Communiqué du Chapitre – 15 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 15 juin 2022

L’avant-midi du 15 juin a été consacrée à la réflexion et à la prière par une intervention du P. David Sullivan. Celui-ci a demandé aux capitulants d’intégrer et de s’approprier pour eux-mêmes la vision qui ressort du chapitre en vue de la vivre avec conviction et confiance, de se laisser transformer par elle et la transmettre à tous les confrères par la suite. Seulement de cette manière pourront-ils devenir des ambassadeurs dignes du chapitre qui est sur le point de terminer.

L’ascension et la Pentecôte nous offrent un bon exemple de l’appropriation de l’Évangile faite par les apôtres. Jésus n’était plus physiquement avec eux. Pourtant ils ont su prendre les bonnes décisions et initiatives pour témoigner de l’Évangile et de l’amour de Dieu. Ils n‘ont pas annoncé l’Évangile parce qu’ils étaient obligés, mais plutôt parce qu’ils en étaient convaincus, parce que l’Évangile n’était plus simplement celui de Jésus mais bien le leur propre. Et ils ont accepté d’y façonner leur vie.

Le P. Sullivan a beaucoup insisté sur le principe de subsidiarité qui consiste à partager l’autorité avec les responsables des échelons inférieurs leur laissant plus de liberté d’action et de décision. Il en résulte que les décisions sont prises plus rapidement et en meilleure connaissance de cause. Ce partage de l’autorité transmet de l’énergie et de l’engagement dans la vie des gens.

Une telle pratique n’enlève rien à la responsabilité des supérieurs majeurs. Cette responsabilité consiste donc à inspirer les confrères à s’engager et à veiller sur l’application concrète du chapitre. La vision qui ressort du chapitre vient de la base par l’intermédiaire des différentes assemblées pré capitulaires et retourne aussi à la base par le truchement des assemblées post capitulaires. Avec la prière, la fraternité et le dialogue, le chapitre ravivera en nous notre charisme et inspirera notre engagement missionnaire pour l’Afrique et pour le monde d’aujourd’hui.

L’atmosphère était au travail dans l’après-midi. Les capitulants ont voté certains documents, en ont lu d’autres. Finalement, il y eut une discussion au sujet de quelques amendements aux constitutions.

Communiqué du Chapitre – 14 juin 2022

Chapter Communication - 14 June 2022

Au lendemain de l’audience papale, les deux sujets discutés concernaient les deux volets de la gouvernance, les ressources humaines et les ressources financières et matérielles. Je les aborde très brièvement. L’après-midi a vu la présentation des premiers textes pour être soumis au vote de l’assemblée.

RESSOURCES HUMAINES

Un des points importants contenus dans le texte proposé concerne les consultations et nominations des supérieurs majeurs de la société. Nous sommes conscients que la nomination des supérieurs majeurs n’est pas toujours facile. L’interculturalité et la compétence tiennent une place centrale dans la nomination des supérieurs majeurs. Les responsables des méga provinces se dévouent à l’animation des confrères. Ils s’efforcent de promouvoir la coresponsabilité et la subsidiarité dans l’exercice de leurs fonctions.

Un progrès notable consiste dans le fait que les provinces se soient dotées de leurs statuts. Les relations entre les provinciaux et le conseil général sont bonnes et constructives.

En dépit des précautions prises pour mener à bien les consultations, il y a parfois des murmures lorsque survient la nomination de supérieurs majeurs.

RESSOURCES FINANCIÈRES ET MATÉRIELLES

Les ressources financières et matérielles de la société sont au service de la mission. Nous sommes reconnaissants et conscients combien la Providence nous a soutenus au fil des ans. Cette même Providence nous pousse à prendre les mesures nécessaires pour varier et augmenter les revenus de la société et aussi pour mieux budgéter nos dépenses et mieux les contrôler, pour favoriser notre style de vie simple. Nous apprécions les efforts accomplis par la société pour les audits, pour débuter des projets générateurs de revenu et d’autosuffisance. Nous nous éveillons de plus en plus à la capacité de l’Afrique de soutenir notre mission et de nous aider financièrement, soit par l’aide concrète de personnes, ou la création d’un fond de développement au niveau des provinces ou de grands centres en Afrique.

Le chapitre rappelle à tous les confrères que la stabilité financière de la société ne repose pas que sur les épaules des économes, mais bien sur celles de tous les membres de la société. La coresponsabilité, la générosité et la transparence s’avèrent des atouts fondamentaux pour assurer une gérance saine de nos ressources matérielles à longue échéance.

VOTATION

Le chapitre en est à sa dernière semaine. Seulement peu de textes doivent être passés à l’assemblée plénière pour leur correction finale.  La votation des textes prêts est débutée et elle suit un procédé très rigoureux et méthodique.

Communiqué du Chapitre – 13 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 13 juin 2022

L’audience avec le Pape François a eu lieu ce matin avec plus de cinquante confrères. Je vous fais part d’une court texte que Didier Sawadogo a eu la gentillesse d’écrire pour notre communication journalière.

Audience Papale avec les capitulants du 13 juin 2022

Accueillis à 11 à la porte de Bronze, c’est à 11h45 que nous avons été conduits à la salle Clémentine dédiée au Pape Clément VIII. Nous étions 51 Missionnaires d’Afrique et la sœur Inarra Maria-Begona, observatrice au chapitre au nom des SMNDA.

La matinée a été bien chargée pour le Pape qui a fait son entrée dans la salle Clémentine à 13h05 sous les applaudissements des capitulants.

