Interview de Stéphane Joulain

En janvier dernier, Stéphane Joulain animait une formation sur le combat de l’abus sexuel des enfants pour le staff ecclésial du diocèse de Bordeaux en France. A cette occasion, il a donné une excellente interview.

Pour rappel, Stéphane Joulain est psychothérapeute et prêtre membre de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Il travaille cette question depuis plus de quinze ans, accompagnant les victimes et participant au traitement des auteurs d’agressions sexuels au Canada. Il enseigne à Rome et en Afrique sur la prévention des abus sexuels.

Emprise et abus spirituel

Emprise et abus spirituel

UNE COPRODUCTION JCD PRODUCTION/KTO 2018 – Réalisé par Jean-Claude Duret
Documentaire du 18/05/2019.

Aujourd’hui, la soif d’absolu est forte dans un monde occidental qui a perdu les fondements de la foi. Cela peut conduire certains à croiser des personnalités manipulatrices, ou même à devenir la proie de personnalités narcissiques qui détournent à leur profit la quête de Dieu. Ce sont même parfois de véritables systèmes d´emprise qui se mettent en place. Le mécanisme de l´emprise mentale conduit à de nombreux abus, dont l’abus spirituel, et peut causer de graves blessures psychologiques. Pourtant, depuis des millénaires, un trésor de sagesse existe dans les monastères où celles et ceux qui consacrent leur vie à la quête de Dieu ont balisé les dangers de cette quête. L’expérience qu’ils nous transmettent est aujourd’hui indispensable à notre discernement, que l’on soit croyant ou non. Ce documentaire a pour vocation d´informer et d´éduquer un large public aux possibles dangers de la recherche spirituelle. 

Côte d’Ivoire : Centre de protection à l’ICMA

Un Centre de Protection des mineurs et des personnes vulnérables a été ouvert au sein de l’Institut Catholique Missionnaire d’Abidjan, ICMA, en Côte d’Ivoire le 23 mars 2019. Cette initiative répond à l’appel du pape François d’assurer plus de protection aux enfants contre les abus sexuels.

Notre confrère, Stéphane Joulain, a donné plusieurs sessions sur la Protection des enfants et des personnes vulnérables aux étudiants de l’ICMA.

Lisez l’article de Marcel Ariston BLE, du service Français-Afrique de Vatican-News.

Lisez aussi l’article paru dans le quotidien français LaCroix Africa.

Eglise et pédophilie : récit d’une journée choc

C’est dans son diocèse d’origine cette fois que notre confrère Stéphane Joulain partage son expertise, très appréciée, avec des prêtres, religieux et laïcs engagés dans le diocèse. L’article ci-dessous est tiré du journal « Ouest-France » du 22 mars 2019. Son journaliste, Thomas Heng, avait été invité aux conférences et aux assemblées générales. Ce poste est réservé aux Missionnaires d’Afrique pour des raisons de copyright.

Le vicaire général du diocèse de Nantes, François Renaud. | OUEST-FRANCE

170 prêtres et laïcs se sont pressés à une formation de lutte contre les abus sexuels, mercredi, à Nantes. Sans discours convenus. Pour les catholiques. l’urgence est décrétée.

Mardi. à Rome. le pape François refusait la démission de l’archevêque de Lyon. le cardinal Philippe Barbarln, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs.

Quelques heures plus tard, à 1 500 kilomètres du Vatican. à la maison diocésaine de Nantes, 170 prêtres, diacres et laïcs missionnés participaient à une journée baptisée  » Luttons ensemble contre la pédophilie en Église », Sujet sensible et douloureux.

« Crise des abus sexuels »

Le diocèse, dans une démarche de transparence, a accepté notre présence. On redoutait un certain « ronron » Au contraire, ici, pas de discours pesés au trébuchet, de précautions oratoires, de circonvolutions.

Mettre le fer dans la plaie pour vider l’abcès de la « crise des abus sexuels ». L’intervenant venu de Rome, Stéphane Joulain. père missionnaire, psychothérapeute formé en criminologie, sait faire. Il est spécialiste de la lutte contre la pédophilie. « Régler le problème en autorisant le mariage du prêtre ? Mettre une femme dans le lit d’un pédophile n’a jamais réglé la question. » Le ton est donné.

