Adiós Padre Martínez

En décembre et janvier dernier j’étais au Mali et j’ai participé à la céréomonie d’adieu à notre confrère Jesus Martinez à la paroisse de Kati, non loin de Bamako. Ce fut une très belle célébration et Jesus lui-même nous a offert une belle homélie. Son curé ainsi que le président du Conseil paroissial ont alors offerts de belles paroles d’appréciation. J’ai cru bon ne pas laisser ces belles paroles tomber dans les oubliettes. Avec la permission de ces 3 personnes j’ai recopié ce qu’ils ont alors offert.

Martin Grenier, M.Afr.

Mission accomplie : Pardon et Merci !

Frères et sœurs, je vous remercie de tout mon cœur d’être venus pour m’aider à remercier le Seigneur en célébrant cette messe d’action de grâces pour ces 55 années que le Seigneur m’a donné de vivre avec vous… à regarder toute ma vie avec les yeux de la gratitude.

Comme dit le Sage dans la bible : « il y a un temps pour rester, il y a un temps pour partir » …

La vieillesse est une nouvelle étape de ma vie, et devenir vieux ça s’apprend. Il faut du courage… Dieu est le Dieu de l’exode, le Dieu du départ; nous engager dans des chemins nouveaux, et quoi qu’il arrive, « tout est grâce »… Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le lieu où l’on se trouve, mais la direction que l’on prend, avec qui on prend cette direction et pour quoi. La mission n’est pas à nous, elle nous est confiée pour un temps seulement ; notre premier travail c’est de prier. « Celui qui s’en remet à Dieu ne restera pas avec les mains vides. Venir au monde n’est pas difficile, mais le traverser… Demandons la grâce de pouvoir se confier à Lui.

Je voudrais vous partager quelques mots de ce qui a marqué ma vie avec vous. Tout d’abord, je vous demande pardon, car j’aurais pu travailler plus et mieux. Je n’ai pas assez remercié Dieu pour la vie qu’il m’a donnée. Je n’ai pas assez aimé ceux qui étaient à mes côtés. Les deux mercis : Merci avant tout à Dieu qui m’a conduit par sa main. Merci au Cardinal, toute ma reconnaissance Monseigneur, reconnaissance à ma famille, mes frères dans Ie sacerdoce… Je voudrais que mon départ se fasse dans la joie, car la joie est un signe du Royaume, et si le départ est triste, ce n’est pas évangélique.

Je me suis senti très aimé par vous et moi aussi j’ai essayé de répondre à cet amour. Le meilleur de ce que j’ai eu dans ma vie, c’est le Mali qui me l’a donné et à mon tour, je peux dire que moi aussi j’ai donné au Mali le meilleur de moi-même… Ma vie missionnaire a eu deux priorités : les vocations (des prêtres, religieuses, catéchistes et laïques) et la pastorale sociale. Ce qui m’a donné force et courage c’est le passage de l’Évangile : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,  j’ai eu soif… » Ensemble, nous avons construit beaucoup de puits, des écoles, des barrages, des moulins, quelques églises, des radios.

Nous sommes missionnaires partout où nous sommes… même s’il faut du courage pour nous engager sur de nouveaux chemins de vie… Il y a une Providence. Le meilleur est à venir, il faut ouvrir les bras et accueillir le futur, garder le sourire comme un reflet du sourire que Dieu a continuellement sur nous.

J’aurais voulu rester avec vous et continuer à baptiser nos enfants, continuer à vivre avec vous, mais quand les supérieurs décident, l’obéissance s’impose. La spiritualité de notre temps est une spiritualité du Samedi Saint; d’un côté la confusion, le découragement, l’impuissance et de l’autre côté la foi dans l’obscurité et la force de l’espérance, de la persévérance. La vieillesse est pour les courageux… C’est redevenir un enfant qui se laisse conduire par Dieu… s’adapter au programme de Dieu et laisser le nôtre. Même si j’ai le cœur qui saigne, je pense qu’avec vous et grâce à vous je peux dire « Mission accomplie », Pardon et Merci! Que Dieu nous donne d’aimer ce qu’il aime. Que nous acceptions toujours les destins que la providence a sur nous. Que les inquiétudes de la vie ne nous découragent pas.

Que le Seigneur nous aide à garder notre lampe allumée.

Jesús Martínez

Voilà l’essentiel de l’homélie du Père Jesús Martínez le jour de son « au revoir » à sa famille du Mali. Le texte a été raccourci et un peu édité pour faciliter la lecture. Mais ce sont bien ses paroles. (n.d.l.r.)

