Centre Mgr Paul PELLET

Centre Mgr Paul PELLET

Le 30 Juin 2021, le Centre Mgr Paul PELLET a accueilli en son sein les participants au programme ICOF. Le 1er Juillet 2021, nous avons eu l’inauguration et la bénédiction de la nouvelle maison SMA, dénommée “Centre Mgr Paul PELLET”, par Monseigneur Boniface ZIRI, évêque d’Abengourou. Cela s’est fait en présence des pères FRANCIS Rosario, SMA Conseiller Général et SEKA Narcisse, SMA Supérieur Provincial de la Côte d’Ivoire. Comme représentant de l’ICMA, nous avons accueilli le frère KONANI Nicodème, OFM (Recteur de l’ICMA).

Le centre est très bien équipé pour accueillir un programme de ce genre. En général, la maison a été appréciée par les participants. Les chambres ont des salles de bains avec eau chaude. La salle de conférence est professionnellement équipée.

Le programme d’ICOF Abidjan de cette année a reçu 14 participants dont dix femmes et quatre hommes, venant de 6 congrégations religieuses différentes et de 9 nationalités ; parmi les hommes, il y avait un prêtre diocésain du Mali. Tous les 14 participants sont venus de l’extérieur de la Côte d’Ivoire. 

Nous avons eu une grande variété de modules qui ont aidé les participants à se renouveler. Certains d’entre eux : Mission et sorcellerie en Afrique de l’Ouest,Sainte Ecritures et mission, leadership, le pardon, les rêves, l’interculturalité, vivre en communauté et travailler en équipe, discernement appréciatif, transitions dans la vie, résilience et traumatisme, célibat consacré et maturité affective, la dépendance. Le programme comprenait une retraite de sept jours.

Le thème qui accompagnait les participants était : “Avec Jésus au centre de notre vie, sous la mouvance de l’Esprit Saint, prenons chacun/e de l’envol pour vivre la fraternité sans frontières pour une communauté sans cesse renouvelée”

Les participants ont été invités à profiter des services d’accompagnement fournis par le programme. Il y a eu sept soirées où les participants étaient invités à partager en petits groupes. Le but de ces partages était de fournir un forum sur l’écoute active et la confidentialité où chaque participant pouvait exprimer comment les choses se passaient pour lui. L’activité était bien intégrée et appréciée. Nous avons également des réunions communautaires où le groupe pouvait exprimer des préoccupations constantes concernant les activités, notre vie commune, les arrangements concernant l’horaire, le logement, la nourriture, etc. Les réunions se sont révélées utiles pour des ajustements, des mises au point et des informations.

Nous avions organisé groupes liturgiques et de partages qui se sont engagés à préparer la liturgie de chaque semaine. La variété des congrégations locales et internationales a apporté de la créativité à notre liturgie.

En relation avec quelques modules, nous avons eu l’occasion, certaines soirées, de regarder différents films et documentaires qui ont apporté un plus à la compréhension, en élargissant les horizons. Les deux films projetés ont illustré les thèmes de l’interculturalité et du pardon, tandis que les documentaires ont porté sur les Abus sexuels des religieuses dans l’Église, la résilience et la dépendance. L’activité a été grandement appréciée.

Le programme a organisé trois sorties. La première a eu lieu le tout premier dimanche du programme et a permis une insertion dans la culture/liturgie locale avec la participation à une ordination sacerdotale et diaconale à la cathédrale de Yopougon. La deuxième sortie a eu lieu le 10 Juillet. Les participants sont partis à la découverte de différentes localités d’Abidjan, de la Cathédrale d’Abidjan et même de l’océan Atlantique à la plage de Grande-Bassam. Pour la troisième sortie programmée pour le 31 Juillet, nous sommes allés à Yamoussoukro (Basilique Notre Dame de la Paix) et à l’hôpital situé non loin de là. Finalement, le 16 août, plusieurs participants se sont organisés pour visiter et prier dans le sanctuaire marial de Notre Dame du bon Secours. Toutes ces sorties et visites ont été très appréciées.

Nous avons dû nous diviser en deux soirées culturelles différentes en raison du grand nombre de nationalités. Les participants étaient bien préparés et une grande créativité a été déployée : audiovisuels, danses, jeux, poèmes, chansons, cadeaux… ce fut une occasion de grande joie.

Au cours du programme, nous avons eu l’occasion de célébrer nos anniversaires de naissance, les anniversaires des professions dans la vie consacrée, les fêtes patronales et même le jour de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Nous avions également eu une soirée sociale à peu près chaque semaine. Cela nous a permis de renforcer notre esprit de famille. 

