60ème anniversaire de la canonisation des martyrs ougandais

Namungongo 2019

Canonisation «Soyez saints comme votre Père céleste est saint» (1 P 1,15-17)

Cette année, nous célébrons le 60ème anniversaire de la canonisation des martyrs ougandais. Ils ont été canonisés par le pape Paul VI le 18 octobre 1964 à Saint-Pierre, à Rome. Nous remercions et louons le Seigneur pour le don de nos martyrs et les nombreux fruits que nous avons reçus et continuons de recevoir de l’histoire de leur vie, de leur martyre et de leur canonisation, en particulier des fruits spirituels et moraux.

L’Église catholique en Ouganda, dirigée par le diocèse de Nebbi, célébrera cet anniversaire le 3 juin 2024, sous le thème : « Moi et ma famille, nous servirons le Seigneur » (Josué 24, 15). Certains diocèses et provinces ecclésiastiques ont pris des dispositions pour célébrer cet anniversaire. Un exemple : la province ecclésiastique de Kampala (Masaka, Kiyinda-Mityana, Kasana-Luweero, Lugazi et Kampala) le célébrera le 15 novembre 2024 à Munyonyo. L’archidiocèse lui-même a organisé une pérégrination des reliques de Charles Lwanga et de Matia Mulumba dans toutes les paroisses de l’archidiocèse, sous le thème : « Nous, les baptisés, cheminons ensemble dans la communion, la participation et la mission, sur les traces des martyrs ougandais ».

Les saints de l’Église nous rappellent notre vocation commune en tant qu’êtres humains créés à l’image de Dieu (Gn 1, 27) et en tant que baptisés : « Soyez saints comme notre Père céleste est saint » (Lévitique 11, 44 ; 1 Pierre 1, 15-17). La visibilité de cette sainteté est dans les œuvres de miséricorde : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36).

La canonisation des martyrs ougandais nous rappelle l’universalité (catholicité) de l’Église et de la sainteté. Elle nous rappelle que la « sainteté » n’est pas le monopole d’une race, d’une tribu ou d’une nationalité. Elle confirme l’enseignement de saint Pierre selon lequel : « Dieu ne fait pas de favoritisme, mais quiconque, de quelque nationalité qu’il soit, qui craint Dieu et fait ce qui est juste, lui est agréable » (Actes 10, 34-35 ; Romains 2, 11).

La journée du 18 octobre doit donc être célébrée chaque année comme un jour d’espoir pour que nous puissions nous aussi être saints comme notre Père céleste est saint. Les martyrs ougandais sont un signe de cette espérance.

Le chemin des martyrs vers la canonisation

Les martyrs ougandais ont été béatifiés en 1920, 34 ans après l’holocauste de Namugongo. Il a fallu attendre 44 ans pour qu’ils soient canonisés en 1964. Ces 44 années entre leur béatification et leur canonisation ont été une grande épreuve pour la foi des croyants, mais surtout pour ceux qui avaient été chargés de promouvoir la dévotion des martyrs et de prier pour des miracles par leur intercession.

Puis, tout d’un coup, Dieu a fait venir le pape Jean XXIII ! Il fut pape du 28 octobre 1958 au 3 juin 1963. C’est grâce à lui que le dossier des martyrs béatifiés, qui avait été mis de côté pendant près de quarante ans, a été rouvert en 1958 et que, dans les six ans, les martyrs ont été canonisés par son successeur, le pape Paul VI, le premier pape à visiter l’Afrique au sud du Sahara. Cette visite a eu lieu en Ouganda du 31 juillet au 2 août 1969.

Le moment de la canonisation des martyrs ougandais a été choisi par Dieu. C’était pendant le Concile Vatican II. C’était aussi l’époque où de nombreux pays africains devenaient indépendants. L’Ouganda lui-même a obtenu son indépendance en 1962. Dans l’homélie qu’il a prononcée lors de la canonisation, le pape Paul VI a déclaré : « L’Afrique est renée libre : L’Afrique est née à nouveau libre ». Ce message faisait écho à l’esprit de Vatican II, considéré comme l’occasion d’une renaissance de l’Église, « l’ouverture des fenêtres de l’Église pour laisser entrer de l’air frais ».

Alors que nous célébrons le jubilé de diamant de la canonisation de ces martyrs, nous devons nous demander dans quelle mesure le continent africain a connu une véritable renaissance au cours de ces soixante dernières années. Comment les martyrs ougandais/africains ont-ils été une source d’inspiration et un défi pour les  chrétiens, hommes et femmes, dans la promotion de cette liberté dont rêvait le pape Paul VI ? Sachant que ce rêve est loin d’être une réalité dans de nombreuses régions d’Afrique, comment pouvons-nous profiter de ce 60ème anniversaire de leur canonisation pour rêver à nouveau, avec le défunt pape Paul VI, aujourd’hui devenu saint, d’une véritable renaissance et d’une liberté de l’Afrique ?

L’Ouganda : Perle de l’Afrique et terre des martyrs

Les Ougandais sont souvent fiers de qualifier leur patrie de « Perle de l’Afrique », un titre qui lui a été attribué par Winston Churchill (1874-1965 ; ancien premier ministre du Royaume-Uni) lors de sa visite en Afrique en 1907. Ceux qui ont beaucoup voyagé et visité d’autres pays africains seront d’accord avec Churchill sur la beauté de notre pays. Le défi que les Ougandais doivent relever aujourd’hui est d’embellir leur pays. Malheureusement, il semble que nous fassions le contraire sur de nombreux fronts !

