BF : La solidarité mais pas la division

Anne-Bénédicte Hoffner 
28 mai 2019

Les théologiens, les pasteurs cherchent un moyen de faire preuve de solidarité sans accentuer les divisions ethniques et religieuses.

Les attaques anti-chrétiennes au Burkina Faso se poursuivent.

Le dimanche 26 mai, des individus lourdement armés sont entrés dans une église catholique pendant la messe à Toulfé, dans le nord du pays.

Ouvrant le feu sur les fidèles, ils tuèrent quatre personnes et en blessèrent plusieurs autres.

Le 28 avril, des terroristes sont entrés dans une église protestante à Silgadj, tuant le pasteur, ses fils et trois fidèles.

Le 13 mai, alors que l’église catholique célébrait les funérailles d’un prêtre et de cinq fidèles qui avaient été tués la veille à Dablo, quatre autres ont été tués lors d’une procession mariale dans la province voisine.

Les messages d’amitié et les appels à la prière qui ont circulé par la suite témoignent de la profondeur de l’émotion ressentie ainsi que de la préoccupation croissante face à la détermination des groupes djihadistes à semer la terreur dans ce petit pays du Sahara occidental, réputé depuis longtemps pour sa tolérance religieuse.

Comme cela s’est produit après chaque attaque anti-chrétienne au Sri Lanka, en Égypte ou aux Philippines, la même question revient sans cesse. Comment faire preuve de solidarité avec les victimes sans accroître la division religieuse et ainsi aider les terroristes dans leur objectif ?

« Il ne faut pas tomber dans leur piège et faire beaucoup de bruit, c’est précisément ce qu’ils cherchent en attaquant les institutions religieuses « , affirme le père Anselme Tarpaga, provincial des Pères Blancs du Maghreb et originaire du Burkina Faso lui-même.

Au lieu de cela, ceux qui souhaitent manifester leur soutien devraient commencer par s’informer de la situation locale. Bien que les auteurs des attentats partagent la même idéologie, le contexte et donc les ressources disponibles diffèrent toujours.

En fait, les liens tribaux et familiaux ont créé un solide réseau interreligieux au Burkina Faso où les mariages interreligieux sont la norme, selon le père Tarpaga, qui a un père musulman et une mère chrétienne.

De même, le père congolais Pascal Kapilimba, directeur de l’Institut de formation islamo-chrétienne de Bamako, au Mali, considère ce phénomène comme un moyen de contrer les djihadistes  » en se concentrant sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui divise ».

« Plutôt que de parler de victimes chrétiennes, il vaut mieux dire qu’elles appartiennent aux tribus Yampa ou Sawadogo, car lorsque nous disons cela, tous les Yampas et Sawadogos se sentent concernés, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou pratiquants de religions traditionnelles, croit-il.

Alors que l’islam wahhabite – une forme de salafisme – se développe, il est principalement basé sur l’exode rural.

« Comme les gens sont loin de leur famille, les jeunes sont plus facilement séduits par le discours et l’argent des prédicateurs formés en Arabie Saoudite « , a dit le Père Kapilimba.

« Ils peuvent se permettre de commettre des actes considérés comme répréhensibles par l’Islam traditionnel « , dit-il. « De plus, ils préfèrent abandonner leurs villages parce qu’ils y seront mal vus.

« Le Père Christian Delorme, responsable des relations interreligieuses dans le diocèse de Lyon, identifie ce qui alimente la contagion salafiste dans « la colère, les jalousies et le sentiment accumulés que l’Occident, et donc les chrétiens, sont responsables de tous les maux du monde ».

C’est pourquoi il est tout aussi indispensable, selon lui, de « manifester notre solidarité avec nos frères et sœurs d’Afrique et notre refus de normaliser de telles actions » et de « refuser la fracture et la fatalité de la guerre ».

Cela peut se faire, affirme-t-il, en refusant de faire la distinction entre « bonnes et mauvaises victimes » et en élevant la voix contre « toutes les formes de violence ».

