Renouveler notre regard

Ce texte de Bernard Ugeux a paru dans le dernier Info-PAC.

Ce temps de jubilé est pour nous une occasion de poser un regard chrétien renouvelé sur nos frères et soeurs, sur l’Eglise, l’Afrique, le Monde…

Jésus a une façon unique de regarder les personnes qu’il rencontre, surtout les plus fragiles, de reconnaître les signes des temps dans les attentes des foules sans berger et les oppositions des autorités religieuses. Il a renouvelé l’espérance de son peuple.

Quant au Cardinal Lavigerie, lui aussi, tout au long de sa vie, il pose un regard d’une grande profondeur et d’une forte exigence sur les réalités du monde et de l’Eglise.

  • Un regard habité par l’Esprit qui discerne avec bienveillance les nouveaux appels adressés à l’Eglise par les sociétés de son temps, en France, en Orient, puis en Afrique.
  • Un regard d’apôtre soucieux de tous ceux et celles qui ignorent le Dieu de tendresse et de pardon annoncé par Jésus-Christ.
  • Un regard visionnaire et passionné, lui qui est prêt à donner sa vie pour le salut des infidèles de l’Afrique tout entière, « comme s’il voyait l’invisible ».
  • Un regard de réconciliation quand il rencontre les prélats d’Orient invités à revenir à la pleine communion avec Rome.
  • Un regard qui appelle, confirme et envoie des apôtres – hommes et femmes – pour l’Afrique, les invitant à envisager sans peur le martyre.
  • Un regard qui affronte avec courage et sérénité l’opposition de ceux qui refusent l’ouverture de l’Eglise aux populations d’Afrique du Nord.
  • Un regard de profonde compassion qui invite à commencer l’annonce de l’Evangile par le soin des corps en attendant l’éveil des âmes.
  • Un regard de tendresse posé sur les orphelins et les orphelines, les abandonnés et les victimes des massacres ou des épidémies, que ce soit au Liban ou en Syrie, en Kabylie ou au Sahara, ou dans les profondeurs du continent africain.
  • Un regard courroucé et provocateur dans sa tournée des capitales européennes pour faire cesser la traite des esclaves en Afrique, faisant appel autant à l’humanité qu’à la foi de ses auditeurs.
  • Un regard parfois dominateur et écrasant pour ses collaborateurs, qui le pousse ensuite à demander humblement pardon à ceux et celles qu’il a blessés par le débordement de son caractère ou de ses exigences.
  • Un regard de contemplation et d’adoration posé avec confiance durant des heures chaque jour sur le Christ, le Sacré-Coeur, le Saint-Sacrement, et qui se fait implorant au pied de Marie, de Joseph et des grands martyrs d’Afrique du Nord. …
  • Aujourd’hui, quel regard Lavigerie nous invite-t-il à poser sur les espaces humains que le Pape François appelle les périphéries ?
  • Quel regard renouvelé d’indignation et de compassion sur les innombrables esclavages contemporains et la traite humaine qui touchent prioritairement les enfants et les jeunes ; sur les migrations, le pillage des matières premières des pays pauvres et toutes les formes d’exploitation de la personne ?
  • Quel discernement sur les évolutions contemporaines de la mondialisation et de ses victimes ?
  • Quelle invitation à un dialogue entre les courants internes à l’Eglise et avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions ?
  • Quelle ouverture sur les différences de langue, de culture, de religion, de confession, de genre, de génération, reconnaissant que l’altérité n’est pas une menace mais un cadeau, quand elle ne s’impose pas avec fanatisme ?

Bref, aujourd’hui, le Cardinal nous invite à mieux le connaître (1) dans sa complexité et sa richesse et à convertir notre regard afin qu’il se rapproche de celui du Christ, dans sa bienveillance et son exigence, en commençant par nous-même.

Bernard Ugeux, M.Afr.

(1) En mai 2019 sortira le livre de Bernard Ugeux, Prier quinze jours avec le Cardinal Lavigerie, Nouvelles cités

Emmanuel Ngona… de Rome

Cet extrait de la lettre d’Emmanuel Ngona, provincial de la PAC, écrite de Rome pendant la réunion des provinciaux, et publié dans le dernier Info-PAC, nous donne une petite idée des débats qui ont eu lieu pendant la semaine de rencontre entre les provinciaux et le Conseil Général.

Bonjour à chacun de vous de Rome, Cité éternelle ! Et que la Paix du Christ habite dans votre coeur en cette année Jubilaire !

J’espère que chacun de vous se porte bien là où le Seigneur l’a planté pour fleurir.

Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour partager quelques éléments qui m’ont frappé lors de notre meeting entre les provinciaux et le Conseil Général du 10 au 16 février 2019.