En 1963, l’année précédant la canonisation des martyrs ougandais, Sœur Marie André du Sacré Cœur (SMNDA) a écrit un livre intitulé : « Ouganda, terre de martyrs ». Un autre attribut précieux donné à notre mère patrie, l’Ouganda !

L’Ouganda, « la perle de l’Afrique », attire chaque année des milliers de touristes et le tourisme est l’une des principales sources de notre revenu national. Cependant, il ne fait aucun doute que l’Ouganda est surtout connu du monde extérieur grâce à ses martyrs noirs ! Trois papes sont venus dans ce pays, non pas en tant que touristes, mais en tant que pèlerins au pays des martyrs noirs ou des martyrs africains, comme ils les appelaient également.

Chacun de ces trois papes a « embrassé le sol de notre patrie pour y planter un baiser spécial de paix », en raison du sang des martyrs qui l’a arrosé ! Aujourd’hui, il n’y a pas de fête ou d’événement dans ce pays qui rassemble une foule aussi grande et aussi internationale que celle de la Journée des Martyrs, le 3 juin !

Méditant sur l’Ouganda, « Perle de l’Afrique et Terre des Martyrs », le pape François a dit ceci :

« L’Ouganda a été arrosé par le sang des martyrs, des témoins. Aujourd’hui, il est nécessaire de continuer à l’arroser pour de nouveaux défis, de nouveaux témoignages, de nouvelles missions. Sinon, vous allez perdre la grande richesse que vous avez. Et la « Perle de l’Afrique » finira par être exposée dans un musée. » (Lubaga, 28 novembre 2015)

Ce constat du Saint-Père est pour nous une véritable matière à réflexion et à prière !

La Guilde des martyrs de l’Ouganda

La Guilde des Martyrs de l’Ouganda (Association), fondée par l’évêque Henry Streicher, M. Afr., a été officiellement reconnue par Rome en 1930. C’est l’une des rares associations d’action catholique née sur le sol de l’Ouganda. Son objectif était de poursuivre la mission d’évangélisation des martyrs ougandais, en visant notamment à renforcer la vie familiale catholique et à réhabiliter la morale et les valeurs sociales.

Malheureusement, cette guilde est restée en sommeil pendant de nombreuses années et est inconnue de nombreux catholiques ougandais d’aujourd’hui ! Nous constatons ependant avec joie que ces dernières années, certains responsables d’Église et fidèles laïcs ont souhaité faire revivre cette association comme l’un des moyens d’impliquer les chrétiens dans la « nouvelle évangélisation ». Nous sommes encore plus interpellés et encouragés par les Chevaliers de saint Matia Mulumba au Nigeria, association très vivante et active qui tire son inspiration de son saint patron.

Chaque année, autour du 3 juin, un « GRAND INCENDIE SPIRITUEL » des martyrs ougandais brûle dans notre pays et à l’extérieur. Pendant cette période, les télévisions, les radios, les journaux, les homélies, etc. nous rappellent bruyamment l’histoire des martyrs ougandais. Mais qu’advient-il de ce grand feu après le 3 juin ? N’est-il pas triste de constater que ce feu s’éteint immédiatement après le 3 juin ?

En Luganda, nous avons un proverbe qui dit : « Oguliko omuseesa, teguzikira » (Le feu qui a un tisonnier [agitateur] ne s’éteint pas). Une partie de la mission de la Guilde des martyrs ougandais ressuscitée consisterait à veiller à ce que ce feu allumé autour du 3 juin reste allumé jusqu’au 3 juin suivant. Ses membres seraient les « pokers » (abaseesa) de ce grand feu annuel du 3 juin. La renaissance de cette guilde/association dans tous nos diocèses serait non seulement un souvenir très significatif de ce 60ème anniversaire de la canonisation des martyrs ougandais, mais aussi un cadeau précieux offert à ceux que nous appelons fièrement nos ancêtres dans la foi.

La canonisation : une source de joie, d’inspiration et de défi

Le message clé des réflexions faites par les différents Missionnaires d’Afrique sur les martyrs ougandais, leur martyre, leur béatification et leur canonisation, est bien exprimé dans ce proverbe Luganda qui dit : « Ne gw’ozaala akukubira eηηoma n’ozina » (Même votre enfant peut battre le tambour pour vous pendant que vous dansez). La canonisation des martyrs ougandais est pour nous, et pour l’Église en Afrique, une source de joie et d’inspiration, mais aussi un défi.

Le père Siméon Lourdel Mapeera, qui a bien connu ces martyrs, en a baptisé la moitié et les a bénis alors qu’ils quittaient Munyonyo pour Namugongo, a écrit ces mots lorsqu’il a reçu la dépouille de Charles Lwanga, cinq mois après l’holocauste :

« Nous prions pour que ces précieuses reliques de l’un des premiers martyrs ougandais nous inspirent et nous insufflent un nouveau courage et un nouvel enthousiasme pour travailler à la conversion de ces gens et nous rappellent que Dieu, s’il le veut, peut faire naître des enfants pour Abraham à partir de pierres (Mt. 3, 9) » (Nalukolongo – 4 novembre 1886).