« Dans une déclaration condamnant l’attaque de Dablo comme étant  » ignoble et injustifiable », la Fédération de l’Association islamique du Burkina Faso a noté que les imams ont également souffert.

« L’objectif des djihadistes est d’accroître l’insécurité parmi tous ceux qui refusent d’adopter leur vision du monde », a déclaré le père Delorme.

« Il arrive que les attaques contre les chrétiens aient plus d’impact que les attaques contre les victimes pratiquant des religions traditionnelles », a-t-il dit.

Très préoccupé par les attentats dans son pays d’origine, le Père Tarpaga a partagé sur les médias sociaux le texte d’un jeune musulman burkinabé pratiquant qui a témoigné publiquement de sa gratitude aux prêtres salésiens avec lesquels il a « joué au football dans sa jeunesse ».

« Les chrétiens étrangers » doivent aider les Eglises du Burkina Faso à poursuivre leurs œuvres sociales et caritatives », a-t-il dit, car s’ils cèdent aussi à « la fermeture, ils finiront par justifier les terroristes ».

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Adiós Padre Martínez

En décembre et janvier dernier j’étais au Mali et j’ai participé à la céréomonie d’adieu à notre confrère Jesus Martinez à la paroisse de Kati, non loin de Bamako. Ce fut une très belle célébration et Jesus lui-même nous a offert une belle homélie. Son curé ainsi que le président du Conseil paroissial ont alors offerts de belles paroles d’appréciation. J’ai cru bon ne pas laisser ces belles paroles tomber dans les oubliettes. Avec la permission de ces 3 personnes j’ai recopié ce qu’ils ont alors offert.

Martin Grenier, M.Afr.

Mission accomplie : Pardon et Merci !

Frères et sœurs, je vous remercie de tout mon cœur d’être venus pour m’aider à remercier le Seigneur en célébrant cette messe d’action de grâces pour ces 55 années que le Seigneur m’a donné de vivre avec vous… à regarder toute ma vie avec les yeux de la gratitude.

Comme dit le Sage dans la bible : « il y a un temps pour rester, il y a un temps pour partir » …

La vieillesse est une nouvelle étape de ma vie, et devenir vieux ça s’apprend. Il faut du courage… Dieu est le Dieu de l’exode, le Dieu du départ; nous engager dans des chemins nouveaux, et quoi qu’il arrive, « tout est grâce »… Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le lieu où l’on se trouve, mais la direction que l’on prend, avec qui on prend cette direction et pour quoi. La mission n’est pas à nous, elle nous est confiée pour un temps seulement ; notre premier travail c’est de prier. « Celui qui s’en remet à Dieu ne restera pas avec les mains vides. Venir au monde n’est pas difficile, mais le traverser… Demandons la grâce de pouvoir se confier à Lui.

Je voudrais vous partager quelques mots de ce qui a marqué ma vie avec vous. Tout d’abord, je vous demande pardon, car j’aurais pu travailler plus et mieux. Je n’ai pas assez remercié Dieu pour la vie qu’il m’a donnée. Je n’ai pas assez aimé ceux qui étaient à mes côtés. Les deux mercis : Merci avant tout à Dieu qui m’a conduit par sa main. Merci au Cardinal, toute ma reconnaissance Monseigneur, reconnaissance à ma famille, mes frères dans Ie sacerdoce… Je voudrais que mon départ se fasse dans la joie, car la joie est un signe du Royaume, et si le départ est triste, ce n’est pas évangélique.

Je me suis senti très aimé par vous et moi aussi j’ai essayé de répondre à cet amour. Le meilleur de ce que j’ai eu dans ma vie, c’est le Mali qui me l’a donné et à mon tour, je peux dire que moi aussi j’ai donné au Mali le meilleur de moi-même… Ma vie missionnaire a eu deux priorités : les vocations (des prêtres, religieuses, catéchistes et laïques) et la pastorale sociale. Ce qui m’a donné force et courage c’est le passage de l’Évangile : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,  j’ai eu soif… » Ensemble, nous avons construit beaucoup de puits, des écoles, des barrages, des moulins, quelques églises, des radios.

