Nous sommes tout puissants

Du département de JPIC-RD du Maghreb, nous avons reçu ce document écrit par le frère Patrick Leboulenger sur une réflexion au carrefour de la Saison de la Création, de la Pandémie de Covid-19 et du Mystère de Pâques. 

Nous sommes tout puissants...

L’Arabie construit une tour de 1000m de haut. Le navire « Symphony of the seas » transporte 8880 personnes. L’Antonov An-225, surnommé Mriya est un avion chargé qui peut peser 600 tonnes et transporter 50 voitures. Alors à côté la tour de Babel !!! 

Mais depuis quelques temps des voix s’élèvent. Elles nous rappellent que nous habitons une petite planète, que les ressources sont limitées, que nous gaspillons trop, que le climat se réchauffe, que nous hypothéquons les conditions de vie de la prochaine génération. Mais, nous sommes tellement sûrs de notre puissance de notre maîtrise de la nature. Si l’eau potable diminue ce n’est pas grave, nous installons des purificateurs. Enfin quoi qu’il advienne, nous saurons trouver des solutions. Nos scientifiques sont là pour cela. 

Pourtant, il y a quelques années est survenue une première épidémie « le SIDA ». On ne savait pas la soigner, le taux de mortalité était proche des 100%. Si elle a obligé les humains à modifier certains comportements, l’humanité a vite appris à vivre avec. Et nous avons progressivement repris notre course à la puissance. Nous avons vite retrouvé nos habitudes qui consistent à nous massacrer et à nous exploiter mutuellement avec un peu d’humanitaire pour ne pas trop ressembler à des animaux. Des scientifiques et des médecins nous avaient déjà avertis. Nous ne sommes pas prêts à supporter une épidémie. Nous devrions arrêter notre course et changer notre conception de la nature et de la planète. Nous devrions repenser nos modèles économiques. Mais ils criaient dans le désert parce que personne ne voulait les entendre. 

Il ne faut rien changer pour protéger l’économie mondiale. C’est-à-dire pour que les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Et puisque ce sont les riches qui décident, le système est donc très bien en l’état. Nous avons continué à organiser des séminaires et des retraites pour quelques jours regroupant des gens du monde entier. Le plus amusant, ce sont ces grands rassemblements pour réfléchir à des moyens de lutter contre le réchauffement climatique alors qu’ils sont eux-mêmes des sources de ce réchauffement par les déplacements qu’ils engendrent. Tous ces rassemblements sont absolument nécessaires, ils ne peuvent être remis en cause. Les téléréunions ne conviennent pas. Les matières premières venant d’Afrique, sont transportées en Chine pour la production d’appareils qui seront achetés en Europe, puis revendus en l’Afrique. C’est la mondialisation, le grand mot des dernières décennies. La contestation de cette mondialisation vous classe parmi les marginaux ou les utopistes.

Et nous voici au pied du mur, avec un petit virus (ce n’est même pas un être vivant) qui vient perturber notre « puissance ». Les médecins sont dépassés. Nous n’avons pas vraiment de médicament et pas de vaccin. Les plus vulnérables finissent par en mourir. Le voici qui franchit les frontières et tout le monde peut être contaminé du clochard de la rue jusqu’au chef d’état, un chinois, un iranien, un italien…. Nous voici revenu comme pour la peste au moyen-âge, les mots de « quarantaine », « isolement » reviennent, les villes et les états ferment leurs portes. La police et l’armée contrôlent les routes. On se met à prier pour la guérison. Comme il y a 1000 ans nous recherchons la cause de cette maladie, on recherche les propagateurs du mal. Nous nous demandons sur l’origine du fléau : naturelle, humaine, malédiction du ciel ? On sort les masques pour se protéger. Au moyen âge, on utilisait des masques avec un long nez qui devait empêcher les miasmes d’atteindre les médecins. Il ne s’agit pas de trouver cela inutile ou ridicule. Au contraire, ce sont nos seuls outils qui nous permettent de limiter la progression de la maladie. Nous remarquons que nous n’avons pas changé depuis le moyen-âge. Cela nous remet devant notre fragilité. La différence serait peut-être que les hommes du moyen-âge se savaient vulnérables devant la nature. Nous, nous avons cru en être les maîtres.

En quelques mois, nous avons été obligés d’arrêter la course. Ce que les hommes n’ont jamais voulu faire, un virus l’a fait : terminés tous ces déplacements, toutes ces réunions importantes et fondamentales pour la vie de l’Eglise et de l’humanité. Les salons absolument nécessaires à l’économie sont supprimés. Le travail à distance, les vidéoconférences sont devenus possibles. Les états repensent la mondialisation en réfléchissant à plus de proximité entre les producteurs et les consommateurs. Le commerce de proximité devient possible. La diminution des déplacements pour le travail à distance devient économiquement rentable. Nous pensions que les relations humaines se font par l’intermédiaire d’internet. Le confinement nous montre que nous avons encore besoin de contact entre humains faits de chair et d’os. Les italiens nous en montrent un très bon exemple en se regroupant à la fenêtre de leur appartement le soir. Nous devons nous attendre à de lourdes conséquences pour l’économie mondiale. Que ce soit les nations et les personnes économiquement plus vulnérables, leur situation va s’en trouver fortement détériorée et pour longtemps. Il était impossible de repenser le transport aérien source importante de pollution. Les faillites de plusieurs compagnies nous obligeront à le faire.

