Francis Thibault 1947 – 2017 (PE n° 1085)

Francis est né à Luceville, dans le diocèse de Rimouski, le 12 juin 1947. Il fait ses études primaires à l’école Saint-Albert-le-Grand où il réussit très bien. Après sa septième année d’école primaire, son curé l’amène à Rimouski pour passer les examens d’admission au petit séminaire. Il pense déjà à devenir prêtre un jour. Francis est âgé de 13 ans, quand il devient pensionnaire au petit séminaire de Rimouski en septembre 1960. Comme il était jusqu’à présent plutôt discret et même timide, il apprend au séminaire à se mêler davantage aux autres étudiants et à s’inscrire à des activités sportives. Continuer la lecture de « Francis Thibault 1947 – 2017 (PE n° 1085) »

Gabriel Bapst 1926 – 2017 (PE n° 1085)

Le Père Gabriel Bapst est né le 2 septembre 1926 à Chandon (canton de Fribourg) dans une famille paysanne. A l’âge de 2 ans, il perd sa maman alors enceinte d’un 5ème enfant. La famille s’établit ensuite à Avry-sur-Matran où trois ans plus tard le père succombe à une tuberculose. Gabriel est alors envoyé à La Roche dans un orphelinat tenu par des Sœurs. Il y restera jusqu’à sa 16ème année. Continuer la lecture de « Gabriel Bapst 1926 – 2017 (PE n° 1085) »

Andreas Edele 1934 – 2017 (PE n° 1085)

Andreas est né en 1934, huitième de dix enfants d’une famille qui possédait une petite ferme. Son père travaillait dans la mine locale de sel ; il est mort en 1942. En novembre 1945, à l’âge de 11 ans, Andreas entre à l’école missionnaire d’Haigerloch. En 1948, il part pour l’école de Grosskrot-Zenburg où il termine ses études secondaires avec le « Abitur » en 1953 ; il poursuit avec la philosophie, à Trèves, de 1953 à 1955. Continuer la lecture de « Andreas Edele 1934 – 2017 (PE n° 1085) »

René Konings 1929 – 2017 (PE n° 1085)

René est né le 9 juin 1929 à Essen dans la campine anversoise, pas loin de la frontière hollandaise. C’était une famille d’agriculteurs, riche de dix enfants. Il fit les humanités classiques au Petit séminaire de Hoogstraten. En septembre 1948, il entra chez les Pères Blancs à Boechout. Il suivait ainsi les traces de son oncle, Piet Konings (+ 1986). Son frère cadet, Herman rejoindra lui aussi nos rangs. En septembre 1950, René commence le noviciat à Varsenare, suivi par les études de théologie à Heverlee. Il y prononce son serment missionnaire le 10 juillet 1954 et est ordonné prêtre le 10 avril 1955. Ses professeurs le trouvent plutôt timide. Il a un bon jugement ; c’est un homme prudent mais débrouillard, travailleur consciencieux, dévoué et simple. Il se montre souvent sceptique. En communauté René est un confrère agréable, jovial ; il aime taquiner. Il semble être un homme content et heureux, et sa piété est solide.

Nommé au Burundi, il s’envole le 8 avril 1956 avec Sobelair, destination le diocèse de Gitega. Il débute comme vicaire à Gisuru, regagne quelques mois plus tard Jenda, où il se met très sérieusement à la langue, le Kirundi. Sa timidité ne lui facilite pas la tâche et rend difficile à faire valoir son autorité auprès des enseignants dont il est responsable. Mais il tient bon. Durant son premier congé en 1963 il fait sa grande retraite et retourne en octobre au Burundi par bateau. Nommé à Ruyigi, il assure sa part des tâches pastorales : il est aumônier de la Chiro, de la prison et de l’hôpital ; il part en succursale quand c’est son tour, mais, note le père Braeckers, régional, sans beaucoup d’enthousiasme, car les conditions assez rudimentaires de la vie en brousse ne lui plaisent pas beaucoup. A Ruyigi également ses relations avec les instituteurs grincent un peu. En 1965, René est muté à Kibumbu. Sa santé cause des soucis : il a besoin de beaucoup de sommeil et a l’estomac délicat. Mais les confrères apprécient sa présence. En juillet 1967, René est nommé à Bugenyuzi. Quelques mois plus tard, il apprend que son père vient de mourir.

