Vivre l’Ascension à Jérusalem

Le fait de situer l’Ascension du Seigneur Jésus au sommet du mont des Oliviers peut être lu comme l’accomplissement des traditions religieuses liées à ce mont. L’histoire et la géographie de Terre sainte nous aideront peut-être à comprendre pourquoi le mont des Oliviers est le gardien de la mémoire de ce mystère de notre salut.

Les textes bibliques nous parlent de deux lieux de l’Ascension de notre Seigneur. Après la résurrection, le Ressuscité donne rendez-vous à ses disciples en Galilée (Matthieu 28, 16). Les Actes des Apôtres placent le lieu de l’Ascension à l’est de Jérusalem au sommet du mont des Oliviers (Actes des Apôtres 1, 9-12).

La partie nord du mont des Oliviers est connue sous plusieurs noms : ‘La vigne du chasseur’ en arabe KARM ES SAYAD ; ‘La petite Galilée’ dans la tradition grecque ; VIRI GALILAEI (en latin : hommes de Galilée) allusion à la parole adressée aux apôtres selon Actes 1, 11 « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Pourquoi le mont des Oliviers et non pas le mont Sion ?

Le choix du mont des Oliviers n’est pas un hasard. Jésus s’approprie toute l’histoire de l’humanité pour l’amener à la perfection. Le mont des Oliviers est le gardien des traditions juives, chrétiennes et musulmanes.

Pendant la période du second Temple, le mont des Oliviers est appelé HAR HAMISHKHA, ‘mont de l’Onction’. Peut-être en souvenir de l’onction de Salomon, sacré roi en une cérémonie improvisée dans l’urgence près de la source de Gihôn dans la cité de David. La manière dont cette cérémonie est racontée dans le premier livre des Rois annonce déjà l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux : « Ils (le prêtre Sadoq, le prophète Natân…) mirent Salomon sur la mule du roi David et descendirent à Gihôn. Le prêtre Sadoq prit dans la Tente la corne d’huile et oignit Salomon ; on sonna du cor et tout le peuple cria : « Vive le roi Salomon ! ». Puis tout le monde monta à sa suite ; le peuple jouait de la flûte et manifestait une grande joie, avec des clameurs à fendre la terre » (1 Rois 1, 38-40). Ce sera presque la même chose le jour des Rameaux : monté sur un ânon, Jésus viendra de Bethphagé de l’autre côté du mont des Oliviers ; il descendra ce mont, traversera la vallée du Cédron pour remonter le mont du Temple et entrer à Jérusalem. Et le peuple l’accompagnera en criant de joie « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur… » (Marc 11, 9)

Mont de l’Onction à cause de la production d’huile d’olives. Les olives de cette montagne étaient utilisées dans la production d’huile. Cette huile qui servait pour oindre les rois et les prophètes et pour les célébrations liturgiques au Temple. Jésus est l’Oint de Dieu par excellence. C’est tout à fait normal qu’il monte au ciel où il est assis à la droite de Dieu le Père par le mont de l’Onction.

Le désir de beaucoup de juifs a toujours été d’être enseveli sur le flanc ouest de mont des Oliviers. Etre enterré en face du mont du Temple, c’est reposer sur une terre sûre pour le jugement dernier. Le prophète Zacharie annonce en effet qu’en ce jour qui achèvera l’histoire : « Les pieds du Seigneur se poseront sur le mont des Oliviers qui fait face à Jérusalem vers l’orient. Et le mont des Oliviers se fendra par le milieu, d’est en ouest, changé en une immense vallée… Puis le Seigneur mon Dieu viendra, et tous les saints avec lui » (Zacharie 14, 4-5). La prophétie de Zacharie parle « des pieds du Seigneur ». Et aujourd’hui dans le sanctuaire de l’Ascension du mont des Oliviers, on peut voir une pierre qui porte les traces du pied de Jésus au moment où il montait au ciel.

La tradition musulmane reconnaît aussi l’importance du mont des Oliviers. Dans la Sourate 1, il est fait mention du droit chemin au verset 6 : « Conduis-nous dans le droit chemin ». Ce terme « droit chemin » se dit « sirat » et a deux sens selon l’époque. Dans l’Islam ancien, il signifie droit chemin ou chemin à parcourir. Dans l’Islam du Moyen-Age, une importance spatiale y est ajoutée : le bon chemin est à associer avec le pont qui reliera le mont des Oliviers au mont du Temple à la venue du messie. La tradition musulmane rejoint ici la tradition juive mais avec une particularité : au jugement dernier, tous les fidèles de ALLAH qui sont enterrés au mont des Oliviers ressusciteront et devront traverser un pont érigé sur sept arches le reliant au mont du Temple. Les « justes » traverseront facilement le pont, tandis que les « mécréants » tomberont dans le Cédron. Ainsi nous trouvons des tombes de musulmans dans la vallée du Cédron, à l’ombre des remparts tout près de l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa, autour de la porte Dorée, porte par laquelle selon la tradition juive, le messie devra passer pour entrer au Temple et prononcer le jugement.

