Covid 19 – Conséquences

Les conséquences du Covid 19 - Quelques réflexions de Bernard Ugeux

Bernard Ugeux est un Missionnaire d’Afrique basé à Bukavu (RDC). Théologien, très proche des petites communautés chrétiennes et très engagé auprès des personnes qui vivent dans les périphéries, Bernard livre ses réflexions sur le sens et les conséquences du Coronavirus.

Pandémie. Impossible confinement en Afrique sub-saharienne ?

Pandémie. Impossible confinement en Afrique sub-saharienne ?

Notre confrère Bernard Ugeux nous fait part de ses réflexions sur une éventuelle propagation de la pandémie en Afrique. Vous pouvez trouver le texte original sur son blog : 

http://www.lavie.fr/blog/bernard-ugeux/pandemie-impossible-confinement-en-afrique-sub-saharienne,5201

Jeunes pour la Paix dans la région des grands lacs

PELERINAGE DES JEUNES POUR LA PAIX ET LA COHABITATION PACIFIQUE AUX SANCTUAIRES DES MARTYRS DE L’OUGANDA A NAMUGONGO ET A SHARING YOUTH CENTRE - KAMPALA UGANDA, DU 06- 13 MAI, 2019

Inspirés par le thème qui marque notre anniversaire de 150 ans de fondation, « Avec le Christ, toujours fidèle à l’Afrique » les Pères Aumôniers des Jeunes – Lowrent Kamwaza, M.Afr. de la Paroisse Notre Dame d’Afrique Katoyi-Goma (RDC), John SSekweyama, M.Afr. de la Paroisse de la Sainte Trinité Buholo-Bukavu (RDC), Kingsley Njimogu de la Paroisse Saint Augustin (Burundi) et Edison Akatuhurira de la Paroisse Saint Pierre Cyahafi Kimisagara-Kigali (Rwanda) – ont embarqué les jeunes de ces 4 « Pays des Grands-Lacs » dans les activités du 150è anniversaire en leur proposant un pèlerinage de Jumelage pour la paix et la cohabitation pacifique aux sanctuaires des martyrs de l’Ouganda à Namugongo à Kampala du 6 au 13 Mai, 2019.

La deuxième édition de cette initiative en faveur de la Jeunesse des paroisses Missionnaires d’Afrique de la Province d’Afrique Centrale (PAC) s’est avérée être une expérience de rencontre fructueuse pour nos  jeunes. Elle laissera des traces profondes dans les cœurs de ces jeunes pèlerins en stimulant en eux le désir de chercher le Christ jusqu’au bout tel que l’ont témoigné les jeunes martyrs de L’Ouganda – St Kizito, Charles Lwanga  et les autres.

Ce pèlerinage a débuté le 6 Mai 2019 alors que nos jeunes pèlerins du Burundi, de Bukavu et de Goma (RDC) étaient accueillis chaleureusement dans des familles chrétiennes de la Paroisse de Kimisagara à Kigali. Les échanges, les rires, les chants de louanges et les partages fraternels ont marqué cette première étape très importante du voyage dans la vie de nos jeunes pèlerins. La générosité de ces familles d’accueil et des confrères du Rwanda, les amitiés tissées au gré des rencontres sont autant de semences de la paix et d’amour qui germeront désormais dans les cœurs de ces jeunes.

Le lendemain, le 7 mai, le voyage de plus de 500 kilomètres de Kigali à Kampala était très intéressant. Deux bus avaient été loués pour transporter ces jeunes, qui la plupart effectuaient un si long voyage pour la toute première fois de leur vie. Ils étaient émerveillés par les beaux paysages et les bonnes routes des pays voisins, un monde tout autre que le Congo ou le Burundi.

Le sommet de ce pèlerinage était la journée de prière et de visites aux sanctuaires de Namugongo et Manyonyo et à la paroisse de Nabulagala. Pour la première fois, nos jeunes ont vu leur rêve devenir réalité lorsqu’ ils ont mis leurs pieds sur la terre sainte ou reposent nos Martyrs de l’Ouganda. La prière, la méditation, la visite de ces lieux sacrés et la célébration du sacrement de pénitence et de l’eucharistie dans la basilique de Namugongo sont des expériences qu’ils n’oublieront jamais. Nos remerciements à nos confrères Vincent Lubega, Bernard Chowa et les stagiaires de Nabulagala qui ont consacré leur temps pour parler et donner à nos jeunes pèlerins les explications nécessaires sur les martyrs.

