Africa… un chant pour sensibiliser…

« AFRICA »
Texte de Luciano Somma
Musique de Fabio Volpe
Ed. AGOSMUSIC- Vignola (Modena)

Sguardo di ragazzo dalla pelle scura
Solo la miseria vedi intorno a te
Sogni la tua barca che ti porti via
Verso il tuo destino che chissà com’è.
Un regard de garçon à la peau sombre !
Tu ne vois que la misère autour de toi.
Tu rêves du bateau qui t’emmènera
Vers ton destin dont personne ne sait ce qu’il sera.
Troppa fame
C’è nella tua Africa
Terra che profuma di mistero
Brucia senza scampo
Già da secoli
Questo continente troppo nero
Il y a trop de faim
Dans ton Afrique,
Terre qui sent le mystère !
Il est brûlé irrémédiablement
Depuis déjà des siècles
Ce continent trop noir
Eppure canti
E la tua musica va
Oltre il cielo oltre il mare
Ma chi t’ascolterà
Tu lo sai che però
La tua vita da vivere

Irta e piena di ostacoli
Clandestina sarà.
Et pourtant, toi tu chantes !
Et ta musique va
Au-delà du ciel, au-delà de la mer !
Mais qui t’écoutera ?

Tu le sais bien pourtant
que la vie que tu vivras,

Parsemée et pleine d’embûches,
Sera clandestine.
Brucia come brucia
La tua Africa
È una beffa il sole da lassù
Padri missionari per te pregano
Mentre troppi sono I tuoi tabù.
Elle brûle, comme elle brûle
Ton Afrique !
Le soleil est une farce de là-haut !
Des missionnaires prient pour toi,
Même si tes tabous sont trop nombreux.
E ti chiedi spesso
che sarà domani

Vedi un cielo scuro,
scuro più di te,

e negli occhi cresce la malinconia
mentre solo Dio ti può dir perché.
Et tu te demandes souvent
de quoi demain sera fait.

Tu vois un ciel sombre,
plus sombre que toi-même,

Et en tes yeux grandit la mélancolie
Alors que seul Dieu peut te dire le pourquoi.
Troppo fame … Il y a trop de faim …

Défis socio-économiques pour la jeunesse vulnérable de Tandale

En 2016, le gouvernement tanzanien a lancé une campagne audacieuse d’éradication de la corruption en Tanzanie. Cependant, certaines des politiques économiques émises par la campagne contre la corruption semblent aller à contre-courant du développement économique.

Comme le note Ha-Joon Chang dans son livre «Bad Samaritans», la lutte contre la corruption devrait être bien définie avant d’être mise en oeuvre. Si elle est bien lancé, elle contribuera à développer le pays et la vie des citoyens. Mais lorsque le point de départ et l’exécution de la lutte contre la corruption sont mauvais, cela peut retarder le développement économique du pays. Notez bien que pour que le potentiel économique puisse croître, l’efficacité au travail devrait être améliorée avec moins de restrictions. Il est communément admis que l’éradication de la corruption entraînerait automatiquement une relance économique, mais ce n’est pas aussi vrai que cela puisse paraître. Je ne dis pas le contraire non plus. Tout ce que je dis, c’est que cela dépend de l’approche mise en oeuvre pour éradiquer la corruption.

Alors que le gouvernement actuel en Tanzanie s’attaque à la corruption dans l’intérêt du bien commun, nous avons été témoins de conséquences inattendues de cette lutte contre la corruption. Par exemple, beaucoup d’investisseurs locaux ont réduit leurs investissements en Tanzanie et cherchent à faire prospérer leur entreprise dans les pays voisins. Cela a entraîné une réduction dramatique du nombre de possibilités d’emploi parmi les jeunes, avec pour conséquence que la plupart des jeunes traînent les rues ou paressent au bord de la route en attendant que la journée se termine.

Le gouvernement est conscient de cette réalité, mais affirme qu’il n’a ni réduit les salaires ni modifié les politiques économiques, tout ce qu’il a fait est de mettre fin à la corruption, donc si quelqu’un venait à s’en plaindre, cela signifierait qu’il profitait de la corruption. Ceci montre bien la complexité de l’éradication de la corruption. L’approche utilisée par le gouvernement a inspiré de la peur chez de nombreux citoyens.

John Slinger (M.Afr.) et moi-même avons pris l’initiative d’établir régulièrement, à Tandale, le prix d’un panier contenant les nécessités de base pour une famille (Basic Needs Basket). Au cours de l’enquête préliminaire sur les conditions économiques à Tandale, nous nous sommes entretenus avec quelques personnes. L’une d’entre elles nous disait que le gouvernement pouvait frapper à votre porte n’importe quand et vous demander de justifier vos revenus. La pratique habituelle dans un État capitaliste est de mener des enquêtes sur une personne seulement lorsqu’il y a des preuves qu’elle peut avoir bénéficié de transactions corrompues. Demander aux gens de justifier leurs revenus parce qu’ils sont devenus trop riches fait fuir les investisseurs locaux.