Aujourd’hui ce sanctuaire de l’Ascension est géré et gardé par les musulmans. C’est un site très particulier, car il est utilisé comme mosquée et selon les occasions comme église chrétienne. A l’intérieur de la mosquée se trouve la pierre qui porte les traces du pied de Jésus au moment où il montait au ciel comme nous l’avons dit plus haut. Ainsi se rejoignent les traditions juives, chrétiennes et musulmanes au mont des Oliviers.

La fête de l’Ascension aujourd’hui

Jésus a choisi un mont où il y a des oliviers, un mont en dehors de Jérusalem, pas très loin de la cité sainte. Il n’a pas choisi le mont Sion qui est dans la ville. Il a gardé le symbole de l’olivier, arbre typique du bassin méditerranéen, arbre donné par Dieu à son peuple avec la Terre promise (Deutéronome 6, 10-12) L’olivier est comme cet arbre « qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » (Psaume 1, 3). Il est aussi le symbole du juste et le symbole de la paix, car il est toujours vert et il ne donne son fruit qu’après des soins patients, c’est-à-dire après un long temps de paix. La tradition juive raconte que le rameau d’olivier apporté à l’arche de Noé par la colombe après la décrue des eaux du déluge venait justement du mont de l’Onction.

Fruit de l’olivier et du travail des hommes, l’huile d’olive est tout à la fois nourriture, parfum, remède et indispensable pour la lumière des lampes. Ce riche symbolisme est abondamment repris dans les sacrements de l’Eglise (CEC n° 1293 et 695), les sacrements qui nous font entrer dans les réalités d’en haut. C’est cela même la spiritualité de l’Ascension. Nos réalités terrestres, une fois sanctifiées par la présence et surtout par la bénédiction du Christ, sont élevées au ciel : « Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus viendra comme cela, de la même manière dont vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Actes 1, 11).

Juifs, chrétiens et musulmans, tous croient que le messie reviendra. A la question d’un participant à la session, ici à sainte Anne de Jérusalem, à un rabbin sur la venue du messie, ce dernier a répondu : quand le messie viendra, nous lui demanderons si c’est la première fois qu’il vient au monde ou bien si c’est la deuxième fois.

Par: Grégoire Milombo, M.Afr.

Mémoire des Bienheureux Pères Blancs de Tizi-Ouzou

Comment les gens vivent-ils cette mémoire aujourd’hui ?

Fondée en 1874, 6 ans après la création de la Société, la communauté de Tizi-Ouzou reste notre plus ancienne communauté encore active. C’est dans cette communauté que nos quatre confrères Alain, Charles, Jean et Christian, Missionnaires d’Afrique, ont été assassinés le 27 décembre 1994. C’étaient des missionnaires courageux et zélés qui ont consacré leur vie jusqu’au bout ; ils sont désormais comptés parmi les plus grands martyrs de l’amour. Ils ont été béatifiés le 8 décembre 2018 à Oran, en Algérie, avec 15 autres personnes. C’étaient des personnes respectées en raison de leur dévouement à la mission et de leur amour pour l’Algérie et son peuple. Nous sommes conscients des privilèges, mais aussi des défis, de vivre dans cette même communauté.

Le sentiment de gratitude et de reconnaissance

Le 27 décembre 2024 prochain, ce sera exactement 30 ans que nos confrères furent assassinés au sein de leur domicile communautaire ; mais les gens continuent de parler d’eux comme si c’était hier. Nous savons bien que les Bienheureux Alain, Charles, Jean et Christian étaient fortement engagés au sein de la société algérienne ; cela se situait dans un contexte où les écoles et centres de formation pouvaient encore être sous la responsabilité de non-nationaux.

Charles Deckers, la figure la plus emblématique des quatre, a formé pas mal d’élèves qui sont passés par le centre de formation professionnel dont il avait la charge. Ces élèves, aujourd’hui des cadres et hauts responsables dans l’administration algérienne, ne cessent de rappeler qu’ils ont été formés par Charles Deckers ; quelques uns même sont déjà à la retraite. Certains d’entre eux sont écrivains et ont consacrés des dizaines de pages à Charles Deckers dans les ouvrages publiés à un certain moment de leur carrière. Ces personnes, nous les côtoyons toujours.

Charles Deckers a vraiment marqué la ville de Tizi-Ouzou par son service et sa générosité : du centre de formation professionnelle qu’il a dirigé sont sortis des centaines d’élèves devenus cadres dans la nation algérienne à tous les niveaux. Charles était connu et apprécié par la population, y compris celle des villes et des villages environnants. En 1972, sûr et fier de son enracinement dans la terre algérienne, il avait acquis la nationalité du pays.

Jean et Alain étaient engagés pastoralement dans les visites de familles, principalement dans les montagnes de la Kabylie. Nous recevons encore des témoignages de certaines personnes évoquant leurs souvenirs de famille, en lien avec ces Bienheureux.

Par contre, on n’entend pas beaucoup parler de Christian. C’était le plus jeune des quatre ; nous savons qu’il était à la base du projet de la bibliothèque qu’il n’a malheureusement pas vu naître. Cette bibliothèque est aujourd’hui fréquentée par des dizaines d’inscrits : professionnels algériens, étudiants et chercheurs en médecine, linguistique et autres matières, même si nous constatons une baisse d’inscriptions ces dernières années.

