Interruption du site

Je suis en Belgique depuis 4 mois pour investiguer des complications d’une opération de la hanche. Après une nuit de douleur insupportable, je vais sans doute être hospitalisé aujourd’hui. L’alimentation du site sera donc interrompue pour un temps.

Diverses nouvelles de la Maison Généralice

Diverses nouvelles de la Maison Généralice

Fin de la semaine passée, nous avons eu la session d’introduction à l’année pastorale ou académique.
Le thème de la session tel que formulé par Anthony Baaladong était :
 
« Financer la Mission de notre Société – Les défis actuels. »
 
Il y eut 3 présentations par Powerpoint  (avec à la fin, la remise d’un questionnaire à discuter) :
 
    1. Le rôle de nos familles dans le financement de l’apostolat
    2. Un style de vie simple – Responsabilité financière et transparence
    3. La solidarité à 4 niveaux :
      1. au niveau communautaire, c’est le Fonds communautaire ;
      2. au niveau provincial, c’est le Fonds d’entraide (Mutual Aids Fund);
      3. au niveau interprovincial, c’est l’ EVAF
      4. et pour les œuvres missionnaires en Afrique, c’est le Fonds de solidarité.

Discours du Père Stan Lubungo à la fin de la session d'ouverture

En début de cette nouvelle année…

Merci à Tony et Marcin pour l’animation de cette session qui marque pour notre communauté de la Maison généralice l’ouverture de l’année pastorale et académique. Merci particulièrement pour les riches exposés qui nous interpellent tous vivement. Nous sommes privilégiés de vivre dans une communauté qui met à notre disposition les biens nécessaires et de travailler dans des services qui ne manquent pas de moyens. En mars dernier, j’ai effectué une tournée dans le sahel et j’ai rencontré des confrères qui travaillent dans des conditions climatiques et socio-politiques que nous n’ignorons pas. Nous rappeler d’eux nous aiderait énormément à ajuster notre style de vie ici.

Je saisis l’occasion en ce début d’année pour remercier chacun de vous, au nom du Conseil général, pour les différents services que vous rendez généreusement à la Société. Durant cinq mois, quatre-vingt pourcent du Conseil général était absent de Rome et la maison est encore debout ! Un sincère merci à tous et à chacun.

Au début de cette année pastorale et académique, il convient que chacun se rappelle la mission qui est la sienne, sa raison d’être ici, c’est-à-dire les tâches que nous sommes, chacun, appelés à accomplir pour s’engager à observer la discipline qu’il faut pour les accomplir en termes d’horaires par exemple. Dans ce sens, il me semble important également de savoir nous respecter les uns les autres et d’aider à créer l’atmosphère qui favorise l’accomplissement de la mission confiée à chacun. Dans son message du 3 septembre 2020 à tous les confrères, le Conseil général a invité à « vivre notre engagement missionnaire avec plus de sens d’initiative, de créativité et avec passion ». C’est une invitation que nous devons faire nôtre pour entreprendre nos services avec plus d’engagement et de zèle.

Cette année, il y aura des changements dans la maison : les Sœurs de l’œuvre nous quitteront à la fin de l’année, après 55 années de service à la Maison généralice. Nous sommes reconnaissants pour leurs services rendus avec amour et dans la joie. Au moment voulu, nous trouverons le temps pour leur dire au revoir. Pour les remplacer, nous avons choisi de faire ce que plusieurs congrégations font de nos jours : recourir aux services d’une entreprise avec laquelle nous établirons un contrat de service. Cela demandera des ajustements et la collaboration de tous.

Le début d’une nouvelle année est une occasion pour revisiter notre projet communautaire. Il en existe un dans cette communauté. Il est donc souhaitable que nous prenions le temps de le regarder de nouveau et, surtout, que nous nous engagions davantage avec les moyens qui nous permettent de construire une vraie vie communautaire. Je crois que la construction d’une vie de communauté se fonde pour nous avant tout sur la prière commune et sur les autres moments de retrouvailles.