Nous sommes missionnaires partout où nous sommes… même s’il faut du courage pour nous engager sur de nouveaux chemins de vie… Il y a une Providence. Le meilleur est à venir, il faut ouvrir les bras et accueillir le futur, garder le sourire comme un reflet du sourire que Dieu a continuellement sur nous.

J’aurais voulu rester avec vous et continuer à baptiser nos enfants, continuer à vivre avec vous, mais quand les supérieurs décident, l’obéissance s’impose. La spiritualité de notre temps est une spiritualité du Samedi Saint; d’un côté la confusion, le découragement, l’impuissance et de l’autre côté la foi dans l’obscurité et la force de l’espérance, de la persévérance. La vieillesse est pour les courageux… C’est redevenir un enfant qui se laisse conduire par Dieu… s’adapter au programme de Dieu et laisser le nôtre. Même si j’ai le cœur qui saigne, je pense qu’avec vous et grâce à vous je peux dire « Mission accomplie », Pardon et Merci! Que Dieu nous donne d’aimer ce qu’il aime. Que nous acceptions toujours les destins que la providence a sur nous. Que les inquiétudes de la vie ne nous découragent pas.

Que le Seigneur nous aide à garder notre lampe allumée.

Jesús Martínez

Voilà l’essentiel de l’homélie du Père Jesús Martínez le jour de son « au revoir » à sa famille du Mali. Le texte a été raccourci et un peu édité pour faciliter la lecture. Mais ce sont bien ses paroles. (n.d.l.r.)

Ci-dessous, voici quelques extraits de deux témoignages donnés lors de la même messe d’action de grâce à l’occasion du départ du Père Jesús Martínez.

 M. Valéry Dako

Président du Conseil Paroissial de Kati

Un parcours de jubilé d’or en terre Africaine du Mali vaut une distinction à la personne qui a accompli ce cheminement. On vous sait humble mais acceptez-le ainsi. Remontons loin, loin en arrière et nous retrouvons vos années de jeunesse avec son lot d’enthousiasme, de fougue, d’espérance dans les actes posés pour l’accomplissement de la mission. Arrivé au pays bô Père Martinez, vous vous êtes fondu dans la masse des bwa en prenant le nom de Matièrê qui représente la symbolique du travail… Vous avez parcouru toutes les paroisses de l’actuel Diocèse de San : Paroisse de Mandiakuy, Tominian, Timissa et Touba à l’érection de laquelle vous avez pris une part active, ainsi qu’à son développement économique et spirituel…

Ensuite vos pas vous ont conduit en direction de l’Archidiocèse de Bamako avec une présence dans les paroisses de Kolokani, Faladjé et Kati qui se trouve être la paroisse mère du diocèse de Bamako. Vous avez pris en pays Bamanan le nom de DOMAKONO qu’on peut traduire simplement par la personne qui attend un jour, quel jour ? Que ce jour soit intimement lié à la volonté de ton maître que tu as chéri intensément.

… Nous avons cheminé ensemble avec pour objectif la recherche de Dieu. Que de parcours réalisé ! Aujourd’hui, nous sommes à un autre tournant important.

Que de voies empruntées par vous entre les CCB de Koko, Malibougou, Kati Centre, Missions l, II et Camp pour le Seigneur. Que de pistes également utilisées par vous vers les communautés rurales (Kalifabougou, Néguela, Yékébougou etc…) pour l’évangélisation…

La paroisse de Kati, votre famille, vous a adopté. Vous y avez évolué en travaillant pour ses différents segments que sont : la catéchèse, les familles humaines, le conseil paroissial, les chorales, les regroupements de femmes, de jeunes, la radio Reine de la Paix en tant que moyen d’évangélisation etc…

Père DOMAKONO, vous avez… conseillé, amadoué, consolé, réconforté diverses personnes au gré de vos rencontres pastorales et humaines. La joie de vivre procurée à autrui est celle que le Seigneur attendait de vous pour les autres.