… la plupart des jeunes ont recours à des emplois à court terme comme chauffeurs de boda-boda.

Avec la diminution importante des investisseurs locaux qui employaient les jeunes, la plupart des jeunes ont recours à des emplois à court terme comme chauffeurs de boda-boda (conducteurs de motocyclettes). Ils sont généralement employés par les propriétaires des motos. Les conditions habituelles de travail  exigent que les motards payent un fixe de 7000 Tshs (shillings tanzaniens) par jour. Le surplus éventuel sera leur salaire, mais s’ils gagnent moins que les 7000 Shs, ils devront trouver le moyen de compléter la somme obtenue pour atteindre le fixe.

En plus, les motos sont souvent volées. Malheureusement, dans la plupart de ces cas, les motards sont regardés comme principaux suspects. Ils sont alors arrêtés et soumis à des interrogatoires aux méthodes sévères. Les plus chanceux sont acquittés et libérés. Ceux qui sont reconnus coupables, sont condamnés à des peines de prison. Sur la base de récits d’anciennes victimes, il semble même que certains de ces condamnés l’aient été sans jouïr de représentation légale. Or, ils se sentent souvent très intimidés et ne parviennent donc pas à donner un compte rendu cohérent des événements, ce qui entraîne leur perte.

Elvis Ng’andwe, M.Afr.
Tandale – Tanzania

Nouvelle Antenne d’AEFJN au Kenya

Une nouvelle antenne d’AEFJN a été lancée à Nairobi le 16 février 2018. Elle a été précédée d’un atelier de deux jours (15-16 février) sur le plaidoyer et AEFJN. L’antenne est ancrée par les Conférences des supérieurs/es majeurs/es du Kenya. Avant cette période, les deux conférences (congrégations religieuses masculines et féminines) travaillaient indépendamment l’une de l’autre. AEFJN est maintenant une voix commune pour les deux conférences. Une structure permettant de coordonner les activités de l’antenne pour la prochaine une année a été mise en place. L’antenne a choisi le thème de l’évasion fiscale/ blanchiment d’argent pour ses activités de plaidoyer et se réunira dans les prochains jours pour développer son Plan d’Action sur ce thème. Le Secrétariat est très reconnaissant à l’antenne du Royaume-Uni et à l’Exécutif pour leurs contributions à la mise en place de la nouvelle antenne. L’antenne du Royaume-Uni s’est encore engagée à collaborer étroitement avec la nouvelle antenne pour la guider.

D’autres antennes existent au Cameroun et dans la République centrafricaine.

http://aefjn.org/fr/antenne-de-nairobi-kenya/

Table Ronde sur le Soudan du Sud et la RDC (PE n° 1089 – 2018/03)

L’intervention de Bernard Ugeux

Rome le 18 janvier 2018

Père Bernard Ugeux intervenant à la Table Ronde sur la paix au Sud Soudan et en RD Congo

Je remercie les organisateurs de m’avoir invité à prendre la parole durant cette Table Ronde. Je suis arrivé pour la première fois en République Démocratique du Congo (RDC) en 1971 et depuis lors je vis une profonde alliance avec ce pays. Depuis de nombreuses années, je m’occupe à Bukavu (Sud-Kivu) de l’accueil et de la réintégration de victimes de violences basées sur le genre, surtout des femmes et des enfants. Continuer la lecture de « Table Ronde sur le Soudan du Sud et la RDC (PE n° 1089 – 2018/03) »

Qu’est-ce qu’un coordinateur

Dans une rue achalandée de l’une des villes encombrées de l’Inde, la circulation s’est arrêtée. Les frustrations sont grandes quand un jeune homme crie à un policier infortuné :  « Un grand arbre est tombé à travers la voie étroite, et personne ne sait quoi faire ». Circulation embouteillée, regards mornes, embouteillage désespéré. Une jeune femme dit en anglais sur son téléphone portable: « Je déteste ce pays. » Alors la situation s’aggrave: il commence à pleuvoir. Des seaux ! Un jeune garçon, peut-être sept ou huit ans, sort la tête par la fenêtre d’un autobus. […]

Lire ici la suite de l’histoire (en anglais) :

https://www.youthworkers.net/blog/what-is-a-coordinator-the-story-of-the-tree-1559.htm

Migration sans traite des personnes

MIGRATION SANS TRAITE DES PERSONNES
oui à la liberté
non à l’esclavage

Le thème de la Journée Mondiale de la Prière et de la Sensibilisation contre la Traite humaine pour l’Année 2018 met en relief la tragédie humaine de la traite de personnes déplacées : les migrants, les réfugiés, les évacués. Elle nous appelle à ouvrir les yeux face à ce problème qui touche tant d’hommes et de femmes qui sont nos frères et sœurs.