Célébration annuelle

Chaque 27 décembre, nous lançons une invitation pour commémorer l’anniversaire de leur assassinat ; nous avons toujours un feedback positif, en ce sens que de nombreuses personnes se rendent au cimetière en leur mémoire. L’Algérie est un pays qui célèbre ses martyrs ; nos confrères en font partie.

Nous avons l’impression que leur mémoire est toujours vivante avec tous ces témoignages de vie que nous ne cessons de recevoir. Les gens sont reconnaissants et n’oublient pas les actes concrets que nos Bienheureux ont posés. Le sentiment de gratitude s’exprime aussi dans le fait de garder des liens avec la communauté actuelle des Pères Blancs de Tizi-Ouzou.

Le défi de vivre dans les traces des Bienheureux

L’activité missionnaire de Tizi-Ouzou se poursuit depuis 1874 jusqu’à nos jours. Plusieurs générations se sont succédées. Même si les perspectives adoptées par nos prédécesseurs sont différentes de celles que nous avons aujourd’hui, notre présence reste tout de même digne d’appréciation, mais elle doit être redéfinie en fonction du contexte socio-culturel actuel et des besoins de ceux qui nous entourent.

Nous rencontrons souvent le défi de la comparaison. Certaines personnes ont tendance à vouloir comparer ce que les Bienheureux ont vécu et ce que nous, nous vivons aujourd’hui. D’une part, c’est un encouragement à faire de notre mieux, à imiter leurs traces, tout en sachant que les possibilités qu’ils ont eues ne sont pas les mêmes que celles que nous avons aujourd’hui. D’autre part, vouloir nécessairement comparer ce qu’ils ont vécu et notre vécu aujourd’hui nous oblige à vivre dans l’ombre de nos prédécesseurs.

En plus de cela, il y a aujourd’hui la question de l’origine des confrères sur place. Il y a 20 ans, les gens étaient encore habitués à ne voir que des confrères européens ; aujourd’hui nous sommes, depuis une dizaine d’année, d’origine africaine, et plus jeunes que nos prédécesseurs. Cela cause parfois des incompréhensions et des questionnements pour certains puisqu’ils relient l’appartenance des Pères Blancs à la question de la couleur raciale. On entend même certains dire qu’il n’y a plus de Pères Blancs ici à Tizi-Ouzou. C’est un défi que nous essayons de relever par notre dévouement à la mission et au patrimoine que nous ont légué nos anciens.

Nous relevons aussi ce défi grâce aux témoignages encourageants de certains anciens amis et élèves des Pères Blancs. Par exemple, il y a eu un témoignage frappant et encourageant d’un ancien élève des Pères Blancs, après la célébration du 29ème anniversaire : « J’ai vu le Père Philippe habillé en gandoura au cimetière ! Cela m’a rappelé les temps anciens où les Pères Blancs étaient habillés de cette gandoura. Tous étaient blancs. Mais en voyant le Père Philippe habillé en blanc, tout en n’étant pas blanc, j’ai compris alors pourquoi on les appelle Pères Blancs : pas à cause de la couleur de peau, mais à cause de cet habit blanc. Je souhaite qu’à la prochaine commémoration tous les Pères Blancs portent leur gandoura blanche. » Voici un autre témoignage, d’un ancien : « Cet endroit est un lieu de pèlerinage ! Nous venons faire mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour le bien de tous et nous sommes contents de rencontrer les Pères Blancs qui vivent dans cette maison maintenant ; ils nous rappellent le dévouement des quatre Pères Blancs. »

De la commémoration des quatre Pères Blancs au souvenir des anciens Pères Blancs

Parmi ceux qui viennent aux commémorations, certains n’ont connu aucun de ces quatre Pères Blancs. Ils viennent aux commémorations des quatre Pères Blancs afin de se souvenir aussi des autres qui les ont précédés. Ainsi, il y a des noms qui reviennent dans les témoignages des uns et des autres : le pères Louis Garnier, Jean Robichon et Georges Rogé. Les trois reposent dans le cimetière chrétien de Tizi-Ouzou avec 3 de nos 4 Bienheureux.  

Par: Benoît Mwana Nyembo, M.Afr. & Philippe Dakono, M.Afr. 

Notre Dame d’Afrique, Mère de l’Espérance

La basilique Notre-Dame-d'Afrique, Algeria

Dans la litanie de la Sainte Vierge Marie, on invoque Marie mère de l’espérance. En effet, dans le quotidien de nos vies, pleines de hauts et de bas, de joies et de peines, de bonheur et de malheur, de bienveillances et de violences, de rires et de souffrances, s’il nous manque l’espérance, la vie peut facilement perdre son goût et son sens. Nous sommes alors perdus, désespérés. Pour ne pas perdre l’espoir, nous avons besoin de rester encrer en celui qui est la source de la vie, la source de l’espérance.