Ci-dessous, voici quelques extraits de deux témoignages donnés lors de la même messe d’action de grâce à l’occasion du départ du Père Jesús Martínez.

 M. Valéry Dako

Président du Conseil Paroissial de Kati

Un parcours de jubilé d’or en terre Africaine du Mali vaut une distinction à la personne qui a accompli ce cheminement. On vous sait humble mais acceptez-le ainsi. Remontons loin, loin en arrière et nous retrouvons vos années de jeunesse avec son lot d’enthousiasme, de fougue, d’espérance dans les actes posés pour l’accomplissement de la mission. Arrivé au pays bô Père Martinez, vous vous êtes fondu dans la masse des bwa en prenant le nom de Matièrê qui représente la symbolique du travail… Vous avez parcouru toutes les paroisses de l’actuel Diocèse de San : Paroisse de Mandiakuy, Tominian, Timissa et Touba à l’érection de laquelle vous avez pris une part active, ainsi qu’à son développement économique et spirituel…

Ensuite vos pas vous ont conduit en direction de l’Archidiocèse de Bamako avec une présence dans les paroisses de Kolokani, Faladjé et Kati qui se trouve être la paroisse mère du diocèse de Bamako. Vous avez pris en pays Bamanan le nom de DOMAKONO qu’on peut traduire simplement par la personne qui attend un jour, quel jour ? Que ce jour soit intimement lié à la volonté de ton maître que tu as chéri intensément.

… Nous avons cheminé ensemble avec pour objectif la recherche de Dieu. Que de parcours réalisé ! Aujourd’hui, nous sommes à un autre tournant important.

Que de voies empruntées par vous entre les CCB de Koko, Malibougou, Kati Centre, Missions l, II et Camp pour le Seigneur. Que de pistes également utilisées par vous vers les communautés rurales (Kalifabougou, Néguela, Yékébougou etc…) pour l’évangélisation…

La paroisse de Kati, votre famille, vous a adopté. Vous y avez évolué en travaillant pour ses différents segments que sont : la catéchèse, les familles humaines, le conseil paroissial, les chorales, les regroupements de femmes, de jeunes, la radio Reine de la Paix en tant que moyen d’évangélisation etc…

Père DOMAKONO, vous avez… conseillé, amadoué, consolé, réconforté diverses personnes au gré de vos rencontres pastorales et humaines. La joie de vivre procurée à autrui est celle que le Seigneur attendait de vous pour les autres.

Père DOMAKONO, le Conseil Paroissial de Kati vous remercie chaleureusement pour tout ce qu’il vous a été donné de faire dans le cadre de l’édification harmonieuse de l’église famille de Dieu au Mali. Que le Seigneur lui-même soit votre berger au quotiden.

 MERCI Père DOMAKONO, Nous  vous remettons en signe de reconnaissance un masque Ciwara avec votre nom gravé (Père Martinez, Paroisse de Kati, Reconnaissante). Vous avez aussi un boubou traditionnel avec son bonnet à multiples oreilles pour vous protéger des intempéries.

Père DOMAKONO, Ala ka hèra kè i gnè, ami a ka hèra fon i ko.

Père DOMAKONO, Débwenou a oumanou gnou lou.

(Seul Dieu est à même de procurer de l’eau aux termites lors de la confection de leur termitière.)

Abbé Émile Konare

Curé de Kati

 La façon de vivre, le sens qu’on donne à sa vie, voilà ce qui fait le malheur ou le bonheur de l’homme. Le sage Qohèleth nous dit, je cite : « l’homme travaille pour sa bouche. Et pourtant l’appétit n’est jamais comblé. » Qu’est-ce qui est donc capable de combler le désir de l’homme? Jésus, le Fils de Dieu nous trace le chemin par lequel l’homme a accès au bonheur : le chemin de la justice du Royaume. De quoi s’agit-il? Comme premières attitudes annoncées par Jésus, c’est être pauvre (ou humble, voir humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif de la justice ! Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice. Ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu…

Père Martinez, vous avez été ordonné en 1962, et vous avez été au Mali, à San et à Bamako, et même un an en Mauritanie, 56 ans de votre vie, de votre vie sacerdotale, pour montrer à l’homme malien, africain, votre semblable, le visage de notre foi chrétienne : Jésus-Christ qui n’a qu’un seul Nom : Dieu-Amour… Père Jesús, durant 55 ans, vous avez eu le désir de vivre selon ce que Dieu demande en devenant l’artisan de l’évolution des œuvres sociales. Vous avez aidé l’homme malien, toutes confessions confondues, à voir et reconnaître le visage de Dieu dans son semblable… à travers une vie d’Amour concrète : des Centres de santé pour les malades, … des structures scolaires pour combattre l’analphabétisme, des forages pour donner de l’eau à ceux-là qui ont soif, … Vous avez écouté et considéré les joies et les peines de l’homme malien qui venait vers vous dans l’espoir d’obtenir une vie stable et digne. Enfin les vocations sacerdotales. Chaque ordination sacerdotale est une fierté pour vous. Cela pour dire que vous portiez en vous ce désir de voir des jeunes maliens se consacrer à Dieu.

