Retrouver son sourire avec sa dignité

Centre Nyota

Comme de nombreuses régions d’Afrique, les pays des Grands-Lacs sont exposés à beaucoup de violations des droits humains, entre autres à la suite de la succession des cycles de violence depuis des décennies, généralement basée sur l’ethnisme. Si l’on prend la situation de la RDCongo, la violation des droits humains est largement structurelle. On peut citer le manque d’accès aux soins de santé pour les plus pauvres, de sécurité alimentaire, d’ordre public, d’accès à la justice, à l’enseignement moyen et supérieur, l’insuffisance de création d’emplois, etc. À cela s’ajoutent des violences physiques à l’état endémique, que ce soit dans les quartiers urbains, sur les routes, ou dans le cadre des conflits armés qui ont provoqué plus de sept millions de déplacés internes. Les premières victimes de ces violences sont les femmes et les enfants.

A Bukavu

Je travaille dans la ville de Bukavu qui est devenu tentaculaire à la suite de l’afflux des déplacés de l’intérieur. Parmi eux un grand nombre de femmes et d’enfants victimes de violences basées sur le genre ou qui errent dans les rues, au prix de la prostitution.

Toute la société est marquée par ce traumatisme structurel, régional, aggravé par la banalisation du viol dans la plupart des milieux et l’utilisation des violences basées sur le genre comme « arme de guerre » (entre autres, en vue d’un nettoyage territorial ou d’une soumission d’une population par la terreur).

Les raisons principales de ces abus sont d’ordre politique et économique, les deux allant de pair. Une minorité exploite une immense majorité sans avenir ni protection sociale. Étant donné la richesse des sous-sols et des ressources naturelles (forestières, hydrauliques), les entreprises internationales sont complices et coupables de la mise à sac de ce pays d’une immense richesse.

Nous pouvons contribuer à la libération de ces populations par des témoignages prophétiques divers. Il y a tout d’abord le travail de dénonciation et de plaidoyer. Nombre de lettres de la Conférence épiscopale nationale (CENCO) dénonce avec force toutes ces injustices depuis des décennies, sans que cela entame réellement l’impunité des gens au pouvoir. Des Commissions Justice et Paix existent dans tous les diocèses, les paroisses et parfois les communautés de base, qui font de la sensibilisation et de la formation avec courage. Certains confrères collaborent avec elles dans la mesure du possible. Dans chaque secteur, il y a un responsable Justice et Paix M. Afr., mais celui-ci sait  que s’il engage des actions judiciaires pour protéger des victimes, il s’expose à des dépenses imprévisibles, vu la vénalité du système judiciaire, ainsi qu’à des risques de rétorsions, surtout si elles sont étrangères, ce qui est plus souvent le cas.

Une autre façon de lutter contre la violation des droits humains de façon prophétique est de garantir ou de restituer leurs droits aux personnes les plus vulnérables provenant des périphéries. Je présente ici deux exemples d’engagements que j’ai pris depuis plus d’une décennie avec le soutien financier d’amis. Tout en reconnaissant la valeur de ces œuvres qu’elle encourage, la Société n’y est pas officiellement engagée.

Deux exemples

Ces programmes concernent deux catégories de jeunes particulièrement vulnérables. Les jeunes filles victimes de misère ou en situation de rue, ou ayant subi des traumatismes d’ordre sexuel, etc. Les garçons utilisés comme esclaves dans les mines d’or dans des conditions d’extrême précarité et qui en retirent juste de quoi survivre.