Tout de suite, le Supérieur général, le Père Stan Lubungo, a pris la parole pour saluer le Pape et donner nos nouvelles.  Il a commencé par remercier le Pape de son accueil et a rappelé que le 8 février 2019, nous avons eu la joie et le privilège d’être accueillis avec nos Sœurs SMNDA par lui dans le cadre de la célébration du 150ème anniversaire de la fondation de nos deux instituts.  Nous avons été encouragés et portés par ses paroles fortes qui nous invitent à la fidélité à nos origines afin de nous engager sans peur sur le chemin de la mission pour témoigner que « Dieu est toujours une nouveauté, lui qui nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières ». Aujourd’hui, dit le Supérieur général au Pape, « vous nous accueillez, de nouveau, dans le cadre de notre Chapitre général, une autre halte importante pour relire le passé et nous tourner vers l’avenir avec espérance ».  Il a partagé avec le Pape notre joie à l’annonce de sa visite au Congo et au Soudan du Sud, deux pays où nous sommes et partageons la vie des populations. Nous prions que sa santé lui permette de réaliser ce voyage missionnaire dès que possible pour affermir les populations qui attendent beaucoup de cette visite. Il a terminé en partageant avec le Pape la triste nouvelle de la mort de notre confrère, Michael Mawelera, tué à Mbeya en Tanzanie le 10 juin.

En réponse, le Pape a commencé par réitérer son désir de visiter le Congo et le Soudan du Sud, mais a aussi partagé la difficulté de voyager à son âge : « A mon grand regret, j’ai dû reporter mon voyage au Congo et au Sud-Soudan. En effet, à mon âge, il n’est pas si facile de partir en mission ! Mais vos prières et votre exemple me donnent du courage, et je suis confiant que je pourrai rendre visite à ces peuples, que je porte dans mon cœur », a-t-il dit.  Et d’ajouter : « Le 3 juillet, le jour que je devais célébrer à Kinshasa, nous emmènerons Kinshasa à Saint-Pierre, et là, nous célébrerons avec tous les Congolais romains, qui sont nombreux ».

 Il se souvient bien de notre Jubilé et demande de transmettre ses salutations aux confrères et aux Sœurs SMNDA. Il nous a rappelé que regarder le passé avec gratitude comme on le fait à l’occasion de notre chapitre est un signe d’une bonne santé spirituelle. La gratitude ouvre à l’espérance. Ainsi il nous invite à avancer dans la gratitude et l’espérance. Reprenant la citation de notre fondateur, cité par le Supérieur général, le Saint Père nous a rappelé que l’apôtre n’est pas celui qui fait du prosélytisme. Le prosélytisme n’a rien d’évangélique. L’apôtre est un témoin. Le témoignage est fondé sur deux choses : la Fraternité et la prière. Un bel exemple en est la vie de Saint Charles de Foucauld, le frère universel.

Pour terminer le saint Père nous a invités à la joie de l’évangile, à être des missionnaires joyeux qui sèment la joie malgré le contexte de pauvreté et d’insécurité avant de nous donner sa bénédiction apostolique et de nous inviter à prier pour lui.

N.B. : Vous pouvez lire le texte entier du Saint Père sur ce blogue même.

 Au cours de l’après-midi, les capitulants se sont consacrés, pour la deuxième fois pendant ce chapitre, à l’interculturalité ainsi qu’à l’identité et la formation des frères. Les textes seront polis davantage. Je ne peux pas vous apporter beaucoup de nouveau. Toutefois, je reprends avec vous certaines réalités qui ont attiré l’attention des participants.

INTERCULTURALITÉ

 L’interculturalité fait partie de notre charisme, de notre style de vie et de notre mission. Elle demeure un élément central de notre témoignage évangélique là où nous vivons. Nos communautés interculturelles suscitent chez nous un intérêt pour connaitre les cultures de nos confrères et elles augmentent en nous le désir et la volonté d’apprendre et aimer celles des peuples que nous servons.

L’interculturalité dans notre sein nous enrichit comme société, communautés missionnaires et comme individus avec les qualités de nos différents peuples. Elle est un signe de dialogue entre les cultures, les peuples et les religions. Elle constitue aussi un témoignage de fraternité universelle pour le monde d’aujourd’hui.

Le but de notre interculturalité ne consiste pas de nous construire un petit bastion interculturel privé. Nous sommes appelés à intégrer et transmettre l’interculturalité aux peuples au moyen de nos rencontres, nos initiatives pastorales missionnaires, nos visites et apostolat auprès de tous.

Les capitulants ne prennent pas pour acquise cette caractéristique de l’interculturalité si significative pour nous. Ils se sont ainsi penchés sur des moyens pour la protéger et mieux la vivre.

IDENTITÉ ET FORMATION DES FRÈRES

La société des missionnaires d’Afrique est composée de frères et de prêtres. Tous parmi nous avons la même vocation missionnaire commune et vivons le même charisme que nous a légué le cardinal Lavigerie. Tous nous développons une forte vie de prière, nous tous vivons la vie communautaire, sommes touchés par l’interculturalité, la vie loin de notre famille, l’apprentissage de la langue et des coutumes, et voulons être des témoins de l’évangile. Cette vocation missionnaire commune, qui est la nôtre, se vit de deux façons, comme frère et comme prêtre. La présence et l’apostolat des frères dans notre société est un trésor à garder et il est clair que la société des missionnaires d’Afrique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans la présence et la contribution des frères parmi nous. Nous sommes tous missionnaires et apôtres. Le témoignage évangélique des frères rend plus entier et plus complet celui de la société.