Je souhaite à chacun une fructueuse nouvelle année. Que Dieu notre Père nous donne les grâces nécessaires pour la vivre dans la paix et la joie, avec une bonne santé pour que nous sachions porter des fruits et que nos fruits demeurent et fassent avancer le Règne de Dieu en Afrique, dans le monde africain et dans le monde entier.

Stanley Lubungo, Supérieur général
Maison généralice, 26 septembre 2020

Sessions bibliques à Jérusalem – mise à jour

Sessions de Jérusalem

SESSIONS / RETRAITES (10 mars – 06 juin 2020, en anglais et 08 septembre – 03 décembre 2020, en français) à St Anne à Jérusalem :

En raison de l’épidémie de Coronavirus, et suivant les directives du Ministère de la Santé israélien, le conseil d’administration a décidé d’annuler ces sessions. Nous le regrettons profondément, mais nous espérons que vous comprenez notre décision.

Pour connaître les dates des prochaines sessions, veuillez vous rendre sur cette page.

Marc Deneckere – Notice nécrologique

Notice nécrologique de Marc Deneckere

Marc est né à Courtrai le 16 janvier 1932 dans une famille très chrétienne et pratiquante. Le père tenait un commerce de charbon en gros. La famille comptait onze enfants. Marc a fait les humanités gréco-latines au collège Saint-Amand dans sa ville natale. En septembre 1952 il entra chez les Pères Blancs à Boechout, où son frère cadet et filleul Jo le suivra quelques années plus tard. Marc fait le noviciat à  Varsenare et les études de théologie à Heverlee, où il prononce son serment missionnaire le 5 juillet 1958 et est ordonné prêtre le 2 février 1959 par Mgr. Geeraerts. Dès le début de sa formation Marc se fait remarquer par sa grande bonté, son cœur d’or (avec le danger de se laisser exploiter). Il est toujours de bonne humeur, toujours content, serviable, fort dévoué pour les travaux manuels. C’est un confrère agréable, très simple dans ses relations, plutôt taciturne, un peu timide. “Sera à l’aise dans la brousse et dans une mission à gros efforts physiques”.

Après les six mois de cours à l’université de Louvain en guise de service militaire, Marc part le 5 avril 1960 pour l’Ituri au Nord-Est du Congo, trois mois avant l’indépendance. Pendant les premiers mois dans le diocèse de Bunia, il apprend la langue kilendu à Pimbo et à Fataki. Il est ensuite nommé vicaire à Jiba. En 1964 il se trouve en plein dans la grande insurrection des Simbas. “Avec bon nombre de pères et de soeurs nous sommes enfermés durant tout un mois dans une école et un couvent des Soeurs d’Ingelmunster”. Jusqu’à leur libération et évacuation par des paracommandos. Il ne l’oubliera jamais. Début  juillet 1965 il est de retour à son poste à Jiba, où il construit le couvent des soeurs. A partir de 1970, d’après ses propres dires, il est successivement curé dans trois paroisses, chaque fois par hasard pour dix ans, avant de passer  le gouvernail au clergé diocésain. Il s’agit de Fataki, Pimbo et Drodro, avec quelques remplacements dans d’autres paroisses de temps en temps. Marc vivait ces transmissions avec des sentiments mélangés : de la tristesse pour devoir quitter ceux qu’il aimait tant et de la joie pour la mission accomplie. En 1985 il doit se faire soigner pour des problèmes à la gorge, heureusement moins graves que ce que l’on avait craint. Sa dernière nomination à Drodro ne l’avait pas enthousiasmé, mais il écrivit au provincial de la Belgique : “Je suis convaincu qu’ici à Drodro également je serai un missionnaire heureux… Dieu est mon bouclier!”