« Pour beaucoup, constate-t-il, le synonyme de « prêtre » c’est devenu « pédophile ». L’Église essaye de régler ces questions depuis le… III° siècle. » À la pause déjeuner, il précise : « Si on applique toujours la même solution à un même problème en espérant le résoudre, on n’est pas loin de la folie. »

D’abord, donc, se départir de réflexes ancestraux. « Quand un père est mis en cause pour des abus sexuels, des paroissiens s’inquiètent de son moral plutôt que de la victime, déplore un religieux. Inversons le regard. » « Les catholiques sont un peu obsédés par… le pardon ». résume, lapidaire, Stéphane Joulain. Autrement dit, le pardon, c’est « un chemin ». pas un automatisme.

Un long chemin parfois. On écoute l’histoire de cette femme de 87 ans, qui a attendu de voir la mort venir, pour enfin parvenir à dire ses blessures. Pendant quatre-vingts ans, elle a porté seule le fardeau d’une agression vieille de sa première communion. Une ombre se lève, quitte la salle en larmes. « Des choses remontent…», glisse un participant.

Parler, parler, parler. Stéphane Joulain s’agace contre un autre réflexe observé dans les paroisses : la protection de l’institution : « Quelques fois. on transforme la victime en ennemi ! Mais le scandale arrive par ceux qui ont commis ces abus ! Pas par ceux qui les relaient. »

Derechef. une question monte dans la salle : quand même. « Les médias », ils exagèrent, non ? « Sans les journalistes, on en serait encore à balayer la poussière sous le tapis », réplique l’orateur.

A la pause nicotine, dans les couloirs. un prêtre du sud de Nantes. embraye : « Des fois, on s’inquiète plus de l’institution que des Évangiles. » Autour de lui, Grâce à Dieu, le film de François Ozon, consacré aux abus du père Preynat, fait beaucoup parler, en bien.

Libérer la parole, point de départ

Face aux abus, l’Église aurait eu le tort de gérer « des situations individuelles », un peu comme des fusibles, pour protéger l’édifice général. « C’était la théorie de la pomme pourrie, de cas isolés, poursuit Stéphane Joulain. Mais la crise actuelle révèle qu’il y a quelque chose de pourri dans le panier. Et même dans le haut du panier. »

Manière de dire que les solutions passent par une prise de conscience collective, la « supervision » de tous, quitte à rogner sur la « confiance » accordée traditionnellement à chacun. En somme. une responsabilité partagée, évêques inclus.

Mais gare à ne pas se payer de mots. Libérer la parole, c’est le point de départ, pas d’arrivée. « Si vous pensez que c’est terminé l’an prochain, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! prévient Stéphane Joulain. II faut changer, en profondeur. Nous devons passer par une phase de purification de l’Église, apprendre à travailler avec les victimes. »

« Ça ébranle leur foi »

Sur le terrain, on assure que la crise ne détourne pas les fidèles de l’Église. « Mais beaucoup, y compris parmi les plus solides, disent que ça ébranle leur foi », reconnaît le vicaire général, François Renaud.

Dans l’assistance, on s’inquiète quand même de « la diminution des inscriptions dans les camps d’été ou à la catéchèse ». Et, surtout, de ce « soupçon généralisé » qui pèse sur les prêtres.

Après le constat, des ébauches de solutions

Comment « faire de l’Église un lieu sûr ? » Stéphane Joulain invite à améliorer la formation des prêtres. Le temps de la formation au séminaire est d’au moins six ans. « Quand un séminariste ne veut être qu’au contact d’enfants, sans capacité de développer des relations avec des adultes… Attention ! »

Dans les paroisses, il ne faut jamais laisser courir une rumeur : « Il faut investlguer et faire la vérité ! »

Un travail strict s’impose aussi sur les « lieux ». « Les salles fermées où personne ne voit rien de l’extérieur, c’est à bannir. Pareil pour la catéchèse : si un animateur colle des posters sur les fenêtres, qu’est-ce que ça veut dire ? »

Jusque dans le confessionnal, transparence et prudence prévalent : « A Notre-Dame de Paris. la confession se déroule dans un aquarium vitré. Aux yeux de tous. Et alors ? C’est un moment où la personne livre sa vulnérabilité affective. Certains pourraient abuser de cette fragilité. »

Thomas Heng,
Ouest-France du 22 mars 2019

Téléchargez ici le PDF de l’article.