Une grande partie de la discussion a porté sur la formation des frères, qui a besoin d’être précisée. Quelle formation et en vue de quoi? Il n’y a pas de réponse toute faite à la question car la formation des frères nécessite un volet professionnel personnalisé pour exercer efficacement sa mission.

Audience du Pape François au Chapitre

Communiqué du Chapitre : Audience du Pape François au Chapitre

Audience aux participants au Chapitre général des Missionnaires d’Afrique

Ce matin, au Palais Apostolique du Vatican, le Saint Père François a reçu en audience les participants du Chapitre Général des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs).

Nous publions ci-dessous le discours que le Pape a adressé aux personnes présentes à l’audience :

Discours du Saint-Père

Traduction : Deepl.com

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !

Je remercie le Supérieur Général pour les mots avec lesquels il a introduit notre rencontre.

Malheureusement, et à mon grand regret, j’ai dû reporter mon voyage au Congo et au Sud-Soudan. En effet, à mon âge, il n’est pas si facile de partir en mission ! Mais vos prières et votre exemple me donnent du courage, et je suis confiant que je pourrai rendre visite à ces peuples, que je porte dans mon cœur. Dimanche prochain, je vais essayer de célébrer la messe avec la communauté romaine congolaise. Pas le suivant, le 3 juillet, le jour où je devais célébrer à Kinshasa. Nous emmènerons Kinshasa à Saint-Pierre, et là, nous célébrerons avec tous les Congolais romains, qui sont nombreux !

Je me souviens de la célébration de votre 150e anniversaire, que nous avons vécue il y a trois ans avec vos sœurs missionnaires. Transmettez-leur aussi mes salutations !

Pour ce Chapitre général, vous avez choisi de travailler sur la mission comme témoignage prophétique. Nous ferons une brève réflexion à ce sujet. Mais tout d’abord, je tiens à vous dire que j’ai vraiment apprécié d’entendre que vous avez vécu ces jours “avec gratitude” et “avec espoir”. C’est très beau. Regarder en arrière avec gratitude est un signe de bonne santé spirituelle ; c’est l’attitude “deutéronomique” que Dieu a enseignée à son peuple (cf. Dt 8). Cultivez le souvenir reconnaissant du chemin que le Seigneur nous a fait prendre. Et c’est cette gratitude qui alimente la flamme de l’espoir. Ceux qui ne savent pas remercier Dieu pour les dons qu’il a semés le long du chemin – bien que fatiguant et parfois douloureux – n’ont même pas une âme pleine d’espoir, ouverte aux surprises de Dieu et confiante en sa providence. En particulier, cette attitude spirituelle est décisive pour que mûrissent les germes de la vocation que le Seigneur suscite avec son Esprit et sa Parole. Une communauté dans laquelle on sait dire “merci” à Dieu et à ses frères et sœurs, et dans laquelle on s’aide mutuellement à espérer dans le Seigneur ressuscité est une communauté qui attire et soutient ceux qui sont appelés. Alors, allons-y avec gratitude et espoir.

Nous en venons maintenant au sujet de la mission en tant que témoignage prophétique. C’est là que se joue la fidélité à vos racines, au charisme que l’Esprit a confié au Cardinal Lavigerie. Le monde change, l’Afrique aussi, mais ce don conserve sa charge de sens et de force. Et elle la retient en vous dans la mesure où elle est toujours ramenée au Christ et à l’Évangile. Si le sel perd son goût, à quoi sert-il ? (cf. Mt 5, 13). Le Père Général a rappelé l’exhortation que le Fondateur avait l’habitude de répéter : “Soyez des apôtres, rien que des apôtres ! Et l’apôtre de Jésus-Christ n’est pas quelqu’un qui fait du prosélytisme. La proclamation de l’Évangile n’a rien à voir avec le prosélytisme. Si, à un moment ou à un autre, vous vous retrouvez à faire du prosélytisme, arrêtez-vous, convertissez-vous, puis continuez. La proclamation, c’est autre chose. L’apôtre n’est pas un manager, il n’est pas un savant conférencier, il n’est pas un “magicien” de l’informatique, l’apôtre est un témoin. C’est vrai toujours et partout dans l’Église, mais c’est particulièrement vrai pour ceux qui, comme vous, sont souvent appelés à vivre la mission dans des contextes de première évangélisation ou de religion islamique prévalente.

Le témoignage signifie essentiellement deux choses : la prière et la fraternité. Un cœur ouvert à Dieu et un cœur ouvert à nos frères et sœurs. Tout d’abord être en présence de Dieu, le laisser vous regarder, chaque jour, en adoration. Là pour tirer la sève, dans ce “demeurer en Lui”, dans le Christ, qui est la condition pour être apôtres (cf. Jn 15,1-9). C’est le paradoxe de la mission : on ne peut partir que si l’on reste. Si vous n’êtes pas capable de rester dans le Seigneur, vous ne pouvez pas y aller.

Récemment, le témoignage de Charles de Foucauld a été proposé à la vénération de l’Église universelle : c’est un autre charisme, certes, mais il a aussi beaucoup à vous dire, comme à tous les chrétiens de notre temps. Prière et fraternité : l’Église doit revenir à ce noyau essentiel, à cette simplicité rayonnante, naturellement pas de manière uniforme, mais dans la variété de ses charismes, de ses ministères et de ses institutions ; mais tout doit permettre à ce noyau originel de transparaître, qui remonte à la Pentecôte et à la première communauté, décrite dans les Actes des Apôtres (cf. 2,42-47 ; 4,32-35).