Le premier projet, le centre Nyota, situé sur la paroisse de Kadutu dépend du diocèse de Bukavu (qui fournit les locaux). Depuis 2010, je m’y suis investi afin d’assurer le financement des salaires, des frais de fonctionnement et de l’entretien des bâtiments. Le centre accueille en journée 250 à 260 jeunes filles et fillettes d’une extrême vulnérabilité. On a vérifié que la famille n’a aucune ressource pour les prendre en charge, s’il existe encore une famille. L’objectif est de permettre à ces jeunes de se reconstruire psychologiquement et moralement, en les alphabétisant, en leur donnant accès à des diplômes, et en leur enseignant un métier afin de les rendre autonomes. Celles qui ne sont pas dans leur famille sont accueillies dans des foyers d’accueil. Une équipe de 16 personnes dont une religieuse les prend en charge dans tous les domaines, en commençant par la fourniture des uniformes et du matériel scolaire, en passant par la scolarisation et l’accompagnement psychologique, et pour une soixantaine d’entre elles, en leur fournissant une bouillie protéinée quotidienne, en fonction de l’état de délabrement de leur santé. La formation dure de 3 à 5 ans. Elle est entièrement gratuite. Les finalistes ont accès à deux jurys, le jury d’école primaire et le jury provincial de couture. Celles qui ont réussi peuvent poursuivre d’autres études, un certain nombre reçoivent également un kit de réinsertion qui leur permet de commencer leur petit projet générateur de revenus. Actuellement nous avons 100 % de réussites aux deux jurys. Or, un grand nombre de ces filles n’ont aucune pièce d’identité, ce qui les rend extrêmement vulnérable quand elles commencent un projet économique en quittant la formation. C’est pourquoi nous avons engagé un avocat qui prépare les dossiers avec la directrice en vue d’obtenir ce que l’on appelle un « jugement supplétif », qui débouche sur un acte de naissance pour chaque enfant. Il lui permet d’obtenir une carte d’identité. Grâce à cela nos anciennes ont pu voter aux dernières élections. Ceci illustre bien le travail que nous faisons concernant les droits humains. Avant de venir chez nous, ses enfants n’« existaient pas ». 

L’autre projet concerne les jeunes exploités dans les mines, à Kamituga, dans le diocèse d’Uvira. L’école de menuiserie de la paroisse forme ces jeunes au métier de menuisier, en leur fournissant les bases nécessaires pour commencer leurs petites menuiseries ou se faire embaucher dans une entreprise. À la fin de l’année de formation, ils reçoivent, eux aussi, un kit de réinsertion avec les outils de base. Afin de leur donner un meilleur avenir professionnel, nous construisons actuellement un grand atelier où va être installé un ensemble de machines à bois électriques qui leur permettront de se professionnaliser.

Ces deux projets sont financés par un réseau d’amis. Certains sont des amis des Missionnaires d’Afrique, d’autres sont engagés dans mon réseau d’entraide « Germes d’espérance ».

Le réseau Talitha Kum

Je suis enfin engagé dans le réseau Talitha Kum qui lutte contre le trafic humain dans le monde entier et particulièrement en Afrique. Ce réseau, fondé par l’Union internationale des supérieures générales  (UISG, Rome) en 2009, lutte contre la traite humaine, surtout des femmes et des enfants, souvent dans des buts de prostitution ou d’ablation d’organes. Les réseaux de traite profitent de l’aspiration des jeunes africains à partir à l’étranger à tout prix. Talitha Kum mène des actions de prévention, d’accompagnement de ceux et celles qui ont décidé de migrer et enfin de rapatriement des victimes qui veulent rentrer au pays. Ce réseau mène aussi un travail de plaidoyer et de dénonciation. Une forme de prévention contre la traite, selon moi, est le travail que font les deux centres que nous gérons en RDC. En effet, un jeune qui a un métier et qui a reçu le matériel pour son auto-prise en charge est beaucoup moins tenté de migrer dans des conditions précaires.

La plus belle récompense pour cet investissement est le sourire, chaque année, des finalistes qui ont retrouvé leur dignité et s’engagent avec espérance dans un avenir meilleur.

Par: Bernard Ugeux, M.Afr.

Centre Nyota
Menuiserie_Ecole de Kamituga

Protection des enfants rapport d’audit, secteur irlandais

Le secteur irlandais des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) en février 2024 avait invité le Conseil national pour la protection des enfants de l’Église catholique d’Irlande à procéder à un audit des pratiques de protection dans notre secteur.