Après Drodro Marc est envoyé à Badiya parce que les Pères Blancs ont transmis toute la région lendu au clergé local. Le problème : la langue n’est plus le kilendu mais le swahili. Rude épreuve à son âge, mais le résultat était positif. En 1994 il participe à Rome à la session “transition au troisième âge ”. En avril 1995 maman Deneckere meurt à l’âge de 92 ans. Lors de l’invasion de Kabila-père, qui est aidé par les Rwandais pour renverser Mobutu, Marc est une fois de plus évacué via Kampala en décembre 1996. Il assura alors pendant plusieurs mois l’économat du projet  “ Blauwe Torre ” à Varsenare et participe aux activités du Centre. Il apprend à connaître plusieurs paroisses et va souvent donner son témoignage  dans des cercles missionnaires. En octobre 1998 le voilà de retour à Bunia, où il assure l’accueil à la maison régionale et se charge de l’économat de la région. A l’occasion il donne un coup de main à la paroisse. La misère en ville est grande et son coeur ne résiste pas aux nombreux pauvres qui viennent frapper à la porte… Jusqu’au jour où, en février 2003, il est expulsé du pays par le chef des rebelles, Thomas Lubanga, qui à ce moment tenait le sceptre à Bunia. Marc raconte : “Pourquoi m’a-t-on mis à la porte ? J’avais juste un peu trop démontré qu’en tant que missionnaire je ne faisais aucune distinction entre les ethnies quand il s’agissait d’aider les gens. J’avais effectivement procuré des gîtes en lieu sûr à des familles lendu en fuite, dont les habitations avaient été brûlées par des hema (opposés aux lendu). Pour ce chef des milices hema, c’était un acte de trahison. Je devais donc partir”. Dans le “procès verbal de reculement” nous lisons les chefs d’accusation suivants: “Il s’est compromis dans les activités clandestines à caractère subversif notamment : 1. Hébergement clandestin des déplacés avec l’intention d’éclabousser le Mouvement en ce qui concerne la sécurité des personnes et la libre circulation dans le Territoire sous contrôle de l’U.P.C./R.P. (Union des Patriotes Congolais pour la réconciliation et la paix, la principale milice hema de Thomas Lubanga ; 2. Etre en intelligence avec les forces négatives qui entravent le processus de Pacification et Réconciliation. De tout ce précède, avons déclaré le susnommé PERSONA NON GRATA sur toute l’étendue que contrôle l’U.P.C./R.P.” Le père Jean Mottoul reçut la même lettre quelques jours plus tard. L’intervention directe et courageuse du père Jan Mol, régional, n’y changea rien. La radio et la télévision s’en prirent aux Pères Blancs et à Marc en particulier. Son frère Jo fut à son tour faussement accusé. Il était manifeste que les missionnaires étaient des témoins gênants des multiples injustices. On préférait les envoyer voir ailleurs. Des centaines de Pères Blancs ont travaillé en Ituri. Et c’est justement Marc, peut-être le plus aimé par les petites gens parmi tous ces Pères Blancs, qui devait prendre congé de cette façon ? “Heureux les doux !”…

En Belgique, une fois remis de ses émotions, Marc est pendant quelques mois économe dans notre communauté de Bruges. En octobre 2004, l’on fait appel à lui pour l’important économat de la Keizerstraat à Anvers. Toujours prêt à aider et à trouver une bonne solution pour les problèmes d’un chacun, il est soutenu et apprécié aussi bien par les confrères que par le personnel. En 2009 il fête en l’église Sainte-Elisabeth à Courtrai son jubilé d’or, entouré d’une foule de membres de sa famille et de connaissances. A cette occasion il écrivit dans le journal paroissial ‘Kerk&Leven’: “Comme missionnaire j’ai été envoyé par le Christ et par l’Eglise pour apporter aux hommes un message de paix, de réconciliation et de joie. Au bout de 50 ans de vie sacerdotale et missionnaire, j’ai la joie de témoigner devant vous que je suis un missionnaire reconnaissant et heureux. Reconnaissant au Seigneur pour ma vocation. Reconnaissant à ma famille et à mes concitoyens pour leur sympathie et leur soutien. Reconnaissant à la population du diocèse de Bunia, parce qu’ils m’ont donné la possibilité d’annoncer et de vivre  au milieu d’eux l’amour de Dieu pour nous. Et tout cela fait de moi un homme profondément heureux”. En 2013 Marc prend vraiment sa retraite et rejoint la communauté de Varsenare, où de plus en plus une paix et un contentement profonds émanent de lui. Il s’est éteint doucement, le soir du 10 août, assis dans son fauteuil devant sa télévision…