Il y a bien longtemps quelqu’un nous désignait comme des gens à la tête dure (Ex 32,9 Dt 9,6 9,13). Peut-être que nous allons enfin entendre ces petites voix qui nous appellent à changer. Et si nous rêvions un peu, imaginons que l’humanité se mette à vivre plus de partage, de solidarité, d’entraide. Imaginons que les nations se mettent à collaborer pour lutter contre le virus et d’autres saletés du même genre comme le paludisme. Imaginons que nous renoncions à tout ce gaspillage pour préserver la nature pour notre propre santé et les prochaines générations. Imaginons que nous décidions de vivre en relations avec nos voisins réels et non avec des amis virtuels sur Websat. En un mot, imaginons que nous nous mettions à vivre évangile. Alors nous pourrons nous dire que ce mal qui nous touche, ne nous aura pas fait souffrir et que nos morts ne sont pas partis pour rien.

Souvent pour le carême, nous nous imposons des efforts plus ou moins à notre portée, quelques changements dans notre vie quotidienne. Cette année, notre carême est un peu plus radical. Les événements nous imposent des contraintes. L’attente de la Résurrection et de la vie surgie à Pâques a pris un aspect très réel pour bien des humains. On nous dit qu’un chrétien ne peut pas vivre seul, le voilà maintenant enfermé seul, parfois angoissé par la présence de ce virus, et fragile devant son Dieu. Il ne peut échapper à ce tête-à-tête avec lui-même et avec Dieu. Certains se réjouissent d’avoir une famille, ou une communauté. Mais la promiscuité dans un appartement, les petites manies d’un confrère ou d’une consœur, les cris des enfants font leur travail d’usure avec le temps qui passe. C’est malgré et avec tout cela que nous sommes invités à regarder vers Pâques, le passage à la liberté qui ne se déroulera peut-être pas forcément le 11 avril cette année pour bien des chrétiens. La libération apportée par la résurrection et la conversion qui nous sont imposées, sont cette année bien concrètes. La foi de chacun est mise à nue. Ce n’est plus « croyez-vous en Jésus ressuscité ? » Mais « crois-tu en Jésus ressuscité ? » Si oui, alors tires en les conséquences.

Père Raphaël Deillon: «Les musulmans, il faut d’abord les aimer!»

Père Raphaël Deillon: «Les musulmans, il faut d'abord les aimer!»

Cet article a été publié le 28 juin 2020 par cath.ch. Veuillez visiter la page originale ici.

Photo: cath.ch

«Les musulmans, il faut d’abord les aimer!», confie à cath.ch le Père Raphaël Deillon. Le Père blanc, qui a célébré le 27 juin 2020 le jubilé des 50 ans de son engagement missionnaire, a vécu 25 ans en Algérie. Spécialiste de l’islam, il défend depuis toujours une culture de la rencontre et du dialogue.

Samedi 27 juin 2020, l’Africanum, siège des missionnaires d’Afrique en Suisse, au 57 de la Route de la Vignettaz à Fribourg, a été en fête pour le jubilé des 50 ans du «serment missionnaire» ou de l’ordination sacerdotale de trois Pères Blancs suisses: les Pères Raphaël Deillon et Claude Maillard, ainsi que le Frère Karl Kaelin.

Bien que né à Saint-Julien-en-Genevois, en Haute-Savoie, Raphaël Deillon est originaire de Siviriez, le village de sainte Marguerite Bays. Ce qui lui a valu d’être nommé, en 2009, postulateur de la cause de «Goton de la Pierraz», afin de défendre le dossier de canonisation que l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg devait soumettre à la Congrégation pour les causes des saints. «Ils m’avaient aussi choisi parce que j’étais à ce moment-là à Rome en tant qu’assistant au Conseil général de la Société des missionnaires d’Afrique».