Notre fondateur, le cardinal Lavigerie, avant même que la cause de leur béatification ne soit présentée à Rome, invitait nos prédécesseurs à « admirer et imiter leur courage ». À l’occasion de leur béatification en 1920, le supérieur général, Mgr Léon Livinhac, également père fondateur de l’Église catholique en Ouganda, écrivait : « La béatification des martyrs de l’Ouganda annoncera un renouveau spirituel notable dans la vie surnaturelle de notre Société ; le commencement, pour ainsi dire, d’une nouvelle ère de piété, de zèle, de générosité et de régularité, remarquable, par conséquent, par de saints travaux qui donneront une grande gloire à Dieu et lui apporteront des milliers d’âmes ». 

Puis, à l’occasion de leur canonisation en 1964, le Supérieur général, le père Leo Volker, écrivait : « Peu d’événements ont été chargés d’une telle signification pour la Société et toutes les Missions africaines… » Dans la même lettre, il reprenait mot pour mot la citation de Mgr Livinhac citée plus haut. Parlant de la joie que cette canonisation allait apporter aux missionnaires et à l’Église en Afrique, il a écrit :

« Néanmoins, cette joie abondera surtout dans l’Église africaine, et en particulier dans l’Église de l’Ouganda. C’est à juste titre que nous, les Pères Blancs, y aurons notre part, étant en toute humilité légitimement fiers que la divine Providence ait choisi d’utiliser notre Société pour faire naître dans la Foi les âmes de ces Martyrs. Notre joie nous apportera un courage renouvelé et une confiance accrue dans l’avenir de l’Eglise africaine. Si les chrétiens de la première génération, moins de sept ans après l’arrivée des premiers missionnaires, ont pu, avec la grâce de Dieu, verser leur sang pour la foi chrétienne, qui doutera des merveilles que la même grâce peut opérer aujourd’hui dans les âmes de leurs frères ?

Ces réflexions de nos prédécesseurs nous invitent, avec l’Église d’Afrique, à faire des martyrs la source de notre joie et de notre inspiration, mais aussi à voir en eux le défi d’être plus courageux et plus zélés dans notre travail missionnaire. À la veille de la canonisation, le père Leo Volker a fait remarquer que : « en toute humilité, il est légitime d’être fier que la divine Providence ait choisi d’utiliser notre Société pour faire naître dans la foi les âmes de ces martyrs ». Qu’est-ce que cette remarque implique aujourd’hui pour notre Société et notre Mission ?

Les Missionnaires d’Afrique en Ouganda ont le privilège d’être les gardiens de deux sites clés liés aux martyrs ougandais : Nabulagala où la majorité des martyrs ont commencé leur catéchisme et où quatre d’entre eux ont été baptisés : Joseph Mukasa Balikuddembe, Andrew Kaggwa, Mathias Mulumba et Luka Baanabakintu ; c’est aussi le lieu de repos de leurs pères spirituels, les missionnaires pionniers en Ouganda. Et Namugongo où le chef des « Abasomi » (chrétiens), Charles Lwanga, a été martyrisé et qui est aussi devenu le signe et le symbole par excellence de tous les martyrs ougandais. Dans l’Église, les privilèges s’accompagnent d’un fardeau de service et de responsabilité. Quel service et quelle responsabilité spécifiques ce privilège confère-t-il à notre Société en général et aux confrères qui y sont nommés ?

Par: Richard Nnyombi, M.Afr.

Namungongo 2019

Père Francis Bomansaan évêque du Diocèse de Wa, Ghana

Communiqué officiel

Comme officiellement annoncé ce midi, le Saint Père
a nommé notre confrère le Père
Francis BOMANSAAN évêque du Diocèse de Wa, au Ghana.
Au nom du Supérieur général, actuellement en réunion à Assise, du Conseil
général et de tous les confrères, nos sincères félicitations à Francis et
l’assurance de notre prière et de notre soutien fraternel
dans son nouveau service de l’Église.

Rome, 22 mai 2024

P. André-Léon SIMONART,
Secrétaire général.

Vivre l’Ascension à Jérusalem

Le fait de situer l’Ascension du Seigneur Jésus au sommet du mont des Oliviers peut être lu comme l’accomplissement des traditions religieuses liées à ce mont. L’histoire et la géographie de Terre sainte nous aideront peut-être à comprendre pourquoi le mont des Oliviers est le gardien de la mémoire de ce mystère de notre salut.

Les textes bibliques nous parlent de deux lieux de l’Ascension de notre Seigneur. Après la résurrection, le Ressuscité donne rendez-vous à ses disciples en Galilée (Matthieu 28, 16). Les Actes des Apôtres placent le lieu de l’Ascension à l’est de Jérusalem au sommet du mont des Oliviers (Actes des Apôtres 1, 9-12).

La partie nord du mont des Oliviers est connue sous plusieurs noms : ‘La vigne du chasseur’ en arabe KARM ES SAYAD ; ‘La petite Galilée’ dans la tradition grecque ; VIRI GALILAEI (en latin : hommes de Galilée) allusion à la parole adressée aux apôtres selon Actes 1, 11 « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? »

Pourquoi le mont des Oliviers et non pas le mont Sion ?