La réalisation de tout… est dû à… vos attitudes ou si vous le voulez, aux « béatitudes » que vous avez incarnées et parmi lesquelles nous pouvons retenir: la patience , la persévérance, l’humilité. Heureux les artisans de paix. L’homme ne peut pas devenir artisan de paix sans incarner en lui la patience, la persévérance et l’humilité, surtout sur une terre étrangère.

Père Jesús, je voudrais au nom de toute la Paroisse, vous manifester notre profonde gratitude pour tous les beaux services rendus à l’Église catholique du Mali. Soyez assuré de toute notre affection, nos pensées et nos prières pour cette nouvelle vie qui démarre.

Aussi est-il besoin de vous dire que les portes du Mali vous sont toujours ouvertes.

E nana Ala kof, Mali denq yé, Ala ka i Iakana.
(Mon Père vous êtes venus annoncer Dieu aux enfants du Mali, que Dieu vous garde et vous protège).
E yé danaya kofo anw yé, Ala ka i ka dana baba.
(Vous êtes venus nous apporter la foi, que Dieu solidifie votre foi).
E nana san biduru ani woro som, Mali jamanan konon, Ala da Mali jamanan gnèmajo.
(Et vous êtes venu passer 55 ans au Mali, que Dieu accorde au Mali la stabilité).
Maria Senu ka a jantoi la. | ni cé. l ni baraji.
(Que la Vierge Marie te protège, merci beaucoup).

Si vous désirez lire les textes originaux tels qu’ils nous sont parvenus, les voici :

Célébrations des jubilés aux AMS (v. corrigée))

Jubilés de 65, 60 et 50 ans d’engagement missionnaire fêtés dans la province des AMS

VERSION CORRIGEE
Samedi le 18 mai avait lieu  la fête des jubilaires de la maison de Sherbrooke.
 
Ils étaient cinq: deux de 65 ans de serment: Pierre Aucoin et Victor Grégoire. Fernand Chicoine et Jean-Marie Tardif célébraient leur soixantième et Pierre Benson, 50 ans d’engagement. Ce qui m’a frappé lors de la présentation de chacun, c’est la grande diversité des engagements de chacun au service de la mission en Afrique et pour l’Afrique. C’est impressionnant.
 
Ce fut une belle journée d’action de grâce, qui a réuni plusieurs confrères, parents et amis. Encore une fois, au nom du site mafr.net, toutes mes félicitations et merci à tous les Pères et Soeurs de la Société des Missionnaires  d’Afrique pour leurs contributions dans l’émancipation de l’Afrique en cette année du 150è anniversaire de leur fondation.
 

Denis-Paul Hamelin

Du site Internet des AMS – https://mafr.net

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Un missionnaire d’Afrique pour Solidarité Sud-Soudan

Jim (James) Greene est un missionnaire d’Afrique né en Irlande le 27 juillet 1960. Ordonné prêtre le 2 juillet 1988 après avoir terminé sa formation théologique à Totteridge, il commença sa vie missionnaire au Malawi jusqu’à la mi-1997 où il devint trésorier de la Province d’Irlande (aujourd’hui un des secteurs de la province européenne). En 2002, il retourne au Malawi, avec un vif intérêt pour Justice et Paix. Délégué au Chapitre de 2004, il est élu Assistant du Supérieur général. Après un congé sabbatique à Chigaco, il est nommé trésorier à Jérusalem en 2011. Depuis janvier 2019, il est directeur exécutif du projet « Solidarité Sud Soudan ».

Un mot de Jim

Je suis arrivé à Juba, au Sud-Soudan, le 26 janvier pour rejoindre une équipe d’une trentaine de religieux et religieuses, hommes et femmes, qui travaillent sur le projet intitulé  » Solidarité avec le Sud-Soudan « . Il s’agit d’une initiative de l’USG/UISG (congrégations religieuses masculines et féminines) qui a débuté après un appel à l’aide des évêques du Sud Soudan. 