Cette année, quelques participants nous ont fait profiter de leurs divers talents : animation de soirées récréatives, décoration de la chapelle, art culinaire et pâtisserie…pour ne citer que cela. C’est ainsi que nous avons pu savourer de délicieux gâteaux, pizzas et quiches.

Pour conclure, on peut dire que ce fut un voyage très enrichissant.

Yago Abeledo

PAO – Une histoire de relation personnelle avec le Christ

PAO - Une histoire de relation personnelle avec le Christ

Nous relayons ici in article de la Maison Lavigerie, premier cycle de formation à Ouagadougou, où le Supérieur Général est en visite apostolique prolongée. L’article original se trouve sur le blog de la Maison Lavigerie.

Père Stanley Lubungo lors de son homélie

Quelle merveille le coronavirus fit pour nous, nous étions en grande joie. En tant que communauté lavigerienne, nous avons eu la très grande et inestimable joie d’accueillir et de passer quelques jours avec le supérieur général des missionnaires d’Afrique, le révérend Père Stanley Lubungo. Pendant ses quelques jours de visite à la maison Lavigerie, le révérend Père Stanley dans le but d’encourager les uns et les autres a d’abord rencontré les étudiants de la maison puis les formateurs. En ce qui concerne la rencontre avec les étudiants, plusieurs éléments étaient très riches et ont permis de raviver en nous étudiants la volonté de continuer la formation en vue de devenir missionnaire d’Afrique.

Le révérend Père a d’abord commencé par formuler des souhaits de bonne santé au regard de la situation sanitaire qui prévaut dans le monde entier. Il a exprimé aussi sa grande jovialité d’être avec nous. Pour le révérend Père, la situation actuelle est un défi pour tous et surtout pour nous croyants. Cette situation est une invitation à la prière. Elle montre notre vulnérabilité et nous interpelle dans notre vocation missionnaire car selon le révérend Père, « personne n’est chez lui ici dans sa famille ». Il a fini de parler de la situation sanitaire en lien avec notre formation en nous disant : « j’espère que vous allez intégrer ce petit détail dans votre formation missionnaire. »

Père Stanley lors de son discours aux étudiants

Le révérend Père nous a ensuite parlé de la formation. Il a beaucoup insisté sur l’importance de la première étape de la formation car elle est comme la fondation de notre appartenance ou de notre découverte de la société des missionnaires d’Afrique. La première étape de la formation est une étape de croissance dans tous les aspects de la vie ; c’est surtout une étape de discernement. Pour nous encourager et nous inviter à plus de concentration dans la formation, le révérend père disait : « votre présence ici [à la maison Lavigerie] est une histoire de relation personnelle avec le Christ. » Il nous exhortait à beaucoup prendre au sérieux l’ampleur de l’appel et à accepter ses implications car, « c’est l’appel qui envoie en mission. » Et, si nous ratons cela dès le début de la formation, nous sommes mal partis.

Toute la communauté avec le Père Stan Lubungo

Enfin, l’être du missionnaire était l’un des thèmes abordés par le supérieur général au cours de cette rencontre avec les étudiants. Il a pris assez de temps pour nous dire et nous expliquer ce que ça veut dire réellement être missionnaire. Être missionnaire, c’est un appel à quitter une certaine vie matérielle, à laisser tout. Il ne faut pas quitter pour quitter mais il faut quitter pour s’attacher au Christ dans la prière personnelle intense et dans l’écoute de la Parole de Dieu. Et, pour le révérend Père Stanley, « l’attachement à Jésus est une condition sine qua non du devenir apôtre [du devenir missionnaire d’Afrique]. » Le missionnaire est celui qui part non seulement pour annoncer le Christ mais aussi celui qui se laisse évangéliser par ceux vers qui il est envoyé. L’authentique missionnaire est celui qui part pour rencontrer l’autre dans sa différence qui qu’il soit. En faisant le lien entre la vie missionnaire et la formation, le révérend Père disait : « vous avez toutes les années de formation pour mieux connaître Jésus afin de mieux le suivre et le servir. » Il nous a rappelé que les missionnaires d’Afrique qui ont été béatifiés n’ont rien fait de spécial. Pour lui, « ils ont seulement aimé de tout leur cœur les peuples envers qui ils ont été envoyés, ils sont restés fidèles à l’appel qu’ils ont reçu. » Le révérend Père a terminé cette thématique en ces termes : « préparez-vous à cette vie-là [à ce type de vie missionnaire] et ne vous laissez pas dévier ; sachez toujours où vous allez. »  Nous adressons notre sincère merci au supérieur général pour les multiples encouragements et pour toutes ces paroles réconfortantes. Nous remercions le Seigneur Ressuscité pour cette belle opportunité qu’il nous a donnée. Puisse lui-même venir en aide à notre monde en détresse. Qu’il bénisse la vie et le ministère du révérend Père Stanley et lui accorde une santé de fer afin qu’il puisse toujours mener à bien sa tâche. Amen !