Père DOMAKONO, le Conseil Paroissial de Kati vous remercie chaleureusement pour tout ce qu’il vous a été donné de faire dans le cadre de l’édification harmonieuse de l’église famille de Dieu au Mali. Que le Seigneur lui-même soit votre berger au quotiden.

 MERCI Père DOMAKONO, Nous  vous remettons en signe de reconnaissance un masque Ciwara avec votre nom gravé (Père Martinez, Paroisse de Kati, Reconnaissante). Vous avez aussi un boubou traditionnel avec son bonnet à multiples oreilles pour vous protéger des intempéries.

Père DOMAKONO, Ala ka hèra kè i gnè, ami a ka hèra fon i ko.

Père DOMAKONO, Débwenou a oumanou gnou lou.

(Seul Dieu est à même de procurer de l’eau aux termites lors de la confection de leur termitière.)

Abbé Émile Konare

Curé de Kati

 La façon de vivre, le sens qu’on donne à sa vie, voilà ce qui fait le malheur ou le bonheur de l’homme. Le sage Qohèleth nous dit, je cite : « l’homme travaille pour sa bouche. Et pourtant l’appétit n’est jamais comblé. » Qu’est-ce qui est donc capable de combler le désir de l’homme? Jésus, le Fils de Dieu nous trace le chemin par lequel l’homme a accès au bonheur : le chemin de la justice du Royaume. De quoi s’agit-il? Comme premières attitudes annoncées par Jésus, c’est être pauvre (ou humble, voir humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif de la justice ! Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice. Ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu…

Père Martinez, vous avez été ordonné en 1962, et vous avez été au Mali, à San et à Bamako, et même un an en Mauritanie, 56 ans de votre vie, de votre vie sacerdotale, pour montrer à l’homme malien, africain, votre semblable, le visage de notre foi chrétienne : Jésus-Christ qui n’a qu’un seul Nom : Dieu-Amour… Père Jesús, durant 55 ans, vous avez eu le désir de vivre selon ce que Dieu demande en devenant l’artisan de l’évolution des œuvres sociales. Vous avez aidé l’homme malien, toutes confessions confondues, à voir et reconnaître le visage de Dieu dans son semblable… à travers une vie d’Amour concrète : des Centres de santé pour les malades, … des structures scolaires pour combattre l’analphabétisme, des forages pour donner de l’eau à ceux-là qui ont soif, … Vous avez écouté et considéré les joies et les peines de l’homme malien qui venait vers vous dans l’espoir d’obtenir une vie stable et digne. Enfin les vocations sacerdotales. Chaque ordination sacerdotale est une fierté pour vous. Cela pour dire que vous portiez en vous ce désir de voir des jeunes maliens se consacrer à Dieu.

La réalisation de tout… est dû à… vos attitudes ou si vous le voulez, aux « béatitudes » que vous avez incarnées et parmi lesquelles nous pouvons retenir: la patience , la persévérance, l’humilité. Heureux les artisans de paix. L’homme ne peut pas devenir artisan de paix sans incarner en lui la patience, la persévérance et l’humilité, surtout sur une terre étrangère.

Père Jesús, je voudrais au nom de toute la Paroisse, vous manifester notre profonde gratitude pour tous les beaux services rendus à l’Église catholique du Mali. Soyez assuré de toute notre affection, nos pensées et nos prières pour cette nouvelle vie qui démarre.

Aussi est-il besoin de vous dire que les portes du Mali vous sont toujours ouvertes.