Les règlements concernant corona ne tolèrent point d’exception. Une dizaine de membres de sa famille et quelques confrères de la communauté de son frère Jo pourront assister aux obsèques le vendredi 14, à 10h30 à Varsenare. La famille prévoit d’organiser plus tard une commémoration à Courtrai.

Jef Vleugels

  • « SEASON OF CREATION » is also part of the special programme for the « LAUDATO SI year 2020/21 » launched to commemorate the 5th anniversary of the encyclical letter “LAUDATO SI”:

There are so many opportunities to engage together where we are, where we live, work and pray.

Let us celebrate together the SEASON OF CREATION in 2020 !

Le racisme, l’Église et la souffrance des personnes d’origine africaine

Le racisme, l'Église et la souffrance des personnes d'origine africaine

Stan Chu Ilo est un prêtre catholique du diocèse d’Awgu (Nigeria) et professeur de recherche sur le catholicisme mondial et les études africaines à l’université DePaul de Chicago (États-Unis).

Un article de LACROIX INTERNATIONAL traduit par deepl.com et mafrome.org. En cas de dout veuillez vous référer à l’original.

Mgr Antoon Grauls sur KTOtv

Mgr Antoon Grauls sur KTOtv

Le film complet sur Monseigneur Antoon Grauls, fondateur des frères Bene-Yozefu au Burundi, sera diffusé sur la chaîne de télévision catholique française KTO le lundi 1er juin à 20h40, ou directement sur ktotv.com. Veuillez consulter le site web pour connaître les éventuelles rediffusions.

La congrégation des frères Bene-Yozefu du Burundi a présenté pour la première fois un film réalisé à l’occasion de son jubilé de 75 ans, dans la salle Lavigerie des Pères Missionnaires d’Afrique à Rome, le 29/09/2019. Ce film parle en général de la congrégation des frères Bene-Yozefu et plus particulièrement de son Fondateur Antoine Hubert Grauls.

En effet, de ce film, on souligne les traits caractéristiques de Monseigneur Antoine Hubert Grauls, son intelligence et son zèle apostolique. Il était vraiment un apôtre écoutant, consultant et accueillant; un apôtre toujours proche du peuple burundais auquel il avait été envoyé.

Monseigneur Antoine Hubert Grauls est connu en tant que Père de L’Église du Burundi, un apôtre qui a travaillé corps et âme pour que cette Église puisse grandir et se consolider. Il était une personne hors du commun, sa devise « Tout dans une charité sans feinte » a été bien vécue. Il confirmait sans nulle doute qu’au Burundi, il n’y avait pas de païens mais plutôt des non-baptisés. Il collaborait avec les plus pauvres comme les plus riches. Il soignait tous les cœurs et tous les corps. Il a fondé des hôpitaux, des imprimeries, des coopératives pour le développement de la région. Il a vraiment été un cadeau pour les chrétiens pendant les 30 ans qu’il a vécus au Burundi.

Il a fait un saut de qualité sur la question de l’enseignement afin que le Burundi soit doté de ses écoles, selon lui, « la question des écoles est pour toutes les causes qui veulent durer une question de vie et de mort ». Il a donné une très grande impulsion aux écoles primaires, notamment par la fondation de la congrégation des Frères Bene-Yozefu, qui constitue une réussite gigantesque pour le Burundi, compte tenu de leur contribution dans la promotion humaine et sociale dans ce pays.

