Synodalité

Tu as dit... SYNODALITÉ ?

Il l’avait en tête depuis longtemps, nous l’avons lu, nous en avons parlé, nous en avons discuté… Maintenant, le Pape François a déclaré le processus actif. Mais sommes-nous clairs sur ce qu’est ce Synode sur la Synodalité ? Voici une sélection de trois vidéos, assez éclairantes sur le sujet. La première est proposée par la Conférence des Jésuites d’Afrique et de Madagascar et l’AMECEA. Certaines parties sont en anglais, d’autres en français. La seconde, datant de 2018, est un documentaire de la chaîne catholique française KTO, qui aborde très clairement le concept de synodalité. Il est évidemment en français. La troisième vidéo est réalisée par un célèbre journaliste et auteur catholique britannique, qui présente également très clairement l’esprit du pape François sur le processus de la Synodalité. Et évidemment, cette vidéo est en anglais. 

Le pape François a inauguré le chemin vers le synode sur la Synodalité. « C’est un processus qui implique les Églises locales, en différentes phases et de bas en haut, dans un effort passionnant et mobilisateur qui peut faire émerger un style de communion et de participation orienté vers la mission. » – Le Pape François Soucieux d’enrichir notre  » cheminement ensemble  » en tant que peuple de Dieu pèlerin et missionnaire, la Conférence jésuite d’Afrique et de Madagascar (JCAM) s’associe à l’Association des conférences épiscopales membres d’Afrique orientale (AMECEA) pour fournir des ressources qui permettront aux Églises locales, dans la région et dans toute l’Afrique, de s’engager de manière fructueuse et constructive dans ce processus synodal. Dans cette édition, nous avons demandé à quelques religieux et jeunes africains ce que signifie la synodalité pour eux.

La Foi prise au mot vous propose d´évoquer un thème dont nous n´aurions pas parlé il y a quelques années et qui devient de plus en plus important dans l´Église : la synodalité. Mode de gouvernement traditionnel dans l´Église, appelé de ses vœux par le concile Vatican II, largement promu par le Pape François avec des demandes de plus en plus fortes exprimées par les fidèles, ceux qu´on nomme parfois « les chrétiens de base ». C’est le thème dont discutent en ce moment les théologiens de l´Église, tandis que les diocèses et leurs évêques essaient d´en mettre en place le principe. Alors qu´est-ce que la synodalité ? Pourquoi est-ce un thème d´actualité ? En quoi cela correspond à la mission de l´Église ? Pour parler de ce sujet, Régis Burnet recevra Arnaud Join-Lambert, théologien et professeur à l´université catholique de Louvain, et Isabelle Morel, maître de conférences à l´Institut catholique de Paris et directrice adjointe de l’Institut supérieur de pastorale catéchétique. (La Foi prise au Mot du 18/11/2018.)

Austen Ivereigh est un journaliste catholique romain basé au Royaume-Uni, auteur, commentateur et biographe du pape François. Dans cette très bonne vidéo, il explique et commente la vision du pape François pour une Église synodale. (24 juin 2021)

Message du Saint-Père pour le Carême 2021

Message du Saint-Père pour le Carême 2021

« Voici que nous montons à Jérusalem… » (Mt 20, 18)

Le Carême : un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité

Chers Frères et Sœurs,

En annonçant à ses disciples sa Passion, sa mort et sa résurrection, accomplissant ainsi la volonté de son Père, Jésus leur révèle le sens ultime de sa mission et il les appelle à s’y associer, en vue du salut du monde.

En parcourant le chemin du Carême, qui nous conduit vers les célébrations pascales, nous faisons mémoire de Celui qui nous a aimés « devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » (Ph 2,8). Dans ce temps de conversion, nous renouvelons notre foi, nous puisons « l’eau vive » de l’espérance et nous recevons le cœur ouvert l’amour de Dieu qui fait de nous des frères et des sœurs dans le Christ. Dans la Nuit de Pâques, nous renouvellerons les promesses de notre baptême pour renaître en hommes et femmes nouveaux par l’intervention du Saint Esprit. L’itinéraire du Carême, comme l’itinéraire chrétien, est déjà entièrement placé sous la lumière de la résurrection, qui inspire les sentiments, les attitudes ainsi que les choix de ceux qui veulent suivre le Christ.

