Missionnaires d’Afrique fondent le village de Karema avec cinq cents esclaves rachetés

Karema, Première Mission

Le 17 août 2023, l’évêque Eusebius Nzigilwa du diocèse de Mpanda, dans l’ouest de la Tanzanie, a invité les Missionnaires d’Afrique à assister à une célébration dans la paroisse de Karema. L’évêque souhaitait reconsacrer l’église récemment rénovée. En outre, il souhaitait inhumer la dépouille d’un prédécesseur, Mgr Adolphe Lechaptois, devant l’autel. Des évêques des diocèses suffragants de Tabora, dont le cardinal Protase Rugambwa, coadjuteur de l’archidiocèse de Tabora, récemment nommé, étaient également présents.

Karema fut une station militaire belge fondée par le capitaine Emile Storms. En 1884, lorsqu’il est retourné en Europe, le capitaine Storms l’a ensuite cédée aux Missionnaires d’Afrique arrivés pour évangéliser le vicariat du Tanganyika. Les Missionnaires d’Afrique fondent le village de Karema avec cinq cents esclaves rachetés. L’ancien zouave du pape, Léopold Joubert, s’y rend en 1886 pour offrir sa protection. Le docteur Adrian Atiman y arrive en 1889 et reste comme médecin et catéchiste jusqu’à sa mort en 1956. On peut encore voir sa petite maison près de l’église de Karema.

Mgr Lechaptois n’était pas le premier évêque. Jean-Baptiste Charbonnier, ordonné évêque à Kipalapala, Tabora, le 24 août 1887 par l’archevêque Livinhac (le premier évêque à être ordonné au sud du Sahara), fut le premier vicaire du Tanganyika. Mgr Charbonnier est décédé à Karema le 16 mars 1888. Mgr Léonce Bridoux, qui avait été ordonné évêque par Lavigerie à Paris en 1888, lui succède. Mgr Bridoux meurt en 1890.

Adolphe Lechaptois est nommé successeur de Mgr Bridoux. Après son ordination sacerdotale en 1878, il passe les dix années suivantes en Afrique du Nord, où il enseigne dans des séminaires et participe à la promotion de villages chrétiens. Il atteint Karema en 1891, à une époque de grande insécurité, et y reste en tant qu’évêque jusqu’à sa mort en 1917. Il visite et établit des missions dans les actuels Sumbawanga et Mbeya, ainsi que sur la rive occidentale du lac Tanganyika, avant que le vicariat apostolique du Haut-Congo ne soit établi avec Mgr Roelens en 1892. Adolphe Lechaptois participe au Chapitre général des Missionnaires d’Afrique en 1895 et ne fut ordonné évêque que le 20 mai 1895 par l’archevêque Prosper Dusserre. Il retourne à Karema en 1895 avec la première communauté de Sœurs Missionaires de Notre Dame d’Afrique (SMNDA) qui s’installe à Karema. Leur maison d’origine est toujours là, aujourd’hui occupée par les sœurs de Sumbawanga.

Aylward Shorter a écrit une biographie d’Adolphe Lechaptois, courte mais détaillée ; il l’a décrit comme “un homme d’un grand zèle, d’une bonté inhérente et d’une grande simplicité, qui visitait chaque succursale annuellement”. Lechaptois a créé des centres de formation de catéchistes et le premier séminaire à Utinta, à proximité de Karema sur le lac. Il s’intéresse également à la culture des populations et écrit “Aux Rives du Tanganyika” en 1913 ; ce livre témoigne de son appréciation des habitants de la région. Il reçut pour cela un prix de la Société de Géographie de Paris.

Mgr Lechaptois a fondé la première congrégation de sœurs en Tanzanie, les Sœurs de Notre-Dame Reine d’Afrique, en 1903. Les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique (SMNDA) sont devenues leurs mentors et formatrices. Lorsque sa dépouille a été déposée devant l’autel, de nombreuses sœurs étaient présentes et chantaient dans l’église.