Nous sommes souvent enclins à penser à la prophétie comme à une réalité individuelle – et c’est une dimension qui reste toujours vraie, sur le modèle des prophètes d’Israël – mais la prophétie est aussi et je dirais surtout communautaire : c’est la communauté qui donne le témoignage prophétique. Je pense à vos fraternités, composées de personnes de tant de pays, de cultures différentes. Ce n’est pas facile, c’est un défi que vous ne pouvez relever qu’en comptant sur l’aide du Saint-Esprit. Et puis votre petite communauté, qui vit de prière et de fraternité, est elle-même appelée à dialoguer avec le milieu dans lequel elle vit, avec les gens, avec la culture locale. Dans ces contextes, où souvent, en plus de la pauvreté, vous connaissez l’insécurité et la précarité, vous êtes envoyés pour vivre la douce joie de l’évangélisation. Saint Paul VI utilise ce mot dans son Evangelii Nuntiandi. L’évangélisation est la mission de l’Église, l’évangélisation est la joie de l’Église. Par ailleurs, prenez Evangelii nuntiandi, qui est encore en vigueur aujourd’hui, et il vous donnera de très nombreuses pistes de réflexion et de mission. Je remercie le Seigneur avec vous pour ce grand don d’évangélisation.

Que Notre Dame, notre Dame d’Afrique, vous accompagne et vous protège. Je prie pour vous, je vous donne ma bénédiction ; apportez-la aussi à vos frères et sœurs et aux fidèles de vos communautés. Et n’oubliez pas de prier pour moi. Merci !

Communiqué du Chapitre – 11 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 11 juin 2022

Communiqué du Chapitre – 11 juin 2022 Communiqué du Chapitre – 11 juin 2022Leur adoption et vote sont prévus pour la semaine prochaine. Aujourd’hui, deux thèmes ont été présentés : Justice et Paix et Intégrité de la Création ainsi que la formation continue avec le soin et l’accompagnement des confrères. Je vous en laisse un court aperçu

Les membres du chapitre visitent le PISAI au cours de l’après-midi. Demain dimanche est une journée libre et l’audience avec le Pape se tiendra lundi matin.

JUSTICE ET PAIX ET INTÉGRITÉ DE LA CRÉATION

“Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l’oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m’inspirent que de l’horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l’on fit pour me rendre la liberté, l’honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l’honneur, la liberté, la dignité” (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l’esclavage africain, Rome, Église du Gésu, le 28 décembre 1888).

Cette citation du Cardinal Lavigerie nous a rapidement mis dans la réalité. Elle exprime la motivation et la compassion du cardinal envers ceux et celles qui souffrent. Notre fondateur a été touché par la souffrance humaine. L’engagement de la société dans le domaine de Justice et Paix et Intégrité de la Création date depuis ses origines. Le cardinal lui-même ne s’est-il pas occupé des orphelins et des esclaves? La société a fondé des centres d’études sociales, encouragé le développement et a animé des sessions dans le but de cheminer avec les peuples avec qui nous vivons et aussi pour leur permettre de prendre leur propre destinée en main. 

À la suite de notre fondateur, nous sommes appelés à voir les souffrances des humains de notre temps, à nous laisser interpeller par elles et passer à l’action, d’autant plus que l’insécurité, la violence, les migrations, les guerres, le changement climatique viennent perturber la vie humaine et augmenter la souffrance.

Il est capital que nous nous engagions prophétiquement pour la justice et la paix et la protection de la maison commune là où nous sommes. Aujourd’hui, sous l’initiative de pape François et de l’Église universelle, la plateforme Laudato si nous appelle à nous unir à toute l’Église pour accomplir des gestes pertinents et prophétiques dans cette direction. Comment allons-nous participer à cette plateforme?

La mission de Justice et Paix et Intégrité de la Création s’effectue maintenant en collaboration avec de nombreux partenaires et réseaux dont fait partie l’Église universelle et locale. Cette collaboration génère la solidarité entre ceux et celles qui se dédient à cette mission. Elle permet de contrer notre sentiment d’impuissance face à l’immense tâche que comporte cette mission et à raviver notre espérance.

FORMATION PERMANENTE
SOIN DES CONFRÈRES ET ACCOMPAGNEMENT DES CONFRÈRES

Le but de la formation permanente consiste à mieux nous outiller pour notre mission et à nous rendre plus compétents et efficaces dans nos activités. Toutes les professions dans le monde pratiquent des exigences de formation continue en vue d’assurer que leurs membres restent bien informés des nouvelles découvertes et pour mettre à jour leur connaissance. Une bonne formation permanente aide à ce que la personne conserve une vie équilibrée avec la capacité de bien gérer les différents aspects de la vie : professionnel, humain, spirituel, etc.

Une fois de plus, nous remarquons combien notre société a investi pour favoriser la croissance et la compétence de ses membres avec, entre autre, des retraites, des années sabbatiques, différentes sessions ou études, etc. Nous lui en sommes reconnaissants.

Alors que le monde se polarise et que croissent la violence et des problématiques hors de notre contrôle, les circonstances de la mission génèrent dans des missionnaires tensions intérieures et conflits. La société n’oublie pas les confrères qui se voient forcés de vivre une blessure intérieure profonde et veut les accompagner et les appuyer sur le chemin de la vie et de la conquête de la santé. Elle rappelle combien une bonne vie communautaire peut servir de cadre bénéfique à ces confrères. De plus, elle compte sur chacun de nous pour leur exprimer toute l’attention fraternelle, l’amour, le soutien et la solidarité dont ils ont besoin.