1) Au cours d’une audience privée du 8 février entre le Pape François et les Mafr et SMNDA à l’occasion du 150ème anniversaire de notre Fondation, le Pape a rappelé notre mission aujourd’hui là où nous sommes :

« La mission ad extra, c’est dans votre ADN… Je vous encourage à garder votre regard fixé sur Jésus Christ, pour ne jamais oublier que le véritable Missionnaire est d’abord un disciple et que l’annonce de l’Evangile ne peut se vivre qu’au prix d’une véritable communion missionnaire. Que l’Esprit fasse de vous des constructeurs de ponts entre les hommes. Là où le Seigneur vous a envoyés, contribuez à faire grandir une culture de la rencontre ; continuez à être les serviteurs d’un dialogue qui, tout en respectant les différences, sait s’enrichir de la différence des autres. Et je vous remercie en particulier pour le travail que vous avez déjà accompli au service du dialogue avec nos frères et soeurs musulmans. Par le style et la simplicité de votre mode de vie, vous manifestez aussi la nécessité de prendre soin de notre maison commune. Enfin dans le sillage du Cardinal Lavigerie, soyez des semeurs d’Espérance, en luttant contre les formes actuelles d’esclavage. Cherchez toujours à vous faire proches des petits et des pauvres, de celles et ceux qui attendent aux périphéries de nos sociétés, d’être reconnus dans leur dignité, d’être accueillis, protégés, promus et intégrés… ».

2) Dans le contexte de notre Jubilé et de l’anniversaire des 100 ans de la lettre apostolique « Maximum » du Pape Benoit 15 (lettre qui a servi à réveiller la conscience missionnaire, donner un nouvel élan à la mission ad gentes et rappeler la raison d’être de la Mission), qui sera célébré en octobre 2019, nous voulons donner un nouvel élan à notre Mission au niveau personnel, communautaire, sectoriel ou provincial dans la ligne de l’interpellation du Cardinal Filoni à notre égard : « Que signifie le centième anniversaire d’une famille religieuse, si ce n’est réfléchir fondamentalement et comprendre pourquoi elle a été créée et quel rôle elle a encore aujourd’hui ? »

3) Une grande attention doit être portée au sein de toutes nos Institutions où nous travaillons avec les enfants et les adultes vulnérables pour que ces lieux deviennent des espaces sûrs et évangéliques pour eux.

4) Partout l’ouverture de notre Jubilé s’est bien déroulée. Mais n’en restons pas seulement à des manifestations extérieures, nous voulons profiter de cette opportunité et de ce temps de Grâce pour un nouvel élan missionnaire pour faire la différence grâce à notre charisme et l’Esprit Saint qui nous conduit sur les routes du monde.

Continuons à prier en communauté pour que cette année jubilaire soit un temps de grâce pour notre Société et les Eglises locales avec lesquelles nous collaborons fraternellement et que le prochain Conseil plénier qui prendra place à Kampala à partir de mi-novembre 2019 renouvelle notre enthousiasme et notre force missionnaire qu’aucune puissance ne peut nous ravir.

Emmanuel Ngona
Info-PAC n°79

Formation à la prévention à Mahagi

Notre confrère Peter Ekutt, Délégué à la Protection des Enfants au Congo a offert une formation pour 82 consacrés du diocèse de Mahagi, il nous raconte cette formation.

“Pendant trois jours, 82 consacrés du diocèse de Mahagi sont venus vivre une expérience de formation dans la paroisse cathédrale autour de l’évêque à l’occasion de la célébration de la journée des consacrés. L’Evêque lui même a donné la première conférence sur quelques dispositions à prendre comme religieux dans le diocèse. Ensuite, j’ai pu animer une journée de conférences et de partage sur « l’intégrité du ministère et les abus sexuels comme facteur de risque ».

Peter invitant les participants vers la fin de la session de prendre un temps pour penser aux victimes.

Déroulement de cette formation :

Dans un premier temps, j’ai présenté ce qu’était l’intégrité du ministère et la problématique des abus sexuels comme un des facteurs qui menace aujourd’hui cette intégrité. J’ai commencé en montrant aux participants pourquoi les abus sexuels sont à la une aujourd’hui dans le pontificat du pape François. Puis j’ai développé les différents facteurs de risques qui peuvent faciliter les comportements abusifs. J’ai aussi présenté les différentes formes d’abus. Ensuite nous avons porté notre attention sur plusieurs points : les conséquences physique de l’abus sexuels sur le mineurs ; la méthode que les prédateurs utilisent pour installer leur emprise sur  les mineurs ; les idées déformées (distorsions cognitives) que les prédateurs utilisent pour abuser des mineurs ; les attitudes à éviter lorsque l’on parle de l’abus sexuel ; les dispositions à prendre pour protéger l’enfant. Finalement, j’ai montré que la lutte nous appartient à tous, afin de créer un environnement sûr pour les enfants et les adultes vulnérables.

Au milieu de la conférence, nous avons eu des carrefours, nous basant sur un texte – une étude de cas qui vient de l’Afrique de Sud. Les réactions dans  les groupes ont été très positives de la part de participants.

