Menaces de violence à nos portes

La violence autour de nous

La prévalence de la violence en tant que forme destructrice du comportement humain est malheureusement devenue un épisode récurrent de nos vies, “un universel humain”, selon l’anthropologue politique Jon Abbink. Dans ce contexte de violence généralisée et d’insécurité croissante, nous sommes appelés à témoigner du royaume d’amour et de paix de Dieu. Cette situation de plus en plus explosive représente le plus grand défi pour notre ministère aujourd’hui. La fréquence et la létalité accrues des incidents violents dans de nombreuses zones de conflit à travers le monde – au Yémen, à Gaza, en Ukraine et particulièrement en Afrique – ne peuvent plus être ignorées. Cette tendance est très préoccupante car l’exposition prolongée à la violence aveugle, a plusieurs conséquences néfastes, en particulier pour les enfants et les femmes qui sont susceptibles d’être blessés.

Selon le rapport mondial de Human Rights Watch, en 2023, plus de 15 conflits armés, notamment en République démocratique du Congo, au Cameroun, en Éthiopie, au Mozambique, au Mali, au Burkina Faso et au Sud-Soudan, ont provoqué une crise humanitaire et une tragédie humaine avec des souffrances indicibles pour les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et des civils vulnérables. L’appréhension constante d’un danger ou d’un préjudice potentiel crée une atmosphère d’anxiété et d’insécurité. Lorsque les gens sont confrontés à des menaces plus importantes pour leur sécurité et leur bien-être, ils ont tendance à éprouver des niveaux d’insécurité plus élevés. Dans ce contexte, le défi moral de notre époque est de succomber à l’attrait d’une violence accrue comme mécanisme privilégié de résolution des problèmes. Cela pose une question fondamentale pour la sécurité mondiale et la survie de l’humanité.

À cet égard, les experts en conflits définissent la violence comme un acte social, physique ou psychologique contre soi-même, une autre personne ou une communauté, qui vise à causer un préjudice, une blessure, une privation, la mort ou des dommages à des personnes ou à des biens. Il s’agit d’une forme de comportement agressif qui peut se manifester de différentes manières, telles que la violence physique (par exemple, frapper, donner des coups de poing), la violence verbale (par exemple, les menaces, les insultes), la violence émotionnelle ou psychologique (par exemple, les brimades, la manipulation), la violence sexuelle (pédophilie ou viol) ou la violence systémique (l’injustice institutionnelle intégrée). Selon les données statistiques et la littérature existante, les facteurs religieux et politiques sont les principaux moteurs de la violence généralisée. Par exemple, la politique et la religion sont les principales sources de violence et d’insécurité en Afrique. Elles engendrent et nourrissent la “violence structurelle”, qui favorise des relations de pouvoir inégales, constituées de systèmes sociaux, politiques et économiques injustes et exploiteurs, qui empêchent les gens de réaliser leur plein potentiel.

En outre, nous avons assisté au cours de la dernière décennie à une montée en flèche de nouvelles formes radicales de violence politique et religieuse, dont les expressions aiguës culminent dans les réseaux transnationaux de criminalité organisée et le terrorisme brutal. Par le biais d’actes de terrorisme, les radicaux religieux, les activistes salafistes-djihadistes et les extrémistes violents utilisent des moyens coercitifs, des menaces ou une violence idéologique pour atteindre leurs objectifs sectaires, religieux, politiques et idéologiques. L’Afrique du Nord, le Sahel, les Grands Lacs et la Corne de l’Afrique ont été particulièrement touchés. Des groupes terroristes comme Al-Qaïda, l’État islamique et leurs affiliés locaux Boko Haram et Al-Shabab ont forcé 1,7 million de personnes à quitter leur foyer, selon l’Indice mondial du terrorisme (2020). Au total, sept millions de personnes sont touchées par les conséquences du terrorisme en Afrique, et la plupart d’entre elles (femmes et enfants) craignent encore aujourd’hui pour leur sécurité.