Le jeûne, la prière et l’aumône, tels que Jésus les présente dans sa prédication (cf. Mt 6, 1-18) sont les conditions et les expressions de notre conversion. Le chemin de la pauvreté et du manque (le jeûne), le regard et les gestes d’amour vers l’homme blessé (l’aumône), et le dialogue filial avec le Père (la prière), nous permettent d’incarner une foi sincère, une vivante espérance et une charité active.

    1. La foi nous appelle à accueillir la Vérité et à en devenir des témoins, devant Dieu et devant tous nos frères et sœurs.

Pendant ce temps du Carême, recevoir et vivre la Vérité manifestée dans le Christ c’est avant tout se laisser toucher par la Parole de Dieu et qui nous est transmise, de générations en générations, par l’Eglise. Cette Vérité n’est pas une construction de l’esprit qui serait réservée à quelques intelligences supérieures ou séparées. Elle est un message que l’on reçoit et que l’on peut comprendre grâce à l’intelligence du cœur ouvert à la grandeur de Dieu qui nous aime, avant que nous-mêmes en ayons conscience. Cette Vérité c’est le Christ lui-même, qui, en assumant pleinement notre humanité, s’est fait Voie – exigeante, mais ouverte à tous – conduisant à la plénitude de la Vie.

Le jeûne, vécu comme expérience du manque, conduit ceux et celles qui le vivent dans la simplicité du cœur à redécouvrir le don de Dieu et à comprendre notre réalité de créatures à son image et ressemblance qui trouvent en lui leur accomplissement. En faisant l’expérience d’une pauvreté consentie, ceux qui jeûnent deviennent pauvres avec les pauvres et ils « amassent » la richesse de l’amour reçu et partagé. Compris et vécu de cette façon, le jeûne nous aide à aimer Dieu et notre prochain car, comme Saint Thomas d’Aquin l’enseigne, il favorise le mouvement qui amène à concentrer l’attention sur l’autre en l’identifiant à soi-même (cf. Enc. Fratelli tutti, n. 93).

Le Carême est un temps pour croire, c’est-à-dire pour recevoir Dieu dans notre vie et pour le laisser “établir sa demeure” en nous (cf. Jn 14, 23). Jeûner consiste à libérer notre existence de tout ce qui l’encombre, même de ce trop-plein d’informations, vraies ou fausses, et de produits de consommation pour ouvrir la porte de notre cœur à celui qui vient jusqu’à nous, pauvre de tout mais « plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14) : le Fils du Dieu Sauveur.

    1. L’espérance, comme “eau vive” qui nous permet de continuer notre chemin

La Samaritaine à qui Jésus demande à boire au bord du puit ne comprend pas lorsqu’il lui dit qu’il peut lui offrir une “eau vive” (Jn 4, 10). Au début, elle pense naturellement à l’eau matérielle. Mais Jésus parle de l’Esprit Saint qu’il offrira en abondance dans le Mystère pascal et qui nous remplira de l’espérance qui ne déçoit pas. Lorsqu’il évoque sa passion et sa mort, Jésus annonce déjà l’espérance en disant : « Le troisième jour, il ressuscitera » (Mt 20, 19). Jésus nous parle de l’avenir grand ouvert par la miséricorde du Père. Espérer, avec lui et grâce à lui, c’est croire que l’histoire n’est pas fermée sur nos erreurs, nos violences, nos injustices et sur le péché qui crucifie l’Amour. Espérer c’est puiser le pardon du Père de son Cœur ouvert.

Dans le contexte d’inquiétude que nous vivons, où tout apparaît fragile et incertain, parler d’espérance pourra sembler provocateur. Le temps du Carême est un temps pour espérer, pour tourner de nouveau le regard vers la patience de Dieu qui continue de prendre soin de sa Création, alors même que nous l’avons souvent maltraitée (cf. Laudato si’, nn. 32, 33, 43, 44). C’est l’espérance en la réconciliation à laquelle Saint Paul nous exhorte avec passion : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co 5, 20). En recevant le pardon, dans le sacrement qui est au cœur de notre démarche de conversion, nous devenons, à notre tour, des acteurs du pardon. Nous pouvons offrir le pardon que nous avons-nous-mêmes reçu, en vivant un dialogue bienveillant et en adoptant un comportement qui réconforte ceux qui sont blessés. Le pardon de Dieu permet de vivre une Pâque de fraternité aussi à travers nos paroles et nos gestes.