Retour sur la rencontre des Provinciaux à Rome

Récemment a eu lieu, à la Maison Généralice, la rencontre du Conseil Général avec les supérieurs provinciaux et des deux sections. Deux confrères attachés aux services généraux – Stéphane Joulain pour l’intégrité du ministère et Andreas Göpfert pour JPIC – se sont adressés à eux. Voici le résumé de leurs interventions.

 

Stéphane Joulain : Les provinciaux ont pu écouter et discuter avec le P. Benoît Malvaux, Procureur général de la Compagnie de Jésus, invité par le Conseil Général. Le sujet de sa conférence était « l’enquête préliminaire ». Cette conférence fut aussi donnée aux Délégués à la Protection qui a eu lieu en novembre 2018. Ainsi provinciaux et Délégués ont reçu la même information. Cette enquête préliminaire précède le processus canonique en cas d’allégations de comportement contre le sixième commandement par un clerc sur un mineur ou bien un adulte vulnérable. Les provinciaux ont pu poser au Père Malvaux d’autres questions d’ordre canonique. Sa compétence et ses nombreux exemples ont permis d’aborder ces questions difficiles et délicates de manière très pratique et avec le sérieux requis.

Andreas Göpfert : Le 13 février 2019, il y a eu lieu la séance de travail JPIC-RD. Pendant une heure et demi le Conseil général, les Provinciaux et les Supérieurs délégués ont rencontré le coordinateur de JPIC-RD, le P Andreas Göpfert. La première partie de la rencontre a été consacrée à la lecture de quelques signes des temps et aux interpellations entendues lors de l’audience avec le Pape Francois et à la célébration du 150ème anniversaire avec le Cardinal Filoni. (voir PowerPoint ci-dessous) Dans la deuxième partie, le coordinateur est revenu sur le bilan d’activités 2018 en exprimant quelques préoccupations, par exemple par rapport au fonctionnement des commissions provinciales. Il y a eu un échange fructueux entre les participants pour y apporter une amélioration. Le coordinateur a aussi insisté sur la collaboration avec Talitha Kum et avec l’AEFJN et l’AFJN. La troisième partie a donné l’occasion d’expliquer trois événements qui seront organisés par la coordination : atelier de travail « Dialogue œcuménique, un appel pour un engagement prophétique » en mars 2019 à Rome ; réunion d’échange et de concertation « Dialogue islamo chrétien » en avril 2019 à Nairobi ; atelier de formation « Vie en communauté interculturelle comme témoignage apostolique aujourd’hui » en septembre 2019 à Rome. Avant de conclure avec la prière de Ste Bakhita, le coordinateur a donné quelques informations sur la pastorale de la mobilité humaine enseignée à SIMI (Scalabrini International Migration Institute) à Rome (www.simiroma.org/site/)  et à SIHMA (Scalabrini Institute for Human Mobility) à Capetown-South Africa (http://sihma.org.za/).

Démarrez le Power-point en cliquant sur la petite flèche blanche centrale en bas à gauche et faites-le avancer en continuant à cliquer sur la flèche droite.

Sommet sur la protection des mineurs – Vatican 21-24 février 2019

Du 21 au 24 février, les présidents des Conférences épiscopales catholiques du monde entier ont répondu à l’appel du Pape François de venir à Rome au Vatican pour réfléchir ensemble sur la meilleure manière de répondre avec sérieux à cette crise sans précédent que traverse l’Église catholique aujourd’hui. Les souffrances de tant d’hommes et de femmes, d’enfants et de jeunes appellent une détermination de l’ensemble de l’Église. Pendant ces trois jours, plusieurs conférenciers et conférencières se sont succédé pour adresser différents sujets articulés autour des trois axes de réflexion proposés par le comité organisateur : Responsabilité, Reddition de comptes, Transparence.

Il est possible de retrouver l’ensemble des conférences sur la chaine YouTube de VaticanNews. Ce sommet a été aussi ponctué par plusieurs témoignages de victimes enregistrés préalablement en audio ou bien vidéo. Ces témoignages ont permis à ceux parmi les conférenciers qui n’avaient jamais entendu de victimes de pouvoir découvrir l’étendue des souffrances subies.

Les participants ont aussi travaillé en groupe linguistique.

Que retenir de ce sommet ?

Il est possible de lire de nombreuses analyses en différentes langues dans la presse en ligne, en effet 450 journalistes étaient accrédités, principalement du monde anglophone. Mais pour nous, voici ce qu’il est possible de retenir d’important.