La voie à suivre : défendre la paix et la justice

La violence omniprésente dans nos sociétés et dans le monde en général peut nous décourager et nous donner un sentiment d’impuissance. Néanmoins, nous devons résister à l’envie de nous abandonner au désespoir et à la résignation. À cette fin, un triple mécanisme de réponse est nécessaire pour sauvegarder la dignité de la vie humaine et promouvoir le bien-être et la sécurité de tous les individus. Le premier devoir incombe aux dirigeants élus et aux responsables gouvernementaux, qui doivent s’acquitter de leurs obligations en matière de responsabilité de protéger (R2P) et de l’État de droit, en mettant en œuvre des mesures politiques bien conçues qui accordent la priorité à la sécurité des populations vulnérables. Ces initiatives politiques doivent aborder un large éventail de questions de bonne gouvernance et de responsabilité, notamment l’inégalité socio-économique, la pauvreté, le chômage, la discrimination systémique et la marginalisation.

Le deuxième niveau de responsabilité incombe aux chefs traditionnels et aux leaders religieux, qui doivent modérer les opinions radicales et l’extrémisme religieux dans les sphères publiques et politiques. Ils sont les gardiens fidèles du patrimoine ancestral et des traditions sacrées des communautés. Il leur incombe de promouvoir l’éducation à la non-violence et une authentique culture de la paix.

Les initiatives interconfessionnelles peuvent offrir des programmes de consolidation de la paix pour favoriser le dialogue, la tolérance et la coexistence pacifique entre les personnes de différents groupes ethniques et traditions religieuses. Dans les zones de conflit, il est essentiel d’investir dans des initiatives de justice réparatrice pour aider à réparer les liens brisés au sein de la communauté et favoriser la compréhension mutuelle afin de réintégrer avec succès les délinquants dans la société.

La troisième étape implique un engagement et une implication personnels. Le président américain John F. Kennedy a déclaré un jour avec éloquence : “Une personne peut faire la différence, et tout le monde devrait essayer”. Ceci est particulièrement important pour les messagers de l’Évangile dans un monde qui a besoin de paix et de réconciliation.

L’appel à être des artisans de paix n’est pas facultatif ; au contraire, il s’agit d’une partie essentielle du message évangélique pour notre temps. Heureux sommes-nous si nous répondons à cet appel pour les enfants de Dieu qui ont besoin de paix et de sécurité aujourd’hui.

Par: Barthelemy Bazemo (M.Afr.)

Messe pour le Cardinal Richard BAAWOBR

Communiqué

Une Messe pour le repos de l’âme du Cardinal Richard K. BAAWOBR aura lieu lundi, 5 décembre 2022, à 11 heures, dans la Basilique Saint Pierre. Elle sera présidée par le Cardinal Giovanni Battista RE.

Les funérailles auront lieu dans son diocèse de Wa au Ghana.

Rome, 29 novembre 2022

André-L. Simonart,
Secrétaire général.

Anthony Nahabwe / Ordination Sacerdotale

Anthony Nahabwe M.Afr

Ordination Sacerdotale

La famille de feu Paul et de feu Hilda Kukundakwe de Rubira,
ainsi que le curé de la paroisse de Rushoroza-Kabale Diocese,
et le Supérieur du Secteur de l’Ouganda,
invitent cordialement à la messe d’ordination sacerdotale de leur fils
Anthony Nahabwe

présidée par
Mgr. Callist Rubaramira,
évêque du diocèse de Kabale,

à la paroisse de Rushoroza le 12 février 2022 à 10h00.

vous êtes également invités à sa messe d’action de grâce
le 13 février 2022 à Rubira Ketokye.

Votre présence honorera cette célébration.