Communiqué du Chapitre – 10 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 10 juin 2022

Le chapitre demeure avec la même dynamique alors que les équipes présentent leurs écrits à l’assemblée plénière pour correction et vérification et pour être retravaillés selon les vues et propositions de l’assemblée. Pour employer une image culinaire, il s’agit de faire mijoter la sauce avec un autre mélange des mêmes ingrédients pour en obtenir la saveur désirée. Comme hier quatre documents ont pris la journée, deux le matin et deux l’après-midi. Il s’agit des thèmes suivants : mission hors Afrique, collaboration et écoute de l’Église locale, rencontre-dialogue-islam-religions traditionnelles africaines-œcuménisme-nouveaux mouvements religieux et la formation initiale prophétique. Je vous partage brièvement quelques éléments qui ont attiré l’attention des participants.

MISSION HORS AFRIQUE
AMÉRIQUE – ASIE – EUROPE

 

« Mission au monde africain », « mission là où notre charisme est sollicité », « ne pas trop nous éparpiller ». Et bien sûr « pour le monde d’aujourd’hui ». Comment appliquer ces expressions aux besoins de notre monde aujourd’hui? Pour bien répondre à ces questions, nous devons d’abord être bien convaincus de notre mission d’évangélisation. Ensuite, il est bon de nous rappeler que la mission s’adresse aux personnes, au peuple et non pas à un lieu ou à un territoire. Rien de nouveau ici, car notre charisme nous a conduits depuis le tout début de notre société à vivre en proximité avec les gens. De plus, le monde d’aujourd’hui laisse entrevoir de nombreuses réalités humaines douloureuses qui cadrent très bien avec notre charisme missionnaire. 

Cet ensemble de considérations ne veut pas dire que nous devons nous disperser et tout accepter, d’autant plus qu’il est important de tenir compte du personnel dont dispose la société.

 COLLABORATION ET ÉCOUTE DE L’ÉGLISE LOCALE

L’Église locale africaine se développe de plus en plus et elle nous invite à vivre notre mission en son sein. Lorsqu’elle nous accueille, elle le fait habituellement en connaissant notre charisme missionnaire et offrant une mission précise qui correspond à notre charisme. Aujourd’hui, l’évêque du lieu est responsable de la mission dans sa circonscription et nous œuvrons sous ses directives.

Collaborer et écouter l’Église africaine implique que nous participions à sa vie, à ses réunions, comités, pastorale et efforts d’évangélisation. Cela exige une insertion profonde de notre part par l’apprentissage des coutumes, de la culture et de la langue, par la connaissance des mentalités, de ce que vivent les gens de cette région, de ce qui les fait rire et pleurer. Comme une telle connaissance ne s’acquiert pas rapidement, il est nécessaire d’y établir des communautés stables. Quelles que soient les circonstances dans lesquelles nous nous retrouvons, c’est le même amour de Jésus et des gens qui nous pousse au service de l’Église locale. 

 RENCONTRE – DIALOGUE
ISLAM – RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
ŒCUMÉNISME – NOUVEAUX MOUVEMENTS RELIGIEUX

Les mots du Pape François ont retenti au cours de ce partage : nous sommes appelés à être des bâtisseurs de ponts entre les hommes et les femmes d’aujourd’hui, à promouvoir une culture de la rencontre et de la fraternité et du respect pour le bien de toute l’humanité, à travailler pour la paix là où nous vivons.

Par notre expérience missionnaire, nous sommes reconnus pour nos initiatives envers l’Islam et les religions traditionnelles africaines. Ces initiatives n’appartiennent pas au passé, car le PISAI, IFIC, centre sénoufo montrent notre engagement de longue date en la matière.

Nous ne prenons pas cet apostolat pour acquis. En effet certains de nos confrères ont dû abandonner leur poste de mission en raison de la violence et de l’insécurité. Il arrive régulièrement qu’il n’y ait pas de réponse à nos efforts de rencontre et de dialogue. Ce fait nous montre combien nous avons besoin de persévérance pour durer dans le dialogue et la rencontre. Et une fois de plus, est apparue l’importance de la stabilité de nos communautés missionnaires car nous sommes en présence d’un témoignage prophétique à longue échéance.

La formation joue un grand rôle dans la préparation des candidats à ce type d’engagement et nous faire comprendre que le dialogue et la rencontre ne constituent pas l’apport de quelques experts parmi nous. Nos maisons de formation sont des outils pour bien expliquer l’islam, le Maghreb et la mission de dialogue aux missionnaires d’Afrique de demain.

 FORMATION INITIALE PROPHÉTIQUE

Les échanges sur ce sujet ont conduit les capitulants à une description appréciative de notre formation, avec ses quatre étapes, le vade mecum, la formation des formateurs, l’interculturalité, etc. La formation initiale des missionnaires d’Afrique est spirituelle, académique, humaine. Bref elle est intégrale et vise toute la personne du candidat. La formation initiale prophétique tient compte des réalités du monde d’aujourd’hui, comme les crises économiques, sanitaires, l’insécurité, la polarisation, la violence, les enjeux politiques, sociaux et économiques, le pluralisme. Elle équipe la personne pour grandir en maturité humaine et spirituelle, comprendre et servir la société dans laquelle elle vit.  Elle vise aussi à imprégner le candidat de l’esprit missionnaire de notre société et à être disponible à servir et à aimer là où personne d’autre ne veut aller.

Les formateurs constatent combien cruciale est la sélection des candidats par l’animateur vocationnel pour le bon fonctionnement des maisons de formation. 