Constatant l’énormité des défis dans ce qui était alors le Soudan du Sud, plus de 200 congrégations ont décidé de mettre en commun leurs ressources, tant financières que pour ce qui concerne leur personnel. Beaucoup de congrégations n’ont pas de personnel à offrir à cette initiative, mais en ce moment environ 18 congrégations sont représentées sur le terrain au Sud Soudan, et beaucoup d’autres y contribuent aussi de diverses manières.

Dès le début, il a été entendu que la  » solidarité avec le Sud-Soudan  » ne pouvait pas répondre à tous les besoins. Il a donc été décidé de mettre l’accent sur la formation d’autres personnes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services pastoraux et de l’agriculture. 

Le projet a créé des centres de formation pédagogique pour les enseignants du primaire à Yambio, en Equatoria occidental, et à Malakal, dans l’Etat du Haut-Nil. Malheureusement, en raison des hostilités et des attaques, le centre de Malakal est aujourd’hui abandonné. 

Les Sœurs Comboniennes nous ont aidés à établir un centre de formation d’infirmières et de sages-femmes à Wau, situé dans l’ancien état du Bahr el Ghazal occidental. Par coïncidence, certains des bâtiments actuels ont été construits à l’origine par notre confrère décédé, Hubert Barbier, à la fin des années 1970. Pendant de nombreuses années, ces bâtiments ont été occupés par des personnes déplacées avant d’être remis à l’église pour lancer le projet de formation des infirmières en 2008. 

En outre, une équipe pastorale a été constituée et a formé de nombreux prêtres, catéchistes et autres agents pastoraux de nombreux diocèses du pays. Compte tenu de l’histoire violente du pays, l’accent a également été mis sur la guérison des traumatismes et sur la recherche de solutions à certains des effets des conflits passés et présents. Actuellement cette équipe a besoin de plus de membres. Solidarité cherche à témoigner non seulement par ses actions mais aussi en vivant dans des communautés religieuses internationales d’hommes et de femmes. Dans un pays tristement divisé sur la base de l’ethnicité, nous essayons de montrer qu’il est possible pour des femmes et des hommes de nationalités et d’ethnies différentes de vivre et de travailler ensemble, tout en respectant la dignité et la différence de chacun.

En ce moment, je suis le seul missionnaire d’Afrique dans le pays. Qui sait ce que l’avenir nous réserve ? La récolte est vraiment grande !

Interview de Jim par Radio Vatican le 16 avril 2019

Linda Bordoni de Radio Vatican interviewe, en anglais, le Père Jim Greene, Missionnaire d’Afrique, nouvellement nommé directeur exécutif de Solidarité Sud Soudan. L’interview originale est ici :  https://www.vaticannews.va/en/church/news/2019-04/solidarity-south-sudan-pope-retreat-father-greene.html

Vidéo produite par Solidarité Sud Soudan en novembre dernier

Témoignage de Jim aux confrères à Rome

Etant le seul Missionnaire d’Afrique au Sud Soudan et devant assister de temps en temps à des réunions à Rome du Conseil d’administration de Solidarité Sud Soudan, Jim est attaché au Généralat, plutôt qu’à la province d’Afrique de l’Est qui, traditionnellement, était l’hôte du Soudan. Comme il était à Rome en avril dernier, il a donné son témoignage à quelques confrères… en anglais ! La vidéo à laquelle il fait référence au début est celle ci-dessus et le power point auquel il fait référence suit. Par défaut, les diapositives avancent automatiquement toutes les 15 secondes, mais vous pouvez les faire avancer ou reculer pendant que vous écoutez Jim. Vers la fin du témoignage, Jim répond à des questions… qui ne sont malheureusement pas audibles, car les confrères n’ont pas attendu le micro. Mais si le témoignage vous intéresse, vous devinerez sur quoi portaient les questions.

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Mises à jour sur la situation au Mozambique

Nous venons de recevoir le message suivant de Boris Yabre, M.Afr. délégué provincial pour le Mozambique :

Chers confrères et amis, bienfaiteurs et personnes de bonne volonté, salutations de Beira, il y a six jours, je vous ai envoyé un message SOS pour partager avec vous ce que nous vivons sur le terrain et pour vous demander votre aide, nous voulons remercier chacun et chacune pour votre prière constante et votre préoccupation croissante.

Certains d’entre vous ont déjà envoyé leurs contributions pour soulager les souffrances de ceux qui nous entourent ; d’autres cherchent encore les voies et moyens de le faire. Nous vous remercions de tout cœur.

