Clin d’oeil de Tizi Ouzou

Un clin d'œil de Tizi Ouzou

Bonjour et salutations de Tizi. J’espère que vous vous portez bien. Ici nous allons tous bien.

Juste pour vous donner quelques nouvelles :

Actuellement, nous sommes trois : Benoit, de RDC,  ancien de Notre Dame, Philippe Dakono nouvellement arrivé du Mali juste après son ordination et moi, Vincent, de l’Ouganda. Et la bonne nouvelle, c’est que, globalement, tout va bien.

Nous avons déjà bien démarré l’année académique  le 1er octobre avec les inscriptions et réinscriptions à la bibliothèque et tout va bon train. Nous avons déjà quelques inscrits même si, d’une manière générale les bibliothèques comptent de moins en moins d’adhérents. On s’estime donc heureux.

Et pour satisfaire les demandes de ceux qui ne font pas partis des 5 filières de la bibliothèque – Médecine, Pharmacie, Biologie, Anglais et Tamazight (Dialecte du Berbère) – nous avons désormais structuré les cours de soutien : nous prenons les élèves du primaire à partir de la troisième année, toutes les années du collège et du Lycée, ainsi que les adultes Universitaires ou autres. Nous leur offrons des cours de soutien en anglais et en français. Depuis trois ans, chaque année, nous sommes débordés d’inscriptions : dès  le premier jour avant 8 h du matin, une centaine de candidats attendent car les places sont limitées. Nous ne prenons que 10 élèves par classe. Nous devenons ainsi victimes de notre succès. Depuis trois ans, les places sont saturées, tellement les inscriptions sont nombreuses. L’année passée, tout comme cette année d’ailleurs, aussi alors que les inscriptions devaient normalement  commencer à 8h 30, ils étaient déjà une centaine, même avant 8 h. On ne chaume donc pas vraiment, bien au contraire.

Quant à la paroisse, nous venons d’y lancer le projet pastoral de notre paroisse en mettant sur la able les propositions des paroissiens présents le 12 octobre passé. Ça s’est bien passé et notre projet sera en lien avec les 5 orientations pastorales du diocèse d’Alger issues d’une large consultation lancée par l’archevêque l’année passée : Fraternité, Jeunesse, Catholiques Algériens, Formation et Communication. Nous sommes très optimistes car l’ambiance est beaucoup plus fraternelle et prometteuse cette année.

Pour ce qui est de notre vie de communauté, nous continuons d’accueillir les anciens élèves des Pères Blancs, et beaucoup d’autres qui viennent se confier à nous pour toutes sortes de raisons. Nous faisons de notre mieux pour assurer tous les jours un accueil fraternel.

Voilà quelques nouvelles de Tizi. En espérant vous lire, que Dieu vous bénisse abondamment. Merci pour votre prière et pour le soutien mutuel dans notre Mission.

Bien fraternellement,

Vincent Kyererezi, M.Afr.
Responsable de la communauté et Directeur du Centre de Documentation et de Rencontre, Bibliothèque Le Figuier.

Le destin du croyant – Stan Lubungo

Le destin du croyant

« La montagne de Sion est solide non pas parce qu’elle est stable, mais parce qu’elle est sacrée et chère à Dieu. Je crois que c’est le destin de tout croyant. Nous sommes des êtres chers et Dieu n’abandonne pas les siens. » (Stan L. méditant le Ps. 125)

Blogueur chrétien, Guillaume Nocq a interviewé notre supérieur général, Stan Lubungo, en l’invitant à commenter le psaume qui lui parlait le plus. En cette année jubilaire bénie de Dieu, Stan en a profité pour retourner aux sources de notre Société missionnaire.

Bernard Ugeux, témoignage

Bernard Ugeux, un prêtre au service des femmes victimes de viol en RDC

À Bukavu, en République démocratique du Congo, le Père Bernard Ugeux, des Missionnaires d’Afrique, consacre une partie de son temps à aider les femmes victimes de viol. Témoignage.

« Si vous voulez détruire une société détruisez les femmes, c’est elles qui transmettent les traditions, qui font l’unité de la famille, qui protègent les enfants… » Bernard Ugeux est prêtre, de la communauté des missionnaires d’Afrique, aussi appelés Pères Blancs. Depuis une dizaine d’années, il vit à Bukavu, où il consacre beaucoup de son temps à l’accueil, l’accompagnement et la réintégration des survivantes de conflits dans l’Est de la RDC. Des femmes qui ont souvent été enlevées, violées et mutilées par des bandes armées. Bukavu, c’est aussi là où exerce le Dr Denis Mukwege, ce gynécologue qui soigne les femmes victimes de viol, qui a reçu prix Nobel de la paix, et avec qui Bernard Ugeux est en lien.

LE VIOL, UNE ARME DE GUERRE

Pourquoi il y a des gens qui ont une vie agréable et pourquoi il y en a dont on se dit ce n’est pas possible que des êtres puissent vivre des choses pareilles ? « Il me faut vivre avec ce point d’interrogation », confie Bernard Ugeux. Pour lui le mal, ce n’est même pas de l’ordre du mystère mais de l’ordre de l’énigme. « Il faut laisser Dieu être Dieu, je n’aurai pas la réponse, je vois que Jésus ne donne pas d’explication il donne une réponse : la compassion, l’indignation, l’amour, la justice. »

Lors de conflits, le viol a pour objectif la destruction, c’est une véritable stratégie, on parle même d’arme de guerre. « Après cela les gens sont complètement bouleversés, on détruit le tissu social, la culture, ça touche à la religion, etc. » Ce peut être le fait de milices, on encercle un village pendant la nuit, on viole les femmes devant les enfants et les maris que l’on oblige à assister à la scène. Des filles sont emmenées comme esclaves sexuelles.