J’ai invité aussi un collaborateur qui écoute les mineurs victimes de harcèlement sexuel dans les écoles pour venir partager son expérience avec nous. Il encourage les jeunes au dépistage VIH/SIDA dans notre centre des jeunes. Ce père de famille a parlé sur le fait que la plupart des jeunes infectés sont des filles entre 11 et 22 ans et cela nous donne à penser qu’il y a de nombreux cas d’abus sexuel  autour de nous même si on n’en en entent pas parler. Les statistiques données par cet intervenant ont touché les participants. Le fait que ce témoignage et ce rapport étaient donnés par un père de famille a ajouté du poids au sujet de la conférence. Cette expérience de partage était très pratique et très touchante. Cela nous a fait réfléchir et nous poser des questions.

Nous avons terminé avec la vidéo sur l’abus sexuel : « Un médecin pour sauver les femmes », suivi d’un partage sur la vidéo. Personne  n’avait vu la vidéo auparavant, et ce fut une bonne information et documentation pour les consacrés. Le partage était superbe et de bonnes réflexions sont sorties pendant le partage.

Ensemble, nous avons prié la Prière du délégué à la protection.

Ensemble nous avons prit la prière  du délégué à la protection des mineurs.

En général, les consacrés ont beaucoup apprécié l’initiative de donner cette conférence. Ils étaient très content qu’on parle de cela mais aussi très choqué de voir que finalement on peut parler de quelque chose qu’eux considèrent comme TABOU. Ils étaient anxieux de savoir si l’évêque était d’accord car ils ont eu peur de toucher à leurs « TABOUS ». Il est heureux que nous ayons pu parler de ce TABOU qui fait peur alors que les gens, et surtout les enfants, meurent dans le silence du TABOU.

Les participants prennent connaissance des document déjà publiés sur le sujet.

Beaucoup souhaitent que cela puisse être offert aussi dans des écoles et pour les parcours de catéchuménat. Mais, il faut aller doucement. Je suis déjà content d’avoir pu parler aux consacrés du diocèse de Mahagi.

Il est à noter quand même quelques résistances fortes venant du côté des consacrés masculins qui pensaient que cela était une critique de l’Eglise et en particulier des prêtres au profit des sœurs. Mais, j’avais déjà fait cette expérience avant et cela  ne me dérange pas. C’est un mécanisme de défense pour ne pas faire face à la réalité. Cela n’a pas empêché que cette session fut un succès et une belle expérience pour l’ensemble des participants.

Peter Ekutt, M.Afr.

Nouvelles du Burundi (Info-Pac n°76)

Chers confrères qui avez connu, aimé et servi le Burundi en apportant la Bonne Nouvelle, Bonjour.

Nous devons rendre grâce à Dieu qui a fait que la semence de la foi a bien grandi. Notre attitude de gratitude actuelle pourrait se définir avec les mots du Pape François : au passé de la reconnaissance, au présent de la passion et au futur de la confiance.

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Nouvelles des secteurs de la PAC

Flash PAC n° 45 – Echos du Conseil Provincial du 23 au 28 avril 2018 (restreint aux confrères)

BURUNDI

Le gouvernement est déterminé à faire le référendum le 17 mai. Beaucoup de gens ont peur de l’insécurité qui précéderait ou accompagnerait le référendum. Cependant malgré la crise politique burundaise, il y a des rapatriements de réfugiés en provenance de la Tanzanie et du Rwanda, et le taux du dollar a légèrement chuté. On constate ici et là la carence de carburant. Militaires et policiers font des patrouilles plus que d’ordinaire. Quant à la situation de l’Eglise, nous avons eu la circulation d’un tract sur whatsapp qui met en exergue que le nombre d’évêques Hutu est énormément supérieur à celui des Tutsi. Pour ce fait, l’auteur du tract demande qu’on nomme de nouveaux évêques Tutsi pour créer un équilibre ethnique. Malgré ce constat, les évêques du Burundi sont unis.

LUBUMBASHI

Dans la région de l’ancien Katanga, comme dans l’ensemble du territoire national, en décembre et en janvier, il y a eu des marches ou tentatives de marches pour réclamer le respect de la Constitution et la tenue des élections ; comme pour la plupart de ces manifestations, il y a eu une violente répression. A l’église de Sainte Bernadette, on signale un affrontement entre certains membres de partis politiques et des policiers : lancement de pierres et coups de matraque. Tout a commencé à la sortie de la messe dominicale du 21 janvier 2018 quand les promoteurs de la marche ont commencé à crier des slogans pour pousser la foule des chrétiens à s’insérer dans le cortège ; immédiatement la situation a dégénéré et l’incursion de policiers est arrivée jusque dans l’église. L’arrivée de la Monusco a apaisé les esprits et le calme est revenu.

Dans les quartiers de la ville et surtout ceux de la périphérie, les vols organisés suivis parfois de viols et meurtres sont monnaie courante et on ne voit pas un réel engagement des autorités pour essayer de les éradiquer. Les principales routes autour de Kalemie sont devenues dangereuses à cause des groupes armés ; cela bloque la circulation routière.

L’événement majeur a été la célébration du jubilé des 25 ans d’ordination épiscopale de Mgr Jean-Pierre Tafunga du 31 janvier au 4 février 2018. La célébration principale s’est déroulée au stade T.P. Mazembe avec la participation de 20.000 chrétiens (stade rempli) et d’une quinzaine d’évêques. Malgré la situation politique tendue, tout s’est bien passé.