A son retour de congé en août 1968, René est nommé à Bukirasazi, où il s’occupe également de l’économat. Sa cuisine est appréciée par les confrères et un moulin à sorgho renfloue la caisse. Mais René se plaint de plus en plus d’être psychiquement fatigué. Après une année à Nyangwa, où il vit les grands massacres que le pays a connu en 1972, René retourne en février 1973 en Belgique pour suivre un traitement qui prendra pas mal de temps. Tout en suivant son programme de revalorisation psychique, il est chargé des relations avec les familles et les propagandistes de notre calendrier missionnaire et du magazine missionnaire flamand ‘Wereldwijd’. Entretemps il a rejoint notre communauté de Berchem. Il rend service aussi, surtout les week-ends, à la paroisse Saint-Joseph à Mortsel. En octobre 1976, il participe à la session-retraite à Jérusalem. Petit à petit René se prépare à retourner en Afrique ; il en a vraiment envie. A la dernière minute, il suit encore une session de Mariage Encouter parce que des couples à Mortsel lui en avaient parlé fort positivement.

Plein de courage René repart au Burundi, où il redémarre le premier janvier 1977 comme vicaire à Mubimbi dans l’archidiocèse de Bujumbura. Entretemps, comme tout le monde sait, le climat politique au Burundi s’est sérieusement détérioré sous le président Bagaza. La pratique religieuse est interdite. Le 11 juin 1979, comme tant d’autres confrères et missionnaires, René est officiellement ‘remercié’ et obligé de quitter le pays, départ dans les 48 heures.

Nous ne connaissons pas ses réactions personnelles sur cette expulsion. Une lettre datant de septembre 1980 montre qu’il envisage encore toujours son retour au Burundi. Quoiqu’il en soit, dès son retour au pays, René va renforcer sans tarder notre équipe de la paroisse du Sacré-Cœur à Anvers. Pas pour longtemps car, début 1980, il rejoint notre communauté de la Keizerstraat. Il donne un coup de main au bureau de ‘Nieuw Afrika’ et s’engage les weekends à la paroisse Saint-Joseph, près du parc central. En mars 1981, il devient officiellement membre de l’équipe pastorale de la paroisse. Il lui faut évidemment s’adapter au style propre de la pastorale urbaine fort axée sur l’engagement des laïcs. Le doyen, monsieur l’abbé Hamels, se réjouit de la bonne collaboration de René.

En 2004, René atteint l’âge légal de la retraite. Il accepte alors l’aumônerie de la maison de repos des Petites Sœurs des Pauvres, tout en continuant à résider à la Keizerstraat. Au début il s’y rend à bicyclette. En 2005, il participe à la session des +70 à Rome. Il peut régulièrement compter sur un confrère pour le remplacer au hôme. Quand, début 2010, le travail d’aumônier commence à lui peser vraiment, il se retire pour jouir enfin de sa pension. Il reste le confrère agréable, enjoué, assez effacé, spontanément curieux de tout, soucieux de comprendre ce qui se passe dans le monde.

Les dernières années il commence à oublier, ne trouve plus les noms, se trompe de bicyclette en ville, ne peut plus présider l’eucharistie sans erreur. Quand son état de santé commence vraiment à faire problème, il est transféré, en juillet 2016, à la maison de repos et de soins ‘Notre Dame d’Anvers’ à deux pas de la Keizerstraat. Les derniers jours, il ne reconnait plus personne, mais garde, souligne l’infirmière qui le soigne, sa bonne humeur. Lundi matin, le 17 juillet 2017, René s’éteint paisiblement.

La liturgie de la Résurrection eut lieu le jeudi 20 juillet en l’église paroissiale Saint-Charles Borromée à Anvers et l’inhumation à Varsenare.

Jef Vleugels, M.Afr.

Ghislain Jageneau 1923 – 2017 (PE n° 1085)

Ghislain est né le 31 octobre 1923 à Diependaal en province du Limbourg. Sa famille appartenait à la haute bourgeoisie ; son père était notaire. Il fit les humanités gréco-latines au collège Saint-Joseph à Hasselt. En 1941, il entra chez les Pères Blancs à Boechout, fit ensuite le noviciat à Varsenare et ses études de théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 5 avril 1947 et fut ordonné prêtre le 29 mars 1948. Continuer la lecture de « Ghislain Jageneau 1923 – 2017 (PE n° 1085) »

Léopold Lalonde 1927 – 2017 (PE n° 1085)

Léopold est né le 3 septembre 1927 à St-Clet, dans le diocèse de Valleyfield (P. Québec). Après ses études primaires à l’école de sa ville natale, il fait ses études classiques au Collège Sainte-Marie à Montréal. Il entre au noviciat Saint-Martin de Laval le 1er août 1949 et part ensuite pour l’Europe pour étudier la théologie, d’abord pendant trois ans à s’Heerenberg aux Pays-Bas, et ensuite un an à Monteviot en Écosse où il fait son serment missionnaire le 9 juin 1954 et est ordonné prêtre le 4 janvier 1955. Continuer la lecture de « Léopold Lalonde 1927 – 2017 (PE n° 1085) »

P. Helmut Huber 1942 – 2017 (PE n° 1084)

Après une longue maladie portée dans la foi profonde le P. Helmut Huber est décédé à l’Hôpital de Bad Aibling.