COMMENT AIDER LES FEMMES VICTIMES DE VIOL ?

« La première question pour toutes les victimes c’est : est-ce qu’on va me croire ? » Aussi, ce que fait le Père Ugeux c’est de les écouter, et de les écouter « d’une certaine façon qui leur fait entendre que je crois dans ce qu’elles disent ». Ensuite, leur envoyer l’idée que « malgré tout ce qu’elles ressentent de négatif sur elles-mêmes, elles ont toujours de la valeur ». Malgré leur « sentiment de culpabilité, de souillure, d’avoir perdu leur dignité, de ne plus avoir de place dans la société ». Certaines sont d’ailleurs rejetées par leur famille ou leur mari. 

Le Père Ugeux n’est pas médecin ni psychologue. Mais il connaît bien l’Afrique et a une longue expérience de l’accompagnement spirituel. Ce qu’il constate, c’est que les femmes qui viennent le trouver « cherchent moins à être plaintes ou consolées qu’à retrouver une place dans la société ». Le centre Nyota dont il s’occupe, accueille 250 jeunes filles en journée. Pendant trois ans elles apprennent un métier. Et peu à peu, « on les voit retrouver leur autonomie et leur joie de vivre, leurs raisons d’exister ». Et ce grâce au réseau d’amis des Pères Blancs, qui envoient de l’argent et sans lesquels il ne pourrait « rien faire ».

COMMENT CROIRE EN DIEU APRÈS ÇA ?

Depuis ses 11 ans, Bernard Ugeux a « l’Afrique au cœur » : depuis qu’un évêque congolais est venu témoigner dans le collège jésuite où il étudiait. « Quand j’ai eu le bac j’ai hésité entre médecin et prêtre, pour finir je me suis tourné vers les Pères Blancs et la dimension médicale m’a toujours accompagné. » Son combat ressemble à celui de Jacob, dans la Bible, un combat face au mystère du mal, face à lui-même. Il dit : « ​La foi, à certains moments c’est une décision. »

Ce qui lui permet de tenir ? La prière, chaque matin il consacre 45 minutes à l’adoration du Saint Sacrement. Le soir il dit à Dieu : « Le Sauveur c’est toi c’est pas moi. » Ce qui l’aide aussi, c’est de vivre en communauté avec six autres Pères Blancs. Et de voir « des gens qui ressuscitent ». Par exemple lors de la fête de la femme le 8 mars qui est « très importante au centre », lors du traditionnel défilé de mode, « il faut voir ces filles qui défilent avec une fierté, c’est ça qui permet de tenir le coup ». Impressionné par « la capacité de résilience » des femmes en Afrique, il garde tout de même « au fond cette colère de voir comment les gouvernements fonctionnent et les autorités abusent ».

Les fauteuils roulants du Fr. Trévor Robinson

Un frère Missionnaire fabrique
des fauteuils roulants à 3 roues
pour les handicapés au Ghana

Voici un court article publié par ZENIT le 15 juillet, présentant le travail de notre confrère Trevor Robinson au Ghana.

Un peu d’espoir pour ‘les derniers parmi les derniers’

A Tamale, une ville ghanéenne de plus de trois cent mille habitants, on voit dans les rues beaucoup de garçons et d’ adultes handicapés. A cause de leur handicap, ces personnes ne peuvent rester que près de leur domicile. Le reste du monde n’existe pas pour eux et, surtout, ils vivent dans des conditions dégradantes. En observant ces « derniers parmi les derniers », marginalisés, vulnérables et sans aucune aide, le Frère Trévor Robinson, missionnaire anglais des Pères Blancs (la Société des Missionnaires d’Afrique), a eu le désir évangélique de consacrer temps et énergie à améliorer leurs conditions de vie.

C’est pour cette raison qu’il a décidé de fabriquer lui-même de simples fauteuils roulants à trois roues pour les personnes handicapées, rapporte l’Agence de Nouvelles Fides. En explorant les possibilités de remédier à cette situation, le Frère Trévor a conçu un fauteuil roulant à 3 roues qui permette à la personne de s’asseoir dans un fauteuil roulant et de pédaler avec ses mains, lui permettant ainsi de se déplacer plus facilement. Du projet au premier prototype, la démarche a été courte et, grâce à l’aide de bénévoles et de donateurs, le Frère Robinson a très vite commencé ue travail de récupération de matériaux utiles, tels que des morceaux de vieilles bicyclettes donnés par des amis ou des connaissances.

