pray constantly", he is obviously not asking us to recite endless prayers, but urging us never to lose our inner closeness to God. Praying means growing in this intimacy. So it is important that our day should begin and end with prayer; that we listen to God as the Scriptures are read; that we share with him our desires and our hopes, our joys and our troubles, our failures and our thanks for all his blessings, and thus keep him ever before us as the point of reference for our lives. In this way we grow aware of our failings and learn to improve, but we also come to appreciate all the beauty and goodness which we daily take for granted and so we grow in gratitude. With gratitude comes joy for the fact that God is close to us and that we can serve him.
2. For us God is not simply Word. In the sacraments he gives himself to us in person, through physical realities. At the heart of our relationship with God and our way of life is the Eucharist. Celebrating it devoutly, and thus encountering Christ personally, should be the centre of all our days. In Saint Cyprian's interpretation of the Gospel prayer, "Give us this day our daily bread", he says among other things that "our" bread - the bread which we receive as Christians in the Church - is the Eucharistic Lord himself. In this petition of the Our Father, then, we pray that he may daily give us "our" bread; and that it may always nourish our lives; that the Risen Christ, who gives himself to us in the Eucharist, may truly shape the whole of our lives by the radiance of his divine love. The proper celebration of the Eucharist involves knowing, understanding and loving the Church's liturgy in its concrete form. In the liturgy we pray with the faithful of every age - the past, the present and the future are joined in one great chorus of prayer. As I can state from personal experience, it is inspiring to learn how it all developed, what a great experience of faith is reflected in the structure of the Mass, and how it has been shaped by the prayer of many generations.
3. The sacrament of Penance is also important. It teaches me to see myself as God sees me, and it forces me to be honest with myself. It leads me to humility. The Curé of Ars once said: "You think it makes no sense to be absolved today, because you know that tomorrow you will commit the same sins over again. Yet," he continues, "God instantly forgets tomorrow's sins in order to give you his grace today." Even when we have to struggle continually with the same failings, it is important to resist the coarsening of our souls and the indifference which would simply accept that this is the way we are. It is important to keep pressing forward, without scrupulosity, in the grateful awareness that God forgives us ever anew - yet also without the indifference that might lead us to abandon altogether the struggle for holiness and self-improvement. Moreover, by letting myself be forgiven, I learn to forgive others. In recognizing my own weakness, I grow more tolerant and understanding of the failings of my neighbour.
4. I urge you to retain an appreciation for popular piety, which is different in every culture yet always remains very similar, for the human heart is ultimately one and the same. Certainly, popular piety tends towards the irrational, and can at times be somewhat superficial. Yet it would be quite wrong to dismiss it. Through that piety, the faith has entered human hearts and become part of the common patrimony of sentiments and customs, shaping the life and emotions of the community. Popular piety is thus one of the Church's great treasures. The faith has taken on flesh and blood. Certainly popular piety always needs to be purified and refocused, yet it is worthy of our love and it truly makes us into the "People of God".
5. Above all, your time in the seminary is also a time of study. The Christian faith has an essentially rational and intellectual dimension. Were it to lack that dimension, it would not be itself. Paul speaks of a "standard of teaching" to which we were entrusted in Baptism (Rom 6:17). All of you know the words of Saint Peter which the medieval theologians saw as the justification for a rational and scientific theology: "Always be ready to make your defence to anyone who demands from you an 'accounting' (logos) for the hope that is in you" (1 Pet 3:15). Learning how to make such a defence is one of the primary responsibilities of your years in the seminary. I can only plead with you: Be committed to your studies! Take advantage of your years of study! You will not regret it. Certainly, the subjects which you are studying can often seem far removed from the practice of the Christian life and the pastoral ministry. Yet it is completely mistaken to start questioning their practical value by asking: Will this be helpful to me in the future? Will it be practically or pastorally useful? The point is not simply to learn evidently useful things, but to understand and appreciate the internal structure of the faith as a whole, so that it can become a response to people's questions, which on the surface change from one generation to another yet ultimately remain the same. For this reason it is important to move beyond the changing questions of the moment in order to grasp the real questions, and so to understand how the answers are real answers. It is important to have a thorough knowledge of sacred Scripture as a whole, in its unity as the Old and the New Testaments: the shaping of texts, their literary characteristics, the process by which they came to form the canon of sacred books, their dynamic inner unity, a unity which may not be immediately apparent but which in fact gives the individual texts their full meaning. It is important to be familiar with the Fathers and the great Councils in which the Church appropriated, through faith-filled reflection, the essential statements of Scripture. I could easily go on. What we call dogmatic theology is the understanding of the individual contents of the faith in their unity, indeed, in their ultimate simplicity: each single element is, in the end, only an unfolding of our faith in the one God who has revealed himself to us and continues to do so. I do not need to point out the importance of knowing the essential issues of moral theology and Catholic social teaching. The importance nowadays of ecumenical theology, and of a knowledge of the different Christian communities, is obvious; as is the need for a basic introduction to the great religions, to say nothing of philosophy: the understanding of that human process of questioning and searching to which faith seeks to respond. But you should also learn to understand and - dare I say it - to love canon law, appreciating how necessary it is and valuing its practical applications: a society without law would be a society without rights. Law is the condition of love. I will not go on with this list, but I simply say once more: love the study of theology and carry it out in the clear realization that theology is anchored in the living community of the Church, which, with her authority, is not the antithesis of theological science but its presupposition. Cut off from the believing Church, theology would cease to be itself and instead it would become a medley of different disciplines lacking inner unity.
