Info-PAC n° 80 de Mars 2019

Voici quelques nouvelles de la Province d’Afrique Centrale – en français bien sûr – disponibles à partir du lien suivant : Téléchargements > BULLETINS > PAC Nouvelles

Avant d’imprimer le bulletin d’information, veuillez tenir compte de l’environnement et de la possibilité de lire le bulletin à partir de votre écran. Vous n’y êtes peut-être pas habitué, mais l’apprentissage est moins important que vous ne le pensez et l’impact sur l’environnement plus important que vous ne le pensez.

Côte d’Ivoire : Centre de protection à l’ICMA

Un Centre de Protection des mineurs et des personnes vulnérables a été ouvert au sein de l’Institut Catholique Missionnaire d’Abidjan, ICMA, en Côte d’Ivoire le 23 mars 2019. Cette initiative répond à l’appel du pape François d’assurer plus de protection aux enfants contre les abus sexuels.

Notre confrère, Stéphane Joulain, a donné plusieurs sessions sur la Protection des enfants et des personnes vulnérables aux étudiants de l’ICMA.

Lisez l’article de Marcel Ariston BLE, du service Français-Afrique de Vatican-News.

Lisez aussi l’article paru dans le quotidien français LaCroix Africa.

Eglise et pédophilie : récit d’une journée choc

C’est dans son diocèse d’origine cette fois que notre confrère Stéphane Joulain partage son expertise, très appréciée, avec des prêtres, religieux et laïcs engagés dans le diocèse. L’article ci-dessous est tiré du journal « Ouest-France » du 22 mars 2019. Son journaliste, Thomas Heng, avait été invité aux conférences et aux assemblées générales. Ce poste est réservé aux Missionnaires d’Afrique pour des raisons de copyright.

Le vicaire général du diocèse de Nantes, François Renaud. | OUEST-FRANCE

170 prêtres et laïcs se sont pressés à une formation de lutte contre les abus sexuels, mercredi, à Nantes. Sans discours convenus. Pour les catholiques. l’urgence est décrétée.

Mardi. à Rome. le pape François refusait la démission de l’archevêque de Lyon. le cardinal Philippe Barbarln, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs.

Quelques heures plus tard, à 1 500 kilomètres du Vatican. à la maison diocésaine de Nantes, 170 prêtres, diacres et laïcs missionnés participaient à une journée baptisée  » Luttons ensemble contre la pédophilie en Église », Sujet sensible et douloureux.

« Crise des abus sexuels »

Le diocèse, dans une démarche de transparence, a accepté notre présence. On redoutait un certain « ronron » Au contraire, ici, pas de discours pesés au trébuchet, de précautions oratoires, de circonvolutions.

Mettre le fer dans la plaie pour vider l’abcès de la « crise des abus sexuels ». L’intervenant venu de Rome, Stéphane Joulain. père missionnaire, psychothérapeute formé en criminologie, sait faire. Il est spécialiste de la lutte contre la pédophilie. « Régler le problème en autorisant le mariage du prêtre ? Mettre une femme dans le lit d’un pédophile n’a jamais réglé la question. » Le ton est donné.

« Pour beaucoup, constate-t-il, le synonyme de « prêtre » c’est devenu « pédophile ». L’Église essaye de régler ces questions depuis le… III° siècle. » À la pause déjeuner, il précise : « Si on applique toujours la même solution à un même problème en espérant le résoudre, on n’est pas loin de la folie. »

D’abord, donc, se départir de réflexes ancestraux. « Quand un père est mis en cause pour des abus sexuels, des paroissiens s’inquiètent de son moral plutôt que de la victime, déplore un religieux. Inversons le regard. » « Les catholiques sont un peu obsédés par… le pardon ». résume, lapidaire, Stéphane Joulain. Autrement dit, le pardon, c’est « un chemin ». pas un automatisme.

Un long chemin parfois. On écoute l’histoire de cette femme de 87 ans, qui a attendu de voir la mort venir, pour enfin parvenir à dire ses blessures. Pendant quatre-vingts ans, elle a porté seule le fardeau d’une agression vieille de sa première communion. Une ombre se lève, quitte la salle en larmes. « Des choses remontent…», glisse un participant.

Parler, parler, parler. Stéphane Joulain s’agace contre un autre réflexe observé dans les paroisses : la protection de l’institution : « Quelques fois. on transforme la victime en ennemi ! Mais le scandale arrive par ceux qui ont commis ces abus ! Pas par ceux qui les relaient. »

Derechef. une question monte dans la salle : quand même. « Les médias », ils exagèrent, non ? « Sans les journalistes, on en serait encore à balayer la poussière sous le tapis », réplique l’orateur.