Le choix du mont des Oliviers n’est pas un hasard. Jésus s’approprie toute l’histoire de l’humanité pour l’amener à la perfection. Le mont des Oliviers est le gardien des traditions juives, chrétiennes et musulmanes.

Pendant la période du second Temple, le mont des Oliviers est appelé HAR HAMISHKHA, ‘mont de l’Onction’. Peut-être en souvenir de l’onction de Salomon, sacré roi en une cérémonie improvisée dans l’urgence près de la source de Gihôn dans la cité de David. La manière dont cette cérémonie est racontée dans le premier livre des Rois annonce déjà l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem le jour des Rameaux : « Ils (le prêtre Sadoq, le prophète Natân…) mirent Salomon sur la mule du roi David et descendirent à Gihôn. Le prêtre Sadoq prit dans la Tente la corne d’huile et oignit Salomon ; on sonna du cor et tout le peuple cria : « Vive le roi Salomon ! ». Puis tout le monde monta à sa suite ; le peuple jouait de la flûte et manifestait une grande joie, avec des clameurs à fendre la terre » (1 Rois 1, 38-40). Ce sera presque la même chose le jour des Rameaux : monté sur un ânon, Jésus viendra de Bethphagé de l’autre côté du mont des Oliviers ; il descendra ce mont, traversera la vallée du Cédron pour remonter le mont du Temple et entrer à Jérusalem. Et le peuple l’accompagnera en criant de joie « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur… » (Marc 11, 9)

Mont de l’Onction à cause de la production d’huile d’olives. Les olives de cette montagne étaient utilisées dans la production d’huile. Cette huile qui servait pour oindre les rois et les prophètes et pour les célébrations liturgiques au Temple. Jésus est l’Oint de Dieu par excellence. C’est tout à fait normal qu’il monte au ciel où il est assis à la droite de Dieu le Père par le mont de l’Onction.

Le désir de beaucoup de juifs a toujours été d’être enseveli sur le flanc ouest de mont des Oliviers. Etre enterré en face du mont du Temple, c’est reposer sur une terre sûre pour le jugement dernier. Le prophète Zacharie annonce en effet qu’en ce jour qui achèvera l’histoire : « Les pieds du Seigneur se poseront sur le mont des Oliviers qui fait face à Jérusalem vers l’orient. Et le mont des Oliviers se fendra par le milieu, d’est en ouest, changé en une immense vallée… Puis le Seigneur mon Dieu viendra, et tous les saints avec lui » (Zacharie 14, 4-5). La prophétie de Zacharie parle « des pieds du Seigneur ». Et aujourd’hui dans le sanctuaire de l’Ascension du mont des Oliviers, on peut voir une pierre qui porte les traces du pied de Jésus au moment où il montait au ciel.

La tradition musulmane reconnaît aussi l’importance du mont des Oliviers. Dans la Sourate 1, il est fait mention du droit chemin au verset 6 : « Conduis-nous dans le droit chemin ». Ce terme « droit chemin » se dit « sirat » et a deux sens selon l’époque. Dans l’Islam ancien, il signifie droit chemin ou chemin à parcourir. Dans l’Islam du Moyen-Age, une importance spatiale y est ajoutée : le bon chemin est à associer avec le pont qui reliera le mont des Oliviers au mont du Temple à la venue du messie. La tradition musulmane rejoint ici la tradition juive mais avec une particularité : au jugement dernier, tous les fidèles de ALLAH qui sont enterrés au mont des Oliviers ressusciteront et devront traverser un pont érigé sur sept arches le reliant au mont du Temple. Les « justes » traverseront facilement le pont, tandis que les « mécréants » tomberont dans le Cédron. Ainsi nous trouvons des tombes de musulmans dans la vallée du Cédron, à l’ombre des remparts tout près de l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa, autour de la porte Dorée, porte par laquelle selon la tradition juive, le messie devra passer pour entrer au Temple et prononcer le jugement.

Aujourd’hui ce sanctuaire de l’Ascension est géré et gardé par les musulmans. C’est un site très particulier, car il est utilisé comme mosquée et selon les occasions comme église chrétienne. A l’intérieur de la mosquée se trouve la pierre qui porte les traces du pied de Jésus au moment où il montait au ciel comme nous l’avons dit plus haut. Ainsi se rejoignent les traditions juives, chrétiennes et musulmanes au mont des Oliviers.

La fête de l’Ascension aujourd’hui

Jésus a choisi un mont où il y a des oliviers, un mont en dehors de Jérusalem, pas très loin de la cité sainte. Il n’a pas choisi le mont Sion qui est dans la ville. Il a gardé le symbole de l’olivier, arbre typique du bassin méditerranéen, arbre donné par Dieu à son peuple avec la Terre promise (Deutéronome 6, 10-12) L’olivier est comme cet arbre « qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » (Psaume 1, 3). Il est aussi le symbole du juste et le symbole de la paix, car il est toujours vert et il ne donne son fruit qu’après des soins patients, c’est-à-dire après un long temps de paix. La tradition juive raconte que le rameau d’olivier apporté à l’arche de Noé par la colombe après la décrue des eaux du déluge venait justement du mont de l’Onction.