Serge Sawadogo

Le Covid-19 en Afrique de l’Ouest

Le Covid-19 en Afrique de l’Ouest

D’après les statistiques, en Afrique, ce sont 46 pays sur 54 qui sont actuellement touchés par le Covid-19. Tous les pays de notre sous-région (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Togo) sont touchés. Un peu partout des couvre-feux, des quarantaines, des confinements sont imposés à la population pour faire face à la progression de la maladie.

Moins impacté que le reste du monde, le continent africain fait face, lui aussi, au risque d’une propagation du Covid-19. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint que l’Afrique ne puisse affronter la pandémie, les États prennent leurs dispositions. Le directeur de l’OMS à d’ailleurs appelé l’Afrique à “se réveiller” et à “se préparer au pire” face à la pandémie de Covid-19. L’Afrique compte désormais plus de 3 300 cas et 90 morts.

Nos confrères ont reçu sur place toutes sortes de recommandations et ils acceptent cette situation. La proximité de la fête de Pâques nous laisse dans le désarroi. Pour les confrères qui travaillent dans les paroisses, c’est en effet un moment si important, avec les préparations de toutes les célébrations (Triduum pascal, baptêmes, confirmations, etc). Pour les autres confrères qui travaillent dans différents services, c’est aussi une période où ils sont très occupés. L’inquiétude gagne nos communautés.

Que se passe-t-il, aujourd’hui dans les six pays de la sous-région que compte la PAO ?

Mali

Le pays est passé de deux cas le mercredi 25 mars à 18 personnes infectées, le dimanche 29 mars. Le premier tour des élections législatives, prévu dimanche 29 mars, a été maintenu, alors que certains candidats ou organisations de la société civile réclamaient leur annulation. Une première victime est décédée samedi 28 mars.

Togo

25 cas sont connus le dimanche 29 mars. “Le premier cas est une patiente de 42 ans résidant à Lomé avec sa famille”, a indiqué dans un communiqué le gouvernement. “Du 22 février au 2 mars, elle a cependant séjourné successivement au Bénin, en Allemagne, en France et en Turquie, avant de regagner le Togo. Le gouvernement togolais assure que “toutes les personnes qui ont été en contact avec la patiente ont été identifiées et mises en quarantaine”. Un mort a été déclaré.

Côte d’Ivoire

101 cas de Covid-19 sont enregistrés le dimanche 29 mars 2020; le gouvernement renforce les mesures de protection. Il restreint l’accès au territoire : désormais toute personne arrivant en Côte d’Ivoire passera 14 jours en quarantaine. Trois patients sont désormais en rémission. Le premier cas avait été détecté le mardi 10 mars 2020. Il s’agit d’un homme de 45 ans qui revenait d’Italie.

La Côte d’Ivoire ferme ses frontières à tous les voyageurs non ivoiriens venant de pays où plus de 100 cas de coronavirus ont été détectés.

Burkina Faso

Les autorités du Burkina Faso ont annoncé le mercredi 18 mars 2020, un mort. Ce décès lié au Covid-19 est le premier confirmé en Afrique subsaharienne. Nous en sommes à 11 décès confirmés, le dimanche 29 mars 2020. Peuplé de 20 millions d’habitants, le pays compte, ce 24 mars 2020, 207 cas de malades de Covid-19 confirmés. Une soixantaine de passagers d’un vol d’Ethiopian Airlines sont, par ailleurs, en quarantaine dans un hôtel de Ouagadougou à cause d’un cas suspect à bord de l’appareil.

Mauritanie

Avec cinq cas répertoriés, le dimanche 29 mars 2020, la Mauritanie a décidé de fermer ses aéroports aux vols en provenance et à destination de l’étranger. Dès le 21 mars 2020, le gouvernement avait déjà annoncé la “fermeture des écoles publiques et privées, y compris les Universités et les Instituts, pour une période d’une semaine qui peut faire l’objet d’une réévaluation”. Le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani, et son gouvernement ont annoncé jeudi 26 Mars 2020, en fin d’après-midi, qu’ils feront un don pour le fonds national de solidarité pour la lutte contre le Covid-19, nouvellement créé.