« Nous avons été sauvés, mais c’est en espérance » écrit saint Paul aux Romains (8,24) ; il nous le dit à nous aussi. « La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l’espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent » (cf. Spe Salvi, 2007), notre présent, même un présent pénible, tel que des situations angoissantes de perte de vie, de souffrances dans les guerres, de conflits, de tensions comme nous les vivons ou voyons à Gaza, à l’est du Congo (RDC), en Ukraine, en Somalie, en Birmanie (Myanmar), au Soudan, dans la région du Sahel, au Yémen, dans les environs de la mer Rouge, pour ne mentionner que quelques cas actuels.

Au milieu de toutes ces situations désagréables (surtout quand on n’y peut rien par nos propres efforts personnels), seule l’espérance peut nous faire vivre. Comme toutes les mères qui, souvent, ont l’habitude de promouvoir la qualité d’espérance pour leurs enfants, ainsi Marie, Notre-Dame d’Afrique, et notre mère à nous tous, ne cesse d’intercéder pour nous durant ces temps qui nous semblent incertains.

Aujourd’hui, notre monde est tourmenté par un manque de leadership réel qui, au lieu de tout faire pour arrêter les guerres, la violence, les tensions et les conflits de tous genres, les attise plutôt, malgré les avancées technologiques qui devraient nous aider à mieux progresser et non à reculer en humanité. L’expérience de la foi nous montre que Marie « brille comme une lumière qui attire à Dieu toutes les nations » (cf. les lectures de la solennité de Notre-Dame d’Afrique, le 30 avril) ; ces nations qui marchent dans la lumière du Seigneur sous la protection de Maman-Marie, se laissent illuminer par Lui.

Expérience de  Madame-Afrique à Alger

Située sur les hauteurs de la commune de Bologhine à l’ouest d’Alger, sur un promontoire dominant la mer Méditerranée de 124 m. d’altitude, la basilique Notre-Dame d’Afrique est captivante ! Construite en 14 ans, cet édifice d’une architecture imposante  est surnommée « Madame Afrique » ou « Lalla Myriem » par les habitants du voisinage. Souvent, quand on demande la direction pour y arriver, tout est plus facile et plus compréhensible pour les habitants quand on dit « Madame Afrique ». Le gros œuvre de la construction de cette basilique historique a été réalisé sous l’épiscopat de Mgr Pavy, entre 1858 et 1866. Le cardinal Lavigerie a achevé les travaux en 1872, et confié sa reponsabilité aux Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs).

Dans le passé, durant les années 1930, les pèlerins de presque toute l’Algérie et des environs, gravissaient la côte pieds nus, récitant le chapelet à haute voix, venant à Notre-Dame pour chercher la consolation, la protection, la guérison, faisant un vœu ou venant l’accomplir. Des pêcheurs y faisaient bénir leurs filets ; on s’y rendait pour apporter un don après une bonne récolte, pour y renouveler les promesses de baptême, pour faire bénir les jeunes enfants. Souvent, on offrait des bougies ou des bouquets de fleurs pour les jeunes épouses catholiques ou parfois juives, ou même musulmanes, adressant des invocations à Lalla Myriem, comptant sur son intercession en toute circonstance (cf. Homélie du père Patient Bahati, le 30 avril 2020, à Rome).

Aujourd’hui, comme autrefois dans le quotidien de la vie en Algérie, nombreux sont les quelques centaines de personnes qui fréquentent la basilique Notre-Dame d’Afrique chaque jour. Parmi eux, on voit des femmes stériles, des femmes enceintes, des écoliers venant pour réussir les examens du BAC ou autres concours, des personnes souffrantes dans leur corps ou dans leur âme, ou simplement  pour des  visites de courtoisie/de curiosité ;  ces gens viennent allumer une bougie et prier tranquillement en invoquant Marie dans un recueillement silencieux. Même si la majorité des personnes viennent d’Algérie, un bon nombre viennent d’ailleurs et se confient à l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique, source de joie et mère d’espérance pour tous.

Les nombreux témoignages de prières exaucées et de grâces obtenues sont exprimés par les ex votos qui couvrent les murs de cette basilique vivante et priante, symbole du dialogue interreligieux qui a désormais institué une journée mariale annuelle. Sur ces murs, les nombreuses plaques de pierre qui y sont gravées en toutes langues et datant de toutes les époques, témoignent que Dieu n’oublie pas les supplications des âmes sincères et justes : il accorde toujours ses grâces innombrables.

Au-delà des grâces obtenues, en venant physiquement à Notre-Dame, des grâces innombrables sont aussi obtenues par tous ceux qui invoquent son intercession bien au-delà de la terre algérienne où est située la basilique. Marie intercède donc non seulement pour l’Afrique, mais aussi pour le monde entier. Elle veut le bien-être de tous ses enfants sans exception. Ceci est confirmé par ses différentes apparitions dans pas mal d’endroits au monde  : à Lourdes en France, à Guadaloupe au Mexique, à Kibeho au Rwanda, à Fatima au Portugal, à Zeitoun en Egypte, à Akita au Japon etc.)

Comme François Varillion nous le rappelle dans son livre ‘Humilité de Dieu’, « Dieu est pure gratuité » : Il nous communique sa grâce gratuitement sans calcul, souvent par l’intercession de la Vierge Marie, elle qui ne fait ni de différences ni de calculs entre ses enfants.