On annonce un autre événement de taille en 2020 : le Congrès Eucharistique National. L’effort actuel du diocèse de Lubumbashi est concentré sur la réalisation du Centre Pastoral commencé, avec la pose de la première pierre, en 2014.

GOMA

Le diocèse de Goma a réussi à mobiliser les jeunes pour la Journée Diocésaine des Jeunes et à impliquer les acteurs politiques pour la construction de la paix : il y a eu un dialogue direct avec le gouverneur de la province.

Le diocèse organise des journées de formation et des sessions pour les agents pastoraux, les fidèles, les secrétaires des paroisses, etc.

Les chrétiens sont bien engagés dans les activités du diocèse, dans la prise en charge de leurs paroisses et de leurs pasteurs.

Le curé de Karambi a été kidnappé le jour de Pâques puis libéré dans la nuit du 4 avril 2018 après versement d’une rançon. Le curé de Kitshanga a été assassiné le 2ème dimanche de Pâques dans l’une de ses succursales.

Un pasteur protestant s’attaquait à l’Eglise catholique dans son église et sur sa chaîne radio par des insultes, des paroles indignes d’un pasteur. Après plainte de l’Eglise catholique, ce pasteur a été arrêté et emprisonné en tant que semeur de troubles et incitateur à la haine. Il était aussi impliqué dans le kidnapping d’un musicien de Goma ainsi que dans l’escroquerie.

Les rapports entre l’Eglise et l’Etat sont conflictuels.

La marche organisée par le comité des laïcs du diocèse suite à l’appel de la CENCO n’a pas été soutenue par le diocèse. Pour l’Evêque, Goma est une zone de fracture qui a toujours connu des problèmes, des troubles auxquels personne n’a jamais pu trouver de réponses pour ramener la paix. De ce fait, il n’est pas prêt d’engager son diocèse dans un bras de fer avec l’Etat. La construction de la nouvelle cathédrale du diocèse est prise en partie en charge par la Première Dame du pays, ce qui met l’Evêque dans une situation délicate. Il ne peut que fermer les yeux sur les réalités politiques. Les constructions se sont arrêtées pendant plusieurs mois.

ITURI

A Mahagi, c’est une situation de peur et d’insécurité. Un nombre grandissant de déplacés cherchent à aller en Ouganda pour trouver un statut de réfugiés à l’étranger. Le coût de vie devient très élevé. Il y a beaucoup de déplacés dans le territoire de Mahagi vers la paroisse d’Angumu (Mahagi Port).

À travers des conférences, des visites des déplacés dans les camps, l’Eglise de Mahagi essaie d’être présente auprès des gens en leur donnant le goût de tenir bon dans les moments difficiles.

A Bunia il y a un climat de peur, de méfiance et de mécontentement à cause du grand nombre de déplacés et de gens tués pendant la crise. La population est déçue de ses responsables. De l’aide est apportée par l’Eglise (Caritas) dans certains camps de déplacés. Certaines familles ont ouvert leurs portes aux déplacés, ainsi que notre paroisse de Yambi (Pukpa). Le secteur intervient matériellement grâce aux soutiens financiers reçus de Rome. La paroisse s’implique aussi à travers les chrétiens qui sont proches de ces déplacés.
Pour le gouvernement, la situation est celle d’une guerre interethnique et pour l’Eglise, c’est une manipulation des gens pour faire croire à une guerre interethnique et le gouverneur serait derrière tout ça.

Actuellement, le gouvernement est en train de forcer les gens contre leur volonté, à rentrer dans leurs villages pour faire disparaître les camps des déplacés en ville mais en vain : les déplacés retournent aux camps les plus proches dès leur arrivée au village où ils ne se sentent pas du tout protégés.
Les consacrés du doyenné du Nord de Bunia se retrouvent à Bunia. Les paroisses de Lita, Jiba et Pimbo sont fermées. Fataki et Drodro sont remplies de déplacés, Mongbwalu et Bambu fonctionnent au ralenti.

Le dimanche des rameaux ont eu lieu les JDJ avec environ 8 000 jeunes autour de l’évêque qui leur a redonné courage et les a exhortés à ne pas se laisser voler leur liberté.

La paroisse de Yambi Yaya a 25 villages pour 14 000 chrétiens, elle a bientôt un an depuis qu’elle a été érigée par son Excellence Mgr Dieudonné Uringi. La construction du presbytère dans la paroisse évolue bien. Les travaux de construction de l’évêché continuent et suivent bon cours.

RWANDA

La vie semble aller après les élections présidentielles qui ont eu lieu en août 2017. Il y a eu quelques changements dans le gouvernement. Beaucoup de réunions dans le cadre socio-politique se passent à Kigali Convention Center. Beaucoup de routes sont macadamisées dans les quartiers de Nyamirambo et Kicyukiro, les routes sont élargies dans Kigali, on construit des écoles et des hôpitaux, on encourage les gens dans l’agriculture, le transport, la sécurité d’une manière générale.