Mardi, l’archevêque de Beira a convoqué d’urgence une rencontre des agents pastoraux de l’archidiocèse. Une centaine de personnes environ étaient présentes. Nous avons partagé sur la situation actuelle des gens dans les différents coins du diocèse. Mis à part les vies perdues, les gens ont un besoin extrême de nourriture, d’eau potable et de logement.

Il y a eu des incidents au cours desquels la population est allée piller les magasins afin d’obtenir de la nourriture et ce sans craindre la présence de la police.  Il n’y a aucune garantie et aucune certitude que l’aide humanitaire puisse parvenir partout. La plupart des églises paroissiales, des chapelles et des écoles sont en ruine ou sans toit. De nombreux couvents et presbytères en ont souffert.

L’archevêque a suspendu toutes les activités pastorales prévues jusqu’à nouvel ordre. L’urgence du moment est d’être avec les gens, de partager leurs souffrances et de leur donner de l’espoir, quelle que soit leur appartenance religieuse, politique et ethnique. On nous a rappelé de ne pas perdre de vue ce que le Seigneur peut vouloir nous dire à travers cette calamité.

Ce 4ème dimanche de Carême est consacré à la prière pour les victimes du cyclone Idai dans tout l’archidiocèse de Beira. Chaque paroisse fera aujourd’hui une collecte spéciale pour venir en aide aux personnes les plus touchées, mais la triste réalité est que sur les marchés, les prix des produits essentiels ont augmenté. Les prix de la tôle ondulée et du ciment ont augmenté dès que les gens en ont eu besoin. Les feuilles lusalite (asbestos)  ne peuvent pas être vendues aux clients ordinaires. Elles sont exclusivement réservées aux réparations des structures publiques ! Dans la maison du Secteur et le Centre Nazaré de Formation, ce qui nous occupait l’esprit ces derniers jours, c’était de faire un peu de nettoyage : ramasser les tôles ondulées arrachées ici et là par le vent, défricher le terrain car la plupart des manguiers et des cocotiers sont tombés, pour que nous puissions passer en toute sécurité. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’électricité. Seuls quelques « élus » y ont accès. Au moins, l’Hôpital Central dispose de l’électricité et les Centres de Santé utilisent des générateurs. En ce moment, la ville de Beira est à court de générateurs en vente. Pour en avoir un il faut le commander à Chimoio ou Tete.

Sussundenga n’a pas d’électricité non plus. Seuls ceux qui ont perdu leur maison reçoivent une tente de la Croix-Rouge. Les champs sont emportés par les eaux, ce qui mène au désespoir ceux qui entrevoient déjà l’imminence d’une année de famine.

A Dombe, les besoins en nourriture, en abris et en eau potable augmentent. Pour je ne sais quelle raison, c’est l’un des endroits oubliés du pays. Les champs ont été inondés et les récoltes ont disparu. Dans certains villages, nos chapelles communautaires, en partie détruites, servent d’abris pour quelques familles.

En ce qui concerne les estimations de ce dont nous aurions besoin dans l’immédiat, vous pouvez ajouter que « nous essaierons de fournir des chiffres aussi concrets que possible d’ici la fin de cette semaine pour ce dont nos confrères peuvent avoir besoin pour leurs missions et afin de contribuer à aider les nécessiteux…. »

Pour le moment, nous ne pouvons donner aucune estimation de ce que pourrait coûter la reconstruction de nos structures : le Centre de formation de Nazaré, la maison du Secteur. C’est trop tôt pour avoir des références claires, compte tenu du chaos général dans lequel nous nous trouvons. Nous nous efforcerons de fournir des chiffres aussi concrets que possible d’ici la fin de cette semaine pour ce dont nos confrères peuvent avoir besoin pour leur mission et pour contribuer à aider les plus démunis. Ils ont aussi des défis à relever, comme tout le monde. Nos confrères et stagiaires se portent bien. Ils continuent d’être proches des gens et d’affronter avec eux l’épreuve du temps.

Boris Yabre, M.Afr.
Provincial Delegate

  • The big chapel of Nazaré
  • Desolation in Nazare
  • Desolation in Nazare
  • Dombe, what remains of maize fields
  • Dombe camp of tents for the homeless
  • Maize fields swept by water in Sussudenga.
  • Some people trying to regain their villages after the flood for a new giving with almost nothing in Matarara- Dombe
  • The remaining of a community chapel serves as a shelter for this family
  • Improvised homes
  • Drinking water has to be supplied...