A la pause nicotine, dans les couloirs. un prêtre du sud de Nantes. embraye : « Des fois, on s’inquiète plus de l’institution que des Évangiles. » Autour de lui, Grâce à Dieu, le film de François Ozon, consacré aux abus du père Preynat, fait beaucoup parler, en bien.

Libérer la parole, point de départ

Face aux abus, l’Église aurait eu le tort de gérer « des situations individuelles », un peu comme des fusibles, pour protéger l’édifice général. « C’était la théorie de la pomme pourrie, de cas isolés, poursuit Stéphane Joulain. Mais la crise actuelle révèle qu’il y a quelque chose de pourri dans le panier. Et même dans le haut du panier. »

Manière de dire que les solutions passent par une prise de conscience collective, la « supervision » de tous, quitte à rogner sur la « confiance » accordée traditionnellement à chacun. En somme. une responsabilité partagée, évêques inclus.

Mais gare à ne pas se payer de mots. Libérer la parole, c’est le point de départ, pas d’arrivée. « Si vous pensez que c’est terminé l’an prochain, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! prévient Stéphane Joulain. II faut changer, en profondeur. Nous devons passer par une phase de purification de l’Église, apprendre à travailler avec les victimes. »

« Ça ébranle leur foi »

Sur le terrain, on assure que la crise ne détourne pas les fidèles de l’Église. « Mais beaucoup, y compris parmi les plus solides, disent que ça ébranle leur foi », reconnaît le vicaire général, François Renaud.

Dans l’assistance, on s’inquiète quand même de « la diminution des inscriptions dans les camps d’été ou à la catéchèse ». Et, surtout, de ce « soupçon généralisé » qui pèse sur les prêtres.

Après le constat, des ébauches de solutions

Comment « faire de l’Église un lieu sûr ? » Stéphane Joulain invite à améliorer la formation des prêtres. Le temps de la formation au séminaire est d’au moins six ans. « Quand un séminariste ne veut être qu’au contact d’enfants, sans capacité de développer des relations avec des adultes… Attention ! »

Dans les paroisses, il ne faut jamais laisser courir une rumeur : « Il faut investlguer et faire la vérité ! »

Un travail strict s’impose aussi sur les « lieux ». « Les salles fermées où personne ne voit rien de l’extérieur, c’est à bannir. Pareil pour la catéchèse : si un animateur colle des posters sur les fenêtres, qu’est-ce que ça veut dire ? »

Jusque dans le confessionnal, transparence et prudence prévalent : « A Notre-Dame de Paris. la confession se déroule dans un aquarium vitré. Aux yeux de tous. Et alors ? C’est un moment où la personne livre sa vulnérabilité affective. Certains pourraient abuser de cette fragilité. »

Thomas Heng,
Ouest-France du 22 mars 2019

Téléchargez ici le PDF de l’article.

Nouvelles de Beira – Mozambique

Depuis le retour du cyclone Idai sur le Corridor de Beira (centre du Mozambique), la région était complètement coupée du reste du monde.  Notre confrère Claudio Zuccala, un « ancient » du Mozambique est aux premières loges pour récolter des nouvelles. Il tient à jour son blog personnel en italien et m’a autorisé à en traduire, pour vous, les deux derniers postes pour vous tenir au courant de ce que la population et l’église (dont 4 communautés M.Afr.) endurent. Je commence par la lettre de nouvelles qu’a réussi à envoyer l’archevêque de Beira le 19 mars.

 

19 mars 2019 – Beira. Communiqué de l’archevêque

Après des jours d’isolement, aujourd’hui l’archevêque de Beira, l’Italien Claudio Dalla Zuanna, a réussi à envoyer quelques messages en profitant du signal d’une compagnie téléphonique qui a été restaurée dans un secteur circonscrit de la ville. La maison de l’évêque a également été privée de son toit alors que, depuis quatre jours, il pleut sans interruption.

Chers amis,

Le fragile tissu urbain et social de la ville de Beira et de la zone dite du « corridor de Beira », où vivent environ un million de personnes, a été secoué par un ouragan de force 4 sur une échelle de 5 dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars, avec des vents d’environ 200 km par heure.