P. H. Huber est né à Amberg. Son père était maître principal d’une école, profession qui exigeait de la famille un changement de domicile plusieurs fois. A Hahnbach, Helmut pouvait vivre une enfance sans souci dans une famille profondément croyante au milieu de ses frères et sœurs et fréquenter aussi l’école primaire. En 1952, il retourne à Amberg pour poursuive ses études au lycée. Par sa gaieté naturelle, Helmut était un camarade aimable, Parmi les professeurs il était très estimé et, ainsi, dispensé de l’examen oral lors de l’examen du bac à cause de ses bonnes notes dans les examens écrits. Helmut avait pris contact avec les Pères Blancs qui avaient ouvert une maison à Amberg en 1959. Sur ces contacts personnels avec les Pères Helmut gardait le silence, aussi devant ses parents, jusqu’au moment où il était clair pour lui de vouloir devenir Missionnaire d’Afrique.

L’étude de la philosophie suit à Trêves de mai 1961 à août 1963, ensuite noviciat à Hörstel en 1963/64. Helmut avait acquis de bonnes connaissances en anglais du temps du lycée mais pas en français. C’est pourquoi il demande à ses supérieurs de pouvoir faire ses études théologiques au scolasticat de Totteridge. Cette demande est acceptée et, le 27 juin 1967, il y fait son serment perpétuel. Le 29 juin 1968, Helmut est ordonné prêtre à Regensburg.
Sa première nomination en août 1968 ne le conduit pas en Afrique. On lui demande de collaborer à «l’Action Missio» pour l’animation missionnaire dans les écoles secondaires en Allemagne. Pour se préparer Helmut va pour une année chez les Pères Blancs à Sutton-Coldfield en Angleterre. Par la suite, Helmut reçoit la permission de faire un voyage d’information en Afrique Orientale ; cela le conduit à la mission de Kamsamba dans le diocèse de Mbeya, là où le père Büth et le frère Ildefons travaillent. Naturellement il ne connaissait pas encore le Kiswahili. Pour la messe dominicale il notait quelques phrases en kiswahili avec la phonétique. Il les apprenait par cœur et les proclamait devant les chrétiens à l’église. Les chrétiens étaient impressionnés par ce «Mzungu» qui connaissait leur langue sans avoir été en Tanzanie auparavant. Après la messe, ils s’adressaient à lui en Kiswahili et devaient constater que l’Esprit saint l’avait abandonné. Il ne parlait que l’anglais.

En 1972, Huber est nommé en Tanzanie à la cathédrale de Mbeya. Il y apprend le Kiswahili à fond et avec zèle. Il s’achète un journal tous les jours et le lit de la première page à la dernière.

En 1976, il est nommé dans les paroisses de Mkulwe et Kamsamba situées dans la vallée de la Rukwa. Dans ce climat chaud et humide, des attaques de malaria n`étaient pas une rareté. Avec un confrère canadien il dessert les deux paroisses avec 50 succursales. Les safaris étaient souvent faits en vélo, parce qu’il y avait peu de ponts sur les fleuves. Helmut que les gens appellent « Padri Samuel », s’intéresse aux us et coutumes des différentes tribus et commence à apprendre leurs langues. Il prend des photos des évènements de la vie de tous les jours, dessine les cartes des paroisses et succursales qu’il utilise lors d’exposés pendant ses congés en Allemagne.

Lors d’un examen médical en 1980 à Dar-es-Salam le médecin lui conseille de prendre le vol suivant pour l’Allemagne. A Amberg il subit d’urgence une opération du cancer. La tumeur avait déjà détruit un rein. L’opération suivante et la réhabilitation ont du succès. La grande confiance en Dieu de Helmut, son désir ardent de retourner en Tanzanie et son humour l’aident dans ce temps difficile. Il ne prend pas une longue période de récupération, mais demande une autre responsabilité aussitôt que le traitement au cobalt est terminé. En octobre 1981, il devient responsable de la communauté de Munich à une période difficile de reconstruction. Il voyait sa tâche principale dans l’ouverture de la maison pour l’animation missionnaire. Il était doué artistiquement – il s’est éternisé dans ses nombreux dessins et caricatures – et à cause de son habilité linguistique il eu beaucoup de succès lors des rencontres de jeunes.