Pendant ce Carême, appliquons-nous à dire « des mots d’encouragements qui réconfortent qui fortifient, qui consolent, qui stimulent » au lieu de « paroles qui humilient, qui attristent, qui irritent, qui dénigrent » (Enc. Fratelli tutti [FR], n. 223). Parfois, pour offrir de l’espérance, il suffit d’être « une personne aimable, […], qui laisse de côté ses anxiétés et ses urgences pour prêter attention, pour offrir un sourire, pour dire une parole qui stimule, pour rendre possible un espace d’écoute au milieu de tant d’indifférence » (ibid., n. 224).

Dans le recueillement et la prière silencieuse, l’espérance nous est donnée comme une inspiration et une lumière intérieure qui éclaire les défis et les choix de notre mission. Voilà pourquoi, il est déterminant de se retirer pour prier (cf. Mt 6, 6) et rejoindre, dans le secret, le Père de toute tendresse.

Vivre un Carême d’espérance, c’est percevoir que nous sommes, en Jésus-Christ, les témoins d’un temps nouveau, dans lequel Dieu veut « faire toutes choses nouvelles » (cf. Ap 21, 1-6). Il s’agit de recevoir et d’offrir l’espérance du Christ qui donne sa vie sur la croix et que Dieu ressuscite le troisième jour : « Soyez prêts à répondre à qui vous demande à rendre raison de l’espérance qui est en vous » (1P 3, 15).

    1. La charité, quand nous la vivons à la manière du Christ, dans l’attention et la compassion à l’égard de chacun, est la plus haute expression de notre foi et de notre espérance.

La charité se réjouit de voir grandir l’autre. C’est la raison pour laquelle elle souffre quand l’autre est en souffrance : seul, malade, sans abri, méprisé, dans le besoin… La charité est l’élan du cœur qui nous fait sortir de nous-mêmes et qui crée le lien du partage et de la communion.

« Grâce à l’amour social, il est possible de progresser vers une civilisation de l’amour à laquelle nous pouvons nous sentir tous appelés. La charité, par son dynamisme universel, peut construire un monde nouveau, parce qu’elle n’est pas un sentiment stérile mais la meilleure manière d’atteindre des chemins efficaces de développement pour tous » (FT, n. 183).

La charité est don. Elle donne sens à notre vie. Grâce à elle, nous considérons celui qui est dans le manque comme un membre de notre propre famille, comme un ami, comme un frère. Le peu, quand il est partagé avec amour, ne s’épuise jamais mais devient une réserve de vie et de bonheur. Ainsi en fût-il de la farine et de l’huile de la veuve de Sarepta, quand elle offrit la galette au Prophète Elie (cf. 1R 17, 7-16). Ainsi en fût-il des pains multipliés que Jésus bénit, rompit et donna aux apôtres pour qu’ils les offrent à la foule (cf. Mc, 6, 30-44). Ainsi en est-il de notre aumône, modeste ou grande, que nous offrons dans la joie et dans la simplicité.

Vivre un Carême de charité, c’est prendre soin de ceux qui se trouvent dans des conditions de souffrance, de solitude ou d’angoisse à cause de la pandémie de la Covid-19. Dans l’impossibilité de prévoir ce que sera demain, souvenons-nous de la parole adressée par Dieu à son Serviteur : « Ne crains pas, car je t’ai racheté » (Is 43, 1), offrons avec notre aumône un message de confiance, et faisons sentir à l’autre que Dieu l’aime comme son propre enfant.

« Ce n’est qu’avec un regard dont l’horizon est transformé par la charité, le conduisant à percevoir la dignité de l’autre, que les pauvres sont découverts et valorisés dans leur immense dignité, respectés dans leur mode de vie et leur culture, et par conséquent vraiment intégrés dans la société » (FT, n. 187).

Chers frères et sœurs, chaque étape de la vie est un temps pour croire, espérer et aimer. Que cet appel à vivre le Carême comme un chemin de conversion, de prière et de partage, nous aide à revisiter, dans notre mémoire communautaire et personnelle, la foi qui vient du Christ vivant, l’espérance qui est dans le souffle de l’Esprit et l’amour dont la source inépuisable est le cœur miséricordieux du Père.