J’ai pris goût à leur culture

Mais le curriculum vitae de Raphaël Deillon qui, dans son enfance, a connu la vie paysanne – son père fut vacher sur le domaine du comte de Viry, près de Genève – allait prendre une tournure singulière suite à la rencontre de familles d’ouvriers nord-africains vivant près du séminaire d’Annecy, où il était entré. «Ils vivaient dans des baraquements, un endroit pauvre, où personne n’osait aller. Nous, on allait les visiter, boire avec eux le thé à la menthe qui sentait si bon. J’ai pris goût à leur culture…»

Une annonce dans le journal La Croix

Au séminaire, tous partaient au service militaire, sauf lui, qui était Suisse. «J’avais lu une annonce dans le journal La Croix: ‘Cherche Maître d’internat pour Centre de formation professionnelle à Ouargla au Sahara’. C’est ainsi que je suis parti en 1965, à l’âge de 22 ans, pour un an à Ouargla, dans la Sahara, à 800 km au sud d’Alger. J’étais maître d’internat dans une école professionnelle, où les élèves venaient pour la plupart des oasis environnantes. J’ai tellement aimé le lieu et les gens qu’un jour, je m’en rappellerai toujours, j’étais sous un citronnier, je me suis dit: ‘je reviendrai, il y a quelque chose de bon à vivre entre chrétiens et musulmans’». De retour au séminaire d’Annecy, Raphaël est contacté par le Père Jean-Pierre Sauge, chargé de l’animation missionnaire pour les Pères Blancs. Il fera son noviciat à Gap, dans les Hautes-Alpes.

Le sort en est jeté: il s’engagera avec les Missionnaires d’Afrique, avec l’intention de retourner en Algérie après son ordination sacerdotale à Viry en 1970. Il apprendra l’arabe dialectal à El Bayadh, un village à 400 km au sud d’Oran, en se rendant dans les familles algériennes, puis dès 1971, durant deux ans, l’arabe littéraire à l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et d’Islamologie (PISAI) à Rome. Ensuite, également après deux ans d’étude, il obtient une licence d’anglais à Strasbourg, avant de retourner pour trois ans à El Bayadh, où il enseigne l’anglais. En 1980, il part pour Sanaa, au Yémen du Nord, également pour enseigner la langue de Shakespeare dans un institut américain à des fonctionnaires qui voulaient étudier à l’étranger. De retour à Lyon, il y fera deux ans d’animation missionnaire avant d’être nommé professeur d’anglais en 1983 à Ghardaïa, à 600 km au sud d’Alger.

A Ghardaïa, durant les années noires

Le Père Deillon allait vivre, dans les années 1990, la «décennie noire» de la guerre civile opposant le gouvernement algérien et son Armée Nationale Populaire (ANP), et divers groupes islamistes armés de tendance salafiste djihadiste, notamment l’Armée Islamique du Salut (AIS) et le Groupe Islamique Armé (GIA). Cet épisode sanglant a fait plus de 150’000 morts, essentiellement des musulmans algériens.

Il sera fortement secoué par l’assassinat, le 27 décembre 1994, de quatre confrères, massacrés par des hommes armés dans la cour de leur maison de Tizi Ouzou. Mais réconforté par la présence de nombreux amis musulmans lors de leur sépulture.

De drôle de mages en armes s’invitent à la Fête de l’Epiphanie

Quelques jours après, le dimanche 8 janvier 1995, Fête de l’Epiphanie, «de drôle de mages en armes nous ont rendu visite dans notre maison de Ghardaïa…» Quatre inconnus armés de mitraillettes tentaient de défoncer la porte, tandis que le religieux et son confrère, accompagnés de deux amis béninois venus à la messe, ont pu s’enfuir par les toits, sur un itinéraire de repli préparé en cas d’attaques. A cette époque, plusieurs religieux et religieuses avaient déjà été assassinés, et les pressions étaient fortes pour que tous les étrangers quittent le pays.

Durant cette période, la toute petite Eglise catholique en Algérie comptera 19 martyrs, assassinés entre 1994 et 1996, et parmi eux Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran et les sept moines de Tibhirine. Ils ont été reconnus martyrs par le pape François le 26 janvier 2018, ce qui conduit à leur béatification le 8 décembre de la même année en Algérie.

Raphaël Deillon, qui n’a pas voulu quitter le pays pendant la sanglante guerre civile, reprend volontiers une sentence d’une religieuse qu’il connaissait, Sœur Odette Prévost: «la première chose, dans le dialogue avec les musulmans, il faut les aimer». Elle disait aussi qu’»entre la prudence et l’Evangile, je choisis l’Evangile!» La religieuse française des Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Charles de Foucauld, âgée de 63 ans, a été assassinée le 10 novembre 1995 à Alger.

«Malgré ces ‘années noires’, je puis dire qu’ayant passé un quart de siècle au Sahara, j’ai réalisé mon rêve: celui de la rencontre islamo-chrétienne. J’ai vécu des années formidables d’amitié avec les professeurs, les élèves et les familles des élèves où j’ai enseigné: Ouargla, El Bayadh, Ghardaïa. J’avais raison, à 22 ans, quand j’étais sous le citronnier: c’est possible de dialoguer entre chrétiens et musulmans, à condition de respecter l’autre qui nous est différent, de ne pas se lancer à la figure des passages de Bible et des passages du Coran, de ne pas s’affronter sur des articles de foi différents chez l’un et chez l’autre, de ne pas généraliser à partir de cas extrêmes, de savoir apprécier chez l’autre ce que l’on trouve de bon. «Et surtout de l’aimer!» (cath.ch/be)

Bienheureux martyrs d’Algérie

Bienheureux martyrs d'Algérie

Demain, nous célébrons les Saints Martyrs d’Algérie. Vous trouverez ci-dessous une présentation de la prière de l’Église du Maghreb. Et plus bas, vous trouverez les liens vers les textes de la messe votive et de l’Office des lectures.