Fruit de l’olivier et du travail des hommes, l’huile d’olive est tout à la fois nourriture, parfum, remède et indispensable pour la lumière des lampes. Ce riche symbolisme est abondamment repris dans les sacrements de l’Eglise (CEC n° 1293 et 695), les sacrements qui nous font entrer dans les réalités d’en haut. C’est cela même la spiritualité de l’Ascension. Nos réalités terrestres, une fois sanctifiées par la présence et surtout par la bénédiction du Christ, sont élevées au ciel : « Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus viendra comme cela, de la même manière dont vous l’avez vu s’en aller vers le ciel » (Actes 1, 11).

Juifs, chrétiens et musulmans, tous croient que le messie reviendra. A la question d’un participant à la session, ici à sainte Anne de Jérusalem, à un rabbin sur la venue du messie, ce dernier a répondu : quand le messie viendra, nous lui demanderons si c’est la première fois qu’il vient au monde ou bien si c’est la deuxième fois.

Par: Grégoire Milombo, M.Afr.

Mémoire des Bienheureux Pères Blancs de Tizi-Ouzou

Comment les gens vivent-ils cette mémoire aujourd’hui ?

Fondée en 1874, 6 ans après la création de la Société, la communauté de Tizi-Ouzou reste notre plus ancienne communauté encore active. C’est dans cette communauté que nos quatre confrères Alain, Charles, Jean et Christian, Missionnaires d’Afrique, ont été assassinés le 27 décembre 1994. C’étaient des missionnaires courageux et zélés qui ont consacré leur vie jusqu’au bout ; ils sont désormais comptés parmi les plus grands martyrs de l’amour. Ils ont été béatifiés le 8 décembre 2018 à Oran, en Algérie, avec 15 autres personnes. C’étaient des personnes respectées en raison de leur dévouement à la mission et de leur amour pour l’Algérie et son peuple. Nous sommes conscients des privilèges, mais aussi des défis, de vivre dans cette même communauté.

Le sentiment de gratitude et de reconnaissance

Le 27 décembre 2024 prochain, ce sera exactement 30 ans que nos confrères furent assassinés au sein de leur domicile communautaire ; mais les gens continuent de parler d’eux comme si c’était hier. Nous savons bien que les Bienheureux Alain, Charles, Jean et Christian étaient fortement engagés au sein de la société algérienne ; cela se situait dans un contexte où les écoles et centres de formation pouvaient encore être sous la responsabilité de non-nationaux.

Charles Deckers, la figure la plus emblématique des quatre, a formé pas mal d’élèves qui sont passés par le centre de formation professionnel dont il avait la charge. Ces élèves, aujourd’hui des cadres et hauts responsables dans l’administration algérienne, ne cessent de rappeler qu’ils ont été formés par Charles Deckers ; quelques uns même sont déjà à la retraite. Certains d’entre eux sont écrivains et ont consacrés des dizaines de pages à Charles Deckers dans les ouvrages publiés à un certain moment de leur carrière. Ces personnes, nous les côtoyons toujours.

Charles Deckers a vraiment marqué la ville de Tizi-Ouzou par son service et sa générosité : du centre de formation professionnelle qu’il a dirigé sont sortis des centaines d’élèves devenus cadres dans la nation algérienne à tous les niveaux. Charles était connu et apprécié par la population, y compris celle des villes et des villages environnants. En 1972, sûr et fier de son enracinement dans la terre algérienne, il avait acquis la nationalité du pays.

Jean et Alain étaient engagés pastoralement dans les visites de familles, principalement dans les montagnes de la Kabylie. Nous recevons encore des témoignages de certaines personnes évoquant leurs souvenirs de famille, en lien avec ces Bienheureux.

Par contre, on n’entend pas beaucoup parler de Christian. C’était le plus jeune des quatre ; nous savons qu’il était à la base du projet de la bibliothèque qu’il n’a malheureusement pas vu naître. Cette bibliothèque est aujourd’hui fréquentée par des dizaines d’inscrits : professionnels algériens, étudiants et chercheurs en médecine, linguistique et autres matières, même si nous constatons une baisse d’inscriptions ces dernières années.

Célébration annuelle

Chaque 27 décembre, nous lançons une invitation pour commémorer l’anniversaire de leur assassinat ; nous avons toujours un feedback positif, en ce sens que de nombreuses personnes se rendent au cimetière en leur mémoire. L’Algérie est un pays qui célèbre ses martyrs ; nos confrères en font partie.

Nous avons l’impression que leur mémoire est toujours vivante avec tous ces témoignages de vie que nous ne cessons de recevoir. Les gens sont reconnaissants et n’oublient pas les actes concrets que nos Bienheureux ont posés. Le sentiment de gratitude s’exprime aussi dans le fait de garder des liens avec la communauté actuelle des Pères Blancs de Tizi-Ouzou.

Le défi de vivre dans les traces des Bienheureux

L’activité missionnaire de Tizi-Ouzou se poursuit depuis 1874 jusqu’à nos jours. Plusieurs générations se sont succédées. Même si les perspectives adoptées par nos prédécesseurs sont différentes de celles que nous avons aujourd’hui, notre présence reste tout de même digne d’appréciation, mais elle doit être redéfinie en fonction du contexte socio-culturel actuel et des besoins de ceux qui nous entourent.