L’accord des médecins pour une nomination en Afrique est donné en 1988 – cette fois-ci pour le Kenya. Ce fut pour Helmut un renforcement moral ; cela lui a donné la certitude d’avoir surmonté sa maladie du cancer. A Nairobi, il a pu compter sur de bons soins médicaux.

Sa nomination le conduit dans une paroisse de bidonville à l’est de Nairobi, là où le père Arnold Groll avait fondé un projet nommé «Undugu» («Fraternité») qui comprenait tous les quartiers de misère de la ville : des écoles servant de salles polyvalentes étaient lancées dans les quartiers concernés ; des hômes étaient ouverts où les enfants pouvaient manger et dormir ; un centre de formation était installé pour des travaux de menuiserie et de tôlerie et, le plus important, un atelier de mécanique a ouvert aux enfants de la rue un avenir, au lieu de courir toute la journée dans les rues à ramasser des déchets. Helmut se consacre de tout cœur au projet «Kwetu» («Chez nous à la maison»). Cette activité correspondait totalement à son caractère, à ses dispositions et à ses intérêts : donner aux jeunes gens la sécurité et une nouvelle espérance pour leur avenir.

En octobre 2000, Helmut quitte le Kenya : il est nommé à la nouvelle fondation sur l’île Pemba. Pendant trois mois, il travaille d’abord dans les camps de réfugiés à Benaco en Tanzanie où il y avait environ 100.000 réfugiés du Burundi et du Rwanda. En janvier 2001, une communauté de quatre Pères Blancs traverse de Dar-es-Salam á Zanzibar (50 km) et quelques jours plus tard à Pemba. Leur but était de créer de bonnes relations avec les musulmans par le travail de formation des jeunes et des adultes, des cours de langue – un terrain neutre qui ne touchait pas la religion. Des contacts personnels pouvaient être noués. Le travail pastoral n’était pas facile parce que la communauté des chrétiens était dispersée sur toute l’ile et ne représentait que 0,01% de la population.

Lors d’un examen médical en 2004, les médecins découvrent chez Huber plusieurs parties de la peau atteintes du cancer. Pour cela et pour des raisons familiales, Helmut rentre en Allemagne en 2005.

Dans les années suivantes Helmut est de nouveau un membre estimé de la communauté de Munich. En 2012, toujours ouvert à de nouvelles expériences, il répond à l’appel du provincial d’Irlande qui cherchait des confrères pour quelques mois pour sa communauté de Dublin. De même il répond à l’invitation de la communauté de Jérusalem en 2014 pour s’occuper pour trois mois des pèlerins de l’Eglise Sainte Anne. Il le fait avec un grand zèle et une grande joie.

Après une attaque d’apoplexie au début de l’année 2015, l’état de santé du P. H. Huber se détériore visiblement. En novembre 2016 il va à l’hôpital pour vérification et on y constate une pression de l’eau cérébrale élevée. On essaie de réduire cette pression au début de février 2017, mais à cause d’une complication c’est le début de la fin pour Helmut avec une pneumonie, un coma artificiel, une réhabilitation neurologique à Bad Feilnbach interrompue par des séjours à l’hôpital de Bad Aibling à cause d’autres troubles auxquels le corps affaibli d’Helmut n’avait plus rien à opposer. Ce fut réellement une rédemption quand il a pu s’éteindre à Bad Aibling dans la nuit du 18 au 19 mai pour aller vers la maison de Celui dont il avait annoncé le message bienheureux pendant toute sa vie.

Günther Zahn, M.Afr.

Rob  van  Iterson 1927 – 2017 (PE n° 1084)

Rob est né à La Haye le 5 février 1927. Il a d’abord étudié à ‘s-Heerenberg, puis à Thibar en Tunisie où il a fait le serment missionnaire le 29 juin 1953 ; il a été ordonné à Carthage le 18 avril 1954. Il avait un demi-frère qui était cistercien à Rochefort, en Belgique.

Il avait un bon jugement et savait s’affirmer. C’était une personne joyeuse qui travaillait fort et avait le sens de l’organisation ; il savait prendre des initiatives et était toujours prêt à rendre service. Il avait le sens artistique et aimait le travail de précision.

En août 1954, Il a enseigné dans notre petit séminaire à Sterksel. Après 2 ans, il s’est rendu au Malawi à Likuni où il a étudié la langue et la culture nyanja. Après un séjour dans les paroisses de Chiphaso et Likuni, il est allé à Madisi en septembre 1957 ; c’était la plus jeune paroisse du vicariat. A cet endroit, les Sœurs Blanches ont fait leur première expérience de ne pas travailler dans les soins de santé ou les écoles, mais dans le travail pastoral et le développement. Elles visitaient les villages pour la formation des catéchumènes, pour le mouvement d’action catholique des sages-femmes, pour des sessions pour les femmes des enseignants et pour des cours de couture.

