Célébration du 150è à Ottawa (AMS)

Les Missionnaires d’Afrique, frères, sœurs et pères, étaient les hôtes de la cathédrale catholique d’Ottawa les 11 et 12 mai dernier pour célébrer leur 150e anniversaire de fondation. En effet, le Cardinal Lavigerie a fondé la Société des Missionnaires d’Afrique en 1868 et la Congrégation des Sœurs Missionnaires Notre-Dame d’Afrique en 1869.

« Ils sont partis, sans connaître ce qui les attendait, ils ont signé un chèque en blanc et ils l’ont fait avec leur cœur et pour la vie. Forts de la parole du Christ : « Je suis avec vous tous les jours… » Ils ont fait confiance! Et ils n’ont pas été déçus. » Ces paroles prononcées par Sœur Jacqueline Picard ont retenti dans l’enceinte de la cathédrale dès le début de la célébration eucharistique. « Nous disons aussi MERCI à l’Afrique qui nous a beaucoup apporté, qui nous a enrichis de ses valeurs humaines incroyables. L’Afrique nous a aimés et transformés, a-t-elle ajouté. »

La raison principale du témoignage des missionnaires était de remercier l’Église d’Ottawa, les chrétiens et les autorités ecclésiastiques, « pour leur support matériel et spirituel pendant toutes ces années. Nous les missionnaires nous avons la joie de réaliser notre rêve en partant, mais pour les parents, c’est un sacrifice qu’ils referont à chaque fois que nous repartirons après un congé », d’ajouter sœur Jacqueline.

Voici ce qu’écrivait le Cardinal Lavigerie aux premières religieuses : « malgré le zèle des missionnaires (hommes), leurs efforts ne produiront jamais des fruits suffisants s’ils ne sont aidés par des femmes-apôtres auprès des femmes. Les femmes doivent être les plus puissantes missionnaires du peuple africain. »

Les pères Serge St-Arneault et Gilles Barrette ont animé les liturgies tout en appréciant la décoration appropriée dont une bannière illustrant les différents pays où les missionnaires œuvrent en Afrique. La mission se poursuit grâce à la venue de jeunes filles et garçons, principalement africains, qui poursuivent leur formation en vue de suivre les traces de leurs prédécesseurs, toutes et tous engagés pour témoigner de leur foi au nom de Jésus-Christ.

Un grand merci à l’Archevêque du diocèse d’Ottawa Mgr Terrence Prendergast, s.j. pour son hospitalité.

Notons la présence remarqué du père Walter Vogels, M.Afr de passage à Ottawa. Le père Vogels a enseigné au-delà d’une quarantaine d’années dans les universités d’Ottawa. Il réside maintenant en Belgique.

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Célébrations romaines 150° – SYMPOSIUM

A l’instar de toutes les provinces de la Société, Rome a célébré son événement principal, s’il en faut, à l’occasion du 150° anniversaire de la fondation de la Famille Lavigerie, à savoir les Pères Blancs, Missionnaires d’Afrique, fondés en 1868, et les Sœurs Blanches, Missionnaires de Notre Dame d’Afrique en 1869.

Le Symposium était planifié de longue date pour être en phase avec la conférence internationale des Supérieures majeures (UISG) afin de favoriser la participation des supérieures générales des 21 congrégations féminines africaines fondées la plupart du temps par un confrère (évêque) Père Blanc mais surtout « accompagnées » par les Sœurs Blanches.  La réussite de ce symposium n’aurait pas été aussi spectaculaire sans leur présence extrêmement dynamisante.

Si la préparation des célébrations du 150° anniversaire de nos fondations ont rapproché nos deux congrégation / société, ce symposium en a confirmé la complémentarité, présente déjà dans la vision d’évangélisation de l’Afrique sub-saharienne de notre fondateur le Cardinal Charles Martial Lavigerie : l’Afrique ne sera pas évangélisée sans la présence de femmes apôtres qui accompagneront les femmes et les familles africaines à connaître, à aimer et à suivre Jésus.