Marie, étoile de l’espérance, intercède pour nous

Marie, mère de Dieu, mère de l’Eglise et mère de l’humanité, ne cesse pas d’intercéder pour nous tous pour une espérance étoilée. Nous trouvons la meilleure illustration de Maman Marie comme étoile d’espérance dans la Lettre encyclique du pape Benoit XVI Spe Salvi (L’espérance nous sauve). Vers la fin de de cette belle exhortation, Marie est évoquée dans les termes suivants :

«  Par une hymne du VIIe-IXe siècle, donc depuis plus de mille ans, l’Église salue Marie, Mère de Dieu, comme « étoile de la mer »: Ave Maris Stella.  La vie humaine est un chemin.  La vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage comme nous le voyons ces-jours-ci ; un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route, à l’exemple des rois mages. Les vraies étoiles de nos vies sont les personnes qui ont su suivre les étoiles de la droiture, l’amour et la vérité, la justice et la paix, la réconciliation, pour ne mentionner que ces valeurs chrétiennes et humaines. Les vraies étoiles sont des lueurs  d’espérance. Certes, Jésus Christ est la VRAIE lumière qui illumine le monde même si le monde préfère des fois les ténèbres à la lumière du Christ. Jésus est non seulement la vraie lumière, mais aussi le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l’histoire. Cependant, pour arriver jusqu’à Lui, nous avons besoin aussi de petites lumières des uns et des autres. Et quelle personne pourrait, plus que Marie, être pour nous tous l’étoile de l’espérance – elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; elle qui devint la vivante Arche de l’Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l’un de nous, planta sa tente au milieu de nous (cf. Jn 1, 14) ? »  (Spe Salvi, 2007, n° 49).

En conclusion, notre humanité en pèlerinage sur cette terre, notre maison commune, devrait s’inspirer de la sagesse des paroles de la quatrième prière eucharistique pour des circonstances particulières intitulée ’Jésus est passé en faisant le bien’. Cette prière profonde invoque Dieu à faire en sorte que l’Eglise soit « un vivant témoignage de vérité et de liberté, de justice et de paix, afin que l’humanité toute entière se lève pour une espérance nouvelle ». Puissions-nous nous laisser interpeler et inspirer par la profondeur de cette prière par l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame d’Afrique, mère de l’espérance.

Par: Vincent Kyererezi, M.Afr.

Le carême, un chemin de libération ?

Vous aimez entrer en carême ? Moi pas. En tout cas, pas spontanément. Entendre parler pendant 40 jours de conversion, de pénitence, de jeûne, de mise en question de mon style de vie, de partage matériel, et avec tout ce violet dans la liturgie, si tristounet… tout cela ne m’attire vraiment pas et je m’en passerais bien.

Pourtant, si je fais l’effort de m’arrêter un instant et de réfléchir, je suis bien obligé de reconnaître que j’en ai besoin. Nous avons bien profité des fêtes de fin d’année, nous avons repris le ronron du temps ordinaire (dont on nous dit qu’il faut le vivre « de façon extraordinaire » !) et les petites routines ont commencé à retrouver leur place. Avec ce risque qui nous menace toujours : la médiocrité et le manque de créativité.

Alors, allons-y. Mettons-nous en route ! Il me semble que ces derniers temps on nous parle de plus en plus de chemin à parcourir.  Le pape François, par exemple, dans sa lettre pour le carême de cette année nous parle de traversée du désert et de libération. Tout récemment, dans l’invitation à nous préparer pour l’année jubilaire de 2025, le thème proposé est : « Pèlerins d’espérance sur un chemin de paix ». Donc, il faut se bouger : comme un pèlerin sur un chemin. Et puis comme en pointillés à travers tout cela, le chemin synodal que nous avons commencé depuis de nombreux mois et où nous nous trouvons entre deux célébrations… donc toujours en route. Pas facile de s’installer quand on est chrétien ou missionnaire dans notre Eglise catholique. Je retiendrai ici les 2 premières propositions.

À travers le désert Dieu nous guide vers la liberté

Voici le titre de la lettre du pape François pour ce carême. Il commence par la citation de l’Exode (20,2) : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ». Le projet est clair : notre carême est présenté comme un temps de désert et de libération. Le pape précise : « lorsque notre Dieu se révèle, il communique la liberté ». D’emblée, il insiste sur ce qui nous empêche de nous libérer : notre attachement à notre esclavage. Dans le désert, Dieu éduque son peuple et l’appelle vigoureusement à la liberté ; ce fut le long cheminement du temps de l’exode où le peuple a plusieurs fois résisté.

Mais nous aussi, aujourd’hui, nous sommes attachés à des liens contraignants qu’il nous faut choisir d’abandonner et qui sont souvent la conséquence d’un manque d’espérance. Nous savons que le désert n’est pas seulement le lieu de la tentation, mais aussi celui de la séduction divine (Osée 2,16-17). Le carême est le temps de la grâce où le désert redevient le lieu du premier amour, où le Seigneur nous rappelle ce qui nous a, un jour, mis en route : cette rencontre inoubliable avec son fils. Où est ton trésor ?