Niger

Pays du Sahel parmi les plus pauvres du monde, le Niger a enregistré jeudi 19 mars 2020 son premier cas de coronavirus. || s’agit d’un homme arrivé à Niamey en provenance du Togo. Il serait passé par le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, a annoncé le ministre de la Santé. Le dimanche 29 mars 2020, 10 cas ont été enregistrés. Le 17 mars 2020 déjà, le Niger a fermé ses établissements d’enseignement, ses frontières terrestres avec ses sept voisins et les aéroports de Niamey et Zinder (sud) afin d’éviter d’être touché par le virus.

Dernière minute...

Le cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque du diocèse de Ouagadougou, a été testé positif au Covid-19, indique une note du vicaire général de ce même diocèse, l’abbé Alfred Ouedraogo, ce 30 mars 2020. Le cardinal a été transféré à l’ancienne clinique, Les Genêts, pour une prise en charge appropriée. Le cardinal veut rassurer le peuple de Dieu, lit-on dans une note, et il « invite également à demeurer unis dans la prière pour lui et pour tous les autres malades ainsi que pour tous ceux qui s’en occupent ». « Nous vous réitérons nos encouragements et vous invitons à garder espoir », conclut le vicaire général. Le cardinal Philippe Ouedraogo, âgé de 75 ans, est le deuxième évêque burkinabé atteint par le Covid-19. Le 25 mars dernier, la Conférence Épiscopale du Burkina-Niger a informé que Monseigneur Séraphin Rouamba, ancien Président de cette même Conférence Épiscopale et archevêque émérite de Koupéla, a été testé positif au Covid-19. Il se trouve au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo à Ouagadougou. Quelques prêtres et agents pastoraux ont aussi été testés positifs.

Extrait de Baobab Echos n° 35

Visite du Supérieur Général dans la PAO

Visite du Supérieur Général dans la PAO

Depuis le 2 mars 2020, notre Supérieur Général, Père Stanley Lubungo, se trouve dans notre Province. Il a pu visiter les communautés du Niger, plusieurs communautés du Mali et il est arrivé au Burkina Faso, après avoir visité la communauté de Bandiagara, à quelques heures de la fermeture de la frontière avec le Mali…

Ce sont les communautés du Niger qu’il a visitées en premier, puisque son avion l’a déposé à Niamey au soir du 2 mars 2020. || a pu rendre visite à Monseigneur Laurent Lompo, archevêque de Niamey, et se rendre à la paroisse Saint Joseph de Saga puis à celle de Saint Jean Baptiste de Nyantala, avec Innocent Habimana. Le Père Stanley Lubungo s’est ensuite rendu à Birni N’Konni où il a pu rencontrer les confrères et passer un moment avec eux. Ensuite, il s’est rendu à Maradi où il a pu rencontrer l’évêque, Monseigneur Ambroise Ouédraogo et participer à une partie des journées du presbyterium.. De là, il est parti à Zinder où il a reçu un bon accueil chez les confrères qui lui ont longuement partagé ce qu’ils vivaient dans une paroisse souvent touchée par l’insécurité, surtout lors des événements de janvier 2015.

De Zinder, le Père Stanley Lubungo a pu séjourner encore un peu à Niamey. Un avion l’a conduit ensuite à Bamako, à la veille de notre Conseil Provincial. Il s’est alors rendu, en compagnie de Sylvain Musangu, jusqu’à Nioro-du-Sahel. Au retour, il s’est arrêté à Faladyè puis, près de Kati, à Ntonimba, pour ÿ rencontrer le Père Arvedo Godina. Le dimanche 15 mars 2020, le Père Stanley Lubungo se trouvait à Bamako. La photo cidessus, le montre au milieu des confrères et des Sœurs SMNDA de Kalabankura, venues partager le repas de midi avec nous et rencontrer le Père général. Le lendemain, notre Père général a pu participer à une journée de notre Conseil provincial. Il a pris la parole dans l’après-midi pour nous encourager et nous partager sa vision de la Mission aujourd’hui, à la suite du Conseil plénier tenu à Kampala en décembre dernier. Il a promis de nous envoyer une lettre à son retour à Rome, où il nous partagera plus en détail ses visites dans la PAO et ce qu’il en retire.

Le Conseil Provincial terminé, il a pris un peu de repos à Bamako et il en a profité pour y rencontrer le Cardinal Jean Zerbo et des confrères qui souhaitaient le voir. Avec Luc Kola, il a ensuite repris la route pour se rendre à Bandiagara dans le diocèse de Mopti. Là, il a tout juste eu le temps de rencontrer les confrères car la radio annonçait la fermeture des frontières avec le Burkina Faso.