Que Marie, Mère du Sauveur, fidèle au pied de la croix et au cœur de l’Eglise, nous soutienne par sa présence prévenante et que la bénédiction du Ressuscité nous accompagne dans ce chemin vers la lumière de Pâques.

Donné à Rome, près de Saint Jean de Latran, 11 novembre 2020, mémoire de Saint Martin de Tours

Homélie du Supérieur général le 8 décembre

Homélie du Supérieur général le 8 décembre

"Sous la protection de Marie Immaculée Reine d'Afrique"

Alors que tous les Missionnaires d’Afrique, ainsi que leurs sœurs, les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, célébraient, à travers le monde, la fête de l’Immaculée Conception de Marie, fête officielle de nos deux instituts, les deux communautés de Rome célébraient autour des deux Supérieures générales et de leur conseil. Voici l’homélie prononcée ce jour-là par le Père Stan Lubungo.

Le 8 décembre, nous célébrons la fête de l’Immaculée Conception de Marie en communion avec toute l’Église. C’est aussi la fête patronale de notre Société et celle de nos Sœurs, les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique car notre Fondateur avait, dans les premières années de notre histoire, placé nos deux instituts sous la protection de Marie Immaculée Reine d’Afrique. A cette occasion, notre communauté du Généralat est en communion de prière avec tous nos confrères où qu’ils soient dans le monde, les confiant à l’intercession de Notre Dame que nous invoquons comme notre protectrice. En tant que disciples de Jésus, nous accueillons la Vierge Marie comme notre mère à qui Jésus nous a présentés comme ses enfants (voir Jean 19, 26). Comme toutes nos bonnes mamans, la Vierge Marie nous prodigue fidèlement les soins maternels qu’elle a eus pour son fils Jésus. Alors que nous célébrons notre fête patronale, nous contemplons également notre fraternité avec Jésus avec qui nous sommes, en tant que ses disciples, fils de Marie.

L’Immaculée Conception de Marie est l’un de ces enseignements de l’Église que nous avons du mal à établir clairement à partir des Écritures. L’Évangile d’aujourd’hui (Luc 1, 26-38) invite davantage à une réflexion sur la conception virginale de Jésus que sur l’Immaculée conception de sa mère. Cependant, il me semble que la deuxième lecture (Ephésiens), qui ne mentionne pas la Vierge Marie, nous fournit un terrain possible, significatif et intéressant pour saisir le sens de la fête d’aujourd’hui, non seulement pour la Vierge Marie mais aussi pour nous tous. Il serait inutile que nous célébrions la Vierge Marie pour elle-même et que la fête d’aujourd’hui n’ait rien à voir avec nous.

Dans la perspective offerte par la deuxième lecture, Marie participe à la volonté éternelle de Dieu qui « nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour ! » Loin d’être une chose exclusivement réservée à la Vierge Marie, l’appel à être sainte et irréprochable, l’Immaculée Conception semble, dès avant la fondation du monde, être destinée à tous.

Notre expérience est cependant différente. La nôtre est celle de la première lecture (Genèse 3, 9-15. 20). C’est une expérience marquée par le péché, par la désobéissance à la volonté de Dieu, qui remonte à nos ancêtres Adam et Eve. Heureusement, la fête d’aujourd’hui est là pour nous rappeler que Dieu ne nous a pas abandonnés dans le péché, pour ainsi dire, nous avons hérité avec Ève, la mère de tous les vivants (et avec Adam le père de tous les vivants). Avec Marie, la nouvelle Ève comme l’appelait Irène de Lyon, il y a une création quelque peu nouvelle. C’est assez frappant. Les études de mariologie démontrent suffisamment comment, dans la Vierge Marie, Dieu établit un nouveau départ. Des mariologistes réputés s’accordent à dire que l’Évangile selon Luc décrit les débuts de la vie de Jésus presque entièrement en termes de l’Ancien Testament, afin de montrer de l’intérieur que l’événement de Jésus est l’accomplissement de ce qu’Israël espérait. En effet, les mots avec lesquels l’Ange salue Marie sont étroitement liés à ceux utilisés par le prophète Sophonie s’adressant à la Jérusalem rachetée des temps eschatologiques (Sophonie 3, 14 – Chante à haute voix, fille de Sion, crie, Israël ! Réjouis-toi et exulte de tout ton cœur, ô fille de Jérusalem !) Dans la péricope de l’Evangile proposé aujourd’hui, Luc reprend également des paroles de bénédiction qui servaient à saluer des femmes célèbres d’Israël comme Judith à qui Ozias dit : O ma fille, tu es bénie par le Dieu très haut placé au-dessus de toutes les autres femmes ; et béni soit le Seigneur Dieu, qui a créé le ciel et la terre (voir Juges 5:24 ; Jdt 13:18).