Nous rencontrons souvent le défi de la comparaison. Certaines personnes ont tendance à vouloir comparer ce que les Bienheureux ont vécu et ce que nous, nous vivons aujourd’hui. D’une part, c’est un encouragement à faire de notre mieux, à imiter leurs traces, tout en sachant que les possibilités qu’ils ont eues ne sont pas les mêmes que celles que nous avons aujourd’hui. D’autre part, vouloir nécessairement comparer ce qu’ils ont vécu et notre vécu aujourd’hui nous oblige à vivre dans l’ombre de nos prédécesseurs.

En plus de cela, il y a aujourd’hui la question de l’origine des confrères sur place. Il y a 20 ans, les gens étaient encore habitués à ne voir que des confrères européens ; aujourd’hui nous sommes, depuis une dizaine d’année, d’origine africaine, et plus jeunes que nos prédécesseurs. Cela cause parfois des incompréhensions et des questionnements pour certains puisqu’ils relient l’appartenance des Pères Blancs à la question de la couleur raciale. On entend même certains dire qu’il n’y a plus de Pères Blancs ici à Tizi-Ouzou. C’est un défi que nous essayons de relever par notre dévouement à la mission et au patrimoine que nous ont légué nos anciens.

Nous relevons aussi ce défi grâce aux témoignages encourageants de certains anciens amis et élèves des Pères Blancs. Par exemple, il y a eu un témoignage frappant et encourageant d’un ancien élève des Pères Blancs, après la célébration du 29ème anniversaire : « J’ai vu le Père Philippe habillé en gandoura au cimetière ! Cela m’a rappelé les temps anciens où les Pères Blancs étaient habillés de cette gandoura. Tous étaient blancs. Mais en voyant le Père Philippe habillé en blanc, tout en n’étant pas blanc, j’ai compris alors pourquoi on les appelle Pères Blancs : pas à cause de la couleur de peau, mais à cause de cet habit blanc. Je souhaite qu’à la prochaine commémoration tous les Pères Blancs portent leur gandoura blanche. » Voici un autre témoignage, d’un ancien : « Cet endroit est un lieu de pèlerinage ! Nous venons faire mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour le bien de tous et nous sommes contents de rencontrer les Pères Blancs qui vivent dans cette maison maintenant ; ils nous rappellent le dévouement des quatre Pères Blancs. »

De la commémoration des quatre Pères Blancs au souvenir des anciens Pères Blancs

Parmi ceux qui viennent aux commémorations, certains n’ont connu aucun de ces quatre Pères Blancs. Ils viennent aux commémorations des quatre Pères Blancs afin de se souvenir aussi des autres qui les ont précédés. Ainsi, il y a des noms qui reviennent dans les témoignages des uns et des autres : le pères Louis Garnier, Jean Robichon et Georges Rogé. Les trois reposent dans le cimetière chrétien de Tizi-Ouzou avec 3 de nos 4 Bienheureux.  

Par: Benoît Mwana Nyembo, M.Afr. & Philippe Dakono, M.Afr. 

Protection des enfants rapport d’audit, secteur irlandais

Le secteur irlandais des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) en février 2024 avait invité le Conseil national pour la protection des enfants de l’Église catholique d’Irlande à procéder à un audit des pratiques de protection dans notre secteur.

Voici le rapport d’audit en anglais

FINAL-Review-Report-Missionaries-of-Africa-20240322

61ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Aujourd’hui, en ce 4ème dimanche de Pâques, l’Église célèbre la journée mondiale de prière pour des vocations. Le message qui guide cette journée, nous invite à semer l’espérance et à construire la Paix. Le Pape François nous invite à nous laisser fasciner par Jésus à travers les pages de l’Évangile et de lui donner de l’espace dans nos cœurs pour trouver en Lui le vrai bonheur et répondre à son appel en nous donnant complètement à Lui, s’Il nous le demande. Le Pape invite le monde chrétien à prier pour le don des vocations afin que tout le monde puisse découvrir l’appel de Dieu dans son cœur pour être des pèlerins d’espérance et artisans de paix.  Message du Pape François pour la 61ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Comme société missionnaire, nous rendons grâce au Seigneur pour des vocations missionnaires. Nous prions pour nos 470 jeunes qui sont en formation dans les différentes étapes, pour tous nos confrères animateurs vocationnelles et tous les jeunes qui ressentent dans leur cœurs l’appel à donner leur vie à l’évangélisation du monde africain.

C’est une occasion pour nous de rendre grâce à tous ceux qui soutiennent nos candidats en formation par la prière et par le support matériel. Que Dieu vous bénisse pour votre aide à la formation des futurs missionnaires.

Prions le Maître de la moisson afin qu’il réveille dans les cœurs des jeunes le désir de donner leurs vies à la mission dans le monde africain :

Père des moissons,

 tu as confié à notre Société

la merveilleuse mission

d’annoncer l’Evangile

 au monde africain.

Nous te louons

 pour ta bonté envers nous.

Sur toi s’est reposée la fidélité

de générations de missionnaires.

La moisson est aujourd’hui abondante.

 Bénis sois-tu !

Nos pères ont tout aimé

 de cette Afrique

à laquelle nous consacrons

aujourd’hui nos vies.

Pour elle nous te prions.

Elle a soif de paix, de justice,

 d’entente et d’espérance.