Les photos sont prises par Pawel Hulecki, qui occupe chaque jour la même place. Bien sûr, les photos sont chaque jour assez semblables, mais si vous prêtez attention aux diapositives projetées, vous vous sentirez un peu plus partie prenante du processus du chapitre. Merci à Pawel. De temps en temps, Andreas et Salvador partagent aussi quelques photos. Merci à eux. (Signé : Philippe Docq)

Communiqué du Chapitre – 9 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 9 juin 2022

À mesure que le chapitre progresse, les sujets discutés deviennent de plus en plus condensés. Les équipes ont commencé à présenter des textes à l’assemblée plénière. Et le comité de rédaction est de plus en plus occupé à les examiner et à en préciser le langage pour en arriver à exprimer le mieux possible le fruit des partages des capitulants. Aujourd’hui quatre volets de notre mission furent présentés en assemblée plénière : notre charisme et les conseils évangéliques, le partage de notre charisme avec les laïcs, la première évangélisation et l’intégrité du ministère.

CHARISME ET CONSEILS ÉVANGÉLIQUES

Les capitulants sont retournés au serment des Missionnaires d’Afrique qui contient le noyau central de notre charisme missionnaire. Nous sommes appelés à mieux comprendre le serment, son contenu, ses exigences, ses défis, ses limites et ses implications dans notre vie. Il est capital que nous percevions plus clairement ce qui nous empêche de vivre notre serment de manière intégrale, authentique et prophétique.

LE PARTAGE DE NOTRE CHARISME AVEC LES LAÏCS

Il y a de plus en plus de personnes qui s’approchent de nous, Missionnaires d’Afrique, avec le désir de vivre notre charisme avec un engagement plus profond que celui de la collaboration pratique et professionnelle. Elles y cherchent une spiritualité qui les motive. Elles sont attirées par notre charisme missionnaire et spiritualité. Les échanges ont porté sur la manière de partager notre charisme avec les laïcs, le type de groupe/association qui surgira, notre lien avec le groupe et notre contribution pour le soutenir, surtout au début. Quelle sera la mission de ce groupe? Comment procéder dans la création d’une telle association pour qu’elle devienne autonome? Quels sont les pas et les implications pour nous en tant que société?

Le provincial pourrait initier cette tâche là où il est possible de le faire et selon le contexte concret du lieu. Comme les provinces sont bien variées, il est probable qu’un groupe précis s’identifie davantage avec les priorités des Missionnaires d’Afrique du lieu.

PREMIÈRE ÉVANGÉLISATION

La première évangélisation nous a façonné dès les premiers jours de notre fondation en Algérie. Elle a exigé que nous soyons envoyés dans des régions africaines qui n’avaient pas encore été touchées par le message évangélique. Des lieux de première évangélisation existent encore en Afrique, lieux habités par des grandes majorités non chrétiennes, ou encore des endroits où l’Église locale n’a pas atteint une maturité suffisante pour incarner la foi chrétienne dans son environnement.

Nous avons mis en pratique les demandes de notre fondateur pour nous insérer le mieux possible dans les communautés africaines qui nous accueillaient. C’est ainsi que nous avons appris la langue des gens, leurs coutumes. Cette inculturation nous a aussi façonnés dans nos contacts avec les gens. Aujourd’hui, nous réalisons qu’il est essentiel d’insister sur les différents éléments de l’inculturation, tel l’apprentissage de la langue, la stabilité de nos communautés. Nous voulons nous immerger davantage dans la culture du peuple qui nous accueille pour que l’évangile de Jésus Christ y prenne racine. Nous sommes appelés à approfondir notre témoignage évangélique.

INTÉGRITÉ DU MINISTÈRE

En se penchant sur l’intégrité du ministère, les membres du chapitre savaient qu’ils se consacraient à un sujet très délicat. Délicat parce qu’il révèle notre vulnérabilité et un manque d’authenticité de notre part, parce qu’il touche tout ce qui, dans nos comportements, génère d’une façon ou d’une autre de la souffrance chez ceux et celles qui nous entourent et qui collaborent avec nous. Délicat parce qu’il affecte la crédibilité de notre témoignage missionnaire. Délicat aussi parce qu’il concerne plusieurs composantes de notre vie : relations avec les gens, notre mode de leadership, notre gérance des biens matériels, ou encore la manière de vivre nos amitiés, de nous détendre sans oublier notre prière et vie communautaire. Toutes ces composantes requièrent que nous portions une attention constante à notre discipline et style de vie.

Nous reconnaissons le travail immense accompli par la société au cours de ces dernières années dans le domaine de l’intégrité du ministère, tant à l’intérieur de notre société qu’auprès des communautés que nous servons. Nous sommes déterminés à renforcer notre engagement pour la prévention et la protection des mineurs et personnes vulnérables, et œuvrer dans la ligne que le Pape François trace pour toute l’Église universelle.

Communiqué du Chapitre – 8 juin 2022

Chapter Communication - 8 June 2022

Hier, le chapitre nous a offert un marathon avec une journée complète en plénières. Aujourd’hui les équipes prennent la relève après avoir reçu, ce matin, les indications nécessaires pour leur travail. Je ne peux préciser quels sont les sujets suggérés pour les échanges d’aujourd’hui ni la méthode utilisée. Toutefois, les phases de voir, discerner et de juger semblent se rapprocher de celle de l’agir.

Les modérateurs demandent aux équipes de produire de courts textes à partager et discuter en plénière et ensuite être repris par le comité de rédaction qui les ramènera à l’assemblée plénière. Ces textes, sans être définitifs, aideront à centrer encore davantage les discussions, préciser les intuitions et à exprimer plus clairement les fruits du travail des trois dernières semaines. Une période de gestation nécessaire pour avancer selon les vues de l’Esprit Saint.