La Vierge Marie est ainsi dépeinte comme le saint reste d’Israël, la vraie Sion, vers laquelle tout le monde a levé les yeux avec espoir au milieu des misères de son histoire. Dans l’Évangile de Saint Luc, le nouvel Israël commence avec Marie. Elle est la « fille de Sion » en qui Dieu établit un nouveau commencement. Marie apparaît comme la mère de tous ceux qui sont appelés à vivre en Jésus-Christ.

La fête de l’Immaculée Conception de Marie révèle l’accomplissement du projet de Dieu pour que l’humanité soit sainte et irréprochable par Jésus-Christ. La Vierge Marie n’est-elle pas l’exemple parfait de ce que chacun de nous est appelé à être ? Contrairement à Eve, elle est obéissante à la volonté de Dieu. Marie ne doit pas seulement être vénérée, elle est aussi un modèle de vie. En modelant notre vie sur la sienne, nous accomplirons notre vocation d’êtres humains, appelés à être saints en restant attentifs et obéissants à la volonté de Dieu et par notre constance dans la foi.

Stanley Lubungo, M.Afr

De nombreux confrères ont prêté serment lors de la fête de l’Immaculée Conception. Bonne fête à tous. Parmi eux, notre supérieur général, Stan Lubungo, et Stephen Ofonikot, qui ont célébré 24 ans de serment missionnaire.

La journée du Cardinal 2020

La journée du Cardinal 2020

A dix jours de la fête de la Société, l’anniversaire de la mort du Cardinal Lavigerie est toujours un moment privilégié pour remettre la première place à celui qui a eu la vision pour notre Mission. Le père André-Léon Simonart nous a donné l’homélie lors de la messe solennelle de la fête du cardinal.

Comme le dit Qohélet, il y a un temps pour toute chose sous le ciel. Nous avons vécu le temps des préparations de notre jubilé, puis le temps des célébrations et nous voilà rendus au temps des chantiers. Chantiers qui sont les engagements de nos Instituts missionnaires dynamisés par les célébrations du 150e anniversaire. Un dynamisme qui s’articule autour du charisme et des interpellations aujourd’hui venant particulièrement d’Afrique.

Tel un veilleur, je distingue trois chantiers. Le premier se situe au niveau de la planète, de « notre maison commune », comme l’appelle le pape François. Il concerne un projet étalé sur sept ans en vue de la réalisation au niveau planétaire d’une écologie intégrale. Chantier où nous œuvrons avec toute l’Église et avec toutes les personnes de bonne volonté, tous prenant part à la campagne « Laudato sí’ en action » dont Andreas et le Conseil nous ont parlé.

Le second chantier est déjà en bonne voie de réalisation, car les premières Sœurs Blanches et les premiers confrères se mettent en route ces jours-ci. Ce chantier concerne le projet que nos Instituts ont voulu. Ils l’ont choisi pour marquer, de façon apostolique et durable, le jubilé des 150 ans de notre fondation. Un projet aux périphéries, auprès de réfugiés dans le nord de l’Ouganda.

Le troisième chantier, particulier à chacun de nos deux Instituts, concerne l’appropriation du charisme que le cardinal Lavigerie nous a légué.

