Felix Phiri R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père  Christian Mulenga, Provincial d’Afrique Australe
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le mercredi 11 mars 2026 au Caire (Egypte)
à l’âge de 57 ans dont 29 ans de vie missionnaire
en Egypte, en Tunisie, en Grande-Bretagne, en Italie, au Kenya et en Zambie.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Felix Phiri

Né à :
Kalushi
le 11/08/1968
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
Ndola
22/09/199107/12/199616/08/1997
Nationalité :
Zambien
Fribourg
(Suisse)
Toulouse
(France)
Chikungu
(Zambie)

Bionotes

01/07/1997Prem. Nom.Maghreb
21/09/1997Etudes arabe (Combon)CaireEgypte
30/07/1998Etudes PISAIRoma, Maison Général.Italia
30/06/1999Bibliot. Jeunes + JCATTunis, IblaTunisie/Mgh
01/09/2001EtudesRoma, PISAIItalia
01/05/2002NomméLondon, Woodville GdnGrande-Bretagne
01/07/2006NomméRoma, PisaiItalia
01/08/2011Prof. PISAIRoma, Maison Général.Italia
15/09/2012SabbaticalZambia
01/09/2013LecturerNairobiKenya
01/07/2014Sector SuperiorNairobiKenya
16/05/2016Député au chapitreRomaItalia
01/09/2016ProvincialLusaka, WoodlandsZambia
01/09/2022ProfesseurRoma, PISAIItalia
01/09/2023IRDISNairobi, Charles LwangaKenya
11/03/2026DCD (57)CaireEgypte

Roger Tessier R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père Barthélémy Bazemo, Provincial des Amériques,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le vendredi 6 mars 2026 à Sherbrooke (Canada)
à l’âge de 97 ans dont 70 ans de vie missionnaire
au Malawi, au Kenya et au Canada.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