Donne-lui les apôtres dont elle a besoin.

Réveille en nous

la confiance dans la jeunesse.

Donne-nous l’audace d’interpeller

 et la générosité pour accueillir et écouter

ceux que tu appelles.

Notre Dame d’Afrique, prie pour nous !

Amen !

By : Pawel Hulecki M.Afr., Assistent Genera

Nos étudiants en formation

Année Spirituelle, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso

Année Spirituelle, Kasama, Zambie

Quatrième étape, Merrivale, Afrique du Sud

Course pour une cause noble

Londres, dimanche 7 avril 2024

Avant et après la messe, j’ai vu une course de charité pour la lutte contre le cancer. Les gens couraient pour récolter des fonds afin de faire avancer la recherche sur le cancer. L’objectif est évidemment de vaincre le cancer. J’ai vu passer devant moi différents types de coureurs : jeunes et vieux, hommes et femmes, d’origines diverses. J’ai été sidéré par les personnes handicapées dans leurs fauteuils roulants.

Alors que j’étais là à regarder, j’ai eu différentes pensées. Au début, j’étais un peu sceptique à l’égard des manifestations publiques de collecte de fonds. Le pouvoir de manipulation des gens est sans limite. Ensuite, je m’interrogeais sur le résultat et sur le fonctionnement de l’ensemble : course – argent – recherche… Cependant, je ne pouvais pas nier la cause : vaincre le cancer.

Une chose était claire : les gens couraient, ils se déplaçaient pour une cause. La cause, c’est la fin de quelque chose de douloureux, de quelque chose qui donne la mort. Il y a ici deux mots-clés : mouvement et cause, mouvement pour une cause. Je me répète : courir pour une grande cause, bouger pour une grande cause. La résurrection a mis les disciples en mouvement.

Charles Lavigerie

J’ai pensé à notre grand homme : Charles Lavigerie. Il a parcouru toute la France pour récolter des fonds afin d’améliorer la vie des chrétiens au Moyen-Orient. Il a parcouru l’Europe pour l’arrêt politique de la traite des êtres humains (africains).

Pour quelle cause Lavigerie courrait-il aujourd’hui ? Lavigerie était un homme politique. La politique est une question de pouvoir, et de pouvoir sur les gens : obtenir le pouvoir et l’utiliser. Lavigerie a obtenu le pouvoir et l’a utilisé pour une grande cause : une cause religieuse (l’évangélisation des Africains), des causes politiques (les chrétiens du Moyen-Orient et la fin de la traite des êtres humains).

Et nous aujourd’hui ?

Les maux infligés aux êtres humains sont sophistiqués. L’asservissement (possession) des êtres humains et le commerce (vente et achat) des êtres humains se poursuivent de manière très sophistiquée. La douleur est évidente. Les moyens sont complexes. Les méthodes de lutte sont raffinées. Nous nous sentons parfois impuissants. Il existe des milliers de groupes, d’associations et d’institutions qui luttent contre la souffrance humaine. Nous travaillons en réseau avec eux. Nous courons avec eux.

Dans la lutte contre la souffrance humaine, est-il possible d’être initiateur aujourd’hui ? La mission prophétique implique-t-elle l’innovation ? Notre mission prophétique signifie que nous avons une “Parole de Dieu” vivifiante et transformatrice à adresser à la personne humaine.

Il me semble que les seules contributions pertinentes que nous pourrions apporter à la lutte contre les maux sont de deux ordres : premièrement, une manière ou une méthode originale de lutter contre le mal à partir de notre tradition missionnaire et, deuxièmement, la prévention. Beaucoup est fait en matière d’information, d’intervention, de soins. Notre mission ‘inter gentes’, essentiellement de nature relationnelle, nous pousse à orienter nos esprits, nos cœurs et nos mains vers la prévention des mauvais traitements infligés aux êtres humains.

L’idée maîtresse de notre lutte contre la souffrance humaine est la parole de Dieu à Caïn : le péché (le mal, la maladie, l’abus sexuel, l’esclavage) est à l’affût à ta porte : son désir est pour toi, mais tu peux le dominer (Genèse 4, 7). Peut-être la meilleure réponse à la souffrance humaine est-elle de courir, car c’est le signe d’une vie pleine et entière. S’il vous plaît, courez et courez pour une cause noble !

Par: Moussa Traore, M.Afr.

Rencontre des stagiaires du 15 mars au 17 mars 2024

Secteur de Niamey, Niger

AVEC UN CŒUR RECONNAISSANT

……………………………………………………………………………..

Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes !
Seigneur, Seigneur, Tu nous combles de joie !

1. C’est toi le Dieu qui nous as faits, qui nous as pétris de la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !
Ton amour nous a façonnés, tirés du ventre de la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !
Tu as mis en nous ton Esprit : nous tenons debout sur la terre !
Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l´image de Dieu !

………………………………………………………………………………

Voici un chant et une prière sacrée qui ont guidé nos trois jours de rencontre en tant que stagiaires du secteur de Niamey-Niger. Cette rencontre a été animée par le père Pascal Kapilimba, vice-provincial de la PAO.