Voici le rapport d’audit en anglais

FINAL-Review-Report-Missionaries-of-Africa-20240322

61ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Aujourd’hui, en ce 4ème dimanche de Pâques, l’Église célèbre la journée mondiale de prière pour des vocations. Le message qui guide cette journée, nous invite à semer l’espérance et à construire la Paix. Le Pape François nous invite à nous laisser fasciner par Jésus à travers les pages de l’Évangile et de lui donner de l’espace dans nos cœurs pour trouver en Lui le vrai bonheur et répondre à son appel en nous donnant complètement à Lui, s’Il nous le demande. Le Pape invite le monde chrétien à prier pour le don des vocations afin que tout le monde puisse découvrir l’appel de Dieu dans son cœur pour être des pèlerins d’espérance et artisans de paix.  Message du Pape François pour la 61ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Comme société missionnaire, nous rendons grâce au Seigneur pour des vocations missionnaires. Nous prions pour nos 470 jeunes qui sont en formation dans les différentes étapes, pour tous nos confrères animateurs vocationnelles et tous les jeunes qui ressentent dans leur cœurs l’appel à donner leur vie à l’évangélisation du monde africain.

C’est une occasion pour nous de rendre grâce à tous ceux qui soutiennent nos candidats en formation par la prière et par le support matériel. Que Dieu vous bénisse pour votre aide à la formation des futurs missionnaires.

Prions le Maître de la moisson afin qu’il réveille dans les cœurs des jeunes le désir de donner leurs vies à la mission dans le monde africain :

Père des moissons,

 tu as confié à notre Société

la merveilleuse mission

d’annoncer l’Evangile

 au monde africain.

Nous te louons

 pour ta bonté envers nous.

Sur toi s’est reposée la fidélité

de générations de missionnaires.

La moisson est aujourd’hui abondante.

 Bénis sois-tu !

Nos pères ont tout aimé

 de cette Afrique

à laquelle nous consacrons

aujourd’hui nos vies.

Pour elle nous te prions.

Elle a soif de paix, de justice,

 d’entente et d’espérance.

Donne-lui les apôtres dont elle a besoin.

Réveille en nous

la confiance dans la jeunesse.

Donne-nous l’audace d’interpeller

 et la générosité pour accueillir et écouter

ceux que tu appelles.

Notre Dame d’Afrique, prie pour nous !

Amen !

By : Pawel Hulecki M.Afr., Assistent Genera

Nos étudiants en formation

Année Spirituelle, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso

Année Spirituelle, Kasama, Zambie

Quatrième étape, Merrivale, Afrique du Sud

Course pour une cause noble

Londres, dimanche 7 avril 2024

Avant et après la messe, j’ai vu une course de charité pour la lutte contre le cancer. Les gens couraient pour récolter des fonds afin de faire avancer la recherche sur le cancer. L’objectif est évidemment de vaincre le cancer. J’ai vu passer devant moi différents types de coureurs : jeunes et vieux, hommes et femmes, d’origines diverses. J’ai été sidéré par les personnes handicapées dans leurs fauteuils roulants.

Alors que j’étais là à regarder, j’ai eu différentes pensées. Au début, j’étais un peu sceptique à l’égard des manifestations publiques de collecte de fonds. Le pouvoir de manipulation des gens est sans limite. Ensuite, je m’interrogeais sur le résultat et sur le fonctionnement de l’ensemble : course – argent – recherche… Cependant, je ne pouvais pas nier la cause : vaincre le cancer.

Une chose était claire : les gens couraient, ils se déplaçaient pour une cause. La cause, c’est la fin de quelque chose de douloureux, de quelque chose qui donne la mort. Il y a ici deux mots-clés : mouvement et cause, mouvement pour une cause. Je me répète : courir pour une grande cause, bouger pour une grande cause. La résurrection a mis les disciples en mouvement.

Charles Lavigerie

J’ai pensé à notre grand homme : Charles Lavigerie. Il a parcouru toute la France pour récolter des fonds afin d’améliorer la vie des chrétiens au Moyen-Orient. Il a parcouru l’Europe pour l’arrêt politique de la traite des êtres humains (africains).

Pour quelle cause Lavigerie courrait-il aujourd’hui ? Lavigerie était un homme politique. La politique est une question de pouvoir, et de pouvoir sur les gens : obtenir le pouvoir et l’utiliser. Lavigerie a obtenu le pouvoir et l’a utilisé pour une grande cause : une cause religieuse (l’évangélisation des Africains), des causes politiques (les chrétiens du Moyen-Orient et la fin de la traite des êtres humains).