Demain, la journée débutera avec des plénières.

Communiqué du Chapitre – 7 juin 2022

Communiqué du Chapitre - 7 Juin 2022

Nous revoici avec le compte rendu quotidien. Les plénières ont occupé toute la journée et il y avait plusieurs sujets au programme : formation continue, soin de soi-même, accompagnement des confrères, interculturalité, ressources en personnel et ressources financières. Je vous en partage certains points.

FORMATION PERMANENTE (CONTINUE)

Les participants ont d’abord commencé par reconnaitre les efforts de la société pour la formation permanente de ses membres. Ils ont remarqué que la pandémie a ralenti beaucoup les activités de la formation permanente. Toutefois, les sessions en ligne sont devenues beaucoup plus courantes et plusieurs confrères ont réussi à suivre des formations intéressantes. L’internet offre trop de possibilités et il est important de bien choisir les sessions qui nous conviennent. La formation permanente ne se limite pas à la participation à des sessions. Elle comporte les récollections et retraites, des partages d’homélie, des lectures personnelles, des cours dans certains instituts. Plusieurs provinces ont profité de la tenue des conseils provinciaux pour présenter un sujet de réflexion.

Pour profiter de la formation permanente, il est nécessaire que la personne se munisse d’une bonne discipline personnelle et garde sa curiosité en éveil. Elle doit se donner du temps de réflexion personnelle pour intégrer le contenu des lectures, partages et sessions.

Il convient de mettre à jour le contenu des sessions et conférences selon la mission et le monde d’aujourd’hui. On déplore que certains confrères ne portent pas assez d’attention à leur propre formation.

PRENDRE SOIN DE SOI-MÊME

Nous voici devant un aspect important de la mission car il s’agit de prendre soin du missionnaire, de sa santé et de son bien-être. Prendre soin de soi-même est la responsabilité du confrère lui-même. Personne ne peut le faire à sa place.

Prendre soin de soi-même n’est pas une perte de temps. Il est plutôt un engagement envers soi-même et pour la mission. Pour réussir, il suffit de se discipliner et accomplir des activités intéressantes régulières pour se détendre : marche, sport, musique, visite d’amis, lecture, prière, récollection, sommeil et porter attention à la nourriture et boisson. Passer du temps ensemble avec des confrères est très bénéfique tandis que consulter un médecin régulièrement aide à conserver la santé. Prendre soin de soi-même constitue un excellent antidote contre l’activisme et le surmenage. 

On suggère que cette facette de vie missionnaire soit introduite dans les maisons de formation.

ACCOMPAGNEMENT DES CONFRÈRES

Une fois de plus, les participants ont remercié la société pour les initiatives prises dans l’accompagnement des confrères en difficulté ainsi que pour l’aide apportée aux confrères. Des centres sont consultés et d’autres ont été créés pour ce ministère. Nous sommes conscients qu’un accompagnement efficace nécessite des compétences professionnelles. 

L’accompagnement professionnel ne dispense pas les confrères d’apporter un soutien à ceux qui sont malades ou en difficulté. Le bien-être des confrères en difficulté concerne tous les confrères pas seulement les autorités ou les professionnels. En effet, un moment d’écoute, de compassion et d’amitié envers le confrère malade s’avère très réconfortant pour lui.  Une telle attitude n’exclut absolument pas l’usage d’un amour robuste (tough love) qui donne espoir au confrère, peut l’aider à se ressaisir, et dont nous avons malheureusement peur. L’apport d’une communauté vivante et vigoureuse est très bénéfique pour le confrère malade

Rappelons-nous que nous sommes tous humains et vulnérables et que nous apprécions le soutien fraternel dans nos moments difficiles.

INTERCULTURALITÉ

L’interculturalité est un élément important de notre charisme missionnaire. Elle façonne notre société et notre mission, nos relations communautaires et avec les gens aussi. Elle est une composante de notre témoignage prophétique à l’Église et au monde d’aujourd’hui. Il attire aussi des vocations dans notre société. Pour mieux relever le défi de la vie interculturelle, des sessions ont été animées pour les confrères.

Nous vivons l’interculturalité à tous les niveaux de notre vie missionnaire, en communauté, dans les équipes provinciales jusqu’au conseil général, dans nos maisons de formation et dans toutes les provinces, aussi en Europe et Amérique. Nous voulons conserver cette particularité de notre charisme. Nous savons que l’interculturalité nous rapproche des gens à qui nous sommes envoyés et avec qui nous vivons. Nous apprécions les efforts accomplis pour créer des communautés interculturelles et équipes de responsables interculturelles tout en tenant compte bien sûr des compétences requises pour l’apostolat missionnaire.

Il est essentiel de nous rappeler que l’interculturalité est bien différente de l’internationalité. Un pays et une seule nation sont souvent composés de personnes appartenant à plusieurs cultures.

Une belle image pour décrire en quoi consiste l’interculturalité et les attitudes requises est de considérer qu’aller en mission est comme entrer dans le jardin de quelqu’un d’autre, un jardin où il y a des plantes, arbres, fruits différents de ceux de notre propre jardin.

GOUVERNANCE
RESSOURCES HUMAINES

Cette rubrique a traité des provinciaux, assistants provinciaux, des délégués provinciaux, de leur rôle, des consultations et élections avant leurs nominations. Les équipes provinciales font de leur mieux pour être près des confrères et assurer leur animation spirituelle et leur bien-être. Les distances et l’insécurité compliquent leur travail. Le fonctionnement des mégaprovinces a besoin d’être examiné. Certains secteurs ont tendance à fonctionner comme s’ils étaient des provinces.