Au cours du Conseil plénier, en novembre dernier, à Kampala, le Frère Réginald, Xavérien, nous a fait un exposé magistral sur le charisme. En fin de journée, il a posé 4 questions :

    • La première concerne la spiritualité. Quelles sont les spiritualités qui ont marqué les intuitions spirituelles du cardinal Lavigerie ?
    • La seconde fait référence aux dispositions intérieures. Selon le cardinal Lavigerie quelles doivent être les dispositions de ceux qui veulent suivre le Christ comme Missionnaires d’Afrique ?
    • La troisième concerne la relation du missionnaire au Christ, « son unique et seul amour ». Selon le cardinal Lavigerie qu’est le Missionnaire d’Afrique face au Christ ?
    • La dernière découle des trois précédentes. Comment le Missionnaire d’Afrique ordonne-t-il sa vie, son quotidien ? Quel est son style de vie ?

En cette journée du Cardinal, reprenons l’une ou l’autre de ces questions. Il est vrai que notre mission est un peu spéciale. Nous sommes, ici à Rome, soit pour faire des études et peut-être pour nous préparer à un nouveau service, soit nous sommes pour des tâches dans l’administration générale de nos Instituts. Mais la mission, nous la vivons tous.

Rappelons-nous donc notre identité de missionnaires et d’apôtres comme l’a voulue notre Fondateur. La question n’est plus celle que Jésus a posée à Pierre, « Qui suis-je pour vous ? » mais qui suis-je face au Christ ? qui suis-je pour le Christ ? Ensuite, nous pouvons voir avec quelles dispositions intérieures, dans quel esprit nous assumons les tâches et responsabilités qui sont les nôtres maintenant.

L’évangile choisi pour aujourd’hui (Mt 28, 16-20) nous aide à nous souvenir de qui nous sommes pour le Christ ; la première lecture (1 Co 9, 16-23) nous rappelle le « tout à tous », cet idéal apostolique de Saint Paul sur lequel le cardinal est revenu si souvent et que lui-même a vécu si généreusement. Demandons-lui aujourd’hui de nous obtenir cette grâce.

Amen.

Fratelli Tutti

Fratelli Tutti

C’est le jour de la fête de Saint François d’Assise que le Pape François signe cette lettre encyclique qu’il a intitulée « Fratelli tutti », expression en italien tirée d’un écrit du Saint qui s’adressait « à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile ». C’est d’une « fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne… » dont va nous entretenir le Pape au long des 216 pages de cette encyclique.

Site de l’Eglise Catholique Française

Diverses nouvelles de la Maison Généralice

Diverses nouvelles de la Maison Généralice

Fin de la semaine passée, nous avons eu la session d’introduction à l’année pastorale ou académique.
Le thème de la session tel que formulé par Anthony Baaladong était :
 
« Financer la Mission de notre Société – Les défis actuels. »
 
Il y eut 3 présentations par Powerpoint  (avec à la fin, la remise d’un questionnaire à discuter) :
 
    1. Le rôle de nos familles dans le financement de l’apostolat
    2. Un style de vie simple – Responsabilité financière et transparence
    3. La solidarité à 4 niveaux :
      1. au niveau communautaire, c’est le Fonds communautaire ;
      2. au niveau provincial, c’est le Fonds d’entraide (Mutual Aids Fund);
      3. au niveau interprovincial, c’est l’ EVAF
      4. et pour les œuvres missionnaires en Afrique, c’est le Fonds de solidarité.

Discours du Père Stan Lubungo à la fin de la session d'ouverture

En début de cette nouvelle année…

Merci à Tony et Marcin pour l’animation de cette session qui marque pour notre communauté de la Maison généralice l’ouverture de l’année pastorale et académique. Merci particulièrement pour les riches exposés qui nous interpellent tous vivement. Nous sommes privilégiés de vivre dans une communauté qui met à notre disposition les biens nécessaires et de travailler dans des services qui ne manquent pas de moyens. En mars dernier, j’ai effectué une tournée dans le sahel et j’ai rencontré des confrères qui travaillent dans des conditions climatiques et socio-politiques que nous n’ignorons pas. Nous rappeler d’eux nous aiderait énormément à ajuster notre style de vie ici.

Je saisis l’occasion en ce début d’année pour remercier chacun de vous, au nom du Conseil général, pour les différents services que vous rendez généreusement à la Société. Durant cinq mois, quatre-vingt pourcent du Conseil général était absent de Rome et la maison est encore debout ! Un sincère merci à tous et à chacun.