Dans la ville : bâtiments découverts et vitres brisées, arbres déracinés ou cassés, pylônes électriques et mâts de téléphone démolis, dans les banlieues, de nombreuses maisons démolies. Les victimes que nous connaissons se comptent par dizaines, mais il est difficile d’avoir des données exactes car les réseaux téléphoniques ne fonctionnent pas et l’État n’a pas la capacité de collecter des données.

Depuis jeudi, il n’y a plus d’électricité, plus d’approvisionnement en eau, plus de communications téléphoniques et même la seule route qui relie la ville au reste du pays a été coupée l’eau. Ce message peut finalement vous parvenir grâce au rétablissement d’une antenne téléphonique, fermée pendant trois jours, dans la zone de l’aéroport. Le seul bloc opératoire de toute la région, celui de l’hôpital central, a été découvert et inondé, ce qui l’a rendu inopérant. Les écoles ont été fermées indéfiniment. La plupart des salles de classe ont des toits en tôle, presque tous déchirés. Le diocèse a des écoles dans cette région pour plus de 9 000 élèves.

Pour de nombreuses familles, la nourriture est désormais l’urgence. En ville, en plus de prix plus élevés, les approvisionnements sont limités car de nombreux entrepôts et magasins ont été découverts (par le cyclone) et la nourriture perdue.

Et…. il continue à pleuvoir. En plus des nombreuses maisons qui n’ont plus de toit et qui sont donc exposées à la pluie, certaines rivières, alimentées par les pluies du cyclone dans les régions intérieures et dans le Zimbabwe voisin, débordent.

Sur les 25 paroisses que nous avons dans cette région, presque toutes ont subi des dommages plus ou moins graves, trois églises ont été littéralement rasées au sol. Les maisons des prêtres qui travaillent dans ces paroisses, le séminaire (nous étions en train de terminer la construction du réfectoire et de la chapelle), la radio diocésaine et de nombreuses autres structures diocésaines ont également été endommagés.

Ma maison, où se trouvent aussi les bureaux de la Curie, a été aussi complètement découverte par l’ouragan et le premier étage, celui des chambres à coucher… est ouvert sur le ciel, exposé à la pluie. Nous nous sommes « réfugiés » au rez-de-chaussée, mais l’eau dégouline les escaliers et perce les plafonds en plusieurs endroits.

On ne peut pas faire grand-chose pour l’instant. Les magasins qui vendent du matériel pour couvrir les maisons, malgré les prix « adaptés » pour l’occasion, ont tout vendu en deux jours. Même si le matériel était disponible, il y aurait du travail pendant des mois pour les quelques travailleurs qualifiés disponibles. Nous essayons de recueillir des données pour dresser une liste des dommages au moins au niveau des structures, de dégager les arbres tombés dans les cours et les décombres des toits.

Il est impressionnant que, malgré un tel scénario, quand on demande à quelqu’un comment il va, il répond généralement avec un sourire : « bien ». Dans les banlieues, où les maisons sont très précaires, toutes les toitures arrachées ont été ramassées et chacun a essayé de construire un petit abri pour sa famille, parfois en dressant quelques draps aux deux seuls murs restants de ce qu’il appelait sa maison.

Alors moi aussi, je dis : « Je vais bien ». Nous essayons de faire face à ce qui arrive tous les jours, en espérant au moins que… la pluie s’arrête.

Salutations à tous

P. Claude

Voici le dernier poste de notre confrère Claudio Zuccala, écrit hier, 21 mars 2019

Catastrophe causée par le Cyclone Idai. Mises à jour sur la situation à Beira et dans les environs

Premier jour sans pluie

Huit jours après l’arrivée du cyclone, la pluie a finalement cessé. Ici et là le signal de quelques opérateurs de téléphonie mobile réapparaît. Le revers de la médaille, c’est que Beira est toujours une ville sans eau potable, avec des pénuries alimentaires, sans électricité et sans accès au monde extérieur. Pour l’instant, l’aide ne peut arriver que par bateau, par avion et par hélicoptère.

Nouveau communiqué de l’archidiocèse de Beira

Le diocèse a publié un communiqué expliquant la gravité de la situation, soulignant que l’eau potable et la nourriture sont ce dont les gens ont le plus besoin. Le diocèse a créé une commission d’urgence ad hoc qui coordonne les interventions avec la « Caritas » diocésaine. Dès demain, trois centres de distribution du précieux liquide vital devraient être opérationnels. On tente également de récupérer des produits de survie qui seront distribués à la majorité, en collaboration avec les commissions paroissiales « Caritas ». Tous les bâtiments des 25 paroisses du diocèse ont subi des dommages plus ou moins graves et la Commission d’urgence s’en occupe également. Pour beaucoup de gens, la survie est la seule préoccupation. La reconstruction, la récupération des biens perdus, les projets pour plus tard, passent en second lorsque vous n’avez ni pain ni eau. La situation dans la ville voisine de Buzi, où la vie de milliers de personnes est en danger à cause des inondations provoquées par le débordement des rivières Pungue et Buzi, est peut-être encore plus dramatique.