E nana Ala kof, Mali denq yé, Ala ka i Iakana.
(Mon Père vous êtes venus annoncer Dieu aux enfants du Mali, que Dieu vous garde et vous protège).
E yé danaya kofo anw yé, Ala ka i ka dana baba.
(Vous êtes venus nous apporter la foi, que Dieu solidifie votre foi).
E nana san biduru ani woro som, Mali jamanan konon, Ala da Mali jamanan gnèmajo.
(Et vous êtes venu passer 55 ans au Mali, que Dieu accorde au Mali la stabilité).
Maria Senu ka a jantoi la. | ni cé. l ni baraji.
(Que la Vierge Marie te protège, merci beaucoup).

Si vous désirez lire les textes originaux tels qu’ils nous sont parvenus, les voici :

Côte d’Ivoire : Centre de protection à l’ICMA

Un Centre de Protection des mineurs et des personnes vulnérables a été ouvert au sein de l’Institut Catholique Missionnaire d’Abidjan, ICMA, en Côte d’Ivoire le 23 mars 2019. Cette initiative répond à l’appel du pape François d’assurer plus de protection aux enfants contre les abus sexuels.

Notre confrère, Stéphane Joulain, a donné plusieurs sessions sur la Protection des enfants et des personnes vulnérables aux étudiants de l’ICMA.

Lisez l’article de Marcel Ariston BLE, du service Français-Afrique de Vatican-News.

Lisez aussi l’article paru dans le quotidien français LaCroix Africa.

PAO : rencontre des stagiaires

La rencontre des stagiaires de la PAO a eu lieu du 17 au 23 avril 2018 à Bobo-Dioulasso. Elle a connu la participation de 19 stagiaires et de deux accompagnateurs, les Pères Delphin Nyembo Mabaka et Pawel Hulecki. L’arrivée des stagiaires et des accompagnateurs s’est passée comme prévu. L’organigramme de la rencontre comprenait une matinée de récollection, les divers partages d’ expérience de stage, une sortie de visite d’un site à Sindou, la visite du Noviciat de Samagan et la messe de renouvellement de la déclaration d’intention.

La rencontre a commencé par une récollection prêchée par le Père Jean-Claude Kaburame. Elle avait comme thème principal : A vin nouveau, outres neuves. Cela a permit aux participants de revenir à la source de leur mission et de leurs engagements dans l’Eglise. Une invitation à s’unir au Corps du Christ, à devenir un corps léger avec le Christ et dans l’Esprit. Une invitation en plus à travailler dans la vigne du Seigneur, pour gagner du pain. La récollection s’est terminée par une célébration eucharistique.

La suite de la rencontre a été consacrée aux partages des expériences de stage. Globalement, il s’est avéré que chacun, en ce qui le concerne, a pu déceler les roses et les épines de son expérience qui pouvaient se révéler en communauté comme en dehors d’elle. Toutefois, la grâce a surabondé en tout. Et comme toutes les expériences vécues concourent à notre formation, tout est bon pour celui qui aime Dieu.

En plus, la visite effectuée à Sindou nous a réservé bien des surprises. Nous avons bien été accueillis dans la communauté des Missionnaires d’Afrique, mais la visite proprement dite a commené le jour suivant. Le site des cavernes à Douna nous a baignés dans l’émerveillement, au vu des pics et de la nature. Nous étions sur le point d’y construire trois tentes… A la sortie, nous avons vécu de bons moments et des retrouvailles au Noviciat de Samagan.

Finalement, le dimanche 22, neuf stagiaires de la deuxième année de stage ont renouvelé leurs déclarations d’intention au cours d’une célébration eucharistique présidée par l’Assistant Provincial de la PAO, le Père Delphin Nyembo. Au cours du repas, nous avons eu une belle surprise. L’archevêque du diocèse de Bobo-Dioulasso, Mgr Paul Ouédraogo, nous a rendu visite. Tout s’est très bien passé, sous la mouvance de l’Esprit.

Tout est bien qui finit bien, dit-on. Après ce temps si précieux de rencontre, les stagiaires de la PAO ont exprimé leur joie de pouvoir se rencontrer, partager, se retrouver autour du seul Maître. Que vive notre Société.