Et nous aujourd’hui ?

Les maux infligés aux êtres humains sont sophistiqués. L’asservissement (possession) des êtres humains et le commerce (vente et achat) des êtres humains se poursuivent de manière très sophistiquée. La douleur est évidente. Les moyens sont complexes. Les méthodes de lutte sont raffinées. Nous nous sentons parfois impuissants. Il existe des milliers de groupes, d’associations et d’institutions qui luttent contre la souffrance humaine. Nous travaillons en réseau avec eux. Nous courons avec eux.

Dans la lutte contre la souffrance humaine, est-il possible d’être initiateur aujourd’hui ? La mission prophétique implique-t-elle l’innovation ? Notre mission prophétique signifie que nous avons une “Parole de Dieu” vivifiante et transformatrice à adresser à la personne humaine.

Il me semble que les seules contributions pertinentes que nous pourrions apporter à la lutte contre les maux sont de deux ordres : premièrement, une manière ou une méthode originale de lutter contre le mal à partir de notre tradition missionnaire et, deuxièmement, la prévention. Beaucoup est fait en matière d’information, d’intervention, de soins. Notre mission ‘inter gentes’, essentiellement de nature relationnelle, nous pousse à orienter nos esprits, nos cœurs et nos mains vers la prévention des mauvais traitements infligés aux êtres humains.

L’idée maîtresse de notre lutte contre la souffrance humaine est la parole de Dieu à Caïn : le péché (le mal, la maladie, l’abus sexuel, l’esclavage) est à l’affût à ta porte : son désir est pour toi, mais tu peux le dominer (Genèse 4, 7). Peut-être la meilleure réponse à la souffrance humaine est-elle de courir, car c’est le signe d’une vie pleine et entière. S’il vous plaît, courez et courez pour une cause noble !

Par: Moussa Traore, M.Afr.

Rencontre des stagiaires du 15 mars au 17 mars 2024

Secteur de Niamey, Niger

AVEC UN CŒUR RECONNAISSANT

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Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes !
Seigneur, Seigneur, Tu nous combles de joie !

1. C’est toi le Dieu qui nous as faits, qui nous as pétris de la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !
Ton amour nous a façonnés, tirés du ventre de la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !
Tu as mis en nous ton Esprit : nous tenons debout sur la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !

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Voici un chant et une prière sacrée qui ont guidé nos trois jours de rencontre en tant que stagiaires du secteur de Niamey-Niger. Cette rencontre a été animée par le père Pascal Kapilimba, vice-provincial de la PAO.

C’est donc avec un cœur ouvert que nous souhaitons d’abord remercier Dieu Tout-Puissant pour sa présence et ses bénédictions sur nous. Gloire à Dieu aussi pour sa présence parmi nous afin que nous continuions à partager et à témoigner son amour parmi les habitants du Niger. Je crois aussi que c’est la prière de chacun d’entre nous ; quoi que nous disions, quoi que nous pensions, quoi que nous accomplissions et quoi que nous fassions, que ce soit pour la plus grande gloire de Dieu, et cela dans tout ce que nous faisons et disons ; les gens ne nous voient pas, mais voient toujours le Christ Jésus à travers nous et en nous.

De même, nous souhaitons exprimer notre sincère gratitude au père Pascal qui a mis de côté son emploi du temps chargé, juste pour être avec nous lors de cette rencontre particulière. Ce faisant, je voudrais souligner certaines choses importantes que nous avons partagées lors de notre réunion.

“CHARITÉ APOSTOLIQUE”

L’idée de la charité apostolique est très claire et blanche comme la neige. “Nous ne sommes pas des touristes, en tant que tel, notre charisme est celui de la charité apostolique … De la charité apostolique; pas d’autre mais comme les disciples du Christ”. Tout à tous. Cela exige de nous que, tous, nnous ne soyons rien d’autre que tous les peuples. Pour nous les stagiaires, c’est toujours une demande d’apprendre la culture du peuple, de manger leur nourriture, de se sentir et d’être avec eux dans toutes leurs souffrances, etc. Ce n’est pas une nouvelle idée pour un esprit missionnaire. Cependant, nous ne pouvons pas non plus ignorer le fait que c’est un défi de vivre ainsi, surtout quand nous voulons dépendre de notre pouvoir humain. Un missionnaire devrait donc être un homme de prière, qui cherche le Saint-Esprit, l’humilité de Dieu, pour le guider et à faire toutes choses à travers le Christ qui l’appelle chaque jour dans sa vie quotidienne.