Nouvelles de nos communautés Pères Blancs

Les Missionnaires d’Afrique sont présents dans quatre communautés, deux dans la province de Sofala, dont la capitale est Beira, et deux dans la province de Manica, avec sa capitale Chimoio. Ils vont tous bien même si l’un d’eux n’est vivant que par miracle. Tôt le matin, alors qu’il faisait encore sombre, sa voiture a été engloutie par les eaux d’une rivière qui avait envahi le réseau routier et a été emportée par le courant. Heureusement, le père Raphaël Gasimba a réussi à sortir de la voiture et à s’accrocher à un arbre sur lequel il a été projeté par la force de l’eau. Là, perché entre les branches, il a dû attendre les secours qui sont arrivés quelques heures plus tard, lorsqu’il a fait jour.

Situation générale

Il y a 36 000 personnes dans 96 centres de rassemblement, bien que des sources ministérielles suggèrent qu’ils sont presque deux fois plus nombreux. 40 000 personnes ont été secourues des toits, des arbres, des îlots et des tronçons routiers. Mais les chiffres réels de la catastrophe ne seront connus que dans quelques jours. De nouveaux centres sont ouverts tous les jours parce que les sans-abri seraient 280 000. Près de trois mille salles de classe ont été détruites ou endommagées et 39 cliniques ont été ouvertes.

Dans de nombreux milieux, on dit que derrière l’anomalie déconcertante du mouvement du cyclone Idai (qui a quitté le canal du Mozambique comme une dépression tropicale, s’est déplacé vers le Zambèze et le Malawi, est retourné dans le canal où il s’est renforcé, se dirige vers Madagascar, puis fait un brusque retournement et se lance, de façon exagérée, sur Beira, au centre du Mozambique et sur le Zimbabwe), il y a la question du réchauffement planétaire. Ceux qui manient bien l’anglais trouveront certainement intéressant l’excellent article de Matt McGrath, correspondant de la BBC et expert en questions environnementales :

https://www.bbc.co.uk/news/science-environment-47638588

Claudio Zuccala, M.Afr.
http://claudiozuccala.blogspot.com/

 

Carême 2019 – Pape François

Le message du pape pour le Carême 2019 a été rendu public et présenté le 26 février 2019 lors d’une conférence de presse. Partant du cycle liturgique, le pape explique que le mystère de salut « se présente comme un processus dynamique qui embrasse également l’Histoire et la création tout entière. Saint Paul le dit : « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19) ». Il développe son propos en trois parties :

1. La rédemption de la Création : « Si l’homme vit comme fils de Dieu, s’il vit comme une personne sauvée qui se laisse guider par l’Esprit Saint et sait reconnaître et mettre en œuvre la loi de Dieu, en commençant par celle qui est inscrite en son cœur et dans la nature, alors il fait également du bien à la Création » ;

2. La force destructrice du péché : « La rupture de la communion avec Dieu a détérioré les rapports harmonieux entre les êtres humains et l’environnement où ils sont appelés à vivre, de sorte que le jardin s’est transformé en un désert » ;

3. La force de guérison du repentir et du pardon : la conversion « appelle les chrétiens à incarner de façon plus intense et concrète le mystère pascal dans leur vie personnelle, familiale et sociale en particulier en pratiquant le jeûne, la prière et l’aumône ».

Lu dans La Croix du 26 février 2019

Lire le message du Pape François

Sommet sur la protection des mineurs – Vatican 21-24 février 2019

Du 21 au 24 février, les présidents des Conférences épiscopales catholiques du monde entier ont répondu à l’appel du Pape François de venir à Rome au Vatican pour réfléchir ensemble sur la meilleure manière de répondre avec sérieux à cette crise sans précédent que traverse l’Église catholique aujourd’hui. Les souffrances de tant d’hommes et de femmes, d’enfants et de jeunes appellent une détermination de l’ensemble de l’Église. Pendant ces trois jours, plusieurs conférenciers et conférencières se sont succédé pour adresser différents sujets articulés autour des trois axes de réflexion proposés par le comité organisateur : Responsabilité, Reddition de comptes, Transparence.