Cyclone Idai – Nouvelles de Hugh Seenan

Merci à tous ceux qui se sont inquiétés pour moi ici au Malawi ou pour Beira, d’avoir pris contact avec moi ou ma famille. Là où je suis au Malawi et où je me trouve depuis un an, nous avons eu du beau temps. J’étais à Beira pendant 10 ans avant cela. Ça a été terrible pour moi de voir ce qui s’y est passé. Au fil des ans, j’ai été dans tous les endroits touchés par le cyclone, de Beira à Chimanimani au Zimbabwe, même à Buzi où l’on voit tout le monde au-dessus des bâtiments sans nourriture. Ce n’est que ces derniers jours que j’ai commencé à recevoir des nouvelles d’amis et d’anciens voisins. Lentement, ils éclaircissent le désastre en essayant de réparer leurs maisons. C’est bon à entendre. Le Centre Nazaré, Centre pastoral archidiocésain de Beira, où je travaillais, a été gravement touché. Quelques photos suivent. Ils ont commencé à nettoyer, mais il faudra du temps avant qu’ils puissent de nouveau recevoir des groupes. Si tout va bien, j’irai là-bas pour la Semaine Sainte. Merci de vous rappeler de moi. Priez pour toutes les personnes affectées et les équipes de secours. Que Dieu vous bénisse.

Hugh Seenan, M.Afr.

150 ans … dont 140 à Jérusalem !

Le 8 décembre, à 10h, nous avons célébré la solennité de l’Immaculée Conception de Marie dans la basilique Sainte-Anne de Jérusalem. De nombreuses invitations avaient été envoyées car il s’agit d’une  » messe consulaire  » à laquelle participe le Consul général de France, avec les membres du Consulat. Mais comme le Consul était absent, il était représenté par M. Rémy Bouallegue, son « Adjoint ». Malgré la pluie, une belle assemblée était présente pour la célébration : laïcs, sœurs, personnel et étudiants de l’Institut salésien et beaucoup d’autres. Il y avait environ 20 prêtres concélébrant. Josef Buholzer, le supérieur de la communauté, était le principal célébrant, assisté de Mgr Michael Fitzgerald et Benoît Bernard, le nouveau recteur de la basilique. Bosco Ufoyuru, notre diacre nouvellement ordonné, a proclamé l’évangile.
Continuer la lecture de « 150 ans … dont 140 à Jérusalem ! »

Martyrs de leurs oeuvres

« Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment mais par leur espérance, ils avaient déjà l’immortalité » (Sagesse 3, 4). Voilà un extrait de la première lecture pour la solennité de Saint Cyprien, évêque et martyr, patron de l’Afrique du Nord.

En effet, par leur espérance, les martyrs possèdent déjà l’immortalité car « la vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a prise sur eux » (Sagesse 3, 1).

Cette année, la fête de St. Cyprien a coïncidé en quelque sorte avec l’annonce joyeuse de la béatification des nos 19 nouveaux martyrs de l’Eglise en Algérie (Mgr Claverie et ses 19 Compagnons) qui aura lieu à Santa Cruz, à Oran le 8 Décembre 2018.

Comme St. Cyprien, leur départ de ce monde a passé pour un malheur (pour celui qui ne réfléchit pas et celui qui n’a pas d’espérance). Certains sont morts criblés par balles, d’autres égorgés comme des moutons, d’autres poignardés revenant de la Messe, d’autres en explosion … Quand ils nous ont quitté, on les croyait anéantis … (Sagesse 3, 3). Néanmoins, puisque le sang des martyres est une semence de chrétiens », disait Tertullien, mourant par amour et fidélité pour ce peuple et ce pays qu’ils ont tant aimés, ils fructifient encore !

Ma plus grande surprise en tant que témoins de leurs œuvres et fruits abondants fut le 16 Septembre 2018, le jour même de la fête de St. Cyprien. Nous avions prévu de faire des inscriptions pour les cours des soutiens scolaire en Anglais et en Français comme chaque année pour tous les niveaux (de l’école primaire à l’université). Chaque année le nombre augmente car nous sommes devenus ‘victimes de notre succès’. Nous savions qu’il y ‘aurait du monde le jour des inscriptions car nos places sont limitées, mais pas autant ! A 7h48, après les laudes, j’ouvre le portail afin de nous préparer à commencer les inscriptions à 8h30. Surprise ! 83 personnes déjà devant le portail d’entrée, sans compter ceux qui étaient passés par la petite porte de la bibliothèque ! Dépassé par le nombre, tout a dû être   chamboulé ; pas de petit déjeuner, déjeuner tardif ainsi que pas de sieste durant toute la semaine, dépassant le record même sur les liste d’attentes ! La plupart de ceux qui sont venus ont été entendu dire «  les Pères ont ré-ouvert l’école des langues », d’autres « il n’ y a pas mieux que chez les Pères Blancs de Tizi » ….d’autres encore je n’ai pas pu dormir pour pouvoir arriver la première et là j’ai trouvé d’autres parents déjà parce que vous êtes les meilleures » … Alors, méditant sur tout cela, je me suis dit, si autant de monde nous fait confiance pour tout ce que nous faisons, ce n’est pas qu’à cause de nous, simplement mais bel et bien c’est grâce à nos prédécesseurs qui sont à l’origine de cette semence. Mourant, ils fructifiaient encore ; ils sont devenus martyrs de leurs bonnes œuvres. Vraiment, Ils étincellent comme un feu qui court à travers la paille (Sagesse 3, 7).