Bobo-Dioulasso, le 22 avril 2018
Ferdinand CITO, Stagiaire MAfr.

 
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Photos: Pawel Hulecki

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PAO : Les attentats dans trois pays de la sous-Région

De « Baobab Echos » n°8 – Janvier 2018

Successivement le Mali, puis le Burkina Faso et enfin le Niger ont encore été depuis janvier la cible de groupes terroristes difficilement identifiables… À la différence des autres fois, au Burkina Faso, avant de s’attaquer à l’État-Major Général des Armées du Faso, un groupe a tenté de pénétrer, sans succès, dans les locaux de l’Ambassade de France. À chaque fois, non seulement les assaillants ont été abattus mais des soldats et des civils ont payé un lourd tribu en morts et en blessés, sans compter les dégâts énormes…

C’est le samedi 24 février 2018, au Nord du Mali, qu’un attentat causait la mort de trois civils. Leur voiture avait sauté sur une mine. Depuis janvier, les médias ont rapporté deux explosions distinctes dans le Nord et le Centre du pays. Les groupes armés étant très dispersés dans le Nord Mali, il est difficile de les identifier et de les neutraliser. Par ailleurs, l’ambassade d’Algérie à Bamako a été la cible, mardi 13 mars 2018, d’actes de vandalisme perpétré par des ressortissants maliens expulsés d’Algérie. Mécontents de leur expulsion du territoire algérien, ces derniers ont organisé une manifestation devant le siège de l’ambassade d’Algérie à Bamako qui s’est terminée par des jets de pierres et un incendie dans un jardin à l’extérieur de la représentation diplomatique.

Le vendredi 2 mars 2018, en plein jour, à 10h00, c’est le Burkina Faso qui était le théâtre d’un nouvel attentat, le troisième à Ouagadougou depuis deux ans. C’étaient d’abord les bâtiments de l’Ambassade de France et du Consulat qui étaient visés, à proximité immédiate de la Primature du Burkina, puis ce fut l’explosion d’une voiture bourrée d’explosifs dans la cour de l’État-Major, en plein centre-ville. Dans notre maison d’Accueil, à 300 mètres, les vitres du salon et de la salle de télévision ont volé en éclat. Les assaillants ont tous été abattus, mais les forces armées ont perdu dans ces attentats huit soldats, le plus jeune venait d’avoir 21 ans. S’ajoutent à ce terrible bilan, plus de 85 blessés dont certains grièvement. En ville, la panique était générale, les gens fuyaient pensant qu’il s’agissait d’un nouveau coup d’État. Le calme est revenu maintenant mais l’on remarque que dans la soirée, il y a moins de circulation. Les artères généralement commerçantes et animées sont devenues bien silencieuses. Sur la photo, ci-dessus, on remarque l’énorme nuage de fumée qui a suivi l’explosion à l’État-major.

Une semaine plus tard, le lundi 12 mars 2018, c’était au tour du Niger d’être la cible de nouveaux attentats. Aux environs de 21h40 ce soir-là, le poste de gendarmerie nationale de Goubé, à 40 km de Niamey, dans la région de Tillabéry, était attaqué par des éléments terroristes. Là, on a déploré trois morts et un blessé parmi les gendarmes.

En marge de ces attentats dans les grands centres, il faut aussi compter de nombreux assauts dans la périphérie et en province, souvent à proximité des frontières.

Tous les médias, du Burkina et d’ailleurs ont commenté ces événements. Les populations, quant à elles, mesurent non seulement les pertes en vies humaines, les blessés et les dégâts matériels, mais aussi l’avenir de la paix dans tous les pays de la sous-région. Les dispositions de sécurité tardent à se mettre en place, notamment le G5 Sahel qui manque de moyens financiers pour le moment.