« Quand j’ai commencé, j’ai pensé à faire de la fabrication de ces tricycles une opportunité pour les enfants des rues. J’ai demandé à certains d’entre eux de m’aider. Au début, nous en produisions une dizaine par semaine. Maintenant, lentement, nous avons atteint la cinquantaine », dit le missionnaire. Le prix total d’un tricycle pour personnes handicapées est d’environ 250 euros. « Ils ont été donnés à des hommes, des femmes et des enfants plus âgés qui sont trop pauvres pour s’en acheter. Certaines personnes nous offrent un peu d’argent si elles en ont – mais la plupart du temps, ceux qui les reçoivent sont trop pauvres pour payer quoi que ce soit. Ces fauteuils roulants à 3 roues permettent aux gens de retrouver leur dignité.

« Lorsqu’une personne handicapée parvient à obtenir l’un de ces moyens de locomotion, elle redécouvre une toute nouvelle dimension et retrouve une espérance de Vie. Grâce au tricycle, elle peut se déplacer n’importe où. Cela lui permet d’entrer en relation avec de nombreuses personnes et de grandir. Non seulement cela, mais ses muscles deviennent plus forts et cela améliore son état de santé physique. Et dans leur vie, il y a maintenant une lueur de gratitude et de lumière. »

Retour vers le futur

Ce matin, la liturgie nous proposait, dans le livre de l’Exode, l’histoire de Moïse, ce prince égyptien par adoption, devenu un hors-la-loi en exil dans le désert non loin de la montagne de l’Horeb – le mont Sinaï – la montagne de Dieu (Ex. 3, 1-6.9-12). Cela me ramena 25 ans en arrière…

J’étais à Mbézi (Tanzanie) avec le frère John Abobo. Nous dirigions un centre pour les enfants de la rue. Le vendredi soir, à la tombée de la nuit, les garçons regardaient une vidéo projetée sur un drap de lit tendu entre deux arbres, à l’extérieur de mon bureau. Ils préféraient les films d’action, qu’ils commentaient à souhait, car ils ne comprenaient pas les dialogues. Mais ce soir là, à cours du film qui ferait l’unanimité, je leur passais un dessin animé, une cassette sans doute illégale achetée dans les rues de Dar es Salaam. Je craignais leur ennui, voire leurs récriminations… Et, de fait, il y avait encore beaucoup plus de bruit que d’habitude. J’avais du mal à me concentrer sur mon travail au bureau. Puis, à un certain moment, silence total, juste le son du film que je n’avais pas encore perçu depuis le début. Intrigué, je suis sorti voir ce qu’il se passait… Ils étaient tous scotchés à l’écran, comme hypnotisés par ce qu’ils voyaient et entendaient.

Le « Roi Lion », c’est l’histoire de Simba, de sa naissance jusqu’à son accession à sa vocation ultime de « Roi de la Jungle », dans ce que le rôle a de plus noble – un roi protecteur, pourvoyeur, servant, un roi respecté et aimé de ses sujets…

Initié par son père, le Roi Mufasa, le jeune Simba profite de ses années d’insouciance. Mais un jour, il entraîne son amie d’enfance, la jeune lionne Nala, à explorer un endroit tabou, et pour cause, c’est un cimetière d’éléphants, hanté par la mort. Son père l’avait pourtant mis en garde. Son oncle Scar, frère indigne du Roi Mufasa, profite de l’espièglerie innocente de son jeune neveu et imagine un plan diabolique pour se débarrasser à la fois du Roi et de son héritier pour s’emparer du pouvoir royal. Il met Simba en danger de mort, forçant Mufasa à prendre de grands risques pour sauver son fils. Avec un coup de pouce de Scar, Mufasa y périra. Scar trompera Simba en le déclarant coupable de la mort de son père et lui conseillera de partir… loin… et de ne plus jamais revenir. Simba s’encourt… loin dans le désert où il sera recueilli, moribond, par Pumba, un phacochère dont personne ne veut plus s’approcher et par Timon le suricate, une espèce de petite mangouste qui évolue dans le désert de Namibie. Tous deux vivent sans souci dans le désert, chantant et dansant, se nourrissant de toutes sortes d’insectes et de plantes. Ils initieront Simba au même style de vie, lui apprenant la chanson qui traduit si bien leur philosophie : « Hakuna matata », il suffit de se laisser vivre, de profiter de la vie…

Entre-temps, Scar a pris le pouvoir sur le peuple de la Jungle, mais au lieu d’être un roi protecteur et pourvoyeur, il a abusé de l’environnement et du peuple jusqu’à épuiser totalement les ressources communes, forçant tous les habitants de la jungle à un véritable esclavage, juste pour survivre. Nala, l’amie d’enfance de Simba, se décide à partir à sa recherche. Mais quand elle le retrouve, celui-ci ne fait que se plaindre de sa propre culpabilité. Un personnage important apparaît alors : Rafiki, le singe qui symbolise le grand-prêtre dans l’histoire du Roi Lion – c’est lui qui avait présenté le nouveau-né Simba au peuple de la Jungle et qui l’avait oint comme héritier du Roi… Voilà que Rafiki retrouve Simba perdu dans l’oisiveté d’une vie triste et inutile ; et il le met à l’épreuve. Et lorsque celui-ci se plaint d’avoir provoqué la mort de son père, Rafiki lui dévoile que son Père est bien vivant. Perplexe, Simba suit Rafiki à travers ronces et buissons jusqu’à une pièce d’eau. « Chuttt, silence… Tu veux voir ton père? Regarde dans l’eau ! » L’excitation de Simba vire très vite à la déception lorsqu’il n’y voit que le reflet de sa propre face, mais Rafiki insiste : « Regarde… plus profondément… Il vit en toi ! Il vit en moi ! Partout où tu vas, toujours il est là ! Dans ta vérité, dans tes pensées, écoute sa voix ! Il vit en toi ! » Dans cet Oasis au coeur du désert, en ce lieu sacré de la Rencontre, Simba découvre l’appel de son Père à se mettre au service du clan comme Roi protecteur et pourvoyeur. Il défiera et vaincra le traître Scar et rétablira un royaume d’équilibre, de prospérité, de justice et de paix.