Origines de Notre-Dame d’Afrique

Origines de Notre-Dame d'Afrique

La tradition à Rome veut que la communauté de la Maison Généralice célèbre la fête de Notre-Dame d’Afrique le 30 avril chez les Sœurs Blanches qui nous préparent, pour l’occasion, un bon repas de fête.  Cette année, malheureusement – confinement oblige – les Pères Blancs se sont résignés à célébrer dans la chapelle de la Maison Généralice… sans les Sœurs Blanches. C’est le Père Patient Bahati, congolais de naissance mais algérien de mission, qui a présidé l’eucharistie, au cours de laquelle il nous a raconté l’histoire de Notre-Dame d’Afrique. Nous reproduisons ici son intervention, convaincus que beaucoup d’entre vous la lirons avec beaucoup d’intérêt.

L’histoire de Notre-Dame d’Afrique commence en 1846 par un acte de ferveur de deux femmes, Anne Cinquin et Agarite Berger qui travaillaient l’une à la lingerie et l’autre à l’infirmerie, au petit séminaire, à Alger. Elles avaient placé une statue de la Vierge au creux d’un arbre (églantier) pour y réciter leur rosaire. D’autres personnes s’y joignirent à elles et l’endroit finit par être le lieu où l’on vient réciter son rosaire. Voilà pourquoi, en 1853 Mgr Pavy, 2ème évêque d’Alger résolut d’y construire une grotte dans laquelle il plaça une statue de la Vierge appelée « Notre- Dame du Ravin» , appelée aussi « Étoile de la mer ».

Devenu un grand lieu de prière et de pèlerinage, Mgr Pavy décide d’y bâtir une Église, inspiré de la définition récente du dogme de l’immaculée Conception par Pie IX en 1854.

En 1855, averties que Monseigneur Pavy voulait construire un sanctuaire marial à Alger, les sœurs du sacré-cœur de Lyon, lui exprimèrent leur désir de voir la statue « Vierge Fidèle » (qu’elles avaient offerte à son prédécesseur, Monseigneur Dupuch, 1er évêque d’Alger), honorée dans ce sanctuaire.

En 1856, Monseigneur Pavy, après avoir consulté son conseil, change le nom de la statue « Vierge Fidèle » en « Notre Dame d’Afrique » : une statue en bronze qui, une fois habillée, le visage et les mains apparaissaient noires. D’où son nom de « La Vierge noire.»

En 1858 : débutent les travaux de l’Eglise. En 1866, Mgr Pavy décède et son successeur, Mgr Lavigerie continua les travaux qu’il acheva en 1872.

En effet, Mgr Pavy, avait prévu fonder à Notre-Dame d’Afrique une congrégation de prêtres chargés du pèlerinage, les Chanoines augustiniens. A sa mort, Lavigerie ne pouvait réaliser un tel projet vu qu’il avait déjà celui de fonder la Société de Missionnaires d’Afrique et la congrégation des Sœurs de Notre Dame d’Afrique. Il va alors faire appel à la communauté́ des Prémontrés de la stricte observance de Saint-Michel de Frigolet, consacrée à la prière et au ministère, le 31 janvier 1 868 pour s’occuper de la Prière dans l’église et de mener au bout les travaux de finition de l’église.

En 1873, Lavigerie confia le fonctionnement de cette nouvelle église à ses deux congrégations : Missionnaires d’Afrique et Sœurs de notre Dame d’Afrique. Notre-Dame d’Afrique devint le berceau de ces deux congrégations fondées respectivement en 1868 et en 1869.

Le 30 avril 1876, Pie IX, dans les mêmes grâces de l’Immaculée Conception, accorde à Lavigerie de couronner la statue de Notre-Dame d’Afrique, et l’église devint une basilique : la Basilique de Notre-Dame d’Afrique. Notre Dame d’Afrique rayonne donc des grâces du dogme de l’Immaculée Conception ainsi que les deux congrégations fondées par Lavigerie.

En septembre 1897, le fonctionnement de la Basilique est confié au clergé diocésain d’Alger. Notre-Dame d’Afrique, en 1930, revient à nouveau aux Pères blancs. 

Dès le départ, Lavigerie, avait choisi Notre-Dame d’Afrique comme le lieu qui convient pour les cérémonies extraordinaires jugées nécessaires à l’épanouissement du sentiment religieux chez les Algériens. Ces cérémonies étaient soigneusement préparées même dans les moindres détails.