Nous aimerions aussi reconnaître la présence du père Leo qui nous a rejoint le dernier jour de notre réunion. C’était encourageant d’apprendre que le père Leo et le père Pascal partagent la même idée de la vie du ‘tout à tous’ : « Nous avons besoin de plus que d’être un prêtre, nous avons besoin de missionnaires », disait le père Leo. Cela signifie que nous ne sommes pas là simplement pour célébrer la messe ou être parmi la multitude des chrétiens, comme cela pourrait être dans d’autres pays comme, la Zambie ou l’Ouganda, juste pour nommer quelques-uns. Dans un pays comme le Niger, nous devons être habitués à quelques chrétiens, par exemple comme la paroisse de Saint-Joseph à Saga ou Saint-Vincent de Paul à Birni N’Konni. Mais plus que cela, un missionnaire est là non seulement pour quelques chrétiens qui sont dans cette paroisse particulière, mais plutôt pour l’ensemble de la population. C’est ce que signifie être missionnaire. Vivre celà contribue à former une communauté joyeuse.

UNE COMMUNAUTÉ JOYEUSE

Pour moi, je décris une communauté joyeuse dans notre contexte des M. Afr comme un groupe d’hommes pleinement humains, responsables, reconnaissants, des hommes au cœur ouvert, des hommes qui savent comment et quand communiquer avec les uns et les autres. Être responsable peut aussi signifier avoir un sentiment d’appartenance à la communauté. Chaque individu doit ressentir cela et cela doit nous aider à vivre notre interculturalité en recherchant l’unité malgré nos différences de nationalité. Comme le cardinal Lavigerie nous le rappelle : « chacun de nous doit aimer chaque membre de la Société de la même manière ». En tant que stagiaire, le père Pascal nous l’a également rappelé : « nous sommes envoyés par le Supérieur général qui, en même temps, envoie tous les confrères dans leurs communautés respectives. Il ne faut donc pas oublier que, bien que membres de la communauté, nous sommes également des étudiants en formation. Ensuite, puisque nous sommes membres de la communauté, nous ne devons pas attendre d’être accueillis pour proposer de nouvelles idées (nous ne nous séparons pas de la communauté), mais plutôt faire tout ce que nous pouvons pour le bien de la communauté à laquelle nous appartenons ».

C’est dire aussi que chaque membre de la communauté est invité à faire un effort. Un effort qui vise à construire une communauté joyeuse. Néanmoins, sans les efforts de chacun pour lutter pour ces éléments importants, nous ne pouvons pas réaliser une communauté joyeuse.

De mon côté, je peux dire que cette réunion fut pour moi un moment spécial qui m’a aidé à faire une pause, réfléchir sur ma vie et évaluer la transmission de cela comme candidat Missionnaire d’Afrique sur la scène du peuple du Niger. Non seulement le peu de chrétiens dans les paroisses que je visitais ici au Niger, mais plutôt toute la population, en particulier celle que je rencontre dans ma vie quotidienne. En dehors de cela, ce fut aussi un moment pour moi d’écouter, un moment qui m’a permis d’être inspiré par d’autres expériences, celles de mes confrères. Très important, c’était aussi un temps de reconnaître la présence de Dieu dans l’histoire de ma vie et dans celle des autres.

Je suis reconnaissant pour tout ce que Dieu continue d’accomplir à travers moi en tant que stagiaire de la paroisse Saint-Vincent de Paul, paroisse de Birni N’Konni, ici au Niger.