C’est sur la montagne de l’Horeb que Moïse rencontra le Seigneur dans le buisson ardent, ce lieu sacré d’où il puisa les forces nécessaires pour retourner en Egypte et délivrer son peuple de l’esclavage. Les jeunes de la rue ne sont pas que de pauvres enfants abandonnés. Beaucoup ont été éduqués et façonnés par des Pumba et des Timon. Mais certains ce soir-là se sont remis en route sur le chemin de la Vie. Je le sais, j’ai croisé leur route des années plus tard.

J’invite chacun d’entre nous à se demander : Quelle est ma Mission aujourd’hui ? Vers où dois-je me remettre en route ? Quels que soient mes défauts, mes péchés, mes limites, Moïse m’a précédé, Simba m’a précédé… Et chaque fois que je m’arrête en silence dans un lieu sacré, c’est le Père qui m’appelle à reprendre le chemin de la Vie.

Vingt-cinq ans après la sortie du dessin animé le Roi Lion, voilà que le film, remasterisé, plus réel que jamais, ressort ces jours-ci sur le grand écran, partout dans le monde. Je ne peux que vous inviter à y faire un pèlerinage… ou une petite retraite.

Philippe Docq, M.Afr.

Heureux, vous les pauvres

HEUREUX, VOUS LES PAUVRES !

Thème de l’année 2019 à Lourdes
Jubilé de 150 ans d’existence des M.Afr.

Georges Paquet, M.Afr.

« Heureux, vous les pauvres ! » Je préfère une autre traduction : « Quelle chance pour vous les pauvres… » Mais quels pauvres ? j’ai rencontré beaucoup de « pauvres » en Tanzanie et depuis 20 ans en France chez les migrants – j’ai vu que certains peuvent être durs, agressifs, violents, même envers les autres pauvres ! Mais qui sont donc « les pauvres qui seuls possèdent le Royaume des cieux » (Madeleine Delbrel). Certainement pas ceux qui se disent être « dans une vallée de larmes et en exil sur la terre », comme on le chante encore en latin… Oui, quelle chance pour toi Bernadette Soubirou quand tu dis de tes parents : « pourvu qu’ils ne s’enlisent pas. » Tu préfères voir tes parents lutter pour s’en sortir plutôt que de les voir aux mains des bourgeois de la ville – qui ont essayé de te piéger avec de beaux habits. Tu as compris que l’essentiel était ce que tu vivais avec les tiens dans l’amour, la prière en famille et plus tard dans une communauté religieuse. « Je te loue, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents, et de l’avoir révélé aux tout-petits. » (Lc 10,21)

Et cette voix qui te disait « vous » te permettait de rester toi-même face au déferlement du monde des faux grands comme Zola et d’autres…Tu n’as rien à donner sinon un message, entendu au plus profond de ton cœur : « Je ne suis pas là pour vous le faire croire , mais pour vous le dire. » C’est ce que je témoignais en Afrique : « Toute personne a le droit d’entendre le message de Jésus et après d’en faire ce qu’il veut. » (Kila mtu ana haki ya kusikia maneno ya Yesu, na baadaye ya kufanya kama anavyotaka.)

Moi qui ne suis pas né dans la pauvreté, comment suis-je interpellé, lorsque je dis : « quelle chance pour vous les pauvres » ? Je veux être avec vous pour lutter contre la misère, le dénuement et je le pourrai si je suis capable de le faire avec autant de force d’amour que Bernadette… 140 ans après sa mort, voyez  ce que la technique et beaucoup d’amour, peut réaliser : regardez cet extrait du spectacle de cet été à Lourdes avec Eyma… qui a 16 ans.

Le Royaume, c’est vivre l’instant présent, être créateur avec le Créateur. On n’est pas heureux dans le monde de l‘égoïsme, de la haine.  « L’autre monde » il est là où il y a de l’amour.

A chacun de se mettre à l’écoute de la Voix, qui est là tout près de toi.

 Un peu d’histoire : 

    • 1830 : la médaille miraculeuse « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » 
    • 7.01.1844 : naissance de Bernadette Soubirou
    • 1854 : le dogme de l’immaculée conception

« Sans doute l’expression Immaculée conception a-t-elle frappé ses oreilles, à l’église, lors de la fête du 8 décembre. Mais dans ces sermons prononcés en Français (une langue étrangère)… c’est une notion inconnue pour elle… » (p. 123). « Bernadette avait un chapelet de 2 sous acheté en 1856 à Bétharram, elle savait le dire en Français ; elle savait aussi cette invocation qu’on disait à la prière du soir : «  O Marie conçue sans péché… » (p.48).