Il apparait clairement qu’une équipe provinciale est plus harmonieuse et efficace lorsque le provincial précise les champs de compétence du délégué provincial. La convivialité de l’équipe provinciale, vivant dans une même résidence, favorise beaucoup le partage des informations et permet un meilleur discernement et meilleure prise de décision dans les situations urgentes.

L’interculturalité demeure un élément essentiel de notre leadership et fait partie de notre mission prophétique. Nous n’oublions pas que nos structures sont au service de la mission.

GOUVERNANCE
RESSOURCES FINANCIÈRES ET MATÉRIELLES

La discussion a commencé par l’énumération de réalisations dans la gérance de nos ressources : budgétisation, audit, projets d’autofinancement, EVAF, l’harmonisation du logiciel de comptabilité, comités de construction, des finances, de développement qui fonctionnent dans des provinces, formation des économes. Il y eut de bonnes avancées au cours des dernières années. Nous avons besoin de renforcer la transparence et la responsabilisation (accountability) dans notre gérance des biens matériels.

Nous voyons que de plus en plus de personnes en Afrique veulent nous aider et contribuer à notre mission. La gérance des ressources financières et matérielles constitue un espace de collaboration avec les laïcs. Au cours des échanges, l’engagement ferme de la société pour soutenir et aider tous les confrères quelles que soient leur situation a été fortement exprimé.

Les confrères sont devenus beaucoup plus conscients de la réalité matérielle et financière qu’impliquent la mission et le bien-être de notre société.

Communication du Chapitre – 6 juin 2022

Communication du Chapitre - 6 juin 2022

Les travaux du chapitre reprennent aujourd’hui lundi, après une visite à Assise et à Pompéi le samedi. Hier dimanche fut congé et il y eut une célébration avec des communautés religieuses voisines de la maison généralice pour le jour de la Pentecôte. Nous avons entendu une courte méditation au sujet de chacun des sept dons de l’Esprit-Saint.

La première tâche des capitulants fut de désigner le premier assistant.

LE PÈRE FRANCIS BOMANSAAN A ÉTÉ ÉLU
PREMIER ASSISTANT
LE 6 JUIN 2022

Nous le félicitons et le remercions d’avoir accepté cette position importante. Nous l’assurons de notre soutien dans l’exercice de ses responsabilités et apostolat.

 Le conseil général est maintenant complet, au début de la quatrième semaine du chapitre, au lendemain de la Pentecôte, journée où le Pape François a proclamé une réforme importante de la Curie romaine dont l’un des buts consiste à accorder une place plus centrale à la mission de l’Église.

L’après-midi est consacrée à la plénière.

FORMATION INITIALE ET SPÉCIALISÉE

Les membres du chapitre ont considéré la formation à partir de l’animation missionnaire vocationnelle jusqu’à la formation spécialisée. L’effort de la société pour la formation est immense et le travail du secrétariat à la formation contribue beaucoup à la qualité de notre formation.

Dans toutes ses étapes, notre formation est composée de plusieurs volets, spiritualité, vie communautaire, mission, études, etc. Nous voulons qu’elle soit holistique, humaine et intégrale. Pour atteindre ce but, un soin particulier doit être apporté à la qualité des formateurs et à la sélection des candidats. Plusieurs points ont été discutés : l’équilibre entre les droits et les devoirs dans nos maisons de formation, l’étude de deux langues officielles de la société, l’interculturalité, protocole d’accord, relations formateurs-candidats, et bien d’autres. Les consortiums auxquels nous collaborons montrent l’évolution de la formation, bien différente de celle du temps de nos propres scolasticats.

Depuis quelque temps déjà, on exhorte les maisons de formation à débuter des petits projets d’autofinancement. Ceux-ci ne se limitent pas qu’à l’aspect économique, car ils font partie de la formation, en encourageant les confrères à faire de même après l’ordination ou serment.

La formation spécialisée devient de plus en plus nécessaire en raison du développement de l’Afrique et de ses institutions d’enseignements. Pour la nomination à la formation spécialisée, il est important de considérer les besoins de la société et de la mission, sans oublier les intérêts, dons et charismes des confrères qui y sont nommés.

FORMATION ET IDENTITÉ DES FRÈRES

Tous les membres de la société sont heureux de la présence des frères parmi nous, fiers de leur travail et apostolat exercés au fil des ans. Nous formons une société de frères et de prêtres selon la volonté et les efforts de notre fondateur. Le témoignage des frères et leur travail d’éducation, de construction, d’imprimerie, d’agriculture, de développement a façonné l’histoire de notre société, sa mission et fait partie de son patrimoine. Ce fait confirme que nous partageons une vocation missionnaire commune et que cette vocation est vécue de deux manières différentes. Les frères ont besoin de courage, car leur vocation est souvent mal présentée, mal comprise et sous-estimée.

Force est de reconnaitre que les programmes de formation pour les frères manquent de clarté et de précision. Un tronc commun frère-père au début de la formation est bon. Les frères sont heureux d’avoir reçu une bonne formation philosophique et théologique de base. Tout comme les pères, ils ont besoin d’une spiritualité profonde et bien intégrée. Le choix de la formation professionnelle demande de tenir compte des besoins de la société et de la mission et ainsi que des dons et charismes des frères.

Il est indispensable de porter attention au nouveau profil de frère missionnaire en train d’émerger.