C’est donc avec un cœur ouvert que nous souhaitons d’abord remercier Dieu Tout-Puissant pour sa présence et ses bénédictions sur nous. Gloire à Dieu aussi pour sa présence parmi nous afin que nous continuions à partager et à témoigner son amour parmi les habitants du Niger. Je crois aussi que c’est la prière de chacun d’entre nous ; quoi que nous disions, quoi que nous pensions, quoi que nous accomplissions et quoi que nous fassions, que ce soit pour la plus grande gloire de Dieu, et cela dans tout ce que nous faisons et disons ; les gens ne nous voient pas, mais voient toujours le Christ Jésus à travers nous et en nous.

De même, nous souhaitons exprimer notre sincère gratitude au père Pascal qui a mis de côté son emploi du temps chargé, juste pour être avec nous lors de cette rencontre particulière. Ce faisant, je voudrais souligner certaines choses importantes que nous avons partagées lors de notre réunion.

“CHARITÉ APOSTOLIQUE”

L’idée de la charité apostolique est très claire et blanche comme la neige. “Nous ne sommes pas des touristes, en tant que tel, notre charisme est celui de la charité apostolique … De la charité apostolique; pas d’autre mais comme les disciples du Christ”. Tout à tous. Cela exige de nous que, tous, nnous ne soyons rien d’autre que tous les peuples. Pour nous les stagiaires, c’est toujours une demande d’apprendre la culture du peuple, de manger leur nourriture, de se sentir et d’être avec eux dans toutes leurs souffrances, etc. Ce n’est pas une nouvelle idée pour un esprit missionnaire. Cependant, nous ne pouvons pas non plus ignorer le fait que c’est un défi de vivre ainsi, surtout quand nous voulons dépendre de notre pouvoir humain. Un missionnaire devrait donc être un homme de prière, qui cherche le Saint-Esprit, l’humilité de Dieu, pour le guider et à faire toutes choses à travers le Christ qui l’appelle chaque jour dans sa vie quotidienne.

Nous aimerions aussi reconnaître la présence du père Leo qui nous a rejoint le dernier jour de notre réunion. C’était encourageant d’apprendre que le père Leo et le père Pascal partagent la même idée de la vie du ‘tout à tous’ : « Nous avons besoin de plus que d’être un prêtre, nous avons besoin de missionnaires », disait le père Leo. Cela signifie que nous ne sommes pas là simplement pour célébrer la messe ou être parmi la multitude des chrétiens, comme cela pourrait être dans d’autres pays comme, la Zambie ou l’Ouganda, juste pour nommer quelques-uns. Dans un pays comme le Niger, nous devons être habitués à quelques chrétiens, par exemple comme la paroisse de Saint-Joseph à Saga ou Saint-Vincent de Paul à Birni N’Konni. Mais plus que cela, un missionnaire est là non seulement pour quelques chrétiens qui sont dans cette paroisse particulière, mais plutôt pour l’ensemble de la population. C’est ce que signifie être missionnaire. Vivre celà contribue à former une communauté joyeuse.

UNE COMMUNAUTÉ JOYEUSE

Pour moi, je décris une communauté joyeuse dans notre contexte des M. Afr comme un groupe d’hommes pleinement humains, responsables, reconnaissants, des hommes au cœur ouvert, des hommes qui savent comment et quand communiquer avec les uns et les autres. Être responsable peut aussi signifier avoir un sentiment d’appartenance à la communauté. Chaque individu doit ressentir cela et cela doit nous aider à vivre notre interculturalité en recherchant l’unité malgré nos différences de nationalité. Comme le cardinal Lavigerie nous le rappelle : « chacun de nous doit aimer chaque membre de la Société de la même manière ». En tant que stagiaire, le père Pascal nous l’a également rappelé : « nous sommes envoyés par le Supérieur général qui, en même temps, envoie tous les confrères dans leurs communautés respectives. Il ne faut donc pas oublier que, bien que membres de la communauté, nous sommes également des étudiants en formation. Ensuite, puisque nous sommes membres de la communauté, nous ne devons pas attendre d’être accueillis pour proposer de nouvelles idées (nous ne nous séparons pas de la communauté), mais plutôt faire tout ce que nous pouvons pour le bien de la communauté à laquelle nous appartenons ».

C’est dire aussi que chaque membre de la communauté est invité à faire un effort. Un effort qui vise à construire une communauté joyeuse. Néanmoins, sans les efforts de chacun pour lutter pour ces éléments importants, nous ne pouvons pas réaliser une communauté joyeuse.

De mon côté, je peux dire que cette réunion fut pour moi un moment spécial qui m’a aidé à faire une pause, réfléchir sur ma vie et évaluer la transmission de cela comme candidat Missionnaire d’Afrique sur la scène du peuple du Niger. Non seulement le peu de chrétiens dans les paroisses que je visitais ici au Niger, mais plutôt toute la population, en particulier celle que je rencontre dans ma vie quotidienne. En dehors de cela, ce fut aussi un moment pour moi d’écouter, un moment qui m’a permis d’être inspiré par d’autres expériences, celles de mes confrères. Très important, c’était aussi un temps de reconnaître la présence de Dieu dans l’histoire de ma vie et dans celle des autres.

Je suis reconnaissant pour tout ce que Dieu continue d’accomplir à travers moi en tant que stagiaire de la paroisse Saint-Vincent de Paul, paroisse de Birni N’Konni, ici au Niger.

Par: Kelly Mukosha, Stagiaire