Béatification des martyrs d’Algérie, événement à St Louis des Français

Avec le cardinal Mamberti 

A l’occasion de la béatification des 19 martyrs d’Algérie, dont les sept moines de Tibhirine, qui aura lieu le 8 décembre à Oran (Algérie), une conférence est organisée le mardi 4 décembre à 18h45 à l’Institut français-Centre Saint-Louis, avec la participation du cardinal Dominique Mamberti, annonce l’ambassade de France près le Saint-Siège.

Le cardinal Mamberti, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique
est le cardinal ponent de la cause de béatification des martyrs d’Algérie. Mgr Miguel Angel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue
interreligieux, interviendra sur « Mgr Pierre Claverie et le dialogue interreligieux ». Mgr Jean Landousies, lazariste, responsable de la section française de la Secrétairerie d’Etat, apportera son « Témoignage sur 19 vies données pour Dieu et pour l’Algérie ». Le p. Rémi Bazin, official à la  Congrégation pour les Causes des saints interviendra sur « 19 martyrs, une seule cause ». La conférence sera suivie par la projection, à 20h30, du film réalisé par Xavier Beauvois, « Des Hommes et des Dieux ». Le pape François a nommé le cardinal Giovanni Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, comme son envoyé spécial à la messe de béatification des moines de Tibhirine, en Algérie, le 8 décembre. Au cours de cette célébration, qui aura lieu au sanctuaire Notre-Dame de Santa Cruz à Oran, 19 martyrs seront reconnus bienheureux : Mgr Pierre Claverie, dominicain, évêque d’Oran, sept moines trappistes de Tibhirine, tous Français, et leurs compagnons, religieux et religieuses tués « en haine de la foi » – selon l’expression consacrée -, en Algérie entre 1994 et 1996. Leur martyre a été reconnu par un décret de  la Congrégation pour les causes  des saints dont le pape François a approuvé la promulgation, le 26 janvier dernier. (cf. les noms au verso) Les moines de Tibhirine sont: Christian de Chergé, Luc Dochier, Christophe Lebreton, Michel Fleury, Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard, Paul Favre-Miville.

Les onze autres martyrs sont français, espagnols, et belges : -un frère mariste, Henri Vergès et sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, des petites Sœurs de l’Assomption, assassinés le 8 mai 1994 à Alger; -soeur Esther Paniagua Alonso, et soeur Caridad Álvarez Martín, religieuses espagnoles des Sœurs Augustines Missionnaires assassinées le 23 octobre 1994 à Babael Oued; quatre pères blancs – trois Français et un Belge -, assassinés à Tizi Ouzou, le 27 décembre 1994, Jean Chevillard, Charles Deckers, Alain Dieulangard et Christian Chessel; -deux sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres : Angèle-Marie Littlejohn et Bibiane Leclercq, assassinées le 3 septembre 1995; -sœur Odette Prévost, des petites Sœurs du Sacré-Cœur, tuée à Alger le 10 novembre 1995.

Saint Lavigerie ?

Aujourd’hui, nous avons célébré la fête du Cardinal, en nous souvenant du jour où notre Fondateur est mort. Le Père Ian Buckmaster a fait une homélie très intéressante pendant la messe, que je lui ai demandé de reproduire ici.

Ce jour-là vers une heure du matin 1892, Charles Martial Allemand Cardinal Lavigerie, Archevêque de Carthage et d’Alger, Préfet apostolique de Ghardaia et Primat d’Afrique, est mort. Il était malade depuis quelque temps en 1892. Mais le 24 novembre, sa santé s’est soudain aggravée. Il est devenu paralysé, le lendemain, il a reçu le sacrement des malades et, comme on dit, a commencé sa dernière agonie. Parmi les personnes présentes figuraient l’Archevêque Coadjuteur d’Alger Prosper Dusserre, Mgr Livinhac, Mère Salomé, les Pères Delattre et Michel. Sa sœur à qui il était très attaché est arrivée à temps pour les funérailles avec deux neveux. Sa dernière lettre, écrite le 23 novembre, portait sur la libération des esclaves et sur leur prise en charge après leur libération. Nous recommandons le grand apôtre à la miséricorde de Dieu, et nous rendons grâce pour son grand effort missionnaire dans l’annonce de l’Evangile aux nations africaines.