Cette rencontre est une étape dans cet immense chantier qui est celui de répondre à la souffrance des victimes avec compassion et miséricorde. Il est aussi une étape dans le processus de conversion des cœurs nécessaire à un véritable travail de prévention pour faire de l’Église catholique une maison sûre pour les enfants et les plus vulnérables. Dans son discours final le Pape François a fixé 7 axes de travail prioritaires pour l’ensemble du Peuple de Dieu et plus spécialement pour les évêques du monde entier, les voici résumés ici avec ses mots (Extraits du discours final) :

  1. « La protection des enfants : l’objectif premier de toute mesure est celui de protéger les petits et d’empêcher qu’ils soient victimes de tout abus psychologique et physique. Il convient donc de changer les mentalités pour combattre l’attitude défensive et réactive visant à sauvegarder l’Institution, au bénéfice d’une recherche sincère et décidée du bien de la communauté, en donnant la priorité aux victimes des abus dans tous les sens du terme. »
  2. « Un sérieux irréprochable : je voudrais redire ici que « l’Église ne se ménagera pas pour faire tout ce qui est nécessaire afin de livrer à la justice quiconque aura commis de tels délits. L’Église ne cherchera jamais à étouffer ou à sous-estimer aucun cas. »
  3. « Une véritable purification : malgré les mesures prises et les progrès faits en matière de prévention des abus, il convient d’imposer un perpétuel et renouvelé engagement à la sainteté des pasteurs dont la configuration au Christ Bon Pasteur est un droit du peuple de Dieu. »
  4. « La formation : autrement dit, les exigences de la sélection et de la formation des candidats au sacerdoce avec des critères non seulement négatifs, visant principalement à exclure les personnalités problématiques, mais aussi positifs en offrant un chemin de formation équilibré pour les candidats idoines, tendus vers la sainteté y compris la vertu de chasteté. »
  5. « Renforcer et vérifier les lignes-guides des Conférences Episcopales : c’est-à-dire réaffirmer l’exigence de l’unité des évêques dans l’application des mesures qui ont valeur de normes et non pas uniquement d’orientations. Aucun abus ne doit jamais être couvert… »
  6. « Accompagner les personnes victimes d’abus : Le mal qu’elles ont vécu laisse en elles des blessures indélébiles qui se manifestent également par des rancœurs et des tendances à l’autodestruction. L’Église a donc le devoir de leur offrir tout le soutien nécessaire en recourant à des experts dans ce domaine. »
  7. « Le monde digital : la protection des mineurs doit tenir compte des nouvelles formes d’abus sexuel et d’abus de tout genre qui les menacent dans les milieux où ils vivent et à travers les nouveaux instruments qu’ils utilisent. »

Voici donc sept priorités que le Pape François a fixées pour les évêques et les supérieur(e)s majeur(e)s des congrégations et instituts de vie consacrée, mais aussi plus largement à l’ensemble du Peuple de Dieu.

Pour compléter cette feuille de route, d’autres mesures vont venir : produire un Motu proprio sur cette question ; offrir un guide pratique pour les évêques et les supérieur(e)s majeur(e)s pour les aider dans leur mission ; des « task forces / équipes d’experts » pourront aussi voir le jour pour aider les églises locales qui ont plus de mal à trouver des ressources matérielles et humaines pour lutter contre ce mal qui n’épargne aucune église particulière ni aucune communauté humaine.

Faisons nôtre cette feuille de route.

Quelques liens utiles :

Chaine YouTube de VaticanNews pour voir ou revoir les conférences :

En français –   https://www.youtube.com/user/vaticanfr

In English – https://www.youtube.com/channel/UCxIsefyl9g9A5SGWA4FvGIA

Existe aussi en d’autres langues.

De nombreux interviews et commentaires aussi sur www.vaticannews.va

Entrevue de Stéphane Joulain avec Vatican News

Se mettre à l’écoute des victimes d’abus sexuels
un devoir évangélique pour l’Église.

Le père Stéphane Joulain, prêtre de la Société des Missionnaires d’Afrique et psychothérapeute, nous explique les enjeux posés par le phénomène des abus sexuels sur mineurs au sein de l’Église catholique. Continuer la lecture de « Entrevue de Stéphane Joulain avec Vatican News »

Formation à la prévention à Mahagi

Notre confrère Peter Ekutt, Délégué à la Protection des Enfants au Congo a offert une formation pour 82 consacrés du diocèse de Mahagi, il nous raconte cette formation.