De nouvelles constructions et quartiers continuent à pousser presque partout dans le pays mais aussi des anciennes maisons ou bâtiments sont détruits, soit qu’ils ne vont pas avec la vision 2020, soit qui ont été construits sans autorisation de bâtir validement donnée par l’autorité compétente.

Au plan économique nous sentons que la vie continue à devenir de plus en plus chère malgré que nous trouvions beaucoup de choses sur place. Beaucoup de conditions et de taxes sont imposées pour faire même des petits commerces ; chercher de quoi vivre pour les petites gens est difficile. Beaucoup commencent à quitter Kigali pour la campagne ou pour d’autres pays où ils peuvent faire le business sans payer beaucoup de taxes. On dirait que la ville de Kigali devient de plus en plus une ville pour les riches.
Début 2018, le gouvernement a fermé autour de 700 églises qui n’avaient pas de papiers officiels, d’endroit ni d’aménagement avec tout le nécessaire pour un lieu de rencontre et de prières.

L’Eglise du Rwanda a consacré cette année à la réconciliation et le diocèse de Kigali dans sa pastorale a pris l’option pour les enfants et les jeunes car ils sont l’avenir de l’Eglise.

L’Eglise a perdu l’évêque du diocèse de Cyangugu, Mgr Jean Damascène Bimenyimana décédé le 11 mars 2018.

Le 24 mars 2018 s’est ouverte l’année jubilaire des 100 ans des Sœurs Benebikira, fondées par notre confrère Mgr Jean Joseph Hirth.

La paroisse Saint Pierre se prépare à célébrer ses 15 ans de fondation cette année en juin. La paroisse compte maintenant 14 000 chrétiens catholiques baptisés et 25 CEB. Pour Justice et Paix, notre paroisse est parmi les deux paroisses qui ont été choisies comme modèles dans l’archidiocèse de Kigali. Elle prend l’orientation des cas familiaux et sociaux, pas politiques. Ainsi, avec ses moyens limités, la paroisse fait ce qu’elle peut pour la Caritas.

Le projet CML (Centre Missionnaire Lavigerie) a été présenté au bureau de l’urbanisme de la ville de Kigali pour approbation mais il n’a pas été approuvé en disant que selon le plan du secteur Muhima dans lequel se situe notre parcelle, cette parcelle est réservée pour faire le jardin Sainte Famille, un jardin public. Mais en décembre 2017, après un long dialogue avec les autorités civiles de la ville, le Maire et son vice, expliquant que nous sommes une congrégation missionnaire (et non pas des diocésains de la Paroisse Sainte Famille toute proche), ils nous ont demandé d’écrire une lettre d’appel demandant « the change of land use ». La lettre a été écrite et envoyée au Maire de la ville le 10/12/2017. Après cette lettre, le directeur avec celui qui est chargé de la technique au niveau de la ville, nous ont appelés pour nous dire qu’il faut revoir notre projet. Il s’agit de diminuer l’espace à construire jusqu’à 10 % et dans le reste faire un jardin pour le recueillement. C’est ainsi qu’au niveau du secteur Rwanda on s’est mis d’accord pour enlever du projet tous les bâtiments commerciaux pour rester avec la résidence, le centre de formation et la chapelle dans la partie du bas comme sur l’ancien projet. Le jardin reste mais n’est plus public, il est pour les Missionnaires d’Afrique. Affaire à suivre…

KINSHASA

Nous constatons une accalmie par rapport aux manifestations politiques. La population continue de souffrir. La misère (surtout dans les quartiers périphériques) gagne encore du terrain. Le Franc Congolais a perdu en valeur et les prix des denrées alimentaires sont en hausse. Une trêve a été marquée jusqu’en juin dans les marches organisées par le Comité Laïc de Coordination (CLC). Il y a également une ébullition au niveau des partis politiques avec des regroupements et des coalitions, en vue des élections du 23 décembre. Il y a un éveil des consciences sur la vie politique, de la population et aussi des jeunes. Certaines personnes doutent sur l’organisation effective des élections.
Deux formes d’escroquerie deviennent préoccupantes : le vol des ordinateurs et autres gadgets électroniques dans les petits taxis et les fausses accusations portées par des filles ou femmes contre de généreux conducteurs qui leur donnent un coup de mains sur un trajet.

L’Eglise de Kinshasa a reçu son coadjuteur : Mgr Fridolin Ambongo, le dimanche 11 mars 2018 en la Cathédrale Notre Dame du Congo. Deux des trois Evêques Auxiliaires de l’archidiocèse ont été nommés évêques titulaires dans deux diocèses. L’Eglise a soutenu les trois grandes marches organisées par le Comité Laïc de Coordination pour réclamer l’application intégrale des accords de la Saint Sylvestre 2016. Les trois marches étaient interdites et ont été violemment réprimées dans le sang avec des pertes en vies humaines. Suite aux marches, un climat d’insécurité s’était installé à Kinshasa avec des intimidations de catholiques, des arrestations de laïcs, de prêtres et de religieuses, des profanations de lieux de culte, une stigmatisation de l’Eglise Catholique… Le cardinal est sorti plusieurs fois de sa réserve pour condamner les violences et encourager les chrétiens pendant les moments de tensions. Lors de la messe des Rameaux au stade avec les jeunes, il les a invités à prendre leurs responsabilités face à la crise que traverse le pays. Certaines Eglises protestantes ont soutenu l’Eglise Catholique dans ses initiatives.