En 1992, la Province d’Irlande a organisé un séminaire sur le thème du Racisme : un défi croissant pour les chrétiens, dans le contexte de la Journée missionnaire de Maynooth. Il y a eu un certain nombre de contributions assez radicales. Je voudrais cependant attirer l’attention sur le discours d’ouverture du cardinal Cahal Daly, qui était alors archevêque d’Armagh. Il connaissait les Pères Blancs parce que nous avions une maison pour la mission et l’animation vocationnelle dans son diocèse. Il avait aussi permis à quatre de ses prêtres de venir au diocèse de Chipata en 1981 et c’est là qu’il a rencontré les Pères blancs, sur le terrain, pour ainsi dire. Lorsque la province a décidé d’organiser et d’accueillir ce séminaire, il était naturel que nous pensions à lui pour prononcer le discours d’ouverture. Il m’a invité à lui donner des informations sur l’homme lui-même, ce que j’ai été heureux de faire. Quand il m’a demandé si nous allions commencer un processus de canonisation, je lui ai plus ou moins dit « pas dans votre vie ». C’était en 1992. Personne à l’époque ne considérait Lavigerie comme un grand maître spirituel jusqu’à ce que Dominique Nothomb écrive en 1998 un livre intitulé « Cardinal Lavigerie : un maître spirituel ». Voici quelques extraits du Cardinal Daly et vous pouvez voir ce qu’il pense de mes commentaires.

Je suis heureux d’avoir l’occasion de rendre hommage au cardinal Lavigerie et à son œuvre pour le Royaume de Dieu et aux Pères Blancs et aux Sœurs Blanches. Le cardinal Lavigerie est mort il y a cent ans cette année. Si ses fils et filles spirituels, les Missionnaires d’Afrique, admettent modestement qu’il n’était pas candidat à la canonisation, ni saint, je ne suis pas convaincu que les candidats à la canonisation ou à la sainteté doivent être parfaitement exempts de défauts ou même de péchés, qu’ils doivent être totalement exempts de faiblesse humaine ou de défaut psychologique. Je suggère que la liste des saints soit réduite au point de disparaître si c’était le cas. Je pense ou j’espère que la vertu héroïque exigée par le processus de canonisation n’est pas la perfection, mais plutôt la lutte contre l’imperfection. Ce n’est pas l’absence de péché, mais plutôt la repentance du péché et une lutte quotidienne pour la conversion. Et il me semble que si, de facto, Lavigerie ne peut être proposé à la canonisation, rien dans sa vie ou son caractère, ni même tous ses petits défauts, n’exclut en principe la canonisation. C’était certainement un homme de Dieu et un homme formidable, « un homme formidable » (sic), dans tous les sens du terme.

Mais je place le plan de Dieu en premier, car c’est son désir de se donner entièrement à Dieu qui l’a motivé à mobiliser ses immenses énergies et talents, à maîtriser son orgueil, son tempérament, ses sautes d’humeur, même ce qu’on a appelé son impitoyabilité et à se consacrer entièrement à la gloire de Dieu et de son royaume. Et si, comme le disait saint Irénée, la gloire de Dieu est l’homme et la femme pleinement vivants, alors Lavigerie était dans sa personne ainsi que dans son œuvre de vie une manifestation de la gloire de Dieu. Il a vécu pleinement sa vie.

[…]

Lavigerie allait devenir un géant missionnaire. Quelque chose de son caractère se révèle dans ces mots qu’il a écrits à l’époque à ses confrères évêques de France : « Il serait sans doute plus facile de vivre à Lyon, mais il serait plus facile de mourir à Alger, même et surtout s’il y a beaucoup à souffrir, comme je le présume. »

[…]

Lavigerie était peut-être ou non un saint, mais il a placé la sainteté devant sa famille missionnaire comme but et tâche première : le centre de leur formation et de leur vie. Il aurait été d’accord avec Jean-Paul II pour dire que le vrai missionnaire est le saint. Redemptoris Missio a déclaré : « L’élan renouvelé vers la mission ad gentes exige des missionnaires saints. Il ne suffit pas de mettre à jour les techniques pastorales, d’organiser et de coordonner les ressources ecclésiales et d’approfondir les fondements bibliques et théologiques. Ce qu’il faut, c’est encourager un nouvel ordre de sainteté parmi les missionnaires et la communauté chrétienne, en particulier ceux qui travaillent plus étroitement avec eux ».