En avril 1959, Rob a été nommé curé de Namitete, une paroisse plus grande avec une école technique dirigée par un confrère, un hôpital géré par les Sœurs et une école primaire. Un membre de la communauté était un prêtre diocésain malawien. La population était assez hétérogène en raison des travailleurs saisonniers pour la culture du tabac et d’une douzaine d’églises diverses. Une autre difficulté importante était le fait qu’un grand nombre de personnes allaient travailler dans les mines en région éloignée. Dans la paroisse, il y avait 4.500 catholiques et 1.500 catéchumènes ; l’église paroissiale était à construire, et en plus il fallait un dortoir, une salle à manger et une cuisine pour les classes supérieures de l’école primaire et aussi construire des maisons pour les enseignants.

Rob écrit le 20 janvier 1962 : “La tâche la plus importante pendant la période de la lutte pour l’indépendance était la formation de leaders, non seulement parmi la soi-disant élite, mais aussi dans les villages pour toutes les communautés chrétiennes”. Il a été élu représentant diocésain au Conseil régional, et était membre de la Commission liturgique diocésaine pendant Vatican II.

En octobre 1964, il a été nommé curé de Likuni où il y avait un hôpital, une imprimerie (chargée de la rédaction du journal « L’Afrique ») et le garage diocésain. En 1966, eut lieu une forte tempête qui a détruit en quelques minutes les toits de 6 salles de classe et des 3 dortoirs de l’école secondaire. Heureusement, les étudiants étaient en vacances, mais beaucoup de matériel scolaire a été perdu.

En mai 1966, Rob devient économe diocésain. Sa première tâche a été de faire le grand ménage du matériel dans les entrepôts du diocèse, car le matériel ne se vendait pas bien (on pouvait se procurer le même matériel dans les magasins commerciaux). Il a aussi amélioré l’administration des projets de financement. Durant la journée il était occupé par toutes sortes de transactions et, le soir après le repas, il faisait la comptabilité parfois jusque tard dans la soirée.

Après avoir suivi quelques cours en 1970, il est devenu l’aumônier du noviciat des Sœurs diocésaines et a pris d’autres engagements avec la congrégation. Son Régional écrit en mars 1973 : « Les Sœurs apprécient sa spiritualité solide ; c’est un confrère doué. »

En février 1976, il travaille à la paroisse de Vubwe en Zambie, pays voisin. Il revient au Malawi en mai 1978 à la paroisse de Ludzi. En mai 1979, il est nommé secrétaire de l’évêque à Lilongwe et fait des remplacements dans quelques paroisses, entre autres à Mpherere en 1981. C’était une véritable paroisse rurale, éloignée et montagneuse. Le Régional écrit : « on peut compter sur lui ; c’est un excellent organisateur et un administrateur efficace. » Il réagit parfois fortement parce qu’il n’accepte pas le travail mal fait Rob retourne à Likuni en février 1987. L’hôpital avait maintenant deux médecins et un dentiste ; l’imprimerie était dirigée par un personnel totalement malawien comptant 70 personnes. Il y avait aussi un centre pour l’étude de la langue et de la culture. Le travail pastoral a à la fois un caractère urbain et rural. Chaque jour des confrères passaient à la paroisse à cause du garage et plusieurs y passaient la nuit. C’était agréable, mais parfois lourd, à cause du travail pastoral important.

Rob s’installe à Kanengo en janvier 1991 pour travailler à temps partiel en paroisse. Il faisait la comptabilité deux jours par semaine pour les Pères Blancs de la région. Chaque mois il avait des réunions avec l’administration de l’imprimerie et le comité financier diocésain. Il fait ce commentaire en 1993 : « cela exige beaucoup de travail à la maison, et beaucoup de patience ». En plus, il donne des conférences le week-end pour aider les Sœurs du Malawi à préparer leur Chapitre auquel il participe lui-même comme conseiller spirituel. A cause de cette charge de travail, en 1993, il déménage de Kanengo à Chezi, où il aide à la paroisse, spécialement pour la visite des succursales le week-end.