6. Your years in the seminary should also be a time of growth towards human maturity. It is important for the priest, who is called to accompany others through the journey of life up to the threshold of death, to have the right balance of heart and mind, reason and feeling, body and soul, and to be humanly integrated. To the theological virtues the Christian tradition has always joined the cardinal virtues derived from human experience and philosophy, and, more generally, from the sound ethical tradition of humanity. Paul makes this point this very clearly to the Philippians: "Finally, brothers, whatever is true, whatever is honourable, whatever is just, whatever is pure, whatever is pleasing, whatever is commendable, if there is any excellence and if there is anything worthy of praise, think about these things" (4:8). This also involves the integration of sexuality into the whole personality. Sexuality is a gift of the Creator yet it is also a task which relates to a person's growth towards human maturity. When it is not integrated within the person, sexuality becomes banal and destructive. Today we can see many examples of this in our society. Recently we have seen with great dismay that some priests disfigured their ministry by sexually abusing children and young people. Instead of guiding people to greater human maturity and setting them an example, their abusive behaviour caused great damage for which we feel profound shame and regret. As a result of all this, many people, perhaps even some of you, might ask whether it is good to become a priest; whether the choice of celibacy makes any sense as a truly human way of life. Yet even the most reprehensible abuse cannot discredit the priestly mission, which remains great and pure. Thank God, all of us know exemplary priests, men shaped by their faith, who bear witness that one can attain to an authentic, pure and mature humanity in this state and specifically in the life of celibacy. Admittedly, what has happened should make us all the more watchful and attentive, precisely in order to examine ourselves earnestly, before God, as we make our way towards priesthood, so as to understand whether this is his will for me. It is the responsibility of your confessor and your superiors to accompany you and help you along this path of discernment. It is an essential part of your journey to practise the fundamental human virtues, with your gaze fixed on the God who has revealed himself in Christ, and to let yourselves be purified by him ever anew.
7. The origins of a priestly vocation are nowadays more varied and disparate than in the past. Today the decision to become a priest often takes shape after one has already entered upon a secular profession. Often it grows within the Communities, particularly within the Movements, which favour a communal encounter with Christ and his Church, spiritual experiences and joy in the service of the faith. It also matures in very personal encounters with the nobility and the wretchedness of human existence. As a result, candidates for the priesthood often live on very different spiritual continents. It can be difficult to recognize the common elements of one's future mandate and its spiritual path. For this very reason, the seminary is important as a community which advances above and beyond differences of spirituality. The Movements are a magnificent thing. You know how much I esteem them and love them as a gift of the Holy Spirit to the Church. Yet they must be evaluated by their openness to what is truly Catholic, to the life of the whole Church of Christ, which for all her variety still remains one. The seminary is a time when you learn with one another and from one another. In community life, which can at times be difficult, you should learn generosity and tolerance, not only bearing with, but also enriching one another, so that each of you will be able to contribute his own gifts to the whole, even as all serve the same Church, the same Lord. This school of tolerance, indeed, of mutual acceptance and mutual understanding in the unity of Christ's Body, is an important part of your years in the seminary.
Dear seminarians, with these few lines I have wanted to let you know how often I think of you, especially in these difficult times, and how close I am to you in prayer. Please pray for me, that I may exercise my ministry well, as long as the Lord may wish. I entrust your journey of preparation for priesthood to the maternal protection of Mary Most Holy, whose home was a school of goodness and of grace. May Almighty God bless you all, the Father, the Son and the Holy Spirit.
From the Vatican, 18 October 2010, the Feast of Saint Luke the Evangelist.
Yours devotedly in the Lord,
BENEDICTUS PP. XVI