J’ai trouvé que les Pères Blancs et les Sœurs Blanches que j’ai rencontrés en Zambie étaient des hommes et des femmes de prière. J’ai trouvé qu’ils étaient aussi des hommes et des femmes de joie. Avec les Pères Blancs et les Sœurs Blanches aujourd’hui, en cette commémoration du Cardinal Lavigerie, nous nous rassemblons dans l’espérance et la prière pour l’avènement d’un nouvel âge missionnaire. Nous le faisons symboliquement dans la chambre haute avec Marie, la Mère de Jésus, afin, selon les paroles du Pape Jean-Paul II, de prier pour l’esprit et de gagner force et courage pour accomplir le mandat missionnaire. Le travail de Lavigerie doit continuer. Le Royaume de Dieu nous a dépassés. Nous ne devons pas le laisser passer.

(Cardinal Cahal Daly, Opening address of Maynooth Seminar on Racism, in Racism: a growing challenge to Christians, edited by Chris O’Doherty M.Afr. 1992)

Bonne fête du Cardinal !

Session sur la Prévention

Du 29 octobre au 9 novembre, les délégués à la Protection des enfants et des adultes vulnérables étaient conviés à un atelier de formation. Certains avaient déjà participé au premier atelier l’année passée et n’ont donc participé qu’à la deuxième semaine. Mais les « nouveaux » ont dû d’abord être mis à niveau pendant la première semaine pour être capable de suivre avec les autres la session d’approfondissement. Ci-dessous vous verrez une photo du premier groupe et un court compte-rendu de Jean Lamonde, délégué pour notre communauté à Rome. Et plus bas, la photo de groupe des délégués presque au complet. En effet, Joseph Makoka, atteint d’une légère malaria, était devenu le centre d’attraction des apprenti-docteurs d’un hôpital universitaire de Rome.

Sept confrères ont participé à la session sur l’Intégrité du Ministère et Protection des Mineures et des Personnes Vulnérables à Rome. Au cours de la semaine plusieurs sujets ont été abordés. Les premiers jours ont été consacrés aux différentes notions et définitions de l’abus sexuel, mineurs et personnes vulnérables. Ensuite l’attention a été tournée vers les victimes, leurs souffrances ainsi qu’aux auteurs d’abus sexuel. La réflexion a aussi porté sur l’attitude à suivre pour accompagner les victimes, les écouter et les soutenir. La politique de la société ainsi que le rôle du délégué à la protection de l’enfance ont été bien décrits et expliqués. Finalement les différentes procédures à suivre en cas d’abus sexuel d’un mineur ou personne vulnérable ont été présentées.

Voilà donc une brève description de la première initiation prodiguée aux nouveaux délégués pour la protection des mineures. Cette initiation sera certainement des plus utiles et car elle a aussi pour but de présenter aux participants un minimum de matériel pour poursuivre leur propre formation une fois de retour à leur différent poste.

Jean Lamonde

Pourquoi évangéliser ?

Dans le cadre des Conférences Romaines du 150ème anniversaire, Monseigneur Richard Baawobr M.Afr., évêque de Wa (Ghana), nous a entretenu de la nécessité de continuer à évangéliser aujourd’hui. Le texte complet de son intervention est téléchargeable ci-dessous.

Texte de la conférence de Mgr Richard Baawobr

 
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Nouvelles de Rémi Caucanas

Chers amis, Pères Blancs et ami(e)s de la Société des Missionnaires d’Afrique,

Je me permets d’attirer votre attention sur le dernier numéro de la revue Etudes (Novembre 2018, n°4254) dans lequel a été publié le texte tiré de mon intervention à la Maison Généralice de la Société à Rome, l’année dernière.

L’article est intitulé « A la rencontre des musulmans. L’apport singulier de la Société des Missionnaires d’Afrique » (pp. 67-80). Vous y retrouverez les figures de Henri Marchal, Jacques Lanfry et Etienne Renaud.

Au plaisir de lire vos commentaires et d’avoir de vos nouvelles.

PS/ Pour ceux d’entre vous qui le connaissent, Paolo qui est lui aussi un grand ami de la Société, a fêté hier ses trois ans.

Rémi CAUCANAS

Rémi réside au Kénya où son épouse est diplomate du gouvernement italien auprès du gouvernement kényan.

Mgr Willy Ngumbi au Synode sur les jeunes

A la maison généralice, le mercredi 31 octobre 2018, notre confrère, Mgr Willy Ngumbi, nous a partagé son expérience de participant au synode des évêques sur les jeunes, qui vient de se terminer au Vatican.

Témoignage de Vicky Chiharhula

Dans le cadre des Conférences Romaines, Soeur Vicky Chiharhula, smnda, nous entretient de son expérience comme agent pastorale auprès des migrants en Sicile. Ci-dessous, vous trouverez l’enregistrement audio de son partage, ainsi qu’un article publié par Bernard Ugeux sur son blog.