En novembre 1996, Rob revient aux Pays-Bas. Il écrit en janvier 1996 : « Je suis reconnaissant et heureux de ce que j’ai pu faire … en faisant confiance avec l’espérance que les gens vont trouver leur façon de faire » et plus loin : « avec la vision qu’ensemble les chrétiens vont construire une communauté autonome dans le respect mutuel et la confiance. »

Il rejoint notre communauté de Vaassen encore en bonne santé ; il y vit au jour le jour en s’adaptant à ce qu’il peut faire. Il met en place un atelier de menuiserie pour l’entretien du matériel. En mai 1998, il devient coordinateur d’une nouvelle communauté à Leidschendam, et, en 2005, déménage à Dongen. Il met ses talents au service de la communauté comme peintre, menuisier et bricoleur. Si quelqu’un a besoin d’un tableau ou d’une étagère, il le reçoit. Il construit une cage d’oiseaux sous la forme d’un temple grec ; elle est visitée chaque jour.

Le 14 janvier 2015, il déménage à Heythuysen. Rob aimait la lecture et la musique, et appréciait un cigare. Il a développé graduellement des problèmes de santé qui se sont devenus plus sérieux au début de 2017. II a dû être hospitalisé le 27 mai et décède le 31 du même mois.

Voici la caractéristique de Jésus que Rob a vécue tout au long de sa vie : « D’où cela lui vient-il ? Et quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? N’est-ce pas le charpentier ? » (Mc 6,2-3)

Avec ses parents et amis, nous l’avons enterré dans notre cimetière à St. Charles le 7 juin 2017.

Marien van den Eijnden, M.Afr.

Jan Knoops 1931 – 2017 (PE n° 1084)

Jan est né le 20 octobre 1931 à Opglabbeek dans la province du Limbourg belge. Il fit les humanités gréco-latines au Petit séminaire de Saint-Trond. En septembre 1951 il entre chez les Pères Blancs à Boechout. Son frère Piet travaillait déjà depuis 1947 comme Père Blanc au Congo. Suivent alors le noviciat à Varsenare et les études de théologie à Heverlee. Le 6 juillet 1957 il y prononce son serment missionnaire et à Pâques, le 6 avril 1958, il est ordonné prêtre par Mgr. Daubechies. Professeurs et responsables soulignent son tempérament fort timide ; il est peu communicatif. C’est un homme surnaturel, réfléchi, calme et toujours de bonne humeur. En communauté il est délicat et sensible. Jan rayonne une joie tranquille. Ce n’est pas un grand intellectuel, mais un travailleur tenace. Comme nomination, il demande et obtient le Congo, sur les traces de son frère.

Le 15 avril 1959, Jan s’envole pour Bukavu et rejoint Kabare. Son frère Piet, son aîné d’une dizaine d’années, travaille dans le même diocèse. Jan se sentait petit à côté de son frère, qu’il admirait beaucoup. Les nominations se suivent : en 1961 Katana, retour à Kabare et de nouveau à Katana (Fomulac), cette fois-ci pour des raisons de santé (fièvre et maux de tête inexplicables). Jan est surtout apprécié pour son travail de formation auprès des catéchistes. Après son premier congé en Belgique, Jan retourne à Kabare. En septembre 1967, à l’époque de la rébellion des mulélistes, il séjourne une année à Mweso dans le diocèse de Goma. De retour dans le diocèse de Bukavu, il devient vicaire à Bagira. En 1970, il participe à la grande retraite à Villa Cavaletti. A son retour, il est nommé à Ciherano, ensuite à Murhesa. Entretemps tous avaient constaté que Jan était incontestablement doué d’un savoir-faire pratique fort développé. Dès lors on lui confiait volontiers l’économat de la communauté. En beaucoup d’endroits, il réparait les bâtiments, aménageait un jardin potager. Dans les champs de la paroisse il essayait de nouvelles cultures. C’est ainsi qu’il introduisit la culture du soja et la propagea avec succès dans la population.

Après la session/retraite à Jérusalem en 1983, Jan fait partie de l’équipe des fondateurs de la paroisse de Mubumbano. Il y travaillera pendant une dizaine d’années et se révélera un constructeur et entrepreneur hors pair. Il y construit tout : la cure, les écoles, le dispensaire. De partout on vient admirer son chef-d’œuvre : l’église paroissiale de Mubumbano. Peu à peu il est devenu le grand constructeur du diocèse : maisons d’habitation, églises et succursales, des écoles entières…

Sa réputation dépasse aussi les frontières du diocèse. En 1998 et 1999, nous le trouvons dans le diocèse de Kalemie au service des paroisses Christ-Roi et Lubuye. De retour, on fait appel à lui pour la modernisation de Burhiba.

Jan savait que rien n’est aussi important pour le développement et la santé de la population que l’eau potable. Sa créativité et son habileté technique lui ont permis de faire des merveilles dans ce domaine : il réalisait des adductions d’eau dans de grands centres et amenait ainsi l’eau des sources près des habitations.