Très rapidement, avec Luc Kola, il a pu reprendre la route pour passer la frontière au niveau de Bénéna au Mali. Un peu plus loin, les Abbés de la paroisse de Bomborokuy leur ont offert l’hospitalité et ils ont passé la nuit là avant de reprendre la route pour arriver à Ouagadougou dans la soirée du dimanche 22 mars, heureusement à quelques heures du couvre-feu. Depuis cette date, le Père Général se trouve dans la communauté de la Maison Provinciale. La quarantaine déclarée le jeudi 26 mars empêche toute entrée et toute sortie de Ouagadougou pour le moment.

Tous les vols sont reportés et nous ne savons pas quand la situation va évoluer. C’est de la Maison Provinciale que le Père Général a écrit sa lettre sur la pandémie du covid-19.

Tous les confrères ont apprécié son passage parmi nous et regrettent qu’il soit ainsi empêché de retourner à Rome. C’est une situation qu’il n’avait pas envisagé. Heureusement par le biais d’internet et des autres moyens de communication, il peut rejoindre les membres du Conseil Général et il peut travailler à partir de Ouagadougou. Situation tout à fait inédite dans l’histoire de la Société. Au moins, nous avons, à la Maison provinciale de Ouagadougou, la joie de profiter longuement de sa visite.

Texte tiré de Baobab Echos n°35

BF : La solidarité mais pas la division

Anne-Bénédicte Hoffner 
28 mai 2019

Les théologiens, les pasteurs cherchent un moyen de faire preuve de solidarité sans accentuer les divisions ethniques et religieuses.

Les attaques anti-chrétiennes au Burkina Faso se poursuivent.

Le dimanche 26 mai, des individus lourdement armés sont entrés dans une église catholique pendant la messe à Toulfé, dans le nord du pays.

Ouvrant le feu sur les fidèles, ils tuèrent quatre personnes et en blessèrent plusieurs autres.

Le 28 avril, des terroristes sont entrés dans une église protestante à Silgadj, tuant le pasteur, ses fils et trois fidèles.

Le 13 mai, alors que l’église catholique célébrait les funérailles d’un prêtre et de cinq fidèles qui avaient été tués la veille à Dablo, quatre autres ont été tués lors d’une procession mariale dans la province voisine.

Les messages d’amitié et les appels à la prière qui ont circulé par la suite témoignent de la profondeur de l’émotion ressentie ainsi que de la préoccupation croissante face à la détermination des groupes djihadistes à semer la terreur dans ce petit pays du Sahara occidental, réputé depuis longtemps pour sa tolérance religieuse.

Comme cela s’est produit après chaque attaque anti-chrétienne au Sri Lanka, en Égypte ou aux Philippines, la même question revient sans cesse. Comment faire preuve de solidarité avec les victimes sans accroître la division religieuse et ainsi aider les terroristes dans leur objectif ?

“Il ne faut pas tomber dans leur piège et faire beaucoup de bruit, c’est précisément ce qu’ils cherchent en attaquant les institutions religieuses “, affirme le père Anselme Tarpaga, provincial des Pères Blancs du Maghreb et originaire du Burkina Faso lui-même.

Au lieu de cela, ceux qui souhaitent manifester leur soutien devraient commencer par s’informer de la situation locale. Bien que les auteurs des attentats partagent la même idéologie, le contexte et donc les ressources disponibles diffèrent toujours.

En fait, les liens tribaux et familiaux ont créé un solide réseau interreligieux au Burkina Faso où les mariages interreligieux sont la norme, selon le père Tarpaga, qui a un père musulman et une mère chrétienne.

De même, le père congolais Pascal Kapilimba, directeur de l’Institut de formation islamo-chrétienne de Bamako, au Mali, considère ce phénomène comme un moyen de contrer les djihadistes ” en se concentrant sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui divise”.

“Plutôt que de parler de victimes chrétiennes, il vaut mieux dire qu’elles appartiennent aux tribus Yampa ou Sawadogo, car lorsque nous disons cela, tous les Yampas et Sawadogos se sentent concernés, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou pratiquants de religions traditionnelles, croit-il.

Alors que l’islam wahhabite – une forme de salafisme – se développe, il est principalement basé sur l’exode rural.

“Comme les gens sont loin de leur famille, les jeunes sont plus facilement séduits par le discours et l’argent des prédicateurs formés en Arabie Saoudite “, a dit le Père Kapilimba.

“Ils peuvent se permettre de commettre des actes considérés comme répréhensibles par l’Islam traditionnel “, dit-il. “De plus, ils préfèrent abandonner leurs villages parce qu’ils y seront mal vus.