 
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Les « sœurs du monde » :
une équipe internationale de consacrées sur le terrain

Le pape François a demandé l’an dernier aux religieux de s’engager dans l’accueil des migrants. Les missionnaires d’Afrique en ont accueillis dans leur Maison Généralice à Rome. Les jésuites ont un important centre d’accueil au Vatican. A la demande de l’Union des Supérieurs Majeures, des congrégations féminines comme les Sœur Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches) ont décidé de participer à une équipe inter-congrégationnelle et internationale en vue d’accueillir les migrants qui débarquant en Sicile. Ces migrants arrivent aussi de l’Afrique et, pour eux, être accueillis par une religieuse africaine qui peut mieux comprendre leur drame est un précieux soulagement.

Vicky Chiharhula SMNDA, Conglaise, partage les premiers pas de cette équipe.
Mission auprès des migrants en Sicile.
Nous sommes arrivées en Sicile le 14/12/2015, de cinq Congrégations de nationalités différentes : Argentine, Erythrée, Inde, Pologne et République Démocratique du Congo. Nous étions très bien accueillies de tous dans le diocèse d’Agrigento et au-delà. Dès le début, le cardinal Francesco Montenegro, archevêque d’Agrigento a voulu une communauté qui, par sa vie, puisse témoigner que c’est possible de vivre heureuses tout en étant différentes. « Le plus important n’est pas ce que vous ferez, mais le témoignage d’une vie commune heureuse » disait-il. En vivant unies malgré nos différences (cultures, charismes/spiritualités, races, langues), nous cherchons à bâtir des ponts entre la population sicilienne qui nous accueille et les migrants qui viennent des diverses cultures, races, religions, langues et nations. Plusieurs personnes nous appellent « les sœurs du monde »
Nous sommes encore à nos premiers pas dans l’effort de la connaissance mutuelle en communauté ainsi que celui de la connaissance de la culture sicilienne qui nous est totalement inconnue et différente des nôtres. Nous vivons dans notre chair ce que signifie « être migrant », comme le vivent ceux qui sont venus des différents coins du monde. L’unique et grande différence est que nous, nous l’avons librement choisi pour le Christ et sa mission.    
Notre vie communautaire est en quelque sorte une mission en soi. Nous souhaitons bâtir une communauté qui reflète la beauté de la fraternité universelle dans la différence. Cela n’est va pas de soi…
Tous ceux qui viennent nous voient ou qui entendent parler de notre expérience disent que c’est un signe de l’Esprit pour l’avenir de la vie religieuse. Nous sentons un appel pressent d’obéir à l’Esprit de Dieu et de le laisser accomplir en nous l’œuvre du Père. Nous cherchons encore la meilleure manière de nous engager concrètement, pour bâtir des ponts solides entre nous et avec tant d’autres.
Pendant que nous découvrons le milieu et sa réalité, nous faisons de petites choses : présence au port à l’arrivée des migrants, formation pour l’écoute et stage dans les centres d’écoute du diocèse, visites des migrants hospitalisés et sur la rue, etc..
Même si dans notre groupe il y a plusieurs langues, l’Italien reste un grand défi. Nous devons bien le connaître pour pouvoir faciliter la communication entre les uns et les autres. Il nous faut fournir beaucoup d’effort à cet effet.
Nous sommes très reconnaissantes envers toutes les personnes qui nous soutiennent de diverses manières. Puisse le Seigneur nous accorder la grâce de mettre en commun la richesse de nos cultures et de nos charismes, pour être un signe visible de son règne d’amour, d’unité et de miséricorde sur cette terre sicilienne !

Bernard Ugeux sur son Blog :

La Vie – Lettres d’Afrique – Un regard bienveillant et exigeant sur une Afrique qui souffre et se déploie

Bonne fête à tous

Le 18 octobre 1868 s’est ouvert le premier noviciat avec sept candidats à la « Maison Rostan » à Ben-Aknoun sur les hauteurs d’El Biar en Algérie. Ce jour marque la naissance de notre Société que nous allons commémorer le 8 décembre, fête de la Société, jour qui ouvrira l’année jubilaire de nos deux Instituts missionnaires.

Stanley Lubungo, M.Afr,
Supérieur général

Pape François avec les jeunes au Synode

Le 6 octobre, une rencontre entre le Pape, les Pères synodaux (Synode sur la jeunesse) et les jeunes avait lieu à la Salle Paul VI (Aula Paolo VI) au Vatican. Deux heures de témoignages de jeunes, de chants de très grande qualité et de rencontre avec le Pape. De toute beauté !