En effet, « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 24) évangile de la solennité de St. Cyprien. Après ma méditation, je suis venu vous raconter … Nous, qui sommes inspirés par nos prédécesseurs martyrs, grâce à leurs œuvres, prions que le Seigneur nous aide à mettre davantage toute notre confiance en lui.

Vincent Kyererezi, M.Afr.
Tizi Ouzou (Algérie)

Mais qui est « Saint » ?

Voici une réflexion de Georges Paquet, un ancien de Tanzanie, qui réside à Pau-Billière, sur la Sainteté.

« Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque ou religieux. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve … » (François, dans « Gaudete et exsultate », cité par « La Croix » du 19.07.18, qui signale que notre pape dit de ne pas oublier les jeunes comme ce jeune Napolitain qui sera « saint » le 14.10 avec, enfin, Oscar Roméro, car les martyrs n’ont pas besoin de « faire un miracle » !)

Continuer la lecture de « Mais qui est « Saint » ? »

Jub 150 : Restez fidèles à votre charisme

Merci à Roman Stäger, M.Afr. Suisse, qui a publié cet article en allemand dans la «Schweizer Kirchenzeitung» du 18 janvier 2018. 

RESTEZ FIDELES A VOTRE CHARISME!

Jubilé de 150 ans des «Missionnaires d’Afrique» et des «Sœurs Blanches».

C’est dans une situation d’urgence que les Missionnaires d’Afrique furent fondés: les prêtres et les Frères le 19 octobre 1868, les Sœurs missionnaires de Notre Dame d’Afrique une année plus tard (9 septembre 1869). L’archevêque d’Alger de l’époque, Charles Martial Lavigerie (1825-1892), eut à prendre en charge des centaines d’orphelins, qui, victimes d’une famine généralisée et d’une épidémie Continuer la lecture de « Jub 150 : Restez fidèles à votre charisme »

Nouvelles de Théo Caerts au Togo

Chers Parents, Chers Amis et chères Amies, Chers Confrères,

Bonjour ! Cette fois-ci, je suis pas mal en retard avec mes vœux de Nouvel An :
la fête de Noël est déjà passée depuis un bon moment, et le début de la Nouvelle Année 2018 date aussi déjà de quelques jours. Que s’est-il passé ?
Nous avons eu plusieurs importantes coupures de la connexion d’Internet ces
derniers temps, et dans la période de Noël-Nouvel An, notre Compagnie Togo
Telecom a eu la « bonne idée » de faire des travaux sur leur réseau, avec comme conséquence des coupures pendant des semaines !! En plus, moi-même, j’étais occupé par la préparation d’une retraite, prévue pour la fin du mois de janvier dans notre maison de formation à Ouagadougou (Burkina Faso). Donc, avec un retard important, mais non moins sincèrement, je vous envoie tous mes meilleurs vœux et ceux de toute notre communauté à chacun et chacune de vous et à vos familles et communautés : vœux de santé, de bonheur, de joie, de réussite dans toutes vos activités, et la bénédiction de Dieu sur vous tous et toutes ! Merci à tous ceux et à toutes celles, qui ont fait bien mieux que moi, et dont les vœux de Noël et de Bonne Année me sont parvenus bien à temps ! Merci pour votre fidélité !