Par ailleurs, la situation des otages est tout aussi préoccupante. Le Mali a marqué le triste anniversaire (un an) de la prise d’otage à Karangasso, une paroisse du Diocèse de Sikasso. La Sœur Gloria, une Sœur colombienne des franciscaines de Marie Immaculée, est toujours retenue. Un peu partout au Mali, le 7 février, jour anniversaire de la prise d’otage, des prières ont été organisées pour demander la libération de Sœur Gloria et de tous les otages retenus au Sahel.

PAO : La retraite d’Avent … en janvier

De « Baobab Echos n°8 de Janvier 2018 »

Le 5 janvier 2018, au Sanctuaire Notre Dame de la Paix à Bamako

Ça semble un peu anachronique de réunir confrères et consoeurs de Notre Dame d’Afrique, pour une retraite de l’Avent le 5 janvier ! Mais les agendas des uns et des autres n’avaient pas permis de trouver l’opportunité de se rassembler avant Noël. Le thème étant celui qui était proposé par nos deux Conseils généraux : « Nous sommes tous des migrants », pouvait sans problème, être abordé, même en dehors de l’Avent. Ha-Jo Lohre continue…

Le 5 janvier 2018, les confrères de Bamako (Communauté de la maison d’accueil, Communauté de Hamdallaye et Communauté de la paroisse des St Martyrs d’Ouganda) se sont retrouvés avec nos Soeurs Missionnaires de ND d’Afrique (Bamako/Kalabankura) pour la récollection « de l’Avent ». Cette récollection nous avait été proposée par nos conseils généraux. « Nous sommes tous des migrants » … Elle est toujours d’actualité et comme nous étions tous coincés par le temps en Avent, nous avions décidé de la programmer au début d’année en choisissant comme lieu « la Colline Mariale », le sanctuaire de Notre Dame de la Paix, sur une colline au centre de la ville, proche de l’église paroissiale des Martyrs d’Ouganda. Après la montée des 177 marches, certains ont découvert pour la première fois ce beau lieu de recueillement réalisé par le curé précédent Laurent Balas. Après les Laudes et une petite introduction au thème, chacun a eu le temps de se trouver un lieu pour méditer sur les textes bibliques et les questions proposées – soit à la crypte devant le saint sacrement, à l’église de la vierge (où nous avons célébré la messe vers 11h00) – ou encore sur le parvis ou sous la galerie. Lors de la messe, les uns et les autres ont eu l’occasion de partager le fruit de leurs méditations, avant qu’un bon repas offert par la maison d’accueil, a consolidé notre fraternité.

Sénégal: utiliser des foulards le dimanche des Rameaux

Du site Internet de l’Afrique de  l’Ouest :

Dans le but de protéger la nature, Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, a demandé aux catholiques de son diocèse d’utiliser des foulards au lieu des rameaux pour la procession du dimanche des Rameaux et de la passion du Seigneur.

Dans certaines paroisses, l’utilisation de foulards à la place des rameaux est déjà vieille de près d’une dizaine d’années.

Mais dans pratiquement toutes les autres paroisses de Dakar, le message de l’archevêque n’est pas bien passé.

« Les gens qui cherchent les rameaux s’étaient déjà engagés à le faire », commente Pierre Bassène un autre catholique. Selon lui, les directives de l’archevêque de Dakar seront mieux suivies l’année prochaine.

« Comme il l’a dit, l’environnement souffre de cette coupe des rameaux tous les ans. Le plus grave au Sénégal, c’est qu’il n’y a pas la culture du reboisement. »

(Extraits de « Au Sénégal, l’archevêque de Dakar suggère d’utiliser des foulards à la place des rameaux » par Charles Senghor, La Croix-Africa, 26/03/18.)

La résurrection, pour faire mourir toutes les violences !