Mgr Lechaptois est décédé le 30 novembre 1917 ; il a été remplacé par Mgr Joseph Birreaux, qui avait été recteur du séminaire d’Utinta et qui est devenu plus tard Supérieur général. En 1946, Mgr James Holmes-Siedle est devenu évêque de Karema, connu auparavant sous le nom de Vicariat du Tanganyika. En 1958, il a été rebaptisé diocèse de Sumbawanga avec le transfert du siège à Sumbawanga, sous la direction de l’évêque tanzanien Charles Msakila.

Par: John Slinger, M.Afr.

Roma Cura Roma : Les petites actions font la différence

Le 11 mai 2024, l’autorité municipale de Rome a organisé un nettoyage de la ville. Roma Cura Roma est un événement important de la ville dédié à l’entretien collectif des rues, des places, des parcs et des espaces verts. Parmi les nombreux volontaires qui ont participé à l’événement figuraient les Missionnaires d’Afrique résidant à la Maison généralice. Ils ont travaillé avec d’autres membres du groupe des pèlerins de la Via Aurelia, en particulier les Sœurs Maristes et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (SMNDA).

De 9 h à 12 h, nous nous sommes rassemblés devant notre Maison généralice, avons mis ensemble les outils nécessaires et nous nous sommes dirigés vers les zones de travail indiquées. La zone choisie était le chemin qui mène à la station de métro Valle Aurelia (Via Pietro Ciriaci). Les escaliers devant la  Via Agostino Richelmy qui descendent sur la Via Anastasio II en direction de la poste, faisaient également partie de notre initiative (cf. https://www.romacura.roma.it/partecipanti/missionari-dafrica-padri-bianchi-via-aurelia-pilgrims/).

Le travail a pris plus de deux heures pour nettoyer la rue menant à la station de métro Valle Aurelia et celle qui va au bureau de poste. Notre initiative consistait à couper la végétation qui avait poussé pendant le printemps, ramasser les ordures, balayer le trottoir, déboucher les égouts, etc. Nous avons finalement collecté des sacs remplis de plastiques, de bouteilles de verre, de plantes, de feuilles sèches, etc. Tout ce qui était compostable a été apporté au compost dans notre jardin.

Les passants ont souvent été surpris de nous voir travailler. Cette fois, l’un d’entre eux a donné un bonus de 5 € pour acheter de l’eau à boire, car travailler au soleil peut être déshydratant. Les organisateurs de Roma Cura Roma sont toujours reconnaissants de notre générosité et du travail accompli. Des râteaux, des balais en plastique, des sacs en plastique et d’autres outils pour le travail ont été donnés et collectés à la Piazza Sempione, Rome.

 « Les petites actions font la différence », argumente une bénévole qui a participé à notre événement. Notre initiative est une réponse à l’appel du pape François à prendre soin de notre maison commune. Sa Lettre encyclique Laudato Si’ et son Exhortation apostolique Laudate Deum appellent à une conversion écologique radicale. Une métanoïa écologique implique d’écouter la clameur des vulnérables et de la terre. Comment ? En faisant des choses simples comme nettoyer certaines rues du quartier, réduire les déchets, suivre le nombre d’heures passées sur les dispositifs pour économiser l’énergie, planter plus d’arbres locaux et fruitiers, etc., dans l’espoir que de telles actions déclenchent une transformation personnelle et communautaire de mentalité.

Il convient de rappeler que l’année dernière, à peu près à la même époque, les Missionnaires d’Afrique avaient pris une initiative similaire. Comme indiqué précédemment, Roma Cura Roma (« Rome prend soin de Rome ») est une journée dédiée à l’entretien bénévole des rues, des places, des parcs et des espaces verts de la ville. elon ROMA, en cette 3ème édition du samedi 11 mai 2024, plus de 300 initiatives ont été enregistrées, rassemblant 16.000 participants.

Par: Prosper Harelimana, M. Afr.