Le racisme, l’Église et la souffrance des personnes d’origine africaine

Le racisme, l'Église et la souffrance des personnes d'origine africaine

Stan Chu Ilo est un prêtre catholique du diocèse d’Awgu (Nigeria) et professeur de recherche sur le catholicisme mondial et les études africaines à l’université DePaul de Chicago (États-Unis).

Un article de LACROIX INTERNATIONAL traduit par deepl.com et mafrome.org. En cas de dout veuillez vous référer à l’original.

Covid 19 – Conséquences

Les conséquences du Covid 19 - Quelques réflexions de Bernard Ugeux

Bernard Ugeux est un Missionnaire d’Afrique basé à Bukavu (RDC). Théologien, très proche des petites communautés chrétiennes et très engagé auprès des personnes qui vivent dans les périphéries, Bernard livre ses réflexions sur le sens et les conséquences du Coronavirus.

Mgr Michael Fitzgerald… La Croix

Mgr Michael Fitzgerald, un cardinal au service du dialogue

Anne-Bénédicte Hoffner

Parmi les nouveaux cardinaux qui seront créés lors du consistoire samedi 5 octobre, plusieurs se sont illustrés par leur engagement au service du dialogue islamo-chrétien. à l’instar de Mgr Michael Fitzgerald, Père Blanc, aujourd’hui engagé auprès d’une paroisse de Liverpool.

Dans son bureau en égypte. Arnaud du Boistesselin/Ciric

Au courrier du jour figurent deux lettres de félicitations. Dans le salon de son presbytère, Mgr Michael Fitzgerald les parcourt et s’amuse : « Le message est très gentil mais il y a une erreur : je ne suis pas le deuxième cardinal anglais, je suis britannique. Vous ne trouverez pas une goutte de sang anglais dans mes veines ! » Ce n’est de toute façon pas pour sa nationalité ni pour son siège épiscopal que le pape François a demandé à ce prêtre de la Société des missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) de rejoindre le cercle de ses plus proches conseillers. « C’est un acte de justice », a répondu le pape à un journaliste qui l’interrogeait dans l’avion le ramenant de Madagascar, début septembre.

« Je n’ai jamais désiré ni recherché les honneurs, bougonne l’intéressé. Et puis, à 82 ans, vais-je vraiment conseiller le pape ? » Il regarde avec distance les interprétations qu’il lit, ici ou là : s’agit-il pour le pape de « renforcer son équipe », dans la perspective de l’élection de son successeur ? Ou plutôt – à travers sa nomination ainsi que celle de l’actuel président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Mgr Miguel Ayuso Guixot, et de l’archevêque de Rabat, Mgr Cristobal Lopez Romero – d’une volonté de replacer le dialogue interreligieux au cœur du service de l’Église et de l’Évangile ? Lui-même se garde bien de trancher et préfère parler d’une « reconnaissance ».

De fait, Mgr Michael Fitzgerald incarne à merveille ces nouveaux cardinaux à la mode François, aux antipodes des « princes de l’Église » des images d’Épinal. Depuis la permission obtenue de ses parents – irlandais tous les deux – de le laisser rejoindre à 12 ans le petit séminaire des Pères Blancs en Écosse, jusqu’à sa nomination en 2002 à la tête du dicastère chargé du dialogue interreligieux, il présente chacune de ses nominations à Rome, en Ouganda ou au Soudan comme frappée au coin du hasard… ou de la providence. Toutes l’ont orienté toujours un peu plus vers l’étude de l’islam et la rencontre avec les musulmans. Chaque fois, il s’est plié à la volonté de ses supérieurs… et s’étonne que l’on s’en étonne. « Cela fait partie de notre serment d’obéissance : on peut toujours refuser, mais il faut de bonnes raisons pour le faire », rappelle-t-il.