    • Les apparitions du 11.02 au 16.07.1858 –  « j’ai vu quelque chose de blanc, Aquéro ( cela ou celle-là, suivant l’accent) a la forme d’une petite demoiselle ( damiséle) » (p.78).
    • « Le 3 juin 1859, elle fait sa première communion. En juillet, un jeune avocat, Charles Madon, parle avec Bernadette : « et vos secrets, de quoi s’agit-il ? – Ils ne regardent que moi – et si le pape vous demandait, les lui diriez vous ? – Non… » (p.140) Et si son secret était la manière dont Aquéro concevait le sens de « immaculada councepciou » ?
    • « Grosse difficulté pour sa canonisation ! Pendant l’été 1861, se trouvant au premier étage de l’hospice des sœurs, elle commande à une petite fille, une certaine Julie : « je jette mon sabot par la fenêtre. Tu vas le chercher et tu ramènes des fraises. » (du jardin en dessous)  (p.159) « Je ne sais pas méditer … mais elle s’y mit à la longue. » (p.161) 
    • 4.04.1864 : Bernadette dit qu’elle veut être religieuse 
    • 7.07.1866 : elle est à Nevers
    • 16.04.1879 : Bernadette meurt

Les citations dans « Vie de Bernadette » par René Laurentin, Desclée de Brouwer (1978)

    • Ce même siècle c’est à Bayonne, le 30.10.1825, que nait  Charles Lavigerie. Il est archevêque d’Alger en 1867 et cardinal en 1882.
    • Le 1.07.1888, à Paris, il lance sa campagne anti-esclavagiste. La rédaction du « Temps » écriait : « Le cardinal a détruit presque en totalité les notions trop sommaires que nous avions sur l’état de la traite des nègres. »
    • Le 19.10.1868, il ouvre le premier noviciat et le 8 décembre, il nomme « l’Immaculée Conception » patronne de sa nouvelle Société des Missionnaires d’Afrique, dits Pères Blancs. En 1869,  ce sont les sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (mafrome.org : Mais qui est saint ?)
    • En 1878, c’est la première caravane pour l’Afrique de l’Est, ce qui sera la Tanzanie. J’y serais en 1971, cent ans après l’explorateur Stanley (pas St Stanley, un autre américain martyr).
    • A Chavanay, en 1878, ma famille avait érigé une statue de Marie, avec sur le socle : « Sainte Marie de l’étoile, je suis l’oror brillante, la clarté du midi, le dernier rayon du soir. Ave Maria 1878. »
Notre Dame de la Grande gorge – en dessus du Rhône, face au soleil levant.

Voir  le poème « Marie » dans  http://peresblancs.org/georges_paquet_poeme.htm 

Georges Paquet, M.Afr.
Tanzanie 1971 – 1998.

Bruno Ruzuzi, R.I.P.

Mes frères, j’ai le regret de vous annoncer le décès de notre stagiaire Bruno Ruzuzi, en stage à la paroisse de Nyankpala Tamale. Il a été impliqué dans un accident avec notre étudiant en théologie Salvator Mbonihankuye à son retour de Tamale en moto dans la nuit et a heurté un autre véhicule. Bruno est mort sur le coup et Salvator a été blessé et admis à l’hôpital universitaire de Tamale. On est en route vers la morgue où reposera le corps de Bruno. Priez pour Bruno, priez pour sa famille et pour nous tous.

C’est avec ces mots que John Aserbire, Supérieur Provincial du Ghana Nigeria, a annoncé l’accident par le réseau WhatsApp de GhN, ce matin. De la part de nous tous à Rome, toutes nos condoléances à la famille de Bruno, à sa communauté, aux paroissiens de la paroisse de Nyankpala et aux provinces de GhN et PAC. Nous avons prié pour lui pendant notre messe du matin. Nos meilleurs vœux de prompt rétablissement à Salvator Mbonihankuye. 

Adiós Padre Martínez

En décembre et janvier dernier j’étais au Mali et j’ai participé à la céréomonie d’adieu à notre confrère Jesus Martinez à la paroisse de Kati, non loin de Bamako. Ce fut une très belle célébration et Jesus lui-même nous a offert une belle homélie. Son curé ainsi que le président du Conseil paroissial ont alors offerts de belles paroles d’appréciation. J’ai cru bon ne pas laisser ces belles paroles tomber dans les oubliettes. Avec la permission de ces 3 personnes j’ai recopié ce qu’ils ont alors offert.

Martin Grenier, M.Afr.

Mission accomplie : Pardon et Merci !

Frères et sœurs, je vous remercie de tout mon cœur d’être venus pour m’aider à remercier le Seigneur en célébrant cette messe d’action de grâces pour ces 55 années que le Seigneur m’a donné de vivre avec vous… à regarder toute ma vie avec les yeux de la gratitude.

Comme dit le Sage dans la bible : « il y a un temps pour rester, il y a un temps pour partir » …

La vieillesse est une nouvelle étape de ma vie, et devenir vieux ça s’apprend. Il faut du courage… Dieu est le Dieu de l’exode, le Dieu du départ; nous engager dans des chemins nouveaux, et quoi qu’il arrive, « tout est grâce »… Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le lieu où l’on se trouve, mais la direction que l’on prend, avec qui on prend cette direction et pour quoi. La mission n’est pas à nous, elle nous est confiée pour un temps seulement ; notre premier travail c’est de prier. « Celui qui s’en remet à Dieu ne restera pas avec les mains vides. Venir au monde n’est pas difficile, mais le traverser… Demandons la grâce de pouvoir se confier à Lui.

