I.F.I.C.

L’Institut de formation islamo-chrétienne (I.F.I.C.) est une initiative de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) et s’inscrit en droite ligne dans le charisme missionnaire légué à cette Société par son Fondateur, le Cardinal Charles Martial Lavigerie. Il s’insère donc dans la longue histoire de la présence des Missionnaires d’Afrique au milieu des musulmans africains et de la rencontre avec eux. L’Institut est la continuation et la concrétisation de tout un effort de formation entrepris par la Société des Missionnaires d’Afrique depuis trente années.[1]

En effet, le Chapitre Général des Missionnaires d’Afrique de 1986 avait fait la recommandation suivante : « Le Chapitre demande au Supérieur Général de proposer aux responsables concernés l’institution d’une année d’islamologie au PISAI[2], orientée dans une perspective apostolique et pastorale. Cette année serait proposée à tous les membres de l’Eglise qui œuvrent auprès de Musulmans et qui désirent une formation de base. » (Actes Capitulaires 1986 n° 106) Une nouvelle section pastorale avait donc été ouverte à l’Institut Pontifical d’Études Arabes et Islamiques pour l’année scolaire 1989/90 sous le nom : Section « Islam et Réflexion chrétienne » (SIRC). Elle proposait un programme s’articulant sur deux axes :

  • donner une information objective sur l’islam dans ses bases doctrinales comme dans les réalités vécues des musulmans.
  • susciter une réflexion chrétienne ouverte et apostolique sur ces réalités et proposer des perspectives pour la vie des communautés chrétiennes vivant avec des musulmans.

Cette Section pastorale, SIRC, a fonctionné pendant 13 ans dans le cadre du PISAI.[3] Lorsque le PISAI voulu supprimer cette année pastorale qui avait du mal à fonctionner, le Conseil Général des Missionnaires d’Afrique exigea alors que cette année soit créée en Afrique francophone et anglophone.[4]

C’est en 2000 que les Missionnaires d’Afrique ont décidé le transfert de la section pastorale du PISAI (SIRC) vers l’Afrique à partir de juin 2002. En quittant Rome pour l’Afrique, on pensait, d’une part, faciliter l’accès à cette formation aux membres des Églises d’Afrique, et, d’autre part, assurer un enseignement plus en accord avec le contexte, pour des gens qui vivent travaillent en Afrique et/ou qui sont Africains.[5]

Pour l’Afrique de l’Ouest, après une étude préalable de faisabilité pour une éventuelle implantation à Bamako/Mali, le Conseil Général a pris le 12 janvier 2004 la décision formelle d’établir l’Année pastorale francophone à Bamako, en lien avec le Centre  » Foi et Rencontre  » déjà existant. Le Chapitre Général de la même année a entériné cette décision (cf. Actes Capitulaires p. 32 n° 3b).[6] Telle fut la genèse de l’I.F.I.C.

« L’I.F.I.C se veut un instrument au service des Églises d’Afrique – catholique comme protestantes – pour une meilleure compréhension et une rencontre plus ouverte avec nos frères et sœurs de l’islam. Il se veut un lieu de formation de formateurs à la rencontre islamo-chrétienneL’I.F.I.C veut offrir dans une année d’études, une connaissance objective et détaillée des réalités musulmanes, notamment celles vécues par les musulmans africains. Il veut offrir en même temps une approche positive de ces réalités et une réflexion chrétienne sur elles, les deux inspirées de l’esprit du Concile Vatican II et de l’enseignement et de l’exemple des responsables des Églises depuis une cinquantaine d’années. Enfin il veut élaborer avec les étudiants des orientations pastorales pour la vie des communautés chrétiennes dans un environnement marquée par la présence de communautés musulmanes. »[7]

Le programme de l’I.F.I.C articulé autour des deux axes cités précédemment offre 480 heures de cours en raison de 16h/semaine à des étudiants venus de pays d’Afrique francophone. De sa création en 2007 à 2017, l’I.F.I.C a formé 105 formateurs. Chaque année académique, qui s’étend de mi-octobre à mi-juin, est sanctionnée par un certificat d’études pastorales.

Du point de vue financier, l’Institut « est un projet de la Société des Missionnaires d’Afrique qui a été confié à la PAO[8]. Son fonctionnement doit être budgété auprès de l’Economat Général, comme Projet I.F.I.C sous la rubrique de la Formation Continue »[9]

L’équipe des formateurs s’efforce de chercher des bourses d’études[10] pour les églises et congrégations africaines afin de subvenir au coût de la formation. Depuis 2014, la nouvelle équipe d’administration a initié une réflexion sur la possibilité de la contribution au coût de la formation par les institutions qui envoient leurs étudiants, essentiellement des prêtres, pasteurs, religieux-religieuses, laïcs en responsabilité, membres des commissions de dialogue nationales ou diocésaines, enseignants et éducateurs, responsables des Mouvements d’Action Catholique…, à l’I.F.I.C.

Cette année, l’I.F.I.C célèbre en octobre son dixième anniversaire de missionnaire au service de la formation de formateurs au dialogue interreligieux et islamo-chrétien en particulier. L’algérien Abbas Aroua écrivait, je cite : «Le monde actuel est victime de deux fléaux : l’injustice et l’ignorance de l’autre». Et l’ignorance, rappelait le Père R. Lafontaine, sj, est aussi «la mère de la violence»[11]. La mission de l’I.F.I.C. au service des Églises d’Afrique francophone se situe dans le cadre du combat contre l’ignorance réciproque. Cela veut dire que l’institut n’a de raison d’être que si les Églises qu’il a pour mission de servir ressentent le besoin, dans leur mission auprès de leurs frères et sœurs musulmans, de vaincre l’ignorance réciproque.

Père Sawadogo Mamadou Adrien, Directeur de l’I.F.I.C.

Notes :

[1] Père Josef Stamer, premier directeur et pionnier de l’I.F.I.C.
[2] Sigle italien pour l’Institut Pontifical d’Études Arabes et Islamiques
[3] Père Josef Stamer, premier directeur et pionnier de l’I.F.I.C.
[4] C’est le Conseil plénier de Nairobi en 2000 qui a pris cette décision.
[5] Père Josef Stamer, premier directeur et pionnier de l’I.F.I.C.
[6] Père Josef Stamer, premier directeur et pionnier de l’I.F.I.C.
[7] Père Josef Stamer, premier directeur et pionnier de l’I.F.I.C.
[8] Province d’Afrique de l’Ouest
[9] Réponse du Conseil Financier à Jérôme Kodjo à Bruxelles en Décembre 2009. Le Conseil Général demande la diversification des sources de financement même si on pourra toujours faire appel au Fonds de Solidarité Mafr.
[10] Une bourse de 3,300 euros pour une bourse complète.
[11]P. Fabien DELECLOS, «L’ignorance est la mère de la violence», publié le mardi 28 février 2006 à 00h00, mis à jour le mardi 28 février 2006 à 00h00.

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