En 1930, des fidèles arrivaient non seulement de tous les coins de l’Algérie, mais aussi de France et d’ailleurs, gravissant la côte pieds nus, récitant le chapelet à haute voix. Les pèlerins cherchaient auprès de Notre-Dame d’Afrique la consolation, la protection, la guérison, faisaient un vœu ou venaient l’accomplir : des soldats s’y recueillaient avant d’entrer en campagne, pour prier «la Mère du Dieu des armées», des pêcheurs faisaient bénir leurs filets, des femmes musulmanes adressaient des invocations à Lalla Meryem. On s’y rendait pour apporter un don après une bonne récolte, pour y renouveler les promesses de baptêmes, pour faire bénir les jeunes enfants. Sur l’esplanade, des hommes prenaient le frais, d’autres offraient une bougie ou un bouquet de fleurs et emportaient de l’eau bénite, les jeunes épousées catholiques et parfois juives y déposaient leur couronne de fleurs d’oranger. Alors qu’aucun miracle n’est a priori à l’origine de la fondation du sanctuaire à cet endroit, l’histoire cependant, l’associe au lieu de la libération de plusieurs esclaves chrétiens, par l’intercession de la Vierge. [Calixte de la Providence, 1892]. Les exvotos de la Basilique Notre-Dame d’Afrique, dont la plupart, adressent un remerciement de certaines personnes à Notre-Dame d’Afrique, pour avoir vu leurs vœux se réaliser grâce à son intercession, nous disent beaucoup sur l’ampleur de cette dévotion à celle que les Algériens appellent, Madame l’Afrique ou Lalla Meryem. Cela est encore visible sur les visages des anciens qui en ont été des témoins directs. Aujourd’hui encore, bien des gens viennent pour se confier à son intercession, en allumant une bougie ou en faisant une prière silencieuse. Ce sanctuaire demeure un lieu privilégié, comme le faisait Lavigerie, pour des rencontres, des dialogues et des partages avec les musulmans. 

Cette dévotion à Notre-Dame d’Afrique, tire son origine, comme toutes les dévotions mariales, dans la reconnaissance de la place de Marie dans le dessein de Dieu, depuis l’expérience de la première communauté chrétienne. Tout d’abord, la résurrection, a fait découvrir aux premiers disciples, que Jésus était vraiment Dieu, et à partir de là, ils ont constitué les récits de son enfance, et cette contemplation de l’enfant-Jésus-Dieu, éclaira la place de Marie dans la mission de Jésus : Elle est la Mère de Dieu. Et comme nous l’avons entendu, sous la croix, Jésus rappelle à Marie et à nous, qu’elle est aussi, notre mère. Elle va alors rester avec les apôtres, présence maternelle au milieu d’eux, certainement les accompagne, les encourage, les conseille lors de leur mission, comme en fait une mère à ses enfants puisque sous la croix, Jésus le lui a demandé de faire. Marie, en enfantant donc Jésus, n’a pas fini son rôle comme en ferait un personnage de théâtre, qui doit aller derrière le rideau et laisser les autres jouer leurs rôles, mais, elle continue à enfanter, à faire grandir et à conseiller ceux que Jésus lui a donnés comme fils et filles. Il était donc nécessaire qu’on lui reconnaisse la même tâche maternelle, pour les missionnaires qui devaient apporter la Bonne Nouvelle en Afrique, pour les Africains et pour tous les musulmans qui l’honoraient déjà comme Mère du Prophète. Puisqu’elle nous a été aussi offerte pour mère sous le nom de Notre Dame d’Afrique, qu’elle nous accompagne, nous Africains, nous Missionnaires d’Afrique, dans notre tâche de proclamation de la Bonne Nouvelle au monde africain. Qu’elle veille sur l’Afrique, qu’elle intercède pour tous ses enfants à travers le monde entier et surtout en ce moment où tout enfant apeuré aurait intérêt à aller chercher refuge et sécurité dans les bras de sa maman.

Patient Bahati, M.Afr.

Clin d’oeil de Tizi Ouzou

Un clin d'œil de Tizi Ouzou

Bonjour et salutations de Tizi. J’espère que vous vous portez bien. Ici nous allons tous bien.

Juste pour vous donner quelques nouvelles :

Actuellement, nous sommes trois : Benoit, de RDC,  ancien de Notre Dame, Philippe Dakono nouvellement arrivé du Mali juste après son ordination et moi, Vincent, de l’Ouganda. Et la bonne nouvelle, c’est que, globalement, tout va bien.

Nous avons déjà bien démarré l’année académique  le 1er octobre avec les inscriptions et réinscriptions à la bibliothèque et tout va bon train. Nous avons déjà quelques inscrits même si, d’une manière générale les bibliothèques comptent de moins en moins d’adhérents. On s’estime donc heureux.