“Le Père Christian Delorme, responsable des relations interreligieuses dans le diocèse de Lyon, identifie ce qui alimente la contagion salafiste dans “la colère, les jalousies et le sentiment accumulés que l’Occident, et donc les chrétiens, sont responsables de tous les maux du monde”.

C’est pourquoi il est tout aussi indispensable, selon lui, de “manifester notre solidarité avec nos frères et sœurs d’Afrique et notre refus de normaliser de telles actions” et de “refuser la fracture et la fatalité de la guerre”.

Cela peut se faire, affirme-t-il, en refusant de faire la distinction entre “bonnes et mauvaises victimes” et en élevant la voix contre “toutes les formes de violence”.

“Dans une déclaration condamnant l’attaque de Dablo comme étant ” ignoble et injustifiable”, la Fédération de l’Association islamique du Burkina Faso a noté que les imams ont également souffert.

“L’objectif des djihadistes est d’accroître l’insécurité parmi tous ceux qui refusent d’adopter leur vision du monde”, a déclaré le père Delorme.

“Il arrive que les attaques contre les chrétiens aient plus d’impact que les attaques contre les victimes pratiquant des religions traditionnelles”, a-t-il dit.

Très préoccupé par les attentats dans son pays d’origine, le Père Tarpaga a partagé sur les médias sociaux le texte d’un jeune musulman burkinabé pratiquant qui a témoigné publiquement de sa gratitude aux prêtres salésiens avec lesquels il a “joué au football dans sa jeunesse”.

“Les chrétiens étrangers” doivent aider les Eglises du Burkina Faso à poursuivre leurs œuvres sociales et caritatives”, a-t-il dit, car s’ils cèdent aussi à “la fermeture, ils finiront par justifier les terroristes”.

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Adiós Padre Martínez

En décembre et janvier dernier j’étais au Mali et j’ai participé à la céréomonie d’adieu à notre confrère Jesus Martinez à la paroisse de Kati, non loin de Bamako. Ce fut une très belle célébration et Jesus lui-même nous a offert une belle homélie. Son curé ainsi que le président du Conseil paroissial ont alors offerts de belles paroles d’appréciation. J’ai cru bon ne pas laisser ces belles paroles tomber dans les oubliettes. Avec la permission de ces 3 personnes j’ai recopié ce qu’ils ont alors offert.

Martin Grenier, M.Afr.

Mission accomplie : Pardon et Merci !

Frères et sœurs, je vous remercie de tout mon cœur d’être venus pour m’aider à remercier le Seigneur en célébrant cette messe d’action de grâces pour ces 55 années que le Seigneur m’a donné de vivre avec vous… à regarder toute ma vie avec les yeux de la gratitude.

Comme dit le Sage dans la bible : « il y a un temps pour rester, il y a un temps pour partir » …

La vieillesse est une nouvelle étape de ma vie, et devenir vieux ça s’apprend. Il faut du courage… Dieu est le Dieu de l’exode, le Dieu du départ; nous engager dans des chemins nouveaux, et quoi qu’il arrive, « tout est grâce »… Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le lieu où l’on se trouve, mais la direction que l’on prend, avec qui on prend cette direction et pour quoi. La mission n’est pas à nous, elle nous est confiée pour un temps seulement ; notre premier travail c’est de prier. « Celui qui s’en remet à Dieu ne restera pas avec les mains vides. Venir au monde n’est pas difficile, mais le traverser… Demandons la grâce de pouvoir se confier à Lui.

Je voudrais vous partager quelques mots de ce qui a marqué ma vie avec vous. Tout d’abord, je vous demande pardon, car j’aurais pu travailler plus et mieux. Je n’ai pas assez remercié Dieu pour la vie qu’il m’a donnée. Je n’ai pas assez aimé ceux qui étaient à mes côtés. Les deux mercis : Merci avant tout à Dieu qui m’a conduit par sa main. Merci au Cardinal, toute ma reconnaissance Monseigneur, reconnaissance à ma famille, mes frères dans Ie sacerdoce… Je voudrais que mon départ se fasse dans la joie, car la joie est un signe du Royaume, et si le départ est triste, ce n’est pas évangélique.

Je me suis senti très aimé par vous et moi aussi j’ai essayé de répondre à cet amour. Le meilleur de ce que j’ai eu dans ma vie, c’est le Mali qui me l’a donné et à mon tour, je peux dire que moi aussi j’ai donné au Mali le meilleur de moi-même… Ma vie missionnaire a eu deux priorités : les vocations (des prêtres, religieuses, catéchistes et laïques) et la pastorale sociale. Ce qui m’a donné force et courage c’est le passage de l’Évangile : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger,  j’ai eu soif… » Ensemble, nous avons construit beaucoup de puits, des écoles, des barrages, des moulins, quelques églises, des radios.