Par: Kelly Mukosha, Stagiaire

 

Le Christ Jésus est ressuscité 2024

Mt 28, 1-7, Ravenne, Sant’Apollinare nuovo (493-526)

“Marie est venue au tombeau. Elle est venue au sein de la résurrection, elle est venue à la naissance de la vie, pour que le Christ naisse à nouveau à la foi du tombeau, comme il était né d’un sein de chair […] L’ange est descendu et a roulé la pierre […] non pas pour offrir un passage au Seigneur qui sortait, mais pour montrer au monde que le Seigneur était déjà ressuscité. Que l’ange descende et témoigne que le Christ est ressuscité aussi de nos âmes”. (Pierre Chrysologue). 

JOYEUSES PQUES

Violence et insécurité : un obstacle au développement, à la paix et à la prospérité

Crédit image: Generative AI, https://firefly.adobe.com/

La violence est un comportement qui blesse physiquement ou endommage quelqu’un ou quelque chose. La violence fait référence à la force utilisée pour soumettre quelqu’un contre sa volonté. La violence est une forme extrême d’agression contre une personne ou une querelle qui entraîne des blessures et la mort d’une personne. C’est un acte abominable et horrible, qui peut conduire au pire (blessure ou mort d’une personne). Gandhi, théoricien de la non-violence, a déclaré : “La violence ne doit pas être confondue avec la force ou le conflit. Il n’y a de violence que lorsque la force est en action”.

Le Mali traverse une crise profonde en raison de l’insécurité liée aux conflits qui entraînent des violences, telles les tensions intercommunautaires et intracommunautaires dans le pays. Les actes de violence contre la population civile continuent d’augmenter dans les différentes régions du Mali et les civils continuent de payer le plus lourd tribut aux conflits, à la violence et aux attaques des groupes armés qui causent d’importantes pertes en vies humaines et en biens.

Différents types de violence dans notre société actuelle

-Violence fondée sur le genre : de nombreuses formes de violence fondée sur le genre existent ; nous en faisons l’expérience dans nos communautés aujourd’hui.

-Violence physique : abus physiques tels que coups de poing, crachats, bousculades, gifles, morsures et même utilisation d’armes, etc.

-Violence sexuelle : elle revêt de nombreuses formes et peut se produire dans des circonstances très différentes. Il peut s’agir d’esclavage sexuel, de harcèlement sexuel, de traite à des fins d’exploitation sexuelle, de grossesse forcée ou de mariage forcé. 

-Violence à l’égard des femmes : celles-ci sont toujours victimes dans nos sociétés. L’excision, le mariage précoce et la violence conjugale sont des formes de violence à l’égard des femmes. Toutes ces formes de violence entraînent de nombreux problèmes de santé physique et psychologique dans la vie d’une femme. De nombreuses filles abandonnent l’école à cause de ces violences et d’autres types de violences à leur encontre. Il est important de savoir qu’existent dans notre société de multiples formes de violence auxquelles les gens sont confrontés et qu’elles ont de graves conséquences sur les individus, les familles et les communautés.

-Violence inter- et intracommunautaires : il existe une violence entre agriculteurs et éleveurs. Il s’agit d’un conflit territorial entraînant la destruction de vies et de biens dans nos communautés aujourd’hui. Il y a aussi des attaques armées contre les personnes, les villages et les infrastructures publiques, qui continuent de compromettre la protection des civils et causent de nombreuses pertes en vies humaines.

La violence sous toutes ses formes constitue un obstacle au développement durable, à la paix et à la prospérité d’un pays. Les conflits territoriaux entraînent la destruction de vies et de biens. Existe aussi la violence verbale et morale qui provoque la haine.

A Nioro du Sahel

Ici, dans notre région de Nioro du Sahel, nous connaissons la violence entre les groupes ethniques et aussi entre différentes communautés. L’islam est la religion dominante dans la région ; de nombreuses personnes suivent également les religions traditionnelles africaines. Ils peuvent aussi suivre des cultures et des traditions qui nuisent aux individus et à la société dans son ensemble. Cette violence est à l’origine de la déstabilisation du pays ; elle provoque la pauvreté et le chômage dans la société. Il semble que la société ne veuille pas, ou n’accepte pas, certaines de ces cultures, ce qui cause des dommages physiques et psychologiques aux individus et à la société dans son ensemble. Certains chefs religieux et parents semblent encore soutenir des pratiques telles que l’excision et le mariage précoce des enfants.