Cette année 2018 sera marquée par mon retour définitif en Belgique. En effet,
j’aurai 75 ans cette année et mon engagement missionnaire compte lui aussi 50 ans : alors, en dialogue avec mes responsables, j’ai estimé que c’était un bon moment pour quitter le Togo et l’Afrique et de me mettre au service du Secteur Belgique. La Belgique n’a pas tardé à me nommer dans la communauté de la Procure d’Anvers. Tout cela ne se fera pas sans un petit pincement de cœur, bien sûr, mais, c’est la vie : il y a un début et une fin à tout !!
Et comment va le Togo ? Et nos projets à Talo ? Eh bien, le Togo ne va pas très
bien : il y a eu beaucoup de manifestations, de grèves et de violences ces derniers temps en vue d’obtenir un changement politique. Heureusement, ici à Atakpamé et à Talo, nous n’avons pas été touchés par ces événements. Quant à nos projets, nous sommes en train de réaliser le plus grand, le plus important et le plus difficile : nous sommes en train de construire un Centre Polyvalent, qui servira aussi d’église paroissiale le dimanche et en d’autres occasions. En pièces attachées, vous trouverez des photos des projets terminés (notre maison et l’école), et du Centre Polyvalent en construction. Vous remarquerez qu’il est bien avancé, mais loin d’être terminé. Si des bonnes volontés peuvent nous aider à terminer le tout, elles seront les très bienvenues ! Récemment, avec l’aide du « Development Office » des Missionnaires d’Afrique à Washington (USA), qui nous avait déjà aidés aussi pour la construction de l’école, nous avons foré un puits de 75m de profondeur, destiné à la population locale, aidant ainsi surtout les femmes dans la recherche pénible et quotidienne de l’eau.

Tout cela a été réalisé depuis notre arrivée ici, au mois de mai 2012 (les travaux
de construction ont vraiment commencé le 1 er juillet 2013), et cela n’a été possible que grâce à l’aide généreuse de beaucoup d’entre vous. Citer des
bienfaiteurs est toujours délicat, mais, je veux quand même remercier spécialement certaines personnes, qui préfèrent rester anonymes, et qui ont donné des sommes importantes pour l’ensemble de nos projets – la Province du Limbourg et le Secteur Allemagne qui ont aidé beaucoup à la construction d’une école primaire de six classes, avec toilettes, bureau du Directeur, salle de réunion, et deux classes maternelles – des chrétiens du Canada et des confrères, qui ont donné une contribution très importante pour la construction de l’église, ainsi que les Sœurs de la Miséricorde de Renais et les Sœurs de Marie de la rue Deberiot à Louvain – et, pour l’ensemble, les confrères Missionnaires d’Afrique, surtout de la Belgique, mais aussi d’un peu partout, qui ont vraiment soutenu, d’une manière merveilleuse, la naissance de cette nouvelle implantation des Missionnaires d’Afrique au Togo. Que tous et toutes en soient ici cordialement remerciés ! Merci infiniment !

Mais, comme nous l’avons toujours dit, nous ne sommes pas venus ici pour construire des bâtiments, aussi nécessaires soient-ils, mais, pour construire une communauté chrétienne. Et de ce travail plus discret et intérieur, il n’y a pas de photos !! Un travail pastoral important vient d’être fait, il y a quelques semaines, par le choix de nouveaux membres du Conseil Pastoral Paroissial, qui sont nos plus proches collaborateurs, et qui portent une importante responsabilité dans le travail paroissial. Chaque mois, pendant un weekend, nous réunissons une vingtaine de jeunes, dont la plupart sont déjà à
l’université, et qui sont intéressés par la vocation missionnaire. Ensemble avec
quelques chrétiens, nous venons de lancer un cours d’Initiation sur la Doctrine Sociale de l’Eglise de trois mois, qui chaque mardi, de 18h à 20h, réunit plus ou moins 25 personnes de toute la ville d’Atakpamé. Deux jeunes Togolais viennent d’être ordonnés prêtres Missionnaires d’Afrique et partiront bientôt pour le Soudan et pour la République Démocratique du Congo. A Talo, dans notre Paroisse, à laquelle nous avons donné le nom de Notre-Dame d’Afrique (NDA), nous avons une communauté chrétienne jeune et dynamique, mais, qui a besoin d’être davantage formée et accompagnée, et qui, à son tour doit devenir missionnaire. C’est notre travail ça, et nous nous efforçons d’y répondre le mieux possible !

Voilà les quelques nouvelles de par ici que je voulais vous partager, ensemble
avec mes vœux et ceux de la communauté Missionnaire d’Afrique. Que Dieu notre Père bénisse cette année pour qu’elle soit vraiment bonne et heureuse pour chacun et chacune d’entre vous, et qu’il nous donne l’occasion de nous rencontrer au cours de cette nouvelle année !

Avec tous mes vœux de paix, de joie et de bonheur pour cette nouvelle année
2018 !

Théo
Talo, le 11 janvier 2018