Émission de Cash Investigation sur la Pédophilie dans l’Église

Cette émission d’investigation présente une situation difficile au cœur de la vie de l’Église, la question de l’abus sexuel et des exfiltrations de prêtres vers des territoires de mission. Cette émission est d’un style assez « tonique », que certains pourraient qualifier « d’agressif ». Mais, malgré certaines imprécisions et parfois exagérations, cette émission reste un bon travail d’investigation sur une problématique pour laquelle l’Église refuse encore trop souvent de communiquer, c’est d’ailleurs ce que cette émission fait apparaitre assez clairement. J’ai participé à cette émission au titre de mon expertise sur le sujet, mais il ne faudrait pas croire que je cautionne toutes les techniques employées par l’équipe de Cash Investigation, par contre je leur suis reconnaissant d’avoir alerté le public français en particulier sur ces situations. Il est intéressant de voir que depuis l’émission, chaque jour on découvre dans la presse française qu’ici ou là tel ou tel prêtre est « mis en accusation », « signaler », « se dénonce », etc. Lorsqu’un système refuse d’avancer sur une telle question, il faut parfois des leviers extérieurs à ce système ; une telle émission peut jouer ce rôle de levier.

Stéphane Joulain, M.Afr., Ph. D.

P. Stéphane Joulain : « Les évêques doivent rendre des comptes sur leur lutte contre la pédophilie »

Le Père Stéphane Joulain, père blanc, psychothérapeute spécialisé dans le traitement des abus sexuels, a suivi en thérapie près de 200 pédophiles et donne dans différents pays de nombreuses formations en matière d’éducation et de prévention. À ses yeux, l’Église doit se doter d’instances de contrôle et collaborer étroitement avec les victimes, si elle veut véritablement instaurer une culture de lutte contre la pédophilie.

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Integrité du ministère : Session de Ouagadougou

A Ouagadougou, au Burkina Faso, 17 membres de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) se sont retrouvés du 30 janvier au 10 février 2017 pour une formation en français sur la protection des enfants et des adultes vulnérables. Les participants sont les délégués de leur société missionnaire venant des quatre coins de l’Afrique et de l’Amérique latine. Ils œuvrent dans leur pays de mission pour faire que les lieux de mission (paroisses, centre pastoraux, projets missionnaires, maisons de formation, etc.) soient des lieux sûrs pour les enfants et les adultes vulnérables. Certains confrères formateurs et aussi en responsabilité de gouvernance s’étaient joint à cette réunion. La formation fut organisée dans le cadre du partenariat signé entre le Centre pour la Protection des Enfants (CCP) de l’Université Grégorienne et la Société des Missionnaires d’Afrique (M.Afr.). La formation est co-animée par Stéphane Joulain et Bernard Ugeux, membres de la Société des Missionnaires d’Afrique et la Sœur Mary Lembo, CSC, membre du CCP à Rome.  Une formation identique en anglais avait déjà eu lieu en juillet 2016 à Nairobi au Kenya.

Témoignage de Musangu Betu Sylvain

Lorsque j’ai été choisi pour représenter le Mali à cette formation, j’étais très curieux de savoir le contenu. Je suis parmi ceux qui pensent que la Société en fait un peu trop. Tout en étant conscient de l’immoralité de l’abus sexuel sur les mineurs, je me demandais pourquoi poursuivre les confrères pour un acte commis il y a 20 à 30 ans ? Pourquoi condamner seulement les prêtres et où se trouve la responsabilité des présumées victimes? Plusieurs questions de ce genre en faveur des prêtres abuseurs trottinaient dans ma cervelle. Un autre confrère m’a dit « vous allez à la formation pour après faire la chasse aux confrères ». Je pense qu’il était opportun d’organiser cette formation pour les Délégués à la Protection des enfants et d’adultes vulnérables afin qu’ils soient en mesure de répondre judicieusement aux questions des confrères. Beaucoup de confrères ne maîtrisent pas assez cette problématique ainsi que la position de la société.

Les présentations, les différentes lectures, les cas étudiés et les partages en groupes m’ont ouvert l’esprit pour comprendre la portée de la problématique. Grand était mon étonnement de constater la complexité et la gravité du sujet. Maintenant je suis convaincu qu’abuser d’un/une mineur(e) est une chose exécrable qu’on puisse faire à un enfant. Les conséquences de l’abus et le traumatisme qu’il génère si la victime n’est pas soignée à temps ou si elle n’a pas la capacité de la résilience, voilà ce que beaucoup ignorent. Une formation comme celle-ci aide à comprendre pourquoi certaines victimes après tant d’années demandent que justice soit faite. On ne peut pas rester indifférent devant cette tragédie. Le seul sentiment légitime qu’on puisse avoir pour la victime c’est la compassion et la recherche d’une restauration. Ainsi j’ai compris pourquoi les formateurs n’ont cessé de nous rappeler que notre mission principale était celle de « protéger les mineurs et des personnes vulnérables ». Cette mission n’incombe pas seulement aux Délégués de la protection des enfants, mais à tout pasteur épris de justice, d’amour du prochain et de respect de la dignité de la personne humaine. Jésus notre maître, en voyant les injustices dans sa société, a pris l’option préférentielle pour les plus faibles. Il faut que les plus faibles de notre société trouvent auprès de nous pasteurs l’ombre de la protection. Il est plus qu’urgent de nous engager au niveau pastoral et spirituel à éradiquer ce fléau qui gangrène notre Église et nos milieux de vie.

Musangu Betu Sylvain, M.Afr.

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Pour les enfants du secret …

Il suffirait simplement
Qu’il m’appelle
Qu’il m’appelle
D’où vient ma vie certainement
Pas du ciel

Lui raconter mon enfance
Son absence
Tous les jours
Comment briser le silence
Qui l’entoure

Aussi vrai que de loin je lui parle
J’apprends tout seul à faire mes armes
Aussi vrai qu’j’arrête pas d’y penser
Si seulement je pouvais lui manquer
Est ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’amour n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement
Je pouvais lui manquer

Je vous dirais simplement
Qu’à part ça
Tout va bien
A part d’un père je ne manque
De rien
Je vis dans un autre monde
Je m’accroche
Tous les jours
Je briserai le silence
Qui m’entoure

Aussi vrai que de loin je lui parle
J’apprends tout seul à faire mes armes
Aussi vrai qu’j’arrête pas d’y penser
Si seulement je pouvais lui manquer
Est ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’un père n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement je pouvais lui manquer

Est ce qu’il va me faire un signe
Manquer d’un père n’est pas un crime
J’ai qu’une prière à lui adresser
Si seulement je pouvais lui manquer