Je voudrais vous partager quelques mots de ce qui a marqué ma vie avec vous. Tout d’abord, je vous demande pardon, car j’aurais pu travailler plus et mieux. Je n’ai pas assez remercié Dieu pour la vie qu’il m’a donnée. Je n’ai pas assez aimé ceux qui étaient à mes côtés. Les deux mercis : Merci avant tout à Dieu qui m’a conduit par sa main. Merci au Cardinal, toute ma reconnaissance Monseigneur, reconnaissance à ma famille, mes frères dans Ie sacerdoce… Je voudrais que mon départ se fasse dans la joie, car la joie est un signe du Royaume, et si le départ est triste, ce n’est pas évangélique.

Je me suis senti très aimé par vous et moi aussi j’ai essayé de répondre à cet amour. Le meilleur de ce que j’ai eu dans ma vie, c’est le Mali qui me l’a donné et à mon tour, je peux dire que moi aussi j’ai donné au Mali le meilleur de moi-même… Ma vie missionnaire a eu deux priorités : les vocations (des prêtres, religieuses, catéchistes et laïques) et la pastorale sociale. Ce qui m’a donné force et courage c’est le passage de l’Évangile : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,  j’ai eu soif… » Ensemble, nous avons construit beaucoup de puits, des écoles, des barrages, des moulins, quelques églises, des radios.

Nous sommes missionnaires partout où nous sommes… même s’il faut du courage pour nous engager sur de nouveaux chemins de vie… Il y a une Providence. Le meilleur est à venir, il faut ouvrir les bras et accueillir le futur, garder le sourire comme un reflet du sourire que Dieu a continuellement sur nous.

J’aurais voulu rester avec vous et continuer à baptiser nos enfants, continuer à vivre avec vous, mais quand les supérieurs décident, l’obéissance s’impose. La spiritualité de notre temps est une spiritualité du Samedi Saint; d’un côté la confusion, le découragement, l’impuissance et de l’autre côté la foi dans l’obscurité et la force de l’espérance, de la persévérance. La vieillesse est pour les courageux… C’est redevenir un enfant qui se laisse conduire par Dieu… s’adapter au programme de Dieu et laisser le nôtre. Même si j’ai le cœur qui saigne, je pense qu’avec vous et grâce à vous je peux dire « Mission accomplie », Pardon et Merci! Que Dieu nous donne d’aimer ce qu’il aime. Que nous acceptions toujours les destins que la providence a sur nous. Que les inquiétudes de la vie ne nous découragent pas.

Que le Seigneur nous aide à garder notre lampe allumée.

Jesús Martínez

Voilà l’essentiel de l’homélie du Père Jesús Martínez le jour de son « au revoir » à sa famille du Mali. Le texte a été raccourci et un peu édité pour faciliter la lecture. Mais ce sont bien ses paroles. (n.d.l.r.)

Ci-dessous, voici quelques extraits de deux témoignages donnés lors de la même messe d’action de grâce à l’occasion du départ du Père Jesús Martínez.

 M. Valéry Dako

Président du Conseil Paroissial de Kati

Un parcours de jubilé d’or en terre Africaine du Mali vaut une distinction à la personne qui a accompli ce cheminement. On vous sait humble mais acceptez-le ainsi. Remontons loin, loin en arrière et nous retrouvons vos années de jeunesse avec son lot d’enthousiasme, de fougue, d’espérance dans les actes posés pour l’accomplissement de la mission. Arrivé au pays bô Père Martinez, vous vous êtes fondu dans la masse des bwa en prenant le nom de Matièrê qui représente la symbolique du travail… Vous avez parcouru toutes les paroisses de l’actuel Diocèse de San : Paroisse de Mandiakuy, Tominian, Timissa et Touba à l’érection de laquelle vous avez pris une part active, ainsi qu’à son développement économique et spirituel…

Ensuite vos pas vous ont conduit en direction de l’Archidiocèse de Bamako avec une présence dans les paroisses de Kolokani, Faladjé et Kati qui se trouve être la paroisse mère du diocèse de Bamako. Vous avez pris en pays Bamanan le nom de DOMAKONO qu’on peut traduire simplement par la personne qui attend un jour, quel jour ? Que ce jour soit intimement lié à la volonté de ton maître que tu as chéri intensément.

… Nous avons cheminé ensemble avec pour objectif la recherche de Dieu. Que de parcours réalisé ! Aujourd’hui, nous sommes à un autre tournant important.

Que de voies empruntées par vous entre les CCB de Koko, Malibougou, Kati Centre, Missions l, II et Camp pour le Seigneur. Que de pistes également utilisées par vous vers les communautés rurales (Kalifabougou, Néguela, Yékébougou etc…) pour l’évangélisation…

La paroisse de Kati, votre famille, vous a adopté. Vous y avez évolué en travaillant pour ses différents segments que sont : la catéchèse, les familles humaines, le conseil paroissial, les chorales, les regroupements de femmes, de jeunes, la radio Reine de la Paix en tant que moyen d’évangélisation etc…

Père DOMAKONO, vous avez… conseillé, amadoué, consolé, réconforté diverses personnes au gré de vos rencontres pastorales et humaines. La joie de vivre procurée à autrui est celle que le Seigneur attendait de vous pour les autres.