Nous sommes missionnaires partout où nous sommes… même s’il faut du courage pour nous engager sur de nouveaux chemins de vie… Il y a une Providence. Le meilleur est à venir, il faut ouvrir les bras et accueillir le futur, garder le sourire comme un reflet du sourire que Dieu a continuellement sur nous.

J’aurais voulu rester avec vous et continuer à baptiser nos enfants, continuer à vivre avec vous, mais quand les supérieurs décident, l’obéissance s’impose. La spiritualité de notre temps est une spiritualité du Samedi Saint; d’un côté la confusion, le découragement, l’impuissance et de l’autre côté la foi dans l’obscurité et la force de l’espérance, de la persévérance. La vieillesse est pour les courageux… C’est redevenir un enfant qui se laisse conduire par Dieu… s’adapter au programme de Dieu et laisser le nôtre. Même si j’ai le cœur qui saigne, je pense qu’avec vous et grâce à vous je peux dire « Mission accomplie », Pardon et Merci! Que Dieu nous donne d’aimer ce qu’il aime. Que nous acceptions toujours les destins que la providence a sur nous. Que les inquiétudes de la vie ne nous découragent pas.

Que le Seigneur nous aide à garder notre lampe allumée.

Jesús Martínez

Voilà l’essentiel de l’homélie du Père Jesús Martínez le jour de son “au revoir” à sa famille du Mali. Le texte a été raccourci et un peu édité pour faciliter la lecture. Mais ce sont bien ses paroles. (n.d.l.r.)

Ci-dessous, voici quelques extraits de deux témoignages donnés lors de la même messe d’action de grâce à l’occasion du départ du Père Jesús Martínez.

 M. Valéry Dako

Président du Conseil Paroissial de Kati

Un parcours de jubilé d’or en terre Africaine du Mali vaut une distinction à la personne qui a accompli ce cheminement. On vous sait humble mais acceptez-le ainsi. Remontons loin, loin en arrière et nous retrouvons vos années de jeunesse avec son lot d’enthousiasme, de fougue, d’espérance dans les actes posés pour l’accomplissement de la mission. Arrivé au pays bô Père Martinez, vous vous êtes fondu dans la masse des bwa en prenant le nom de Matièrê qui représente la symbolique du travail… Vous avez parcouru toutes les paroisses de l’actuel Diocèse de San : Paroisse de Mandiakuy, Tominian, Timissa et Touba à l’érection de laquelle vous avez pris une part active, ainsi qu’à son développement économique et spirituel…

Ensuite vos pas vous ont conduit en direction de l’Archidiocèse de Bamako avec une présence dans les paroisses de Kolokani, Faladjé et Kati qui se trouve être la paroisse mère du diocèse de Bamako. Vous avez pris en pays Bamanan le nom de DOMAKONO qu’on peut traduire simplement par la personne qui attend un jour, quel jour ? Que ce jour soit intimement lié à la volonté de ton maître que tu as chéri intensément.

… Nous avons cheminé ensemble avec pour objectif la recherche de Dieu. Que de parcours réalisé ! Aujourd’hui, nous sommes à un autre tournant important.

Que de voies empruntées par vous entre les CCB de Koko, Malibougou, Kati Centre, Missions l, II et Camp pour le Seigneur. Que de pistes également utilisées par vous vers les communautés rurales (Kalifabougou, Néguela, Yékébougou etc…) pour l’évangélisation…

La paroisse de Kati, votre famille, vous a adopté. Vous y avez évolué en travaillant pour ses différents segments que sont : la catéchèse, les familles humaines, le conseil paroissial, les chorales, les regroupements de femmes, de jeunes, la radio Reine de la Paix en tant que moyen d’évangélisation etc…

Père DOMAKONO, vous avez… conseillé, amadoué, consolé, réconforté diverses personnes au gré de vos rencontres pastorales et humaines. La joie de vivre procurée à autrui est celle que le Seigneur attendait de vous pour les autres.

Père DOMAKONO, le Conseil Paroissial de Kati vous remercie chaleureusement pour tout ce qu’il vous a été donné de faire dans le cadre de l’édification harmonieuse de l’église famille de Dieu au Mali. Que le Seigneur lui-même soit votre berger au quotiden.

 MERCI Père DOMAKONO, Nous  vous remettons en signe de reconnaissance un masque Ciwara avec votre nom gravé (Père Martinez, Paroisse de Kati, Reconnaissante). Vous avez aussi un boubou traditionnel avec son bonnet à multiples oreilles pour vous protéger des intempéries.