Bref, Monseigneur Antoine Hubert Grauls est l’un des grands constructeurs du pays, un grand promoteur de l’élite intellectuelle Burundaise, grâce à l’unité nationale qu’il a battue, les Burundais lui en seront toujours reconnaissants.

Frère Innocent Manirakiza, Bene-Yozefu

(Le Frère Innocent réside chez les Missionnaires d’Afrique à Rome, pendant ses études en sciences de l’éducation)

Ci-dessous un extrait de ce très beau film réalisé par Armand Isnard de KTO. Le DVD contenant le film entier de 52 minutes (en français) est disponible à la Maison Généralice des Missionnaires d’Afrique contre une participation aux frais de réalisation ou chez les Frères Bene-Yozefu au Burundi.

La Journée de l’Afrique est une célébration de résilience

Mamphela Ramphele: La Journée de l'Afrique est une célébration de la résilience

A la fin des années 80, la grande production cinématographique « Le Cri de la Liberté » racontait l’histoire de la conversion idéologique du journaliste sud-africain Donald Woods par Steve Biko, activiste anti-apartheid. Vous vous rappellerez sans doute de la partenaire politique et épouse de Steve Biko, Docteur Mamphela Ramphele. Aujourd’hui âgée de 72 ans, Mamphela livre à l’agence sud-africaine « Eyewitness News » son opinion sur le potentiel de l’Afrique à sortir de la crise causée par le COVID-19 plus forte et plus résiliente. Je reproduis ici l’article dont l’original, en anglais, se trouve ici :
https://ewn.co.za/2020/05/25/mamphela-ramphele-africa-day-is-a-celebration-of-resilience
La tradution française est de mafrome.org avec l’aide des outils de traduction d’Internet et n’a aucune prétention professionnelle.

En cette Journée de l’Afrique 2020, nous célébrons notre résilience face à la pandémie perturbatrice de COVID-19. Cette capacité de résistance est due en grande partie à la jeunesse de notre population et à l’adhésion continue aux valeurs d’Ubuntu qui permettent l’interdépendance, l’interconnexion et le soutien mutuel, essentiels pour atténuer les effets dévastateurs de ce virus.

Le COVID-19 nous a permis de démontrer notre capacité à passer de la tendance à nous préoccuper de la poursuite de la réussite personnelle à la collaboration avec empathie et compassion pour répondre à cette crise existentielle. Ce changement de comportement envers ce qui compte vraiment pour la survie de l’humanité et des écosystèmes est un facteur de succès essentiel dans notre réponse au COVID-19.

La question clé que nous devons nous poser en tant que peuple d’Afrique est la suivante : que devons-nous faire différemment à un niveau fondamental pour nous permettre de sortir de cette urgence plus sages, plus forts et plus résistants ? Ce que nous savons, c’est que ce virus a changé le monde tel que nous le connaissons, et ce pour de bon. Il n’y aura pas de retour à la « normale ». Les régions, pays et communautés qui réussiront seront ceux qui saisiront ce moment comme une opportunité de transformation fondamentale vers des systèmes socio-économiques et politiques plus résilients.

La résilience est essentielle pour l’avenir qui nous attend, compte tenu des crises à plusieurs niveaux auxquelles nous continuerons probablement à être confrontés. La forte empreinte humaine sur notre système planétaire a entraîné la fragilité de la plupart des écosystèmes et des menaces pour la biodiversité qui soutient nos vies.

L’Afrique doit saisir l’occasion de cette crise pour se ré-imaginer comme un lieu qui a donné naissance à l’humanité, il y a de nombreuses années, en un lieu qui doit maintenant donner naissance à une nouvelle civilisation humaine caractérisée par la prospérité et le bien-être de tous les peuples et de notre planète. Cette Afrique ré-imaginée doit se fixer de nouveaux objectifs et de nouvelles mesures reflétant ce qui compterait le plus dans cette nouvelle civilisation.