Il est possible de retrouver l’ensemble des conférences sur la chaine YouTube de VaticanNews. Ce sommet a été aussi ponctué par plusieurs témoignages de victimes enregistrés préalablement en audio ou bien vidéo. Ces témoignages ont permis à ceux parmi les conférenciers qui n’avaient jamais entendu de victimes de pouvoir découvrir l’étendue des souffrances subies.

Les participants ont aussi travaillé en groupe linguistique.

Que retenir de ce sommet ?

Il est possible de lire de nombreuses analyses en différentes langues dans la presse en ligne, en effet 450 journalistes étaient accrédités, principalement du monde anglophone. Mais pour nous, voici ce qu’il est possible de retenir d’important.

Cette rencontre est une étape dans cet immense chantier qui est celui de répondre à la souffrance des victimes avec compassion et miséricorde. Il est aussi une étape dans le processus de conversion des cœurs nécessaire à un véritable travail de prévention pour faire de l’Église catholique une maison sûre pour les enfants et les plus vulnérables. Dans son discours final le Pape François a fixé 7 axes de travail prioritaires pour l’ensemble du Peuple de Dieu et plus spécialement pour les évêques du monde entier, les voici résumés ici avec ses mots (Extraits du discours final) :

  1. « La protection des enfants : l’objectif premier de toute mesure est celui de protéger les petits et d’empêcher qu’ils soient victimes de tout abus psychologique et physique. Il convient donc de changer les mentalités pour combattre l’attitude défensive et réactive visant à sauvegarder l’Institution, au bénéfice d’une recherche sincère et décidée du bien de la communauté, en donnant la priorité aux victimes des abus dans tous les sens du terme. »
  2. « Un sérieux irréprochable : je voudrais redire ici que « l’Église ne se ménagera pas pour faire tout ce qui est nécessaire afin de livrer à la justice quiconque aura commis de tels délits. L’Église ne cherchera jamais à étouffer ou à sous-estimer aucun cas. »
  3. « Une véritable purification : malgré les mesures prises et les progrès faits en matière de prévention des abus, il convient d’imposer un perpétuel et renouvelé engagement à la sainteté des pasteurs dont la configuration au Christ Bon Pasteur est un droit du peuple de Dieu. »
  4. « La formation : autrement dit, les exigences de la sélection et de la formation des candidats au sacerdoce avec des critères non seulement négatifs, visant principalement à exclure les personnalités problématiques, mais aussi positifs en offrant un chemin de formation équilibré pour les candidats idoines, tendus vers la sainteté y compris la vertu de chasteté. »
  5. « Renforcer et vérifier les lignes-guides des Conférences Episcopales : c’est-à-dire réaffirmer l’exigence de l’unité des évêques dans l’application des mesures qui ont valeur de normes et non pas uniquement d’orientations. Aucun abus ne doit jamais être couvert… »
  6. « Accompagner les personnes victimes d’abus : Le mal qu’elles ont vécu laisse en elles des blessures indélébiles qui se manifestent également par des rancœurs et des tendances à l’autodestruction. L’Église a donc le devoir de leur offrir tout le soutien nécessaire en recourant à des experts dans ce domaine. »
  7. « Le monde digital : la protection des mineurs doit tenir compte des nouvelles formes d’abus sexuel et d’abus de tout genre qui les menacent dans les milieux où ils vivent et à travers les nouveaux instruments qu’ils utilisent. »

Voici donc sept priorités que le Pape François a fixées pour les évêques et les supérieur(e)s majeur(e)s des congrégations et instituts de vie consacrée, mais aussi plus largement à l’ensemble du Peuple de Dieu.

Pour compléter cette feuille de route, d’autres mesures vont venir : produire un Motu proprio sur cette question ; offrir un guide pratique pour les évêques et les supérieur(e)s majeur(e)s pour les aider dans leur mission ; des « task forces / équipes d’experts » pourront aussi voir le jour pour aider les églises locales qui ont plus de mal à trouver des ressources matérielles et humaines pour lutter contre ce mal qui n’épargne aucune église particulière ni aucune communauté humaine.

Faisons nôtre cette feuille de route.

Quelques liens utiles :

Chaine YouTube de VaticanNews pour voir ou revoir les conférences :

En français –   https://www.youtube.com/user/vaticanfr

In English – https://www.youtube.com/channel/UCxIsefyl9g9A5SGWA4FvGIA

Existe aussi en d’autres langues.

De nombreux interviews et commentaires aussi sur www.vaticannews.va