Père DOMAKONO, le Conseil Paroissial de Kati vous remercie chaleureusement pour tout ce qu’il vous a été donné de faire dans le cadre de l’édification harmonieuse de l’église famille de Dieu au Mali. Que le Seigneur lui-même soit votre berger au quotiden.

 MERCI Père DOMAKONO, Nous  vous remettons en signe de reconnaissance un masque Ciwara avec votre nom gravé (Père Martinez, Paroisse de Kati, Reconnaissante). Vous avez aussi un boubou traditionnel avec son bonnet à multiples oreilles pour vous protéger des intempéries.

Père DOMAKONO, Ala ka hèra kè i gnè, ami a ka hèra fon i ko.

Père DOMAKONO, Débwenou a oumanou gnou lou.

(Seul Dieu est à même de procurer de l’eau aux termites lors de la confection de leur termitière.)

Abbé Émile Konare

Curé de Kati

 La façon de vivre, le sens qu’on donne à sa vie, voilà ce qui fait le malheur ou le bonheur de l’homme. Le sage Qohèleth nous dit, je cite : « l’homme travaille pour sa bouche. Et pourtant l’appétit n’est jamais comblé. » Qu’est-ce qui est donc capable de combler le désir de l’homme? Jésus, le Fils de Dieu nous trace le chemin par lequel l’homme a accès au bonheur : le chemin de la justice du Royaume. De quoi s’agit-il? Comme premières attitudes annoncées par Jésus, c’est être pauvre (ou humble, voir humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif de la justice ! Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice. Ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu…

Père Martinez, vous avez été ordonné en 1962, et vous avez été au Mali, à San et à Bamako, et même un an en Mauritanie, 56 ans de votre vie, de votre vie sacerdotale, pour montrer à l’homme malien, africain, votre semblable, le visage de notre foi chrétienne : Jésus-Christ qui n’a qu’un seul Nom : Dieu-Amour… Père Jesús, durant 55 ans, vous avez eu le désir de vivre selon ce que Dieu demande en devenant l’artisan de l’évolution des œuvres sociales. Vous avez aidé l’homme malien, toutes confessions confondues, à voir et reconnaître le visage de Dieu dans son semblable… à travers une vie d’Amour concrète : des Centres de santé pour les malades, … des structures scolaires pour combattre l’analphabétisme, des forages pour donner de l’eau à ceux-là qui ont soif, … Vous avez écouté et considéré les joies et les peines de l’homme malien qui venait vers vous dans l’espoir d’obtenir une vie stable et digne. Enfin les vocations sacerdotales. Chaque ordination sacerdotale est une fierté pour vous. Cela pour dire que vous portiez en vous ce désir de voir des jeunes maliens se consacrer à Dieu.

La réalisation de tout… est dû à… vos attitudes ou si vous le voulez, aux « béatitudes » que vous avez incarnées et parmi lesquelles nous pouvons retenir: la patience , la persévérance, l’humilité. Heureux les artisans de paix. L’homme ne peut pas devenir artisan de paix sans incarner en lui la patience, la persévérance et l’humilité, surtout sur une terre étrangère.

Père Jesús, je voudrais au nom de toute la Paroisse, vous manifester notre profonde gratitude pour tous les beaux services rendus à l’Église catholique du Mali. Soyez assuré de toute notre affection, nos pensées et nos prières pour cette nouvelle vie qui démarre.

Aussi est-il besoin de vous dire que les portes du Mali vous sont toujours ouvertes.

E nana Ala kof, Mali denq yé, Ala ka i Iakana.
(Mon Père vous êtes venus annoncer Dieu aux enfants du Mali, que Dieu vous garde et vous protège).
E yé danaya kofo anw yé, Ala ka i ka dana baba.
(Vous êtes venus nous apporter la foi, que Dieu solidifie votre foi).
E nana san biduru ani woro som, Mali jamanan konon, Ala da Mali jamanan gnèmajo.
(Et vous êtes venu passer 55 ans au Mali, que Dieu accorde au Mali la stabilité).
Maria Senu ka a jantoi la. | ni cé. l ni baraji.
(Que la Vierge Marie te protège, merci beaucoup).

Si vous désirez lire les textes originaux tels qu’ils nous sont parvenus, les voici :

Célébrations des jubilés aux AMS (v. corrigée))

Jubilés de 65, 60 et 50 ans d’engagement missionnaire fêtés dans la province des AMS

VERSION CORRIGEE
Samedi le 18 mai avait lieu  la fête des jubilaires de la maison de Sherbrooke.
 
Ils étaient cinq: deux de 65 ans de serment: Pierre Aucoin et Victor Grégoire. Fernand Chicoine et Jean-Marie Tardif célébraient leur soixantième et Pierre Benson, 50 ans d’engagement. Ce qui m’a frappé lors de la présentation de chacun, c’est la grande diversité des engagements de chacun au service de la mission en Afrique et pour l’Afrique. C’est impressionnant.
 
Ce fut une belle journée d’action de grâce, qui a réuni plusieurs confrères, parents et amis. Encore une fois, au nom du site mafr.net, toutes mes félicitations et merci à tous les Pères et Soeurs de la Société des Missionnaires  d’Afrique pour leurs contributions dans l’émancipation de l’Afrique en cette année du 150è anniversaire de leur fondation.
 