Qu’il est déroutant ce fils de Dieu, qui n’a pas voulu convaincre ses adversaires de la veille en ressuscitant devant eux ! Déroutant ce Jésus qui n’exploite pas sa puissance ! Les jours saints nous enseignent que la passion est un mystère, le mystère d’un Dieu qui s’incarne dans l’état du monde, l’état de violence et de faiblesse, jusqu’à en devenir victime. La résurrection de Jésus au matin de Pâques demeure signe du même mystère : sa puissance sera immense mais toujours fragile, ouverte sur le refus, sur l’incrédulité.

Dans plusieurs pays de la sous-région Ouest Africaine, nous venons de rencontrer une nouvelle fois la violence et de connaître des attentats qui ont créé un grand malaise, sans compter les victimes à déplorer et les centaines de blessés à prendre en charge et à soigner. Les dégâts matériels sont importants, mais plus encore le traumatisme qu’engendre ces opérations meurtrières. La  violence n’est plus chez les autres seulement, elle s’est invitée chez nous aussi, dans toute la bande sahélo-saharienne. Des explications sont données, plus ou moins convaincantes, des portraits sont affichés, des encouragements sont prodigués… Mais la question demeure : que faisons-nous, chacun à notre niveau, pour déraciner cette racine malfaisante, ces volontés d’en découdre. Comment aérer ce climat délétère qui gangrène toute la société ? Chacun a sa part de responsabilité et personne ne peut dire : je n’y suis pour rien ! La violence, j’en suis responsable si je refuse d’aimer en vérité, si je ne lutte pas pour plus de justice et de paix !

Par sa mort sur la croix, Jésus met un terme à toute mort, il est la Résurrection et la Vie… « Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10,10). Conformer notre vie à la sienne, c’est faire nôtre ce message si singulier. Telle est la violence de la résurrection, la folie de la croix écrira Paul : elle nous est remise, confiée, mise à notre portée. La résurrection est un chant : Dieu en compose la mélodie, nous en sommes la portée.

Le Christ a subi la violence sans y répondre, tout en luttant contre les injustices. La non-violence évangélique n’exclut ni les conflits ni la « sainte colère », mais ne porte pas atteinte à la vie. «Vous avez entendu qu’il a été dit : « œil pour œil et dent pour dent » (Ex 21, 24). Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant ; au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos » (Mt 5, 38-42). Voici l’injonction non-violente de Jésus dans les Évangiles. Elle est plutôt radicale et pour certains peu crédible.

La non-violence évangélique se joue au cœur des conflits, expliquait récemment le Père Mellon, un jésuite moraliste. Dans ses diatribes contre les scribes et les marchands du Temple, Jésus n’hésite pas à affronter ses ennemis avec vigueur, précise le jésuite. Il n’a jamais dit : « N’ayez pas  d’ennemis », mais plutôt : « Aimez vos ennemis », ce qui suppose précisément qu’on en ait. Et en invitant à « tendre l’autre joue », « Jésus invite à sortir de la logique proliférante de la violence ».

Une action non-violente n’est ni naïve ni passive mais au contraire agit pour la justice et de manière efficace, et demande l’engagement de tout le monde : la non-violence suppose une solidarité beaucoup plus grande entre les gens. Parmi les trois invitations que nous lance chaque année le Carême, la solidarité est à prendre au sérieux. Alors que nous venons de traverser ces périodes de turbulences dans nos pays de la sous-Région, puissions-nous, à l’image de Jésus, faire taire toute violence, en nous rendant de plus en plus solidaires de ceux et celles qui souffrent à nos côtés, qui pleurent des morts dans leur famille, qui comptent des blessés parmi les leurs.

Nos vœux, à l’occasion de cette fête de Pâques se résument dans la demande du Pater… ne nous laisse pas entrer en tentation… en tentation de la violence ! Fais de chacun de nous, un artisan de paix. Belle et sainte fête de Pâques 2018 à chacun et à toutes vos communautés.

(Éditorial du Baobab n° 29 de la PAO)

Père Luc Kola, Provincial PAO
et Père Delphin Nyembo Mabaka, Ass. Provincial PAO