Voici un autre point qui mérite une attention spéciale. Jan s’est dévoué beaucoup pour les soeurs ‘Filles de la Résurrection’, congrégation que soeur Hadewijch des Sœurs du Saint Sépucre de Turnhout avait fondée en collaboration avec le père Werenfried van Straaten d’Eglise en Détresse. Piet Knoops, son frère, avait été depuis la fondation leur premier aumônier et fut considéré comme leur vrai ‘père spirituel’. Jan, lui, a construit plusieurs couvents pour cette jeune congrégation en pleine expansion et a continué à entretenir ou agrandir leurs maisons. Les dernières années de sa vie en Afrique, Jan les a aidées dans leurs récentes fondations dans le diocèse de Kindu, confié à notre confrère, Mgr. Willy Ngumbi. Jan avait mis au point un système de puits, avec treuil et tout, réalisé exclusivement avec des matériaux locaux. De la haute voltige technique !

Le 28 novembre 2015 Jan est terrassé par un infarctus ; il est à moitié paralysé. Le rapatriement s’impose. A l’avis des responsables de la PAC (Province d’Afrique Centrale) son départ sera définitif. Tout le monde savait que Jan avait toujours rêvé de mourir en Afrique et d’être enterré à côté de son frère. Il trouvait extrêmement pénible de ne plus pouvoir réaliser quelques puits promis aux soeurs… En février 2016, il s’installe dans notre communauté de Munsterbilzen. Il est bien entouré par sa famille et ses confrères, mais son état de santé se dégrade petit à petit. Le 21 mars 2017, dans la matinée, il s’éteint paisiblement. Un serviteur fidèle a achevé son service et rejoint la maison du Père. Qu’il repose en paix !

La liturgie de la résurrection eut lieu le samedi 25 mars dans son village d’Opglabbeek, en présence d’une foule nombreuse et de quelques dizaines de confrères concélébrants. Jan fut enterré à notre cimetière de Varsenare.

Jef Vleugels, M.Afr.

Jan Dekkers 1934 – 2017 (PE n° 1084)

Jan est né à Eindhoven le 10 novembre1934. Il a suivi notre formation à Sterksel, St Charles près de Boxtel, à Alexandria-Bay aux Etats-Unis et à Ottawa au Canada où il fit son serment missionnaire le 20 juin 1959, puis à Totteridge en Angleterre. Il fut ordonné à Tilburg le 2 février 1960.

Son jugement était bon et pratique ; il était d’une disposition agréable. Gros et solide travailleur, précis et digne de confiance, préférant rester en retrait, toujours prêt à rendre service. Quand des choses inattendues se produisaient, il pouvait devenir agité et un peu nerveux ; il pouvait alors donner l’impression de n’être pas sûr de lui-même.

En juin 1960, il se rend à Rome pour l’étude de la théologie dogmatique ; il y obtient une licence en juin 1962. Le 19 février 1963 il part pour la Tanzanie, à la paroisse de Kibara, qui à ce moment-là appartenait au diocèse de Mwanza ; c’est là qu’il y apprend la langue et la culture et fait son expérience pastorale. En septembre 1964, il s’installe au Grand séminaire de Kipalapala pour y enseigner la théologie dogmatique. Il y avait 130 étudiants avec un corps professoral de 9 PB de différentes nationalités et un prêtre diocésain tanzanien. En 1967, le gouvernement met l’agriculture au programme scolaire national ; plusieurs séminaristes se mettent à cultiver une parcelle de terre ou à élever des poulets. Cette année-là, 4 prêtres diocésains tanzaniens se joignent au corps des enseignants, dont le recteur, et quelques prêtres provenant de diverses congrégations. Moins de PB étaient donc nécessaires et Jan pouvait retourner au travail en paroisse.

En janvier 1968, il revient au diocèse de Mwanza, paroisse de Nansio. Il écrit : «C’est un grand changement de la vie tranquille et bien réglée ds séminaire à la vie pleine de diversité et d’événements inattendus en paroisse». En avril 1971, il va à Kibara, là où il avait commencé en 1963. Une grande paroisse : pour visiter les 17 églises de village il couvrait régulièrement 300 km par semaine en moto. Il y avait 22 écoles primaires où des hommes et des femmes de l’endroit enseignaient la religion.

En novembre 1973, un orage du soir arrache le toit de l’église paroissiale construite à peine 5 ans auparavant, l’emportant à 25 mètres plus loin. La sacristie étant plus basse fut épargnée et tout son contenu fut sauvé. Sur une bande de 18 km beaucoup de maisons perdirent leurs toits. Le matin suivant, de nombreux paroissiens vinrent aider à remettre en place les 9 chevrons. Un problème supplémentaire fut que, depuis une demie année déjà, il n’y avait pas de tôles ondulées, ni de ciment, disponibles.