Le but essentiel de ce symposium était la visibilité de la famille Lavigerie dans le dédale des congrégations présentes à Rome. Le public invité était essentiellement composé de religieux et religieuses présents à Rome, qui nous côtoient régulièrement, sans nécessairement nous connaître dans notre charisme spécifique. Le thème en était :  « La signification (signifiance) de 150 ans de Mission en Afrique pour la Mission Universelle de l’Église ». Si la date retenue favorisait la participation des congrégations féminines africaines, elle était moins favorable à la présence de nombreux membres de conseils généraux en visite dans leurs congrégations en ce moment de l’année. L’auditoire de 210 places de l’Université Urbaniana, que nous avions loué pour l’occasion, était néanmoins presque plein.

La conférence a commencé par l’intervention des deux intervenants principaux. Notre confrère, Monseigneur Michael Fitzgerald a parlé de manière non-exhaustive de la « Contribution de nos deux instituts à l’œuvre missionnaire de l’Église Universelle », notant dans sa conclusion que, dès le début de nos fondations, la rencontre – initialement avec l’Islam, puis avec tous les africains et africaines et toutes les réalités religieuses – a toujours été essentielle dans notre charisme, ainsi que la lutte pour la Justice et la Paix pour et avec les personnes au service desquelles nous travaillons. Vous trouverez le lien vers le texte de son intervention au bas de cette page.

Sœur Carmen Sammut, supérieure générale des Sœurs Blanches, a quant à elle présenté les caractéristiques essentielles qui font des Sœurs Blanches des Missionnaires spécialement envers les femmes et pour l’Afrique, des initiatrices qui permettront aux africaines elles-mêmes de continuer l’œuvre d’évangélisation de l’Afrique. Elle a ensuite dressé le portrait de 7 femmes, missionnaires de ND d’Afrique, toutes des modèles de femmes apôtres au service de l’Église universelle. Le lien vers le texte de son intervention se trouve au bas de la page.

Après une pause de 30 minutes, trois conférenciers ont pris part à une table ronde avec interactions du public après les interventions. Par le récit de quelques rencontres faites récemment avec des gens très simples dans son diocèse, Monseigneur Richard Baawobr, M.Afr., a parlé de l’urgence de partager la personne, le style de vie et le message de Jésus dans la rencontre. C’est dans la Parole de Dieu, partagée au sein de communautés chrétiennes à tailles humaines, que s’enracinent nos efforts d’évangélisation. Le lien vers le texte de l’intervention de Mgr Richard est disponible au bas de cette page.

Dans une intervention très théologique, Don Antoine de Padou Pooda, un prêtre du diocèse de Gadoua, au Burkina Faso, enseignant la missiologie à l’Urbaniana et se déclarant lui-même héritier des Pères Blancs, nous a alors parlé de l’héritage et de la fécondité spirituelle de la « Famille Lavigerie » en Afrique.  Le lien vers le texte de l’intervention de Don Antoine de Padou est disponible au bas de cette page.

Sœur Lea Belemsaga, supérieure générale des Sœurs de l’Annonciation de Bobo Dioulasso a terminé les présentations de la Table Ronde en présentant un Power Point sur trois des 21 congrégations fondées et/ou formées par la Famille Lavigerie. Le Power point de Soeur Lea peut être téléchargé ici et le lien du texte du Power Point (en 3 langues) est disponible au bas de cette page.

Les participants au Symposium se sont alors retrouvés pour partager, dans un esprit de convivialité, le repas du soir autour d’un excellent buffet avant de revenir dans l’auditoire pour la dernière partie du Symposium, un concert donné par un artiste togolais venu avec sa famille de Milan, au Nord de l’Italie. Au bas de la page, vous pouvez visionner une compilation de ce concert.

Le Symposium a été modéré avec beaucoup de talent par notre Confrère, Diego Sarriò qui a résumé l’événement en citant Don Antoine Padou Pooda : « La famille Lavigerie, de par son caractère international et interculturel, prolonge la Pentecôte en tant que Cénacle où le Règne de justice et de paix est déjà en acte. » C’est alors le Père Stan Lubungo, supérieur général des Pères Blancs, qui a clôturé le Symposium peu après 20h30.

Philippe Docq, M.Afr.