Denis-Paul Hamelin

Du site Internet des AMS – https://mafr.net

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Un missionnaire d’Afrique pour Solidarité Sud-Soudan

Jim (James) Greene est un missionnaire d’Afrique né en Irlande le 27 juillet 1960. Ordonné prêtre le 2 juillet 1988 après avoir terminé sa formation théologique à Totteridge, il commença sa vie missionnaire au Malawi jusqu’à la mi-1997 où il devint trésorier de la Province d’Irlande (aujourd’hui un des secteurs de la province européenne). En 2002, il retourne au Malawi, avec un vif intérêt pour Justice et Paix. Délégué au Chapitre de 2004, il est élu Assistant du Supérieur général. Après un congé sabbatique à Chigaco, il est nommé trésorier à Jérusalem en 2011. Depuis janvier 2019, il est directeur exécutif du projet « Solidarité Sud Soudan ».

Un mot de Jim

Je suis arrivé à Juba, au Sud-Soudan, le 26 janvier pour rejoindre une équipe d’une trentaine de religieux et religieuses, hommes et femmes, qui travaillent sur le projet intitulé  » Solidarité avec le Sud-Soudan « . Il s’agit d’une initiative de l’USG/UISG (congrégations religieuses masculines et féminines) qui a débuté après un appel à l’aide des évêques du Sud Soudan. 

Constatant l’énormité des défis dans ce qui était alors le Soudan du Sud, plus de 200 congrégations ont décidé de mettre en commun leurs ressources, tant financières que pour ce qui concerne leur personnel. Beaucoup de congrégations n’ont pas de personnel à offrir à cette initiative, mais en ce moment environ 18 congrégations sont représentées sur le terrain au Sud Soudan, et beaucoup d’autres y contribuent aussi de diverses manières.

Dès le début, il a été entendu que la  » solidarité avec le Sud-Soudan  » ne pouvait pas répondre à tous les besoins. Il a donc été décidé de mettre l’accent sur la formation d’autres personnes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services pastoraux et de l’agriculture. 

Le projet a créé des centres de formation pédagogique pour les enseignants du primaire à Yambio, en Equatoria occidental, et à Malakal, dans l’Etat du Haut-Nil. Malheureusement, en raison des hostilités et des attaques, le centre de Malakal est aujourd’hui abandonné. 

Les Sœurs Comboniennes nous ont aidés à établir un centre de formation d’infirmières et de sages-femmes à Wau, situé dans l’ancien état du Bahr el Ghazal occidental. Par coïncidence, certains des bâtiments actuels ont été construits à l’origine par notre confrère décédé, Hubert Barbier, à la fin des années 1970. Pendant de nombreuses années, ces bâtiments ont été occupés par des personnes déplacées avant d’être remis à l’église pour lancer le projet de formation des infirmières en 2008. 

En outre, une équipe pastorale a été constituée et a formé de nombreux prêtres, catéchistes et autres agents pastoraux de nombreux diocèses du pays. Compte tenu de l’histoire violente du pays, l’accent a également été mis sur la guérison des traumatismes et sur la recherche de solutions à certains des effets des conflits passés et présents. Actuellement cette équipe a besoin de plus de membres. Solidarité cherche à témoigner non seulement par ses actions mais aussi en vivant dans des communautés religieuses internationales d’hommes et de femmes. Dans un pays tristement divisé sur la base de l’ethnicité, nous essayons de montrer qu’il est possible pour des femmes et des hommes de nationalités et d’ethnies différentes de vivre et de travailler ensemble, tout en respectant la dignité et la différence de chacun.

En ce moment, je suis le seul missionnaire d’Afrique dans le pays. Qui sait ce que l’avenir nous réserve ? La récolte est vraiment grande !

Interview de Jim par Radio Vatican le 16 avril 2019

Linda Bordoni de Radio Vatican interviewe, en anglais, le Père Jim Greene, Missionnaire d’Afrique, nouvellement nommé directeur exécutif de Solidarité Sud Soudan. L’interview originale est ici :  https://www.vaticannews.va/en/church/news/2019-04/solidarity-south-sudan-pope-retreat-father-greene.html

Vidéo produite par Solidarité Sud Soudan en novembre dernier

Témoignage de Jim aux confrères à Rome

Etant le seul Missionnaire d’Afrique au Sud Soudan et devant assister de temps en temps à des réunions à Rome du Conseil d’administration de Solidarité Sud Soudan, Jim est attaché au Généralat, plutôt qu’à la province d’Afrique de l’Est qui, traditionnellement, était l’hôte du Soudan. Comme il était à Rome en avril dernier, il a donné son témoignage à quelques confrères… en anglais ! La vidéo à laquelle il fait référence au début est celle ci-dessus et le power point auquel il fait référence suit. Par défaut, les diapositives avancent automatiquement toutes les 15 secondes, mais vous pouvez les faire avancer ou reculer pendant que vous écoutez Jim. Vers la fin du témoignage, Jim répond à des questions… qui ne sont malheureusement pas audibles, car les confrères n’ont pas attendu le micro. Mais si le témoignage vous intéresse, vous devinerez sur quoi portaient les questions.

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