En 1976, il part à Buhingo comme curé. C’est là qu’il commence à s’occuper plus spécialement de la vie des catéchistes en charge des églises de village. Le 3 février 1984 il déménage à Magu. A ce moment-là, il est élu par les confrères de son diocèse comme leur représentant au Conseil Provincial des PB pour toute la Tanzanie.

Le 26 novembre 1992 lui et deux confrères sont nommés pour mettre en place la nouvelle paroisse de Bukoli dans le diocèse de Geita. Avant de s’installer il fait la visite de toutes les paroisses du diocèse. Les paroissiens de Bukoli étaient heureux de les recevoir et Jan s’y plût. Il écrit le 6 août 1993 : «Nous avions une bonne maison de communauté ; pour moi, c’est la première fois en 30 ans que je vis et travaille avec des confrères plus jeunes que moi.»

On recherchait de l’or sur une grande étendue de la paroisse. Comme cela attirait beaucoup de gens d’autres régions, les paroissiens étaient de différents groupes ethniques. Une autre conséquence surprenante fut que les prêtres trouvaient régulièrement des pépites d’or à la quête ! Le 17 février 1995 il écrit sans d’autres détails : «Notre nouvelle paroisse fait des progrès ; la fraternité grandit.»

Le 10 novembre 1999, juste au moment de ses 65 ans, il reçoit une nouvelle fonction : directeur du Centre de Formation des Catéchistes à Bukumbi, dans le diocèse de Mwanza. Endroit historique des PB, Bukumbi est, en Tanzanie, la première paroisse, érigée en 1883, couvrant alors aussi tout le territoire du Burundi ! Dans sa petite église au toit couvert d’herbe, 3 évêques furent ordonnés. Jan y trouve un hôpital avec 190 lits et 3 médecins, une école d’infirmières et de sages-femmes, une école secondaire pour filles. Le Centre de Formation des Catéchistes débute en 1957. Le cours dure 11 mois ; en 1999 il commence avec 24 familles et 8 Sœurs de 6 diocèses différents. On y enseigne la Bible, l’histoire de l’Eglise, le Swahili, la liturgie, le travail pastoral et la sociologie, et pour les mamans, un enseignement religieux, la cuisine, l’hygiène, la couture, le tricotage et le soin des enfants. Quand c’était possible, chaque famille recevait une machine à coudre d’occasion qu’elle pouvait emmener à la maison. Chaque famille avait sa maison avec un jardin et un champ pour la culture du maïs et du riz. Comme enseignants, il y avait 7 hommes et femmes, l’une d’elles s’occupant du jardin d’enfants. Chaque année il y avait naissance d’enfants : 11 en 2011. Au presbytère, en plus de Jan, résidaient deux confrères pour la paroisse et un autre qui, avec l’aide des gens du pays, traduisait et synchronisait des vidéocassettes en Swahili. Celles-ci pouvaient être achetées dans les paroisses.

A propos de son travail, Jan écrit le 16 novembre 2008 : «Je pense que c’est un travail important : nous avons de plus en plus besoin de bons catéchistes car leur travail est encore le plus indispensable pour l’Eglise. Le fait qu’ils viennent avec femmes et enfants pour une formation familiale est un atout majeur. Voir le progrès qu’ils font est un plaisir.» Après son jubilé d’or, le 25 juin 2009, il écrit : «je vais de l’avant en étant un PB heureux.» En juillet 2010, du 23 au 25, ils avaient au Centre 120 catéchistes du diocèse de Mwanza pour étude et prière. Les loger et les nourrir demandait toute une organisation.

Le 3 septembre 2012 Jan remet sa fonction à un prêtre diocésain pour devenir assistant à la paroisse de Bukumbi. Il rentre pour de bon en Hollande le 7 juillet 2013. En faisant ses adieux il dit au provincial, Charles Obanya : «J’ai trouvé accomplissement et joie dans mes diverses nominations et travaux au cours des nombreuses années passées en Tanzanie. Je pars avec un sentiment de satisfaction». Le provincial le remercie alors pour tant d’heures de service dévoué et son sens de l’humour.

Il réside alors à Heythuysen où se manifestent les symptômes d’une maladie plus particulière aux personnes âgées. En 2014 il commence à avoir besoin de soins spéciaux. Il meurt paisiblement dans sa chambre le 29 juin 2017.

Voici la caractéristique de Jésus que Jan a illustrée dans sa vie : «Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.» (Lc 6, 36). En présence de parents et amis nous l’avons enseveli dans notre cimetière de St Charles le 5 juillet 2017.

Marien van den Eijnden, M.Afr.