Le diocèse de Kisantu (diocèse d’insertion du Philosophât) est en synode diocésain du 2 au 7 avril 2018.

BUKAVU

On constate une montée de l’insécurité et de la criminalité. Des armes sont trouvées dans certaines maisons. En réaction, le gouverneur a décidé des bouclages réguliers et des contrôles plus intensifs, a invité la population à dénoncer les détenteurs d’armes, a promis des récompenses aux motards informateurs. Les motards sont autorisés à rouler de nuit à condition de dénoncer les bandits. La situation sécuritaire s’est calmée depuis. La paupérisation augmente. C’est la lutte pour la survie. On vit au jour le jour. Les bars remarquent une baisse de consommation.

Il y a prolifération d’écoles privées au détriment des écoles catholiques. L’Etat refuse d’agréer de nouvelles classes et ne paie pas les enseignants. Les primes pour les enseignants introduites par l’Eglise s’essoufflent par le manque de capacité des parents.

Dans l’enseignement supérieur, le taux réactualisé du dollar est source de révolte des étudiants. L’évêque a passé des mois de janvier et février difficiles.
Critiqué dans sa position par rapport à la marche du 31 décembre 2017, escorté à sa sortie de la cathédrale, il est loin de son peuple. « Je suis une personne traumatisée » a-t-il dit. Les marches des 31 décembre et 21 janvier ont été dispersées, empêchées. L’archidiocèse de Bukavu a initié une chaîne de prière pour la paix : chaque paroisse a sa semaine d’animation à tour de rôle.

Le CDJP (Comité Diocésain Justice et Paix) dénonce les injustices par son flash. Il a été attaqué par le gouvernement, accusé de provoquer le soulèvement de la population. Des tensions surgissent entre les religieux et l’administration suite au recouvrement des taxes foncières.

La communauté de la Ruzizi a connu plus d’insécurité avec l’augmentation des vols, un cambriolage chez le Père Raphaël Lubala et un autre chez le Père Emmanuel Lengaigne. Comme mesures de sécurité, un chien a été mis du côté des piroguiers et on envisage de planter des sisals épineux, mettre une grille, éclairer la nuit. La communauté a reçu la visite du Supérieur Général qui a été très ouvert. Le Provincial a fait une visite d’une semaine qui s’est bien passée avec de nombreux échanges, y compris avec la communauté chrétienne.

La DGM (Direction Générale des Migrations) construit sur le terrain de la Ruzizi. Un dossier a été préparé avec l’avocat du diocèse pour porter plainte contre cette occupation du terrain par la DGM.

MANIEMA

Le chef de guerre des Maï Maï Malaika Sheik Assani, a conduit un mouvement de revendication de l’exploitation d’une partie de la montagne à la société « Maniema Gold ». Les FARDC (Forces Armées de la RDC) ont été envoyées et une guerre de trois mois s’en est suivie. L’arrivée de la MONUSCO (Mission de l’ONU pour la Stabilisation du Congo) a été annoncée. Le gouvernement impose le silence face à la guerre de la province. Le directeur de radio OKAPI a été interpellé car il avait parlé de la guerre au Maniema. Les policiers, voire la DGM, retournent dans leur poste.

La crise sécuritaire a affecté quatre paroisses : Kabambare, Kibangula, Wamaza et Salamabila dans le territoire de Kabambare. Les populations n’y ont pas cultivé suite à la guerre. Et cela a provoqué une crise alimentaire. Le diocèse de Kasongo organise une quête spéciale dans toutes les paroisses le 27 mai 2018 pour soutenir ces paroisses.

La dégradation de la route limite les déplacements. Quand il pleut, la route devient de plus en plus impraticable. Cela renforce la crise économique. Les articles sont très chers et tardent à arriver. La sécurité n’est pas très bonne. La présence militaire qui devrait être source de consolation et de sécurité devient une source de peur et d’insécurité : viol, réclamations exagérées d’argent aux passagers, etc.

A Kindu, le nouveau gouverneur n’arrive pas à travailler car il n’est pas de la majorité présidentielle. La province est frappée par la polio et le choléra. Malgré l’engagement du gouvernement, la population refuse de collaborer pour la vaccination des enfants. Certains sont convaincus que les vaccinations tuent leurs enfants.

Sur le plan social, le tribalisme est fort présent : il y a beaucoup d’oppositions quand un responsable n’est pas de la tribu de telle ou telle ethnie.

Le diocèse de Kindu a accueilli le 11 février 2018 deux nouveaux prêtres. Le diocèse de Kasongo a célébré l’ordination presbytérale de l’abbé Marcel le 27 janvier 2018 à Kibangula alors qu’il venait de perdre un prêtre, l’abbé Didace Fundi à Kinshasa.