Père DOMAKONO, Ala ka hèra kè i gnè, ami a ka hèra fon i ko.

Père DOMAKONO, Débwenou a oumanou gnou lou.

(Seul Dieu est à même de procurer de l’eau aux termites lors de la confection de leur termitière.)

Abbé Émile Konare

Curé de Kati

 La façon de vivre, le sens qu’on donne à sa vie, voilà ce qui fait le malheur ou le bonheur de l’homme. Le sage Qohèleth nous dit, je cite : « l’homme travaille pour sa bouche. Et pourtant l’appétit n’est jamais comblé. » Qu’est-ce qui est donc capable de combler le désir de l’homme? Jésus, le Fils de Dieu nous trace le chemin par lequel l’homme a accès au bonheur : le chemin de la justice du Royaume. De quoi s’agit-il? Comme premières attitudes annoncées par Jésus, c’est être pauvre (ou humble, voir humilié), être doux (sans violence ?), être affligé, avoir faim et soif de la justice ! Si les prophètes dénonçaient ceux qui pratiquaient l’injustice, Jésus déclare heureux ceux qui placent au centre de leur vie le souci de la justice. Ce qui nous est promis n’est rien de moins que la joie et l’allégresse d’une relation filiale avec Dieu…

Père Martinez, vous avez été ordonné en 1962, et vous avez été au Mali, à San et à Bamako, et même un an en Mauritanie, 56 ans de votre vie, de votre vie sacerdotale, pour montrer à l’homme malien, africain, votre semblable, le visage de notre foi chrétienne : Jésus-Christ qui n’a qu’un seul Nom : Dieu-Amour… Père Jesús, durant 55 ans, vous avez eu le désir de vivre selon ce que Dieu demande en devenant l’artisan de l’évolution des œuvres sociales. Vous avez aidé l’homme malien, toutes confessions confondues, à voir et reconnaître le visage de Dieu dans son semblable… à travers une vie d’Amour concrète : des Centres de santé pour les malades, … des structures scolaires pour combattre l’analphabétisme, des forages pour donner de l’eau à ceux-là qui ont soif, … Vous avez écouté et considéré les joies et les peines de l’homme malien qui venait vers vous dans l’espoir d’obtenir une vie stable et digne. Enfin les vocations sacerdotales. Chaque ordination sacerdotale est une fierté pour vous. Cela pour dire que vous portiez en vous ce désir de voir des jeunes maliens se consacrer à Dieu.

La réalisation de tout… est dû à… vos attitudes ou si vous le voulez, aux « béatitudes » que vous avez incarnées et parmi lesquelles nous pouvons retenir: la patience , la persévérance, l’humilité. Heureux les artisans de paix. L’homme ne peut pas devenir artisan de paix sans incarner en lui la patience, la persévérance et l’humilité, surtout sur une terre étrangère.

Père Jesús, je voudrais au nom de toute la Paroisse, vous manifester notre profonde gratitude pour tous les beaux services rendus à l’Église catholique du Mali. Soyez assuré de toute notre affection, nos pensées et nos prières pour cette nouvelle vie qui démarre.

Aussi est-il besoin de vous dire que les portes du Mali vous sont toujours ouvertes.

E nana Ala kof, Mali denq yé, Ala ka i Iakana.
(Mon Père vous êtes venus annoncer Dieu aux enfants du Mali, que Dieu vous garde et vous protège).
E yé danaya kofo anw yé, Ala ka i ka dana baba.
(Vous êtes venus nous apporter la foi, que Dieu solidifie votre foi).
E nana san biduru ani woro som, Mali jamanan konon, Ala da Mali jamanan gnèmajo.
(Et vous êtes venu passer 55 ans au Mali, que Dieu accorde au Mali la stabilité).
Maria Senu ka a jantoi la. | ni cé. l ni baraji.
(Que la Vierge Marie te protège, merci beaucoup).

Si vous désirez lire les textes originaux tels qu’ils nous sont parvenus, les voici :

Côte d’Ivoire : Centre de protection à l’ICMA

Un Centre de Protection des mineurs et des personnes vulnérables a été ouvert au sein de l’Institut Catholique Missionnaire d’Abidjan, ICMA, en Côte d’Ivoire le 23 mars 2019. Cette initiative répond à l’appel du pape François d’assurer plus de protection aux enfants contre les abus sexuels.

Notre confrère, Stéphane Joulain, a donné plusieurs sessions sur la Protection des enfants et des personnes vulnérables aux étudiants de l’ICMA.

Lisez l’article de Marcel Ariston BLE, du service Français-Afrique de Vatican-News.

Lisez aussi l’article paru dans le quotidien français LaCroix Africa.