Qu’il nous soit permis d’exprimer nos sincères remerciements à nos confrères de Sharing Youth Centre Hillaire Guinko et Joseph Bakuri et leur administration qui ont accueilli fraternellement et logé nos jeunes pendant notre séjour en Uganda. Ces confrères ont mis à notre disposition ce qu’ils ont de meilleur en terme d’équipement et de personnel pour assurer la réussite de ce pèlerinage. Leur générosité a impressionné tout le monde et leur accueil est signe d’une vraie charité missionnaire. Un grand merci à nos confrères de Lourdel House – Otto Kato, Elias Mwebembezi et Brother Francis – pour l’accueil généreux qu’ils nous ont réservé.

Que la Vierge Marie Reine des Apôtres et Notre Dame d’Afrique intercède pour nous tous et pour cette jeunesse en recherche de la paix !
Viva le 150è anniversaire des Missionnaires d’Afrique !

Lowrent Kamwaza M.Afr.
23 Mai, 2019

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Renouveler notre regard

Ce texte de Bernard Ugeux a paru dans le dernier Info-PAC.

Ce temps de jubilé est pour nous une occasion de poser un regard chrétien renouvelé sur nos frères et soeurs, sur l’Eglise, l’Afrique, le Monde…

Jésus a une façon unique de regarder les personnes qu’il rencontre, surtout les plus fragiles, de reconnaître les signes des temps dans les attentes des foules sans berger et les oppositions des autorités religieuses. Il a renouvelé l’espérance de son peuple.

Quant au Cardinal Lavigerie, lui aussi, tout au long de sa vie, il pose un regard d’une grande profondeur et d’une forte exigence sur les réalités du monde et de l’Eglise.

  • Un regard habité par l’Esprit qui discerne avec bienveillance les nouveaux appels adressés à l’Eglise par les sociétés de son temps, en France, en Orient, puis en Afrique.
  • Un regard d’apôtre soucieux de tous ceux et celles qui ignorent le Dieu de tendresse et de pardon annoncé par Jésus-Christ.
  • Un regard visionnaire et passionné, lui qui est prêt à donner sa vie pour le salut des infidèles de l’Afrique tout entière, « comme s’il voyait l’invisible ».
  • Un regard de réconciliation quand il rencontre les prélats d’Orient invités à revenir à la pleine communion avec Rome.
  • Un regard qui appelle, confirme et envoie des apôtres – hommes et femmes – pour l’Afrique, les invitant à envisager sans peur le martyre.
  • Un regard qui affronte avec courage et sérénité l’opposition de ceux qui refusent l’ouverture de l’Eglise aux populations d’Afrique du Nord.
  • Un regard de profonde compassion qui invite à commencer l’annonce de l’Evangile par le soin des corps en attendant l’éveil des âmes.
  • Un regard de tendresse posé sur les orphelins et les orphelines, les abandonnés et les victimes des massacres ou des épidémies, que ce soit au Liban ou en Syrie, en Kabylie ou au Sahara, ou dans les profondeurs du continent africain.
  • Un regard courroucé et provocateur dans sa tournée des capitales européennes pour faire cesser la traite des esclaves en Afrique, faisant appel autant à l’humanité qu’à la foi de ses auditeurs.
  • Un regard parfois dominateur et écrasant pour ses collaborateurs, qui le pousse ensuite à demander humblement pardon à ceux et celles qu’il a blessés par le débordement de son caractère ou de ses exigences.
  • Un regard de contemplation et d’adoration posé avec confiance durant des heures chaque jour sur le Christ, le Sacré-Coeur, le Saint-Sacrement, et qui se fait implorant au pied de Marie, de Joseph et des grands martyrs d’Afrique du Nord. …
  • Aujourd’hui, quel regard Lavigerie nous invite-t-il à poser sur les espaces humains que le Pape François appelle les périphéries ?
  • Quel regard renouvelé d’indignation et de compassion sur les innombrables esclavages contemporains et la traite humaine qui touchent prioritairement les enfants et les jeunes ; sur les migrations, le pillage des matières premières des pays pauvres et toutes les formes d’exploitation de la personne ?
  • Quel discernement sur les évolutions contemporaines de la mondialisation et de ses victimes ?
  • Quelle invitation à un dialogue entre les courants internes à l’Eglise et avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions ?
  • Quelle ouverture sur les différences de langue, de culture, de religion, de confession, de genre, de génération, reconnaissant que l’altérité n’est pas une menace mais un cadeau, quand elle ne s’impose pas avec fanatisme ?