Quand lui-même rêvait du Nigeria ou du Yémen, l’Institut pontifical des études arabes et d’islamologie (Pisai), fondé par les Pères Blancs, s’est sans cesse rappelé à lui. Il l’a dirigé de 1972 à 1978 et y a eu nombre d’élèves, dont le frère Christian de Chergé, futur prieur de Tibhirine. Toujours « sans l’avoir recherché », il accepte en 1987 – après la première rencontre d’Assise – le poste de secrétaire de ce qui s’appelle encore le « Secrétariat pour les non-chrétiens » et que Jean-Paul II, soucieux de développer les relations entre croyants, transformera en Conseil pontifical. Pendant quinze ans, il seconde fidèlement le cardinal nigérian Francis Arinze dans ses efforts pour mettre le dialogue au service de la paix, avant d’apprendre un jour sa nomination comme président de ce dicastère.

L’élection de Joseph Ratzinger, sous le nom de Benoît XVI, en 2005, marque un tournant dans son parcours. Le peu de goût du nouveau pape pour le rapprochement entre les religions est connu. L’année suivante, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux est confié au cardinal Paul Poupard, déjà chargé de la culture, Mgr Fitzgerald étant nommé nonce en Égypte. « Peut-être l’intention était-elle de fondre le dialogue interreligieux au sein du dialogue interculturel ? », s’interroge l’intéressé, fidèle à son extrême discrétion sur le sujet. Quelques mois plus tard, après un discours prononcé à Ratisbonne, en Allemagne, qui provoqua un vigoureux tumulte dans le monde musulman, Benoît XVI fit machine arrière et restitua son indépendance au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, plaçant à sa tête un diplomate aguerri, le cardinal Jean-Louis Tauran.

Depuis Jérusalem où il avait pris sa retraite il y a sept ans, Mgr Michael Fitzgerald reçut quelques signes de l’affection du pape François à son égard : on lui a notamment confié « une mission au Liban ».« Mais je ne pensais pas être créé cardinal du vivant de Benoît XVI », reconnaît-il sobrement.

Étonnamment, malgré les années qui ont passé, on sent poindre quelques réflexes romains, lorsqu’il s’étonne par exemple de ces nominations qui « ne respectent pas la tradition ». « Je n’obligerai pas le prochain pape à vivre à Sainte-Marthe », annonce-t-il également, sourire en coin, en référence au choix du pape François de renoncer aux appartements pontificaux… En attendant, et alors que la rumeur vaticane bruisse de rumeurs de « schisme » et de scandales sexuels, Mgr Michael Fitzgerald se félicite d’être désormais « en dehors de tout cela ».

Son souci, aujourd’hui, est bien différent, alors qu’il vient de se réins­tal­ler dans son pays, plus de cinquante ans après l’avoir quitté. Il a repris, avec trois prêtres de son institut, une paroisse quasi-abandonnée de Liverpool. En accord avec le diocèse, la province d’Europe des Pères Blancs a souhaité cette « insertion » en Angleterre avec une double mission : le service des migrants et le dialogue avec les musulmans. Il leur faut donc trouver le moyen de nouer le contact avec les habitants : quartier chinois d’un côté, « triangle baltique » de l’autre, baptisé ainsi en souvenir des anciens marins qui y accostaient.

« Autrefois, Liverpool était surtout connue pour les Beatles. Aujourd’hui, il semble que sa principale religion soit le foot », constate le nouveau cardinal, en achetant son pain face à un immense graffiti représentant l’entraîneur du Liverpool Football Club, vainqueur de la Ligue des champions la saison dernière. Il se dit prêt aussi à « donner un soutien » aux acteurs du dialogue islamo-chrétien au Royaume-Uni.

C’est sur ce combat de toute une vie qu’il se montre le plus disert : « à Al-Azhar, à Abu Dhabi ou à Jérusalem, le pape François nous montre comment faire : par le contact direct et sans se laisser enfermer dans des prescriptions ou des barrières. C’est un homme libre et nous avons besoin d’hommes libres ! » Lorsqu’il faudra, un jour, élire un successeur à l’évêque de Rome, le cardinal Fitzgerald, parce qu’il est âgé de plus de 80 ans, ne votera pas. Mais il participera « aux discussions » et « sera heureux de soutenir la direction prise par François ».