Au début de cette année pastorale et académique, il convient que chacun se rappelle la mission qui est la sienne, sa raison d’être ici, c’est-à-dire les tâches que nous sommes, chacun, appelés à accomplir pour s’engager à observer la discipline qu’il faut pour les accomplir en termes d’horaires par exemple. Dans ce sens, il me semble important également de savoir nous respecter les uns les autres et d’aider à créer l’atmosphère qui favorise l’accomplissement de la mission confiée à chacun. Dans son message du 3 septembre 2020 à tous les confrères, le Conseil général a invité à « vivre notre engagement missionnaire avec plus de sens d’initiative, de créativité et avec passion ». C’est une invitation que nous devons faire nôtre pour entreprendre nos services avec plus d’engagement et de zèle.

Cette année, il y aura des changements dans la maison : les Sœurs de l’œuvre nous quitteront à la fin de l’année, après 55 années de service à la Maison généralice. Nous sommes reconnaissants pour leurs services rendus avec amour et dans la joie. Au moment voulu, nous trouverons le temps pour leur dire au revoir. Pour les remplacer, nous avons choisi de faire ce que plusieurs congrégations font de nos jours : recourir aux services d’une entreprise avec laquelle nous établirons un contrat de service. Cela demandera des ajustements et la collaboration de tous.

Le début d’une nouvelle année est une occasion pour revisiter notre projet communautaire. Il en existe un dans cette communauté. Il est donc souhaitable que nous prenions le temps de le regarder de nouveau et, surtout, que nous nous engagions davantage avec les moyens qui nous permettent de construire une vraie vie communautaire. Je crois que la construction d’une vie de communauté se fonde pour nous avant tout sur la prière commune et sur les autres moments de retrouvailles.

Je souhaite à chacun une fructueuse nouvelle année. Que Dieu notre Père nous donne les grâces nécessaires pour la vivre dans la paix et la joie, avec une bonne santé pour que nous sachions porter des fruits et que nos fruits demeurent et fassent avancer le Règne de Dieu en Afrique, dans le monde africain et dans le monde entier.

Stanley Lubungo, Supérieur général
Maison généralice, 26 septembre 2020

Ordinations 2020

Ordinations 2020

To keep you updated: with a green background, those already ordained - with an orange background, those who are due to be ordained.
Pour vous tenir au courant : sur fond vert, ceux qui sont déjà ordonnés - sur fond orange, ceux qui doivent être ordonnés.

Homélie du Supérieur Général en mémoire de Gotthard Rosner

« Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux » (Luc 10, 20)

Après notre retour des lieux où nous avons été bloqués durant le confinement occasionné par la pandémie de la Covid-19, nous avons, en tant que Conseil général, souhaité célébrer une messe en mémoire de tous nos confrères qui nous ont quitté depuis le début de la pandémie. Quand le 2 septembre 2020, le père Gotthard Rosner, Superior général de la Société de 1992 à 1998 est décédé nous avons décidé d’honorer sa mémoire et de prier pour lui ensemble avec tous les confrères décédé depuis le début des confinement. Ils sont au total 40 ! C’est beaucoup en six mois. Certains ont été emporté par la Covid-19. D’autres sont décédés suite à d’autres maladies. Mais tous ont eu en commun le fait de nous avoir quitté durant une période où l’organisation normale de leurs obsèques était impossible. Nous voulons dans cette célébration eucharistique prier pour eux tous au moment où nous recommençons nos activités ensemble à Rome.

Nous avons ressenti de la tristesse en apprenant leurs décès et surtout de ne pas pouvoir leur faire nos adieux de façon habituelle. Aujourd’hui c’est un chant d’action de grâce que nous adressons à Dieu pour leur longue vie donnée à la Mission en Afrique et pour le monde africain. Le plus jeune parmi eux en vie missionnaire compte 53 ans de serment missionnaire et le doyen 72 ans de serment. Comme les soixante-douze disciples envoyé par Jésus, ils étaient revenus tout joyeux racontant comment même les esprits mauvais leur étaient soumis en son nom. Et nous sommes témoins de ce qu’ils ont fait ! Ce n’est pourtant pas pour cela que nous nous réjouissons et que nous rendons grâce mais parce que leurs noms sont inscrits dans les cieux (Luc 10, 17-20). Nous rendons grâce à Dieu qui le premier, les a appelé et les a fait grandir dans leur amour pour lui et dans sa relation à lui. Ils reste pour nous avant tout témoins de cette foi.