Bref, aujourd’hui, le Cardinal nous invite à mieux le connaître (1) dans sa complexité et sa richesse et à convertir notre regard afin qu’il se rapproche de celui du Christ, dans sa bienveillance et son exigence, en commençant par nous-même.

Bernard Ugeux, M.Afr.

(1) En mai 2019 sortira le livre de Bernard Ugeux, Prier quinze jours avec le Cardinal Lavigerie, Nouvelles cités

Emmanuel Ngona… de Rome

Cet extrait de la lettre d’Emmanuel Ngona, provincial de la PAC, écrite de Rome pendant la réunion des provinciaux, et publié dans le dernier Info-PAC, nous donne une petite idée des débats qui ont eu lieu pendant la semaine de rencontre entre les provinciaux et le Conseil Général.

Bonjour à chacun de vous de Rome, Cité éternelle ! Et que la Paix du Christ habite dans votre coeur en cette année Jubilaire !

J’espère que chacun de vous se porte bien là où le Seigneur l’a planté pour fleurir.

Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour partager quelques éléments qui m’ont frappé lors de notre meeting entre les provinciaux et le Conseil Général du 10 au 16 février 2019.

1) Au cours d’une audience privée du 8 février entre le Pape François et les Mafr et SMNDA à l’occasion du 150ème anniversaire de notre Fondation, le Pape a rappelé notre mission aujourd’hui là où nous sommes :

« La mission ad extra, c’est dans votre ADN… Je vous encourage à garder votre regard fixé sur Jésus Christ, pour ne jamais oublier que le véritable Missionnaire est d’abord un disciple et que l’annonce de l’Evangile ne peut se vivre qu’au prix d’une véritable communion missionnaire. Que l’Esprit fasse de vous des constructeurs de ponts entre les hommes. Là où le Seigneur vous a envoyés, contribuez à faire grandir une culture de la rencontre ; continuez à être les serviteurs d’un dialogue qui, tout en respectant les différences, sait s’enrichir de la différence des autres. Et je vous remercie en particulier pour le travail que vous avez déjà accompli au service du dialogue avec nos frères et soeurs musulmans. Par le style et la simplicité de votre mode de vie, vous manifestez aussi la nécessité de prendre soin de notre maison commune. Enfin dans le sillage du Cardinal Lavigerie, soyez des semeurs d’Espérance, en luttant contre les formes actuelles d’esclavage. Cherchez toujours à vous faire proches des petits et des pauvres, de celles et ceux qui attendent aux périphéries de nos sociétés, d’être reconnus dans leur dignité, d’être accueillis, protégés, promus et intégrés… ».

2) Dans le contexte de notre Jubilé et de l’anniversaire des 100 ans de la lettre apostolique « Maximum » du Pape Benoit 15 (lettre qui a servi à réveiller la conscience missionnaire, donner un nouvel élan à la mission ad gentes et rappeler la raison d’être de la Mission), qui sera célébré en octobre 2019, nous voulons donner un nouvel élan à notre Mission au niveau personnel, communautaire, sectoriel ou provincial dans la ligne de l’interpellation du Cardinal Filoni à notre égard : « Que signifie le centième anniversaire d’une famille religieuse, si ce n’est réfléchir fondamentalement et comprendre pourquoi elle a été créée et quel rôle elle a encore aujourd’hui ? »

3) Une grande attention doit être portée au sein de toutes nos Institutions où nous travaillons avec les enfants et les adultes vulnérables pour que ces lieux deviennent des espaces sûrs et évangéliques pour eux.

4) Partout l’ouverture de notre Jubilé s’est bien déroulée. Mais n’en restons pas seulement à des manifestations extérieures, nous voulons profiter de cette opportunité et de ce temps de Grâce pour un nouvel élan missionnaire pour faire la différence grâce à notre charisme et l’Esprit Saint qui nous conduit sur les routes du monde.

Continuons à prier en communauté pour que cette année jubilaire soit un temps de grâce pour notre Société et les Eglises locales avec lesquelles nous collaborons fraternellement et que le prochain Conseil plénier qui prendra place à Kampala à partir de mi-novembre 2019 renouvelle notre enthousiasme et notre force missionnaire qu’aucune puissance ne peut nous ravir.

Emmanuel Ngona
Info-PAC n°79

Formation à la prévention à Mahagi

Notre confrère Peter Ekutt, Délégué à la Protection des Enfants au Congo a offert une formation pour 82 consacrés du diocèse de Mahagi, il nous raconte cette formation.