Intervention de Mgr. Michael Fitzgerald

Intervention de Sœur Carmen Sammut

Intervention de Mgr. Richard Baawobr

Intervention de Don Antoine Padou Pooda

Intervention de Soeur Lea Belemsaga

La Maison Rostan, premier noviciat des Pères Blancs

Voici un extrait de l’histoire des Pères Blancs,
par Lucien Duchêne – 
1868-1893. vol.2

Le premier Noviciat à la Maison Rostan

« L’Echo de N-Dame d’Afrique » disait le 20 Septembre 1868: « Pour réaliser les vues du St. Père, Mgr l’Archevêque d’Alger va fonder un Séminaire spécial de missionnaires qui, à l’imitation de ce que font les missionnaires français en Chine, s’initieront au genre de vie des Arabes et des autres peuples de l’Afrique et iront ainsi s’établir de proche en proche dans le désert qui s’étend depuis le Sud de l’Algérie jusqu’au Sénégal d’une part, et dans le pays de l’or et des Nègres de l’autre. Ces missionnaires formeront de véritables stations apostoliques qui s’efforceront de communiquer les unes avec les autres. Ce seront là les véritables pionniers de la civilisation européenne, formant des postes avancés entre nos deux colonies africaines de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique. »

La Maison Rostan, sur les collines d’ El Biar, à Alger

Ce que cette note appelle un Séminaire de missionnaires était comme Mgr Lavigerie le confesse « une pauvre maison de louage, située sur les hauteurs d’El Biar » qui dominent Alger vers le Sud. Cette villa mauresque, cachée derrière des bouquets de lentisques, à quelques minutes de l’Orphelinat de Ben-Aknoun, et qui fut l’humble berceau de notre Société, se nommait: La Maison Rostan. Les orphelines arabes qui l’habitaient depuis le 13 Avril, venaient de la quitter pour aller, sous la direction des Sœurs de St. Charles de Nancy, s’établir à Kouba. Ce fut le 19 Octobre 1868 que s’ouvrit le premier Noviciat.

La cour intérieure de la Maison Rostan

L’Archevêque s’était adressé à la Compagnie de Jésus pour avoir un maître des Novices. On lui donna le R.P. Vincent, qui précédemment avait été adjoint au P. Ducat à l’Orphelinat arabe de Ben-Aknoun. Mgr Lavigerie lui traça sa ligne de conduite, comme le Père Maître nous l’apprend lui-même dans une lettre; « Lorsque je suis allé (le 17 Oct.) prendre les ordres de Mgr avant de monter ici, et lui demander sa bénédiction pour commencer l’Œuvre: « Allez, mon Père, m’a-t-il dit, que la bénédiction de Dieu soit avec vous; formez des apôtres et suivez exactement la direction du Noviciat de la Compagnie, avec cette seule différence que vous donnerez plus de temps aux études. Des saints, je veux des saints: jetez-les bien dans le moule de St. Ignace et qu’ils soient entre vos mains comme un corps mort qui se laisse porter de tous côtés et manier de la façon que l’on veut ou bien comme le bâton qui est dans la main d’un vieillard pour lui servir en quelque lieu et pour quelque chose que ce soit ». Et ces paroles de la Règle, il nous les a répétées avec insistance, le jour où je suis allé avec la Communauté lui présenter nos vœux pour sa fête »

Le Père Vincent SJ, premier Maître des novices

Vers la fin d’Octobre Mgr adjoignit au Père Vincent, M. l’abbé Gillet, Sulpicien, venu en Algérie demander au climat africain le rétablissement de sa santé. Il fut chargé de l’enseignement de la théologie. Les Novices étaient au nombre de 7. MM. Finateu, Barbier et Pux, les trois anciens de Kouba; puis l’abbé Blanchard jeune abbé venait de Douaouda; enfin M. Dubut curé de Saoula et deux jeunes gens de sa paroisse Tassy et Bénéjean. Le 20 du même mois se présenta également au noviciat, mais pour être Frère Coadjuteur, un nomme Victor Cordier, dont nous aurons a reparler plus au long dans la suite de cette histoire. Outre le Noviciat proprement dit, il y avait encore à la Maison Rostan un jeune nègre nommé Luigi. Il venait des missions de Mgr Comboni, avait été élevé à Vérone en Italie et obtenu son diplôme d’instituteur. Il fut chargé d’apprendre aux novices l’arabe de Syrie et de faire avec eux le catéchisme aux orphelins de Ben-Aknoun.