Ces pratiques continuent d’exister, même si elles diminuent lentement. Nous nous en rendons compte lorsque nous, en tant qu’Église, participons à différentes sessions organisées par certaines ONG et par les projets du gouvernement qui promeuvent et abordent les questions de la violence et de l’insécurité. Dans nos villes et nos villages, les violences telles que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces causent de nombreux problèmes de santé physique et psychologique aux jeunes filles. Ces différents types de violence peuvent être à l’origine d’une déstabilisation des communautés et du pays dans son ensemble.

Cela peut entraîner une insécurité économique empêchant le pays de se développer.

Attaques par des groupes armés

Les conséquences humanitaires des attaques dans les villages, des tueries, des enlèvements, des récoltes brûlées dans les champs et des incendies de granges et de maisons, ainsi que les vols de bétail, sont nombreuses. Dans un tel climat d’insécurité, il est difficile de penser à l’économie et à la stabilité du pays. Dans la région, quelques ONG tentent, de temps à autre, de ramener la paix et de sensibiliser les communautés aux conséquences de la violence. Les violences inter- et intracommunautaires et les attaques d’hommes armés inconnus contre la population, les villages et les infrastructures publiques, continuent de compromettre la protection des civils et de causer de nombreuses pertes en vies humaines. C’est le cas dans de nombreux villages et régions du Mali ; beaucoup de personnes déplacées sont des enfants et des femmes.

Face à cette situation, les survivants de ces attaques fuient massivement leurs villages vers des lieux jugés plus sûrs. Ce déplacement forcé fait d’eux des victimes de la famine. Le gouvernement intervient en suivant la loi du pays. L’augmentation des attaques dans les villages provoque ensuite des déplacements forcés. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays augmente de jour en jour en raison de l’insécurité persistante dans le pays. La situation est complexe pour mener des activités de médiation, réconcilier les différentes communautés, renforcer la cohésion sociale et favoriser le retour du personnel des services sociaux de base. Les champs, les greniers et les maisons sont incendiés par des groupes d’hommes armés. De temps à autre, des ONG apportent une aide humanitaire sous forme de céréales, de matériel agricole et d’aide morale.

La région de Nioro du Sahel est principalement un désert sec. La saison des pluies y est courte. C’est pourquoi les récoltes sont insuffisantes. Ce problème est à l’origine de l’insécurité économique de la région. Des hommes armés inconnus attaquent et volent les bus de transport. Cela empêche les gens de se déplacer d’un endroit à l’autre. Il y a des conflits territoriaux qui conduisent à la violence des paysans contre les éleveurs, violence entre groupes ethniques, etc.

La violence entraîne des pertes en vies humaines et en biens. Les mariages d’enfants et les mutilations génitales féminines constituent un problème majeur dans la région. De nombreuses jeunes filles mineures quittent l’école et mènent une vie à laquelle elles ne sont pas encore préparées. Ces conflits et cette violence provoquent une grande insécurité économique dans la région et constituent un obstacle au développement du pays.

En réalité, il est difficile pour les gens de vivre en paix tant que les choses ne fonctionnent pas. Il est évident que de nombreuses personnes ne sont pas en paix ; mais elles n’ont pas le choix. Certaines perdent des membres de leur famille à cause de la façon dont les autres les maltraitent.

Par: Gidey Mekonnin Girmay, M.Afr.

Réunion des stagiaires de la province d’Afrique australe (SAP) à Lusaka

« Pas de douleur, pas de gain », « pas de sacrifice, pas d’opportunité », « pas de discipline, pas de résultats »

Le 26 février 2024, les stagiaires de la province d’Afrique australe (SAP) se sont réunis à FENZA (Faith and Encounter Centre Zambia) à Lusaka, en Zambie, pour une réunion d’une semaine. Il s’agissait d’une rencontre de partage d’expériences de stage dans leurs différentes communautés et apostolats. Au cours de la messe d’ouverture, le célébrant principal a invité les stagiaires à réfléchir à leur rôle dans l’apostolat. Il a insisté sur le fait que le principe « pas de douleur, pas de gain », « pas de sacrifice, pas d’opportunité », « pas de discipline, pas de résultats » l’a guidé tout au long de ses années de mission. Le père Martin Onyango a dynamisé les stagiaires par son émouvant sermon.