David Korten, de la Stanford Business School et membre du Club de Rome, dans un article récemment publié dans le cadre du projet de ré-articulation du développement humain du PNUD, a remis en question l’idée selon laquelle le progrès de l’humanité peut être mesuré de manière adéquate par l’objectif économique de croissance du PIB. Il conclut que : « L’avenir de l’humanité dépend des choix culturels et institutionnels qui s’alignent sur nos besoins en tant qu’êtres vivants, font de la vie, et non de l’argent, la valeur déterminante et actualisent le potentiel de notre nature humaine et de nos aspirations démocratiques. Ces choix encadrent une vision émergente d’une nouvelle civilisation véritablement civilisée de paix, de justice, de suffisance matérielle et d’abondance spirituelle et créative pour tous ».

La vision de cette nouvelle « civilisation véritablement civilisée » est en résonance avec le cadre social guidé par les valeurs de l’Ubuntu que la plupart des gens de ma génération ont été amenés à adopter. Nous avons grandi dans des communautés où la suffisance matérielle, l’abondance spirituelle et créative pour tous étaient assurées par des approches de collaboration sans faille face à des défis communs et à l’interdépendance mise en place dans les bons comme dans les mauvais moments.

Les ménages pauvres n’ont pas souffert de l’indignité de la privation humiliante des besoins fondamentaux. L’abondance pour tous a été assurée par les processus Letsema/iLima qui ont permis de s’assurer que les champs des pauvres étaient labourés en échange d’un travail aux côtés de leurs voisins. Le lait était mis à la disposition de leurs enfants en échange de leur aide pour la traite des vaches dans les ménages aisés. Les possibilités d’éducation et de formation étaient accessibles à tous les enfants dans les écoles primaires locales appartenant à la communauté, et les membres les plus aisés contribuaient à la création de bourses pour l’enseignement secondaire et supérieur, afin d’assurer un meilleur avenir pour tous.

Le président Ramaphosa n’a pas besoin de chercher plus loin que de tirer parti de notre riche héritage d’Ubuntu pour créer une nouvelle économie inclusive caractérisée par la paix, la justice, la suffisance matérielle et l’abondance spirituelle et créative pour tous. Nous devons avoir des conversations intergénérationnelles pour permettre à ma génération de partager la richesse de notre héritage de valeurs culturelles avec les jeunes. Nous devons nous acquitter de nos responsabilités envers la prochaine génération : re se ke raya le ditaola badimong – nous n’osons pas aller rejoindre nos ancêtres avant de leur avoir transmis ce savoir. Nous devons tirer parti de cet héritage qui a été sous-estimé et marginalisé pour créer une nouvelle économie qui favorise le bien-être de tous et protège et promeut notre environnement – la source de toute vie.

L’Afrique est bien placée pour mieux « reconstruire » en sautant par-dessus la forte empreinte humaine et les faibles résultats en matière de développement humain dont la plupart des pays industrialisés s’efforcent de sortir. Nous disposons d’une abondance de terres, de soleil, de vent et de rivières pour alimenter un processus de développement écologiquement sain pour le 21e siècle. Nous avons également un énorme contingent (estimé à près de 200 millions) d’Africains hautement qualifiés dans la diaspora, qui s’associent à l’importante population jeune pour aider à la reconstruction historique et au développement de l’Afrique en un lieu de bien-être pour tous et pour l’écosystème.

Mamphela Ramphele est la co-fondatrice de ReimagineSA et co-présidente du Club de Rome

Covid 19 – Conséquences

Les conséquences du Covid 19 - Quelques réflexions de Bernard Ugeux

Bernard Ugeux est un Missionnaire d’Afrique basé à Bukavu (RDC). Théologien, très proche des petites communautés chrétiennes et très engagé auprès des personnes qui vivent dans les périphéries, Bernard livre ses réflexions sur le sens et les conséquences du Coronavirus.