Orphelins présentés au Cardinal Lavigerie

Une pose photo du Cardinal Lavigerie avec un orphelin

Il faut encore citer le cuisinier François Boulac. Ce jeune homme a une histoire. Il naquit à Bab-el-Oued, faubourg d’Alger; puis suivit ses parents à Boufarik. Après la mort de son père, il resta avec sa mère dans le même village. Celle-ci le menaçait souvent, quand sa conduite laissait à désirer, de le placer chez les Jésuites, qui dirigeaient l’Orphelinat du Camp d’Erlon. La pauvre femme mourut à son tour. En revenant du cimetière, M. le Curé de Boufarik touché de compassion, emmena le petit François au presbytère. Attends-moi ici, lui dit-il, je vais voir le P. Supérieur de l’Orphelinat afin de t’y faire admettre. A ce mot d’orphelinat, qui dans son esprit revêtait l’idée d’une prison, l’enfant fut pris de peur et profitant de l’absence du curé s’enfuit. Arrivé le soir à Blida, il entra dans un café maure pour y passer la nuit. Le kaouadji lui donna un peu de nourriture, lui fit laver la vaisselle et l’hébergea gratuitement. Le lendemain, un riche Arabe voyant ce jeune enfant français, lui proposa de l’emmener dans son douar. François ne se fit pas prier et suivit son nouveau maître. Dès lors, il quitta les vêtements européens, s’habilla à l’arabe, reçut ou prit le nom de Si Hassen. Mais un jour, comme on voulait le marier à la musulmane, il refusa et quitta les Arabes. A l’époque de la famine, Boulac, âgé de 23 ans environ, vint trouver Mgr Lavigerie et lui offrit ses services. « Je suis Français, je suis chrétien », lui dit-il. « Je n’ai guère confiance en toi », ne put s’empêcher de lui répondre le Prélat. – « Essayez quand même, Mgr, si je ne fais pas votre affaire, vous aurez toujours la liberté de me mettre à la porte ». François fut accepté et l’on eut tout lieu de s’en féliciter. Il mit beaucoup d’entrain parmi les orphelins de Ben-Aknoun, les faisant chanter, les encourageant de son mieux. Il leur rendit aussi des services pénibles en leur rasant la tête pour la débarrasser de la vermine ou soigner la teigne dont étaient atteints un grand nombre. Quand les novices s’établirent à la Maison Rostan, Mgr Lavigerie l’envoya les rejoindre. Là encore il fut très utile au Père Econome, par la connaissance qu’il avait du dialecte algérien et des usages indigènes.

Orphelinat Ben Arkoum

Enfin il y avait aussi, attachés au service de la maison, 4 orphelins avec qui les Novices devaient parler arabe durant les récréations. Dans le but de faciliter encore à ces derniers l’étude de la langue indigène, l’Archevêque enleva les PP. Jésuites de Ben-Aknoun et confia à ses jeunes missionnaires le ministère spirituel de l’Orphelinat.

Saint Joseph, la Chapelle des Marins, avant la construction de la Basilique Notre-Dame d’Afrique

Sondage d’opinion

Au fil des ans, la suggestion d’initier un processus de béatification du cardinal Lavigerie a été soulevée à plusieurs reprises. A l’occasion de 150e anniversaire de notre fondation, nous vous invitons à faire partie du discernement sur l’opportunité de commencer ce processus.

Nous vous invitons à prier et partager vos pensées sur cette proposition en communauté. Donnez les raisons pour et contre une telle proposition.

Après la prière et la réflexion communautaire, écrivez une raison en faveur de commencer le processus et une raison contre. Veuillez télécharger et remplir ce formulaire.

Missionnaires d’Afrique, veuillez envoyer le formulaire à :   sup.gen@mafrome.org

SMNDA, veuillez envoyer ce formulaire à :
gen.council@msola.org

avant le 30 juin.

Sr. Carmen Sammut, MSOLA
Supérieure Générale

Fr. Stanley Lubungo, M. Afr.
Supérieur Général