Les élections sont finies – Déclaration de la SACBC

 

Après les élections qui ont eu lieu en Afrique du Sud mercredi passé, le 8 mai 2019, la Conférence des évêques catholiques d’Afrique du Sud a publié la déclaration suivante :

LES ÉLECTIONS SONT TERMINÉES - QUE LA CONSTRUCTION DE L'ÉCONOMIE ET LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION COMMENCENT !​

Nous félicitons la Commission électorale indépendante et tous les partis politiques d’avoir créé un environnement propice à des élections libres et régulières. Bien que certains partis aient exprimé leur mécontentement au sujet de certains incidents survenus pendant les élections, ceux-ci ne semblent pas avoir eu d’impact significatif sur l’intégrité de l’élection. Néanmoins, nous appelons la Commission électorale indépendante à prendre des mesures efficaces et à s’attaquer à tous les problèmes du système électoral avant les prochaines élections municipales, y compris la menace de votes multiples, la pénurie de bulletins de vote et l’inefficacité du personnel.

L’un des messages clés que les Sud-Africains ont transmis pendant la campagne 2019 est que le contrat social, qui est fondé sur les négociations constitutionnelles au début des années 90, doit être renouvelé et corrigé. Les citoyens ne doivent pas être tenus pour acquis. La baisse du taux de participation électorale ainsi que les incidents de protestations pendant les élections sont un avertissement sévère à tous les partis politiques que, vingt-cinq ans après le début de la démocratie constitutionnelle, il est nécessaire de renégocier le contrat social entre l’élite au pouvoir et ceux vivant en marge de l’économie.

Au cours des 25 dernières années, la démocratie constitutionnelle et son contrat social enchâssé n’ont pas réussi à créer des dividendes tangibles, en particulier pour les pauvres, en termes de niveaux acceptables d’accès à une éducation de qualité, de soins de santé de qualité, de possibilités d’emploi et de logement décent. Au cours des cinq prochaines années, la réparation du contrat social dépendra donc de la mesure dans laquelle le parti au pouvoir, en collaboration avec les fonctions de contrôle du 6e Parlement, aura réussi à reconstruire l’économie tout en relevant le triple défi de la pauvreté, du chômage et des inégalités.

Nous attendons donc de tous les partis politiques de la 6e législature, et pas seulement du parti au pouvoir, qu’ils fassent passer le pays en premier et qu’ils travaillent ensemble à l’élaboration de mesures efficaces pour enrayer l’effondrement de l’économie et le pillage des ressources publiques, et pour stimuler la croissance économique afin qu’elle crée des emplois. En particulier, nous demandons au parti au pouvoir d’élaborer un plan stratégique national, assorti d’objectifs mesurables pouvant faire l’objet d’une reddition de comptes, pour lutter contre le chômage des jeunes, qui est une bombe à retardement qui, à un certain niveau, a contribué au désenchantement et à l’apathie des électeurs chez les jeunes.

Une question qui préoccupe vivement de nombreux citoyens de notre pays et qui constitue également une grave menace pour notre jeune démocratie est celle des niveaux élevés de corruption. Maintenant que les élections sont terminées, nous attendons du président de notre pays qu’il renonce à la politique de l’opportunisme et qu’il fasse preuve de fermeté à l’égard des personnes impliquées dans la corruption et la capture de l’État. En particulier, nous attendons le président du pays :

