Transmettre des compétences pour mieux comprendre les Religions Traditionnelles Africaines

Qua­trième journée de la session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Comprendre les religions traditionnelles africaines (RTA) implique la volonté d’être avec les gens. Il exige également un travail académique rigoureux, avec des méthodes scientifiques reconnues.  Les méthodes de recherche et la technologie moderne sont des outils nécessaires pour explorer et mieux comprendre les RTA. Quels types de compétences ?

Notre discussion d’aujourd’hui a porté sur la manière d’utiliser les compétences pratiques, les méthodes de recherche et la technologie moderne. Nous avons besoin de ces compétences pour découvrir, comprendre et faire connaître le patrimoine culturel ancré dans les RTA. Les compétences pratiques se concentrent sur les actions (humaines) des personnes, c’est-à-dire leur comportement et les actions qui affectent ou sont affectées par de grands moments de la vie, telles que les pratiques au moment de la naissance et de la mort, l’observation des expressions religieuses et culturelles dans les moments heureux ou tristes, etc. Les méthodes de recherche étudient les modèles de pensée et de compréhension du bien et du mal en Afrique, la cosmologie, l’herméneutique, la théodicée, ce que signifie être une « personne humaine » (concept « Ubuntu »), etc. Des méthodes rigoureuses mettent en évidence des lacunes en matière de recherche, c’est-à-dire ce qui n’a pas été découvert, résolu ou exploré, dans le domaine des RTA. La technologie moderne aide à créer un répertoire du patrimoine culturel africain. Il y a tellement de matériaux sur les RTA qui doivent être bien conservés selon les normes modernes. La technologie est un outil pour préserver ce que nous avons déjà. Il est également utilisé pour découvrir ce que nous ne savons pas encore.

Les premiers missionnaires avaient des compétences impressionnantes. Ils nous ont laissé un héritage. Nous avons beaucoup appris d’eux. Il est temps de transmettre progressivement aux jeunes générations ce que nous avons reçu et ce que nous savons sur les RTA. « Le bonheur n’est pas parfait tant qu’il n’est pas partagé. » Partageons ce que nous avons, ce que nous savons et ce que nous chérissons du patrimoine africain. Ceux qui sont nés à notre époque ont soif d’identité et d’authenticité. Sommes-nous prêts à les aider à découvrir qui ils sont vraiment ?

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Les Missionnaires d’Afrique ouvrent une session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Lundi 18 mars 2024, les Missionnaires d’Afrique ont ouvert une session de travail d’une semaine sur les religions traditionnelles africaines (RTA) au Centre Kungoni, au Malawi. Des confrères de Rome, du Mali, de Zambie et du Malawi sont réunis pour travailler et partager leurs expériences. Dans son allocution d’ouverture, Anselme Tarpaga, Assistant Supérieur général chargé de la Rencontre et du Dialogue (RD), a souhaité la bienvenue aux participants et les a remerciés d’avoir épargné leur temps pour la session. Il leur a rappelé que l’objectif de la session est de réexaminer les recommandations du 29e Chapitre général sur les RTA. Il s’agit également d’un suivi des suggestions qui ont été faites lors de la réunion en ligne du 17 juin 2023 sur la RD.

C’est l’occasion de créer une synergie entre le Centre de la culture et de l’art de Kungoni, au Malawi ; Centre Sénoufo de Sikasso, Mali ; Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC), Bamako, Mali ; Foi et Rencontre Zambie (FENZA) ; et Centre pour les préoccupations sociales (CfSC), Lilongwe, Malawi. Les confrères investis d’une connaissance et d’une compréhension considérables des RTA et d’autres experts partagent des idées sur la manière de promouvoir l’interaction entre la foi chrétienne et les RTA. Tout est fait pour promouvoir une culture du dialogue, de la cohésion sociale et de la coexistence pacifique.

Il convient de noter que le Centre de culture et d’art de Kungoni fait partie de la mission Mua, fondée par les Missionnaires d’Afrique en 1902. Claude Boucher Chisale, M.Afr., a fondé le centre dans les années 1970. Il abrite un grand patrimoine culturel des tribus Chewa, Ngoni et Yao. Des gens de tous horizons visitent le centre pour en apprendre davantage sur la culture, la langue et d’autres événements importants de l’histoire du Malawi. On s’attend à ce que la session apporte de nouvelles idées qui améliorent l’interaction entre l’Évangile, l’identité des personnes, leur richesse et les valeurs traditionnelles qui sont parfois négligées. 

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.