Face au tribalisme qui existe dans le diocèse, l’évêque continue à évangéliser les fidèles à s’accepter comme frères et sœurs à travers ses homélies, ses lettres pastorales : c’est pourquoi il propose comme thème pastoral : « Tout homme est mon frère, toute femme est ma sœur ».

Rencontre des stagiaires à Bujumbura

Extraits du rapport du 25 mars 2018 de la rencontre par Célestin Sarambe et André Sawadogo, stagiaires en première année

debout de gauche à droite : Gérard Niyongabo, Lucien Some, Nazaire Bonkoungou, Allan Kawenda, Francis Umoh, Peter Bwire, Jean-Luc Compaore, Julius Rweyemamu, Célestin Sarambe, Hugo Leinz, Martin Ndiritu, Jean-Bosco – frère de Gérard Niyongabo -, Ludwig Peschen, Emmanuel Kavishe, assis devant : Jean-Bosco Ntihebuwayo, Arsène Somda, Joseph Odhiambo, Isac Kinda, André Sawadogo, Dennis Pam

La rencontre des stagiaires de la province de l’Afrique centrale, s’est tenue à Bujumbura au Burundi du 19 au 25 mars 2018 dans le Centre Spirituel Emmaüs des jésuites, sur la colline Kiriri. Cette rencontre a été précédée d’une semaine de retraite tenue à Gitega du 10 au 17 mars 2018 au centre spirituel des Carmes et prêchée par le Père Gérard NIYONGABO. Elle a connu la participation de 16 stagiaires dont 8 en deuxième année qui ont renouvelé leur déclaration d’intention le dimanche 18 Mars à la paroisse Saint Augustin de Buyenzi. Cette rencontre a été modérée par le vice-provincial, le Père Dennis PAM. Après la mise en place et l’installation, il a donné une orientation générale et les démarches à suivre dans les partages. Il a mentionné que le partage prend tous les aspects de la mission. Il s’agit de faire un discernement appréciatif dans l’optimisme tout en regardant le bien que le Christ nous a fait dans notre cheminement. Le Père Dennis PAM a ouvert ces partages en commençant par lui-même, où il a partagé sa vie familiale, son cursus avec les missionnaires d’Afrique et son expérience missionnaire depuis son serment perpétuel, mais aussi ses joies, ses perspectives et les défis qu’il rencontre dans sa mission. Notons aussi que cette rencontre a connu la présence du Père Bosco comme co-animateur, supérieur du secteur du Burundi qui a aussi partagé ses expériences missionnaires minées de joies et de difficultés. (…)

En définitive on retient que la rencontre des stagiaires s’est bien déroulée dans une ambiance fraternelle. Chaque stagiaire a pu partager ses expériences vécues dans sa communauté et dans son milieu de stage tout en mentionnant les joies et les difficultés rencontrées. Nous vivons tout cela dans l’amour, la confiance en Dieu qui nous a envoyés pour cette mission. Cette rencontre s’est terminée par une visite rendue au centre Nouvelle Espérance et une sortie détente sur la plage. La journée du samedi a été dédiée à la découverte de la ville et le dimanche 25 mars chacun a regagné sa communauté.

Tiré de l’Info-Pac n° 75 de mars 2018

Mon expérience au Maniema

Extraits d’un article du 15 mars 2018 de Bertin Bouda, en communauté à Lubumbashi

Après ma retraite annuelle à Goma, j’ai eu l’occasion de faire un tour au Maniema dans le cadre de mon congé local pour profiter (de) visiter les confrères qui y sont nommés dans leur mission et toucher du doigt les réalités missionnaires du milieu. Ce fut une aventure missionnaire intéressante bien que défiante. Ma première escale fut Tokolote à Kindu. J’y ai passé quatre jours. Durant mon séjour à Kindu, j’ai eu l’occasion de prier avec la communauté chrétienne de Tokolote pendant les messes matinales et la messe dominicale. La messe du matin regroupait une trentaine de personnes. J’estimerais la participation à la messe du dimanche à environ 500 personnes. J’ai aussi eu la joie de concélébrer à la messe d’ordination presbytérale de deux fils du diocèse de Kindu ; une occasion qui a rassemblé le presbyterium qui a partagé un repas après une messe d’action de grâce présidée par les nouveaux prêtres au lendemain de leur ordination. Les prêtres présents (presque tous, m’ont-ils dit) étaient au nombre de moins de cinquante.

Ma deuxième escale fut Mingana. De Kindu à Mingana (180 km), nous avons fait plus de sept heures à moto avec le stagiaire Isac qui me conduisait. Nous avons roulé sur une route dont certains endroits laissaient à désirer et presque impraticables parfois dus à la boue et (aux) eaux de pluie qui y élisent domicile. J’ai fait trois jours à Mingana et j’ai pris toute une journée pour me récupérer un peu de la fatigue. Mingana est un village où il n’y avait aucun réseau téléphonique à notre arrivée. Pour pouvoir téléphoner, il fallait se déplacer à environ dix kilomètres vers Kunda (Vodacom y fonctionne du matin à environ 18 heures). La nature est plaisante et pleine de potentialités pour l’agriculture et le jardinage dans le Maniema. Étonnement, les seules nourritures communes sont la pâte faite à base de farine de manioc et le riz. À Mingana, j’ai eu la joie de présider à deux messes matinales et de participer au chemin de la croix avec une centaine de chrétiens (enfants et adultes). Mon séjour à Mingana m’a permis de visiter les œuvres dans la paroisse (centre de santé et écoles) accompagné par Isac. Je constate d’une part qu’il y a toujours un grand besoin d’évangélisation et d’activités missionnaires même si d’autre part, je suis surpris de savoir que c’est une paroisse qui a déjà fêté ses 75 ans de création.