Si nous voulons être concret, dit le pape, il nous faut sortir de la domination de pharaon. Il nous rappelle les questions posées à Lampedusa à propos du souci des migrants : « où es-tu ? » (Gn 3,9), et « où est ton frère ? » (Gn 4,9). Il dénonce la culture de l’indifférence.

Il nous faut d’abord reconnaître que nous vivons dans un modèle de croissance qui nous divise, qui nous vole l’avenir, qui pollue la création et nos âmes. Est-ce que j’aspire à du nouveau ? Suis-je prêt à me libérer de mes compromis ? Nous vivons un défaut d’espérance qui est un obstacle au rêve, un regret de l’esclavage qui paralyse. C’est ce qui explique, selon lui, l’incapacité actuelle de vaincre les inégalités et les conflits dans le monde.

Il nous faut regarder nos idoles en face, notre besoin d’être reconnu, d’être valorisé et de dominer. Nous nous accrochons à des idoles comme l’argent, nos projets, nos idées, nos objectifs, notre position, notre tradition et parfois certaines personnes. Et cela finit par nous opposer entre nous. Mais heureusement, il y a des pauvres en esprit qui restent ouverts et prêts à avancer, « une silencieuse force du bien qui guérit et soutient le monde ». Ceux qui, comme le Dieu de Moïse, voient et entendent les cris du peuple en esclavage.

Le carême, c’est le moment d’agir ; en ces temps particuliers, agir c’est aussi s’arrêter, s’arrêter en prière pour accueillir Dieu, sa parole, s’arrêter en acte, comme le Samaritain en présence du frère blessé : l’amour de Dieu et du prochain sont inséparables.

Ici encore le pape nous bouscule. Puisque nous sommes sur un chemin synodal, le carême doit être un temps de décision communautaire, de petits et de grands choix à contre-courant, capables de changer la vie quotidienne des personnes et la vie d’un quartier. Il parle même de mise en question de notre style de vie : les habitudes d’achat, le soin de la création, l’inclusion de celui qui n’est pas visible, de celui qui est méprisé. Il invite chaque communauté à revoir ses priorités. Et comme par hasard, je découvre sa lettre, juste après avoir lu la dernière lettre de notre Conseil général (sur l’état des finances) qui nous interroge sur nos priorités et notre style de vie.

Dans la mesure où ce carême sera un carême de conversion, l’humanité égarée peut éprouver un sursaut de créativité : l’aube d’une nouvelle espérance. Le Pape rappelle ici son appel aux jeunes des JMJ à Lisbonne, en août 2023 : « cherchez et risquez, cherchez et risquez. À ce tournant de l’histoire, les défis sont énormes, les gémissements douloureux. Nous assistons à une 3e guerre mondiale par morceaux ». Mais, précise-t-il, ne vivez pas ce temps comme une agonie, mais comme un enfantement.

Pèlerins d’espérance sur le chemin de la paix

C’est le thème choisi par le pape pour le jubilé de 2025 où l’accent est fortement mis sur la réconciliation. Nous venons d’entendre nous dire que notre découragement vient souvent d’un défaut d’espérance. Ailleurs, il parle même de la lassitude de l’espérance, à propos des personnes, et particulièrement des consacrés, qui ne comprennent plus pourquoi elles s’épuisent ainsi dans un monde où le changement est trop rapide…

Que retenir de ce thème jubilaire pour notre carême ?

Ce jubilé s’inscrit aussi dans la démarche synodale

En effet, il est question de pèlerinage et de chemin. Pour le pape François, un chrétien est un pèlerin qui parcourt un chemin, ensemble avec d’autres, à la recherche de la volonté de Dieu.

Qui dit pèlerinage dit déplacement, peuple en marche. Un chrétien – encore moins un consacré – ne s’installe pas dans le confort du monde. Jésus nous a donné l’exemple d’une vie itinérante. Il n’avait pas de domicile fixe et résidait à certains moments à Capharnaüm dans la maison de Simon et André. Le reste du temps, il parcourait villages et bourgades pour annoncer la Bonne nouvelle. En outre, Jésus a toujours respecté la tradition juive du pèlerinage. Dès son enfance, à la Pâque, il montait avec ses parents en pèlerinage, depuis la Galilée jusqu’au temple de Jérusalem. L’Évangile raconte comment il était resté au temple à l’âge de 12 ans, alors que ses parents étaient déjà en route pour rentrer chez eux. Il y était resté pour mieux comprendre qui est son Père des cieux. Ceci nous montre que Jésus n’était pas seulement à la recherche des femmes et des hommes, mais aussi en quête de Dieu, prenant régulièrement du temps en tête-à-tête avec son Père pour se laisser inspirer sur sa mission.