“Pendant trois jours, 82 consacrés du diocèse de Mahagi sont venus vivre une expérience de formation dans la paroisse cathédrale autour de l’évêque à l’occasion de la célébration de la journée des consacrés. L’Evêque lui même a donné la première conférence sur quelques dispositions à prendre comme religieux dans le diocèse. Ensuite, j’ai pu animer une journée de conférences et de partage sur « l’intégrité du ministère et les abus sexuels comme facteur de risque ».

Peter invitant les participants vers la fin de la session de prendre un temps pour penser aux victimes.

Déroulement de cette formation :

Dans un premier temps, j’ai présenté ce qu’était l’intégrité du ministère et la problématique des abus sexuels comme un des facteurs qui menace aujourd’hui cette intégrité. J’ai commencé en montrant aux participants pourquoi les abus sexuels sont à la une aujourd’hui dans le pontificat du pape François. Puis j’ai développé les différents facteurs de risques qui peuvent faciliter les comportements abusifs. J’ai aussi présenté les différentes formes d’abus. Ensuite nous avons porté notre attention sur plusieurs points : les conséquences physique de l’abus sexuels sur le mineurs ; la méthode que les prédateurs utilisent pour installer leur emprise sur  les mineurs ; les idées déformées (distorsions cognitives) que les prédateurs utilisent pour abuser des mineurs ; les attitudes à éviter lorsque l’on parle de l’abus sexuel ; les dispositions à prendre pour protéger l’enfant. Finalement, j’ai montré que la lutte nous appartient à tous, afin de créer un environnement sûr pour les enfants et les adultes vulnérables.

Au milieu de la conférence, nous avons eu des carrefours, nous basant sur un texte – une étude de cas qui vient de l’Afrique de Sud. Les réactions dans  les groupes ont été très positives de la part de participants.

J’ai invité aussi un collaborateur qui écoute les mineurs victimes de harcèlement sexuel dans les écoles pour venir partager son expérience avec nous. Il encourage les jeunes au dépistage VIH/SIDA dans notre centre des jeunes. Ce père de famille a parlé sur le fait que la plupart des jeunes infectés sont des filles entre 11 et 22 ans et cela nous donne à penser qu’il y a de nombreux cas d’abus sexuel  autour de nous même si on n’en en entent pas parler. Les statistiques données par cet intervenant ont touché les participants. Le fait que ce témoignage et ce rapport étaient donnés par un père de famille a ajouté du poids au sujet de la conférence. Cette expérience de partage était très pratique et très touchante. Cela nous a fait réfléchir et nous poser des questions.

Nous avons terminé avec la vidéo sur l’abus sexuel : « Un médecin pour sauver les femmes », suivi d’un partage sur la vidéo. Personne  n’avait vu la vidéo auparavant, et ce fut une bonne information et documentation pour les consacrés. Le partage était superbe et de bonnes réflexions sont sorties pendant le partage.

Ensemble, nous avons prié la Prière du délégué à la protection.

Ensemble nous avons prit la prière  du délégué à la protection des mineurs.

En général, les consacrés ont beaucoup apprécié l’initiative de donner cette conférence. Ils étaient très content qu’on parle de cela mais aussi très choqué de voir que finalement on peut parler de quelque chose qu’eux considèrent comme TABOU. Ils étaient anxieux de savoir si l’évêque était d’accord car ils ont eu peur de toucher à leurs « TABOUS ». Il est heureux que nous ayons pu parler de ce TABOU qui fait peur alors que les gens, et surtout les enfants, meurent dans le silence du TABOU.

Les participants prennent connaissance des document déjà publiés sur le sujet.

Beaucoup souhaitent que cela puisse être offert aussi dans des écoles et pour les parcours de catéchuménat. Mais, il faut aller doucement. Je suis déjà content d’avoir pu parler aux consacrés du diocèse de Mahagi.

Il est à noter quand même quelques résistances fortes venant du côté des consacrés masculins qui pensaient que cela était une critique de l’Eglise et en particulier des prêtres au profit des sœurs. Mais, j’avais déjà fait cette expérience avant et cela  ne me dérange pas. C’est un mécanisme de défense pour ne pas faire face à la réalité. Cela n’a pas empêché que cette session fut un succès et une belle expérience pour l’ensemble des participants.

Peter Ekutt, M.Afr.