Huit stagiaires venaient du secteur du Malawi, trois du secteur du Mozambique et douze du secteur de la Zambie. Le partage, guidé par les pères Martin Onyango et Marcellin Mubalama, a été enrichissant. La réunion a commencé par un mot de bienvenue du père Benjamin Itungabose M.Afr., délégué du secteur de Zambie. Il a encouragé les stagiaires à faire preuve de créativité et d’innovation pour répondre aux exigences de l’apostolat. Des groupes ont été formés selon les secteurs pour partager. Plus tard, l’ensemble du groupe s’est réuni pour écouter le rapport de chaque groupe.

Les stagiaires ont partagé la joie commune du zèle apostolique. Ils ont tous témoigné avoir reçu un accueil chaleureux de la part des gens dans leurs lieux d’apostolat. « Les chrétiens sont si bons ; ils nous soutiennent et nous encouragent. Malgré les difficultés linguistiques, ils nous comprennent et nous accueillent avec joie », ont-ils remarqué. Beaucoup de stagiaires ont rapporté qu’ils parcouraient des centaines de kilomètres pour atteindre les différentes succursales en traversant des rivières, des forêts, des vallées et des collines. Cela a renforcé leur zèle pour devenir des Missionnaires d’Afrique.

Les conflits dans les communautés d’accueil ont cependant fait l’objet d’une plainte générale. Les stagiaires continuent d’être victimes de communautés instables avec des conflits qui ont un impact négatif sur eux : « Nous constatons des conflits dus au fait que les confrères viennent de différents pays avec leurs propres stéréotypes et préjugés”, ont-ils déclaré. C’est pourquoi nous devrions tous en être conscients et prendre des mesures pour lutter contre ce « virus » qui ronge nos communautés », ont-ils ajouté.

Votre vocation doit être enracinée en Jésus-Christ, celui que nous servons

Le provincial de la SAP a fait part aux stagiaires de la situation financière actuelle de la Société des Missionnaires d’Afrique. Il a salué les efforts qu’ils font dans leurs différentes communautés pour contribuer à leur fonctionnement et à la réduction des coûts. Il a reconnu avec tristesse que dans presque toutes les provinces de la Société, il y a eu des scandales liés à l’argent. Le provincial et les responsables de secteur sont en train de mettre en place des moyens pour mettre fin à ces problèmes. Le provincial a conclu par des paroles d’espoir : « Nous mettons en place différents projets afin d’assurer l’autosuffisance de notre province. Nous avons actuellement des actifs qui représentent beaucoup d’argent investi, mais nous avons moins de liquidités. Nous faisons tout notre possible pour assurer la transparence et la responsabilité de ce que nous possédons en tant que province ». Il a conseillé aux stagiaires que leur détermination à poursuivre leur vocation ne dépende pas de la situation financière de la Société, mais qu’elle soit plutôt enracinée en Jésus-Christ, celui qu’ils servent.

Les stagiaires ont fait une sortie : ils ont visité la nouvelle maison provinciale à IBEX. Le jour de clôture, un forum ouvert a été organisé, au cours duquel ils ont fait des suggestions pour améliorer la période d’expérience apostolique. Ils ont, par exemple, proposé que les membres des communautés d’accueil envisagent de se présenter une fois que le stagiaire a été accueilli. Ils ont également demandé aux responsables de province et de secteur de rédiger des lettres de nomination et de clarifier les canaux de communication avec les stagiaires pendant leur année spirituelle.

Ils ont terminé cette réunion en remerciant le provincial d’avoir permis la tenue de cette réunion : « Malgré tous les défis financiers auxquels la Société est confrontée, vous avez étendu votre solidarité à un niveau supérieur et vous nous avez permis de nous rencontrer. Une réunion comme celle-ci fait d’une pierre plusieurs coups. Elle renforce nos liens, nous permet d’apprendre les uns des autres et donne du moral à notre vocation de missionnaires », a déclaré leur représentant. Et d’ajouter : « Nous vous remercions infiniment et vous souhaitons à tous la bénédiction de Dieu ».

Par: Justus Wednesday, Stagiaire