Une question utile que nous pouvons nous poser en tant que missionnaire : est-ce que je conçois ma vie ici sur terre comme un pèlerinage ? Par exemple, le pèlerinage de ma vie depuis ma naissance jusqu’à ma mort. Ou le pèlerinage de ma foi et de mon engagement de missionnaire, où depuis le début de ma formation, d’étape en étape, je me rapproche du Seigneur et je cherche à lui appartenir toujours plus totalement. Ou bien le pèlerinage de mon apostolat qui me sort de la sécurité de mon presbytère ou de la maison de formation pour, sans cesse, partir à la rencontre des personnes qui me sont confiées. Parlant de la synodalité, le pape François dit : la rencontre est « un temps pour se tourner vers le visage et la parole de l’autre, pour le rencontrer en tête à tête, pour se laisser toucher par les questionnements des sœurs et des frères, pour s’aider mutuellement afin de nous enrichir de la diversité des charismes, des vocations et des ministères. Chaque rencontre – nous le savons bien –, demande de l’ouverture, du courage, de la disponibilité à se laisser interpeller par le visage et l’histoire de l’autre » (Homélie du 10 octobre 2021 au Vatican).

Il me semble que dans la dynamique de la synodalité, on ne peut séparer le pèlerinage de la rencontre, elle devient ainsi un chemin d’espérance et de paix. Le chemin de carême est chemin de libération.

Nous sommes aussi tous invités à être des pèlerins d’espérance en ce temps de carême

Le pape François a souvent parlé de l’espérance, nous exhortant à regarder notre existence avec un regard nouveau, surtout maintenant qu’elle est soumise aux nombreuses épreuves de notre monde, et à la regarder avec les yeux de Jésus, « l’auteur de l’espérance ». C’est lui qui nous aide à surmonter ces jours difficiles, « dans la certitude que les ténèbres se transformeront en lumière ».

En effet,  il me semble, quand il y a tant de raisons d’être pessimistes, et si peu de signes d’espoir autour de nous, que c’est dans la certitude que le Seigneur nous accompagne et aura le dernier mot, que nous puisons la force et le courage de continuer à nous engager dans nos apostolats. L’espérance est une façon de regarder la réalité d’un regard différent. C’est ce que nous disent les paraboles du grain de sénevé et du levain dans la pâte. Si nous nous limitons aux informations des médias, en regardant par exemple les nouvelles à la télévision ou sur notre Smartphone, ces jours-ci, nous sommes frappés par l’accumulation des ruines en Terre sainte, à Gaza, en Ukraine et dans toutes les guerres qui se poursuivent en Afrique… Mais si nous considérons dans la foi tous les gestes d’amour, de solidarité et de partage chez nos frères et sœurs, particulièrement les pauvres, les efforts de combat pour plus de justice et de paix de la part des chrétiens et des consacrés, ainsi que la confiance de tous ces jeunes en formation dans nos congrégations qui croient qu’un avenir meilleur est possible, alors notre espérance est nourrie.

A nous de jouer…

Que nous choisissions l’image de la traversée du désert en exode pour nous libérer de nos esclavages, ou celle du pèlerin d’espérance qui, partout où il passe, montre aux gens combien Dieu les aime, une question nous est posée en ce début de carême : « Sans vouloir me disperser dans un flot de bonnes résolutions utopiques et que je ne tiendrai pas, y a-t-il un domaine dans ma vie dont je me dis qu’il est pour moi un lieu de stagnation, de fatigue, de rumination, de diminution de mon espérance et de la qualité de mon amour ? ». Le pape François disait : agir en carême c’est aussi s’arrêter. Que ce soit dans une démarche personnelle ou dans le cadre d’une récollection communautaire (où nous n’aurions pas peur d’aborder franchement la dernière lettre du Conseil général), il est important que nous nous fixions un objectif réaliste et généreux, si nous ne voulons pas être surpris le matin du dimanche des Rameaux en nous exclamant : « Ah bon, c’est déjà la Semaine sainte ? ».

Saint et fécond carême à tous….

Par: Bernard Ugeux (M.Afr.)

Photos du chemin de croix de la paroisse St Francis, Lilongwe, Malawi (2022)

Une méditation avec l’image de Notre Dame d’Afrique

Quelques éléments de spiritualité missionnaire mariale à partir d’une méditation avec l'image de Notre Dame d'Afrique

Ceci est méditation personnelle avec l’image de Notre Dame d’Afrique. J’ai appris à méditer avec des images (icônes) avec les chrétiens orientaux en Egypte, en Slovénie et avec un ami serbe orthodoxe. J’invite chacun à regarder l’image et à se laisser toucher par les détails. On peut faire toute une retraite spirituelle avec l’image de N. Dame d’Afrique. Je vous livre seulement un résumé de ma méditation compte tenu des limites de l’article.

Présence dans le monde

Une statue de Notre-Dame d’Afrique se trouve au-dessus de la basilique. C’est la première mission de Dieu : être présent aux personnes par son incarnation. C’est un acte d’amour. La mission est avant tout présence aimante. Cette image de N. Dame d’Afrique exprime une présence silencieuse.

Une lumière qui brille.

L’image brille d’une couleur de type lumière du soleil. La couronne et la peau de Marie ont la même couleur. C’est une couleur qui semble être un mélange de toutes les couleurs. C’est l’humanité de toutes races, langues, peuples, nations réunies et portée par Marie. C’est l’humanité illuminée par la présence divine.