Et pour satisfaire les demandes de ceux qui ne font pas partis des 5 filières de la bibliothèque – Médecine, Pharmacie, Biologie, Anglais et Tamazight (Dialecte du Berbère) – nous avons désormais structuré les cours de soutien : nous prenons les élèves du primaire à partir de la troisième année, toutes les années du collège et du Lycée, ainsi que les adultes Universitaires ou autres. Nous leur offrons des cours de soutien en anglais et en français. Depuis trois ans, chaque année, nous sommes débordés d’inscriptions : dès  le premier jour avant 8 h du matin, une centaine de candidats attendent car les places sont limitées. Nous ne prenons que 10 élèves par classe. Nous devenons ainsi victimes de notre succès. Depuis trois ans, les places sont saturées, tellement les inscriptions sont nombreuses. L’année passée, tout comme cette année d’ailleurs, aussi alors que les inscriptions devaient normalement  commencer à 8h 30, ils étaient déjà une centaine, même avant 8 h. On ne chaume donc pas vraiment, bien au contraire.

Quant à la paroisse, nous venons d’y lancer le projet pastoral de notre paroisse en mettant sur la able les propositions des paroissiens présents le 12 octobre passé. Ça s’est bien passé et notre projet sera en lien avec les 5 orientations pastorales du diocèse d’Alger issues d’une large consultation lancée par l’archevêque l’année passée : Fraternité, Jeunesse, Catholiques Algériens, Formation et Communication. Nous sommes très optimistes car l’ambiance est beaucoup plus fraternelle et prometteuse cette année.

Pour ce qui est de notre vie de communauté, nous continuons d’accueillir les anciens élèves des Pères Blancs, et beaucoup d’autres qui viennent se confier à nous pour toutes sortes de raisons. Nous faisons de notre mieux pour assurer tous les jours un accueil fraternel.

Voilà quelques nouvelles de Tizi. En espérant vous lire, que Dieu vous bénisse abondamment. Merci pour votre prière et pour le soutien mutuel dans notre Mission.

Bien fraternellement,

Vincent Kyererezi, M.Afr.
Responsable de la communauté et Directeur du Centre de Documentation et de Rencontre, Bibliothèque Le Figuier.

Journée Eco-Citoyenne à Notre-Dame d’Afrique

Journée Eco-Citoyenne à Notre-Dame d’Afrique

D’après un article des confrères de Notre-Dame d’Afrique à Alger sur leur site internet.

L’idée trottait dans la tête des pères blancs de la Basilique et dans leurs conversations depuis des mois… alors qu’ils voyaient les alentours de la Basilique Notre-Dame d’Afrique, un des lieux les plus visités à Alger, devenir de plus en plus sales. Finalement, encouragés par ce qui se fait ailleurs, nous avons lancé un appel invitant les citoyens à venir nettoyer pendant quelques heures. Les messages sont partis sur les réseaux sociaux… Nous ne savions pas combien de monde allait venir…  Nous avons stressé un peu !

Le 31 août, dès 7 h 30, les trois premiers volontaires sont arrivés de Dely Ibrahim… en vélo ! Petit à petit, d’autres personnes sont venues : en couple, en famille, entre amis, entre collègues de travail, ou encore tout seul… J’ai vu des Algériens, des Polonais, des Maliens, des Burkinabés, des Brésiliens, des Français, des Ghanéens, des Mexicains, des Espagnols, et même la police et les services de la mairie (NetCom), ainsi que quelques touristes un peu surpris. Nous avions aussi un journaliste de la télévision… Chinoise !

Nous avons donné des consignes de sécurité, des gants, des sacs poubelle (en partie fournis par la société NetCom) et à chacun a été attribué une zone. De temps en temps quelqu’un criait : « Qui veut de l’eau « fraîiiiche » ? Qui veut de l’eau « fraîiiche » ?  » Heureusement, car la chaleur était intense. Pendant 2 h 30 nous avons travaillé dans la bonne humeur, en faisant des connaissances, en transpirant, mais surtout avec la fierté de contribuer à restaurer la beauté des lieux !

Un coup de sifflet mit fin aux travaux. Tout le monde se rassembla pour que nous puissions leur dire : « Merci d’être venus pour rendre la beauté à ce lieu. Le fait que la plupart d’entre vous soient des musulmans venus prendre soin d’une église chrétienne est aussi un acte beau. Dieu a créé la nature si belle, en tant que croyants nous devons la conserver ainsi. Merci d’être venus !  ». Nous avons fait quelques photos devant « le fruit de notre sueur » : tout en étant bien étonnés que deux heures à peine aient permis de rassembler tant de déchets !

Nous avions pris soin de commander de succulents gâteaux (sucrés et salés) et de prévoir le nécessaire pour offrir thé ou café aux 70 personnes et plus qui sont restées jusqu’à la fin. Cela nous a permis de refaire nos forces et de se faire de nouveaux amis. Pour certaines personnes c’était la première fois qu’ils venaient à la basilique et une visite « guidée » a donc mis fin à la matinée.