  • Faire en sorte que les personnes soupçonnées de corruption et de capture de l’État ne soient pas nommées au Cabinet et au Parlement ;
  • Faire en sorte que le Cabinet pléthorique du pays soit réduit de moitié ;
  • introduire de nouvelles mesures pour renforcer les moyens d’enquête et de poursuite de la justice pénale et sa capacité à fonctionner sans ingérence politique et à poursuivre les personnes impliquées dans la corruption et la capture d’État ;
  • inverser la tendance à la faillite de la bonne gouvernance et aux pillages généralisés des entreprises publiques comme Eskom, SAA et autres.
  • Adopter des mesures plus efficaces pour protéger l’intégrité de la Société publique d’investissement (SIP)
  • et des mesures plus énergiques pour faire face aux dépenses irrégulières, inutiles et dilapidatrices dans les services gouvernementaux et dans les municipalités.
    Mgr S. Sipuka – Président de la SACBC

Pour plus d’informations, veuillez contacter Mgr l’Archevêque W. Slattery (Porte-Parole de la SACBC): +27 8x xxx xxxx

FIN DE LA DÉCLARATION

Traduction : Deepl

Côte d’Ivoire : Centre de protection à l’ICMA

Un Centre de Protection des mineurs et des personnes vulnérables a été ouvert au sein de l’Institut Catholique Missionnaire d’Abidjan, ICMA, en Côte d’Ivoire le 23 mars 2019. Cette initiative répond à l’appel du pape François d’assurer plus de protection aux enfants contre les abus sexuels.

Notre confrère, Stéphane Joulain, a donné plusieurs sessions sur la Protection des enfants et des personnes vulnérables aux étudiants de l’ICMA.

Lisez l’article de Marcel Ariston BLE, du service Français-Afrique de Vatican-News.

Lisez aussi l’article paru dans le quotidien français LaCroix Africa.

Eglise et pédophilie : récit d’une journée choc

C’est dans son diocèse d’origine cette fois que notre confrère Stéphane Joulain partage son expertise, très appréciée, avec des prêtres, religieux et laïcs engagés dans le diocèse. L’article ci-dessous est tiré du journal “Ouest-France” du 22 mars 2019. Son journaliste, Thomas Heng, avait été invité aux conférences et aux assemblées générales. Ce poste est réservé aux Missionnaires d’Afrique pour des raisons de copyright.

Le vicaire général du diocèse de Nantes, François Renaud. | OUEST-FRANCE

170 prêtres et laïcs se sont pressés à une formation de lutte contre les abus sexuels, mercredi, à Nantes. Sans discours convenus. Pour les catholiques. l’urgence est décrétée.

Mardi. à Rome. le pape François refusait la démission de l’archevêque de Lyon. le cardinal Philippe Barbarln, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs.

Quelques heures plus tard, à 1 500 kilomètres du Vatican. à la maison diocésaine de Nantes, 170 prêtres, diacres et laïcs missionnés participaient à une journée baptisée ” Luttons ensemble contre la pédophilie en Église », Sujet sensible et douloureux.

« Crise des abus sexuels »

Le diocèse, dans une démarche de transparence, a accepté notre présence. On redoutait un certain « ronron » Au contraire, ici, pas de discours pesés au trébuchet, de précautions oratoires, de circonvolutions.

Mettre le fer dans la plaie pour vider l’abcès de la « crise des abus sexuels ». L’intervenant venu de Rome, Stéphane Joulain. père missionnaire, psychothérapeute formé en criminologie, sait faire. Il est spécialiste de la lutte contre la pédophilie. « Régler le problème en autorisant le mariage du prêtre ? Mettre une femme dans le lit d’un pédophile n’a jamais réglé la question. » Le ton est donné.

« Pour beaucoup, constate-t-il, le synonyme de « prêtre » c’est devenu « pédophile ». L’Église essaye de régler ces questions depuis le… III° siècle. » À la pause déjeuner, il précise : « Si on applique toujours la même solution à un même problème en espérant le résoudre, on n’est pas loin de la folie. »

D’abord, donc, se départir de réflexes ancestraux. « Quand un père est mis en cause pour des abus sexuels, des paroissiens s’inquiètent de son moral plutôt que de la victime, déplore un religieux. Inversons le regard. » « Les catholiques sont un peu obsédés par… le pardon ». résume, lapidaire, Stéphane Joulain. Autrement dit, le pardon, c’est « un chemin ». pas un automatisme.