La couronne

La couronne est symbole de souveraineté. Marie est reine parce que son fils est roi. La pointe de la couronne est la croix, symbole du Christ. La croix supplante un globe. Le Christ est le Roi de l’univers. Sa mère, Marie est aussi Reine de l’Univers. La couronne de Marie fermée (un cercle auquel sont fixés des arcs qui se rejoignent en leur sommet) avec un globe est symbole imperial: la souveraineté de Marie est entière. On voit 7 demi-arcs ornées de fleurs de lys: c’est la pureté de la Vierge Marie. C’est la réponse de celle qui est conçue sans péché (Immaculée Conception) aux 7 péchés capitaux, victoire sur le péché.

Le voile

Le voile de Marie se présente comme des rayons sortant de la couronne et se déversant sur le manteau. Il s’agit d’un voile très fin qui ne cache pas les cheveux. Le voile de Notre Dame d’Afrique, ce sont les grâces divines. Ces grâces proviennent de son Fils et se déversent sur le corps entier de Marie. Elle est pleine de grâce. La finesse du voile montre une intimité avec son Fils. Notre Dame d’Afrique ne se préoccupe pas de cacher sa féminité par un voile. Le voile devient plutôt symbole d’union avec Dieu.

Les cheveux

Les cheveux sont un signe de féminité, et de beauté. Le voile ne cache pas les cheveux. Les cheveux de Marie nous rappellent qu’elle est femme, féminine. Je pense aux saintes femmes de l’Evangile qui ont exprimé beaucoup d’amour à Jésus. Je pense aussi aux femmes dont la féminité est abusée et exploitée. Nous prions pour elles et nous prenons l’engagement d’agir contre ces abus.

Un regard vers le bas

Marie a un regard tourné vers le bas, vers l’humanité.  Elle regarde avec amour ceux qui passent. Elle intercède pour qu’ils soient toujours bénis. C’est cela être missionnaire. Elle a les yeux légèrement fermés. C’est une femme intérieure. C’est de l’intérieur, de l’intimité avec Dieu, qu’elle reçoit sa vie et sa mission. Sa tête inclinée vers la droite fait aussi penser à son fils sur la croix, le sacrifice suprême d’amour et de rédemption de l’humanité. Elle était présente. Son regard dégage de l’humilité, de la simplicité, de l’intériorité.

Le manteau

Le manteau de Marie est abondant. Marie est pleine de grâce et la grâce déborde. Le manteau est bleu avec des bandes blanches et des motifs dorés. Le bleu dans l’iconographie symbolise la sagesse et fait reference à la Sagesse incarnée, le Verbe, le Fils de Dieu. C’est la présence du Fils en elle, c’est la vie en abondance. Cette vie débordante est vécu aux noces de Cana. Le bleu c’est aussi le ciel, la sainteté. De ce bleu se dégage la profondeur et le calme. Le blanc c’est la couleur de la divinité, la présence divine. Les motifs dorés éparpillés représentent l’Esprit Saint qui souffle.  Le manteau a la forme d’une chasuble, signe de la fonction du prêtre qui sanctifie.  Marie donne l’impression de célébrer le sacrifice eucharistique. La bande blanche au milieu de la robe ressemble bien à une étole, insigne par excellence du sacerdoce. Marie sanctifie le peuple comme “prêtre et intercesseur.”  Le manteau couvre le corps de Marie. Cela fait penser à l’assomption. Le corps de Marie n’a pas connu la corruption. Il est élevé au ciel.

Les bras

Les bras ouverts est la présence qui accueille tout le monde sans distinction, sans discrimination. Ce sont des bras qui nous invitent à entrer dans l’intimité avec Jésus à travers Marie qui veut nous embrasser comme une mère.  Les bras ouverts et abaissés c’est une présence sans armes, sans violence, sans défense, une présence vulnérable qui n’offre que ce qu’ elle a de plus cher : Jésus Christ. Ses mains ouvertes montrent l’humilité, la pureté, la simplicité dans un monde qui s’accroche au pouvoir et à la richesse. Elle a l’attitude du doux, du non-violent, de celui qui est incapable de faire du mal. C’est aussi les bras qui offrent. Les doigts de Marie sont séparés.  Elle ne retient rien. Elle ne garde rien. Elle donne tout.

Moussa Serge Traore

 

Les stations de la création

Les stations de la création

Chemin de croix, organisé par les “Pèlerins de la Via Aurelia”.

Depuis le Temps de la Création (2021), plusieurs communautés religieuses voisines de Via Aurelia cheminent ensemble dans l’esprit synodale. Notre groupe « Pèlerins de la Via Aurelia », composé des Sœurs Maristes, des Sœurs de St Joseph de l’Apparition, des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée et des Missionnaires d’Afrique, a organisé un chemin de croix sous le thème de Laudato Si.

Le vendredi 8 avril, une centaine de personnes des congrégations qui vivent dans le quartier, ou qui se sont jointes depuis d’autres quartiers de Rome, ont participé à la prière des 7 Stations de la Création. Quatre récipients signifiant les 4 éléments : Vent, Feu, Eau, Terre nous ont accompagnés sur notre chemin de croix.

Les photos vous donnent un aperçu de notre expérience vécue ensemble. Vous pouvez télécharger la prière des stations de la création.

Nous vous souhaitons un bon cheminement vers Pâques !