“Pendant trois jours, 82 consacrés du diocèse de Mahagi sont venus vivre une expérience de formation dans la paroisse cathédrale autour de l’évêque à l’occasion de la célébration de la journée des consacrés. L’Evêque lui même a donné la première conférence sur quelques dispositions à prendre comme religieux dans le diocèse. Ensuite, j’ai pu animer une journée de conférences et de partage sur « l’intégrité du ministère et les abus sexuels comme facteur de risque ».

Peter invitant les participants vers la fin de la session de prendre un temps pour penser aux victimes.

Déroulement de cette formation :

Dans un premier temps, j’ai présenté ce qu’était l’intégrité du ministère et la problématique des abus sexuels comme un des facteurs qui menace aujourd’hui cette intégrité. J’ai commencé en montrant aux participants pourquoi les abus sexuels sont à la une aujourd’hui dans le pontificat du pape François. Puis j’ai développé les différents facteurs de risques qui peuvent faciliter les comportements abusifs. J’ai aussi présenté les différentes formes d’abus. Ensuite nous avons porté notre attention sur plusieurs points : les conséquences physique de l’abus sexuels sur le mineurs ; la méthode que les prédateurs utilisent pour installer leur emprise sur  les mineurs ; les idées déformées (distorsions cognitives) que les prédateurs utilisent pour abuser des mineurs ; les attitudes à éviter lorsque l’on parle de l’abus sexuel ; les dispositions à prendre pour protéger l’enfant. Finalement, j’ai montré que la lutte nous appartient à tous, afin de créer un environnement sûr pour les enfants et les adultes vulnérables.

Au milieu de la conférence, nous avons eu des carrefours, nous basant sur un texte – une étude de cas qui vient de l’Afrique de Sud. Les réactions dans  les groupes ont été très positives de la part de participants.

J’ai invité aussi un collaborateur qui écoute les mineurs victimes de harcèlement sexuel dans les écoles pour venir partager son expérience avec nous. Il encourage les jeunes au dépistage VIH/SIDA dans notre centre des jeunes. Ce père de famille a parlé sur le fait que la plupart des jeunes infectés sont des filles entre 11 et 22 ans et cela nous donne à penser qu’il y a de nombreux cas d’abus sexuel  autour de nous même si on n’en en entent pas parler. Les statistiques données par cet intervenant ont touché les participants. Le fait que ce témoignage et ce rapport étaient donnés par un père de famille a ajouté du poids au sujet de la conférence. Cette expérience de partage était très pratique et très touchante. Cela nous a fait réfléchir et nous poser des questions.

Nous avons terminé avec la vidéo sur l’abus sexuel : « Un médecin pour sauver les femmes », suivi d’un partage sur la vidéo. Personne  n’avait vu la vidéo auparavant, et ce fut une bonne information et documentation pour les consacrés. Le partage était superbe et de bonnes réflexions sont sorties pendant le partage.

Ensemble, nous avons prié la Prière du délégué à la protection.

Ensemble nous avons prit la prière  du délégué à la protection des mineurs.

En général, les consacrés ont beaucoup apprécié l’initiative de donner cette conférence. Ils étaient très content qu’on parle de cela mais aussi très choqué de voir que finalement on peut parler de quelque chose qu’eux considèrent comme TABOU. Ils étaient anxieux de savoir si l’évêque était d’accord car ils ont eu peur de toucher à leurs « TABOUS ». Il est heureux que nous ayons pu parler de ce TABOU qui fait peur alors que les gens, et surtout les enfants, meurent dans le silence du TABOU.

Les participants prennent connaissance des document déjà publiés sur le sujet.

Beaucoup souhaitent que cela puisse être offert aussi dans des écoles et pour les parcours de catéchuménat. Mais, il faut aller doucement. Je suis déjà content d’avoir pu parler aux consacrés du diocèse de Mahagi.

Il est à noter quand même quelques résistances fortes venant du côté des consacrés masculins qui pensaient que cela était une critique de l’Eglise et en particulier des prêtres au profit des sœurs. Mais, j’avais déjà fait cette expérience avant et cela  ne me dérange pas. C’est un mécanisme de défense pour ne pas faire face à la réalité. Cela n’a pas empêché que cette session fut un succès et une belle expérience pour l’ensemble des participants.

Peter Ekutt, M.Afr.

Nouvelles du Burundi (Info-Pac n°76)

Chers confrères qui avez connu, aimé et servi le Burundi en apportant la Bonne Nouvelle, Bonjour.

Nous devons rendre grâce à Dieu qui a fait que la semence de la foi a bien grandi. Notre attitude de gratitude actuelle pourrait se définir avec les mots du Pape François : au passé de la reconnaissance, au présent de la passion et au futur de la confiance.

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