Vous êtes invités à organiser une veillée de prière et de réflexion contre la traite, le 8 février, journée de commémoration de Sainte Bakhita ou, si ce n’est pas possible, le 30 juillet, journée déclarée par l’ONU « Journée mondiale contre la traite des personnes ».

Téléchargez une proposition de Veillée de prière et de réflexion.

Communication non-violente : un exemple

Les conflits entre voisins sont très fréquents. Voici un exemple d’un tel conflit et sa résolution non-violente et créative. Il s’agit d’un exemple qui peut être utilisé en groupe pour faire réfléchir les gens. Le lien pour le Power Point original se trouve en bas de page. Vous pouvez utiliser le Power Point librement mais en mentionant l’origine :

Andreas Göpfert, Missionnaires d’Afrique, Via Aurelia 269, Rome 00165 © 2017 

Téléchargez le Power Point original : le Power Point s’ouvrira dans une « fenêtre Google ». Téléchargez le fichier en cliquant sur la flèche ↓ en haut à droite.

Accueillir, protéger, promouvoir, intégrer

Dimanche prochain, le 14 janvier 2018, c’est la journée mondiale de prière pour les Migrants, qui s’articule autour de ces 4 verbes d’action : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.

« Les migrations, dans leurs différentes formes, ne représentent certes pas un phénomène nouveau dans l’histoire de l’humanité. Elles ont profondément marqué chaque époque, favorisant la rencontre des peuples et la naissance de nouvelles civilisations. Malheureusement, dans une grande partie des cas, il s’agit de déplacements forcés, causés par des conflits, des catastrophes naturelles, des persécutions, des changements climatiques, des violences, une pauvreté extrême et des conditions de vie indignes. Notre réponse commune pourrait s’articuler autour de quatre verbes: accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.

Accueillir.

Un accueil responsable et digne de nos frères et sœurs commence en leur donnant un premier hébergement dans des espaces adéquats et décents.

Protéger.

Nous parlons de millions de travailleurs migrants, hommes et femmes — et parmi ceux-ci, en particulier ceux qui sont en situation irrégulière — de réfugiés et de demandeurs d’asile, de victimes de la traite. La défense de leurs droits inaliénables, la garantie des libertés fondamentales et le respect de leur dignité sont des devoirs dont personne ne peut se dispenser.

Promouvoir.

Protéger ne suffit pas, il faut promouvoir le développement humain intégral des migrants, des déplacés et des réfugiés. La promotion humaine des migrants et de leurs familles commence par les communautés d’origine, là où doit être garanti, avec le droit de pouvoir émigrer, également le droit de ne pas devoir émigrer.

Intégrer.

L’intégration, qui n’est ni assimilation ni incorporation, est un processus bidirectionnel, qui se fonde essentiellement sur la reconnaissance mutuelle de la richesse culturelle de l’autre.

Je crois que conjuguer ces quatre verbes, à la première personne du singulier et à la première personne du pluriel, représente aujourd’hui un devoir.

Voilà pourquoi il est important que les Pactes mondiaux soient inspirés par la compassion, la prévoyance et le courage! »

Pape François

Voir aussi : https://migrants-refugees.va/

C’est une question de justice… pour plus de paix !

Je reçois fréquemment du « Centre de préoccupation sociale » le calcul mis à jour du panier de besoins essentiels (Basic Needs Basket or BNB) pour les citoyens malawiens. Il est établi en comparant à travers les régions les prix à jour des besoins de base d’une famille de 6 (deux parents et quatre enfants). Le calcul est très bien fait et devrait défier toutes les personnes qui emploient du personnel (en particulier du personnel non qualifié), en leur payant beaucoup moins que des salaires équitables. Ils soulagent souvent leur conscience en respectant les minimums légaux ou tout simplement en faisant comme tout le monde.

Je ne prends pas toujours le temps d’examiner les données, mais aujourd’hui je l’ai fait. Le gouvernement malawite vient de réajuster le salaire minimum à 25 000 Kwacha malawiens per month, soit 25 € !! Mais le calcul du BNB pour novembre 2017 s’élève à 161 557 Kwacha malawiens, soit 187 €, soit plus de 7 fois le salaire minimum.

Et c’est pour des besoins très basiques, sans compter les frais de scolarité, les uniformes et les livres, sans compter le transport (bus pour aller au travail ou à l’école), sans crème glacée ou bonbons et bien sûr, le rêve d’une voiture ne se matérialisera jamais.

Et nous, Missionnaires d’Afrique, combien payons-nous notre personnel?

Philippe Docq, M.Afr.