Un long chemin parfois. On écoute l’histoire de cette femme de 87 ans, qui a attendu de voir la mort venir, pour enfin parvenir à dire ses blessures. Pendant quatre-vingts ans, elle a porté seule le fardeau d’une agression vieille de sa première communion. Une ombre se lève, quitte la salle en larmes. « Des choses remontent…», glisse un participant.

Parler, parler, parler. Stéphane Joulain s’agace contre un autre réflexe observé dans les paroisses : la protection de l’institution : « Quelques fois. on transforme la victime en ennemi ! Mais le scandale arrive par ceux qui ont commis ces abus ! Pas par ceux qui les relaient. »

Derechef. une question monte dans la salle : quand même. « Les médias », ils exagèrent, non ? « Sans les journalistes, on en serait encore à balayer la poussière sous le tapis », réplique l’orateur.

A la pause nicotine, dans les couloirs. un prêtre du sud de Nantes. embraye : « Des fois, on s’inquiète plus de l’institution que des Évangiles. » Autour de lui, Grâce à Dieu, le film de François Ozon, consacré aux abus du père Preynat, fait beaucoup parler, en bien.

Libérer la parole, point de départ

Face aux abus, l’Église aurait eu le tort de gérer « des situations individuelles », un peu comme des fusibles, pour protéger l’édifice général. « C’était la théorie de la pomme pourrie, de cas isolés, poursuit Stéphane Joulain. Mais la crise actuelle révèle qu’il y a quelque chose de pourri dans le panier. Et même dans le haut du panier. »

Manière de dire que les solutions passent par une prise de conscience collective, la « supervision » de tous, quitte à rogner sur la « confiance » accordée traditionnellement à chacun. En somme. une responsabilité partagée, évêques inclus.

Mais gare à ne pas se payer de mots. Libérer la parole, c’est le point de départ, pas d’arrivée. « Si vous pensez que c’est terminé l’an prochain, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! prévient Stéphane Joulain. II faut changer, en profondeur. Nous devons passer par une phase de purification de l’Église, apprendre à travailler avec les victimes. »

« Ça ébranle leur foi »

Sur le terrain, on assure que la crise ne détourne pas les fidèles de l’Église. « Mais beaucoup, y compris parmi les plus solides, disent que ça ébranle leur foi », reconnaît le vicaire général, François Renaud.

Dans l’assistance, on s’inquiète quand même de « la diminution des inscriptions dans les camps d’été ou à la catéchèse ». Et, surtout, de ce « soupçon généralisé » qui pèse sur les prêtres.

Après le constat, des ébauches de solutions

Comment « faire de l’Église un lieu sûr ? » Stéphane Joulain invite à améliorer la formation des prêtres. Le temps de la formation au séminaire est d’au moins six ans. « Quand un séminariste ne veut être qu’au contact d’enfants, sans capacité de développer des relations avec des adultes… Attention ! »

Dans les paroisses, il ne faut jamais laisser courir une rumeur : « Il faut investlguer et faire la vérité ! »

Un travail strict s’impose aussi sur les « lieux ». « Les salles fermées où personne ne voit rien de l’extérieur, c’est à bannir. Pareil pour la catéchèse : si un animateur colle des posters sur les fenêtres, qu’est-ce que ça veut dire ? »

Jusque dans le confessionnal, transparence et prudence prévalent : « A Notre-Dame de Paris. la confession se déroule dans un aquarium vitré. Aux yeux de tous. Et alors ? C’est un moment où la personne livre sa vulnérabilité affective. Certains pourraient abuser de cette fragilité. »

Thomas Heng,
Ouest-France du 22 mars 2019

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