Le père Gotthard Rosner, décédé le 2 septembre est le dernier en date, parmi les confrères, à retourner vers le Père. Il a été membre de notre communauté de la Maison Généralice en tant que Supérieur Général de la Société. En célébrant cette eucharistie pour lui et en y associant tous les autres confrères décédés ces derniers mois nous reconnaissons le rôle qu’il a joué dans sa mission au services des confrères et nous le symbolisons en plaçant les noms des autres confrères autour du sien. Parmi les noms de ceux pour qui nous prions ce soir figure celui du père Jean-Claude Ceillier avec qui il a été au Conseil général.

Le père Gotthard est connu par beaucoup de confrères pour avoir passé plusieurs années dans nos maisons de formation. Plusieurs confrères, mais aussi d’autres personnes qui l’ont connu, ont témoigné de son sens très humain et de la compassion qu’il éprouvait pour les gens envers lesquels nous sommes envoyés. Il était prêt à écouter et à accompagner. Homme au grand cœur, il a été pour plusieurs une source d’inspiration. En tant que Supérieur général, le père Gotthard a connu des moments très difficiles comme le génocide au Rwanda, la mort de nos confrères bienheureux à Tizi Ouzou et le renversement du régime de Mobutu en République Démocratique du Congo. Tous ces événements ont fortement touché les confrères missionnaires dans ces pays ainsi que la Société toute entière.

Que par la miséricorde divine les âmes de nos confrères défunts reposent en paix !

Stanley Lubungo
Supérieur général

In memoriam au temps du Covid-19

En mémoire du père Gotthard Rosner et des autres confrères décédés

À l’occasion de la rentrée pastorale 2020-2021, en mémoire du père Gothard Rosner, Supérieur général de la Société des Missionnaires d’Afrique de 1992 à 1998, décédé le 2 septembre 2020 et en mémoire de tous nos confrères décédés depuis la période des confinements, une messe sera célébrée dans la Chapelle de la Maison généralice de la Société à Rome le mercredi 16 septembre 2020 à 18:00 heures.

Nous vous invitons à vous unir, là où vous êtes, à notre prière pour nos confrères.

Stan Lubungo,
Supérieur Général

Confrères décédés depuis le début du confinement à Rome (9 mars 2020)

Gotthard Rosner02/09/2020
Bernhard Pehle01/09/2020
Jean Chardin26/08/2020
Maurice Gruffat21/08/2020
Wolfgang Büth20/08/2020
René Ledeul19/08/2020
Marc Deneckere10/08/2020
Paul Tremblay09/08/2020
Jean-Bernard Delannoy29/07/2020
Eugenio Bacaicoa A.21/07/2020
Pierre Landry13/07/2020
Wlly Delen04/07/2020
Alois Reiles21/06/2020
Gerald Stones21/06/2020
Josef Moser13/06/2020
Bernard Jobin12/06/2020
Justin Louvard09/06/2020
Lucen Van Wielendaele20/05/2020
Ger van Dieten17/05/2020
Marcel Amport15/05/2020
Karel Louwen22/04/2020
Jean-Pierre Claude15/04/2020
Bernard Vulkers14/04/2020
Michel Lelong10/04/2020
Bruno Chupin08/04/2020
Peter Kelly08/04/2020
Karl-Heinz Pantenburg07/04/2020
Johannes Tappeser06/04/2020
Paul Devigne06/04/2020
Anton Weidelener05/04/2020
Martínez López Antonio05/04/2020
Joannès Liogier03/04/2020
Fançois de Gaulle02/04/2020
Henri Frouin29/03/2020
Pierre Lafollie26/03/2020
Robert Laberge18/03/2020
Hans Gyr17/03/2020
Jean-Claude Ceillier16/03/2020
Maurice Redouin15/03/2020
Jan van Haandel12/03/2020

Jim Greene : le grand privilège de faire partie de Solidarité avec le Sud-Soudan

Jim Greene : le grand privilège de faire partie de Solidarité avec le Sud-Soudan

Voici une bonne interview du Père Jim Greene, M.Afr., sur le projet de l’Union des Supérieurs Généraux : Solidarité avec le Sud-Soudan. L’interview a été publiée dans la Newsletter de l’USG.