Ma dernière escale fut Kipaka à 65 km de Mingana. J’y ai fait deux jours. J’ai eu l’occasion de présider aux deux messes du premier dimanche de carême. La première messe avait une participation d’environ deux cents personnes (notons qu’il avait plu le matin et la messe commençait avant la fin de la pluie, et on m’a dit que quand il pleut, plusieurs chrétiens ne viennent pas à la messe) ; la deuxième messe était pour les enfants. (…)

Le Maniema est un milieu qui a beaucoup besoin d’appuis missionnaires. Il y a des paroisses de très grandes superficies en milieux ruraux et il y a peu d’agents pastoraux (prêtres et religieux et religieuses). (…)

Je remercie la Province de l’Afrique Centrale et les confrères du secteur Maniema qui ont aidé et facilité ma visite au Maniema. Shukrani ! Mungu awabariki wote !

Pris de l’ INFO-PAC n° 75 de mars 2018

 

Nouvelles de la situation en Ituri (ad intra)

Par le Père Manolo Fernandez à Bunia (Email du 16 mars 2018)

« (…) Nous avons parlé avec la cheftaine du premier camp ou site des déplacés. J’ai parlé avec le responsable de mission des MSF (Médecins Sans Frontières) lors de la signature du contrat de la parcelle « Bon-Marché ». En principe, les déplacés sont bien assistés, sauf le PAM (Programme Alimentaire Mondial) qui ne fait pas son travail, soi-disant qu’ils attendent des « statistiques »… Suivant le conseil des MSF, nous allons attendre que les déplacés rentrent chez eux pour les aider à reconstruire leurs maisons et leur donner un kit d’urgence pour recommencer la vie au village (…)

Quant à la situation, ici à Bunia ville, nous sommes relativement en forme et en sécurité. Hier, grâce à la médiocrité et inutilité d’un politicien et ministre dans le gouvernement de Mr. Abdallah, il y a eu un mort, un capitaine de la police qui accompagnait ce politicien à cause de la révolte des déplacés. On ne sait pas la suite. Le capitaine était originaire de Bukavu. Nous continuons à travailler pour la paix. Cela nous demande à tous un bon discernement à l’heure d’écrire quelque chose ou quelques idées concernant la situation. Car il faut peu pour provoquer un incendie. Les chefs des différentes ethnies se réunissent et font une grande animation pour contenir et bien informer leurs jeunes pour éviter une situation pareille à celle de 2002. Pour le moment, ils arrivent à les contenir et nous continuons par nos prières et homélies à pousser les gens dans le même sens de concorde et paix entre les habitants de cette belle Province de l’Ituri. Voilà ma pensée qui n’engage personne que moi-même, car dans ce désordre organisé personne ne te donnera une idée claire de ce qui arrive. Que Dieu nous pardonne et nous donne enfin la paix tant désirée. Salutations aux confrères »

 Tiré de l’INFO-PAC n° 75 de mars 2018

Rénovation de la Maison Lavigerie à Goma

Quand la rénovation de la Maison Lavigerie à Goma a pris fin avec succès, la Province avec la collaboration du Secteur de Goma, a décidé de procéder à sa bénédiction le 8/2/2018. Cette date correspondait à la fin de la deuxième retraite des confrères de la Province à Keshero Goma. Non seulement ça, mais c’était aussi le jour que nous fêtons Sainte BAKHITA Joséphine et la lutte contre l’esclavagisme moderne dans toutes ses ramifications.

La messe a eu lieu dans le salon de la nouvelle maison (car la chapelle était réservée pour la consécration par l’évêque du diocèse de Goma, à sa demande). Elle a été présidée par notre Assistant Provincial, Père PAM Dennis, concélébrée par le Provincial, Père NGONA Emmanuel, le Délégué du Provincial du secteur de Goma, Père MINANI Albéric, et presque tous les retraitants et les confrères du Secteur de Goma étaient présents. Elle a été bien animée par nos propédeutes. À la fin de la messe, le Provincial a pris la parole pour nous rappeler que cette procure que nous bénissons n’est pas un hôtel mais bien une communauté des Missionnaires d’Afrique. Par conséquent, elle est régie par la vie de prière et la vie communautaire auxquelles tous les confrères qui s’y rendent ont l’obligation de participer. Car « un missionnaire qui ne prie pas est un monstre ». La célébration a été couronnée par le partage d’un repas festif !!!

Tiré de l’INFO-PAC n° 75 de mars 2018