Nous sommes infiniment reconnaissants à tous ceux qui ont rendu possible cette journée. L’idéal serait de ne plus devoir se donner rendez-vous pour nettoyer encore le domaine… Mais s’il faut le faire, maintenant on sait que nous pouvons compter sur les nombreux amis de la Basilique.

Peter-Claver KOGH et José M. CANTAL
Pères Blancs à la Basilique

Pèlerinage aux sources : Quatrième et cinquième jour

Rome, le 19 décembre. Chers frères et sœurs, si les trois premiers jours de notre pèlerinage aux sources ont été d’une profondeur spirituelle intense, les quatrième et cinquième jours le furent encore plus, un véritable couronnement de 150 ans de Mission, au Maghreb bien sûr, mais aussi partout ailleurs en Afrique et dans le monde. Lorsqu’un feu d’artifice est tiré pour célébrer un événement – les français par exemple y sont habitués le 14 juillet – les derniers tirs sont tout particulièrement riches en couleur, en saturation et en détonations et s’appellent l’apothéose du feu d’artifice. C’est ce que j’ai ressenti les samedi et dimanche 15 et 16 décembre à La Marsa, à Tunis et à Carthage. Une apothéose grandiose !

Samedi matin, l’autocar est venu nous chercher à La Marsa pour nous conduire à l’IBLA (Institut des Belles Lettres Arabes) où nous avons retrouvé ceux qui logeaient à l’institut diocésain. Je ne vais pas reproduire ici les paroles du directeur de l’IBLA, notre confrère Bonaventura Benjamin Mwenda, car le contenu était pratiquement identique à l’article qui’il nous a écrit dans le Petit Echo n° 1084 que vous trouverez ici. Si Bonaventura nous a surtout parlé du présent et du futur de l’institut, André Ferré (84 ans) a, lui, surtout évoqué le passé, et particulièrement ce douloureux événement de l’incendie de l’IBLA, dans lequel un de nos confrères a péri et une partie importante des livres de l’IBLA ont été détruits par le feu ou par l’eau utilisée par les pompiers. Il se rappelait de la remise en question radicale de notre présence à travers cet institut surtout dédié au dialogue intellectuel avec les Tunisiens et au soutien scolaire et universitaire proposé aux lycéens et universitaires tunisiens. La secrétaire de l’institut nous a parlé de la revue de l’IBLA qui n’a jamais cessé d’exister depuis sa fondation, même si aujourd’hui, le comité de rédaction est exclusivement tunisien. Les autres membres de la communauté sont intervenus, ça et là, avec beaucoup d’enthousiasme, même notre confrère John McWilliam, qui a dû s’éloigner de l’IBLA, qu’il affectionnait particulièrement, pour se dédier à son diocèse de Laghouat-Ghardaïa. Nous avons dégusté les très goûteuses pâtisseries qui nous faisaient nous lécher les babines pendant les longs exposés de nos confrères puis, en groupes, nous avons visité la maison qui fut finalement bien restaurée après l’incendie de 2010.

Incendie de l’IBLA en 2010

Nous sommes descendus vers le Centre-Ville et la Cathédrale à travers  la Medina. On nous avait prévenu de rester groupés et de faire très attention à nos sacs, portables et autres appareils photos. Malgré cela, un de nos confrères de Sfax s’est fait dérober son téléphone portable. Nous devions nous dépêcher car un restaurant avait été réservé pour une heure très précise. Je vous mets ce lien trouvé sur Internet pour vous donner une petite idée de la Medina.

Après le repas, nous sommes retournés à La Marsa où nous avions au programme des témoignages sur le Martyre de nos quatre confrères mort à Tizi-Ouzou. Le « panel » était composé de Sœur Chantal Van Calck, qui était une jeune professe SB à l’époque et qui était supposée commencer le projet de Bibliothèque à Tizi-Ouzou avec Christian Chessel,  le Frère Jan Heuft qui avait bien connu nos quatre confrères, un (relativement) jeune confrère Vincent Kyererezi qui n’est relié aux quatre martyrs que par sa première nomination qu’il reçut pour Tizi-Ouzou, et enfin, et certainement pas des moindre, l’Archevêque d’Alger, le Jésuite Paul Desfarges.  Les témoignages étaient d’une densité peu habituelle et extrêmement émotionnels. Des interventions de très haut niveau, le samedi et le dimanche. Il faut dire que nous avions en permanence trois évêques : en plus de Mgr Desfarges, étaient présents l’archevêque de Tunis , Mgr Ilario Antoniazzi, et notre confrère Mgr John McWilliam. Les conditions dans lesquelles j’ai enregistré la conférence n’étaient pas bonnes,  surtout le tout début, mais vous devriez pouvoir la suivre.

La journée n’était pas encore terminée. Nous allions célébrer l’eucharistie avec, comme célébrant principal, Mgr. Paul Desfarges, un homme très simple et très saint.

Voici l’homélie de Mgr. Desfarges, enregistrée, et en voilà le texte.

 

Pèlerinage aux sources : Troisième jour

La Marsa (Tunis), le 14 décembre 2018. La sagesse populaire voit la pluie comme une bénédiction. Nous ne nous plaignons donc pas. Au contraire, la pluie nous inspirera tout au long du chemin à imaginer ces hommes, ces femmes, ces jeunes, ces enfants, dont beaucoup vivent dans la précarité, et à prier pour qu’ils puissent trouver de plus en plus de dignité, de paix et de joie dans leur vie. Le voyage vers Thibar sera long, très long : 170 kilomètres, d’embouteillages au début et de sinueuses routes de montagne ensuite.

Mais quelle joie d’arriver à Thibar, ce haut-lieu de notre histoire ! Beaucoup de nos anciens auraient été contents de nous accompagner. Jean Fontaine est un privilégié, trop heureux de nous partager quelques informations et souvenirs. Alors que le bus s’approche de l’ancien scolasticat, je me revoyais, il y a une semaine à peine parcourir les photos classées aux archives. Ainsi, ce scolasticat existait encore, pratiquement comme au début, du moins dans sa structure extérieure.

Alors que nous descendons de l’autocar, nous sommes accueilli par un homme au sourire abondant, flanqué de plusieurs collègues et d’au moins un représentant de l’ordre, qui nous encadreront tout au long de notre visite. C’est que nous ne sommes pas n’importe qui. Nous sommes des Pères Blancs et des Sœurs Blanches, dont les ancêtres ont tout créé dans la région. Très vite, nous nous rendrons compte que le directeur se voit, ainsi que son école d’agriculture et d’élevage, comme les fiers héritiers de tout ce patrimoine créé par nos ancêtres pour la plus haute gloire de Dieu et la dignité de tout homme et de toute femme.

Nous sommes accueillis dans une salle de conférence avec de l’eau et des jus de fruit. Le directeur nous présente son école, ainsi que ses projets futurs de développement  au moyen d’une présentation « powerpoint ». Il a glissé ici et là des photos anciennes dans la présentation comme pour montrer son attachement et sa gratitude à ceux qui ont tout commencé ici. Il y a même une photo de scolastiques Pères Blancs. Jean Fontaine n’y tient plus, s’approche, y regarde de plus près et déclare en se retournant : « c’est Kalilombe » … le seul africain de cette promotion de 1957, l’année de ma naissance !

Il nous emmène alors à travers le bâtiment principal, nous passons dans les couloirs et gravissons les escaliers où tant de nos anciens se sont pressés pour arriver à temps pour la prière ou pour la classe. C’est très impressionnant ! Nous ne voyons que la partie supérieure de la grande chapelle qui a été divisée en deux dans le sens de la hauteur et en plusieurs classes également sur la superficie.

Nous sortons, il pleut toujours. Nous montons donc dans l’autocar qui nous emmènera quelques centaines de mètres plus loin au lieu dit de « La Cave » auquel le dépôt de vin – la cave à vin en fait – a donné le nom. Nous entrons dans l’antichambre d’un salon de réception au centre duquel nous voyons une table sculptée et ses chaises lourdes, d’époque sans aucun doute. Dans l’antichambre, une bouteille de Thibarine est exposée, ainsi que deux bouteilles de vin, et devant les bouteilles, prêts pour la dégustation, des verres à moitié pleins de ces précieux liquides qui continuent d’être produits depuis que les Pères Blancs ont planté la vigne il y a plus de cent ans. On voit les yeux du directeur de l’école et du responsable de la Cave pétiller de fierté, à raison d’ailleurs. Je demande à l’un de nos accompagnateurs s’il boit du vin. Il me fait comprendre dans un français approximatif qu’il n’en boit pas … aujourd’hui. C’est vrai que c’est vendredi, le jour de la Prière à la Mosquée. Mais, en Tunisie, on travaille le vendredi et on se repose le dimanche !

La pluie continue son oeuvre et détrempe le sol. Il nous sera impossible d’arriver au cimetière, car nous risquerions d’embourber l’autocar. Nous prierons pour nos frères et sœurs Pères Blancs et Sœurs Blanches, décédés à Thibar, pendant la messe du soir, présidée cette fois par Didier Sawadogo. Celui-ci traduira si bien ce que nous ressentons tous. Nous avons dû quitter Thibar, mais la Mission de « mettre l’Homme debout » continue dans les murs de l’ancien scolasticat à travers cet homme au sourire abondant, si fier d’une école qui donne aux jeunes la capacité à se développer et à vivre dans la dignité.

Sœur Cécile n’a pu être avec nous aujourd’hui, mais elle avait préparé un livret de l’accompagnateur que vous lirez avec beaucoup d’intérêt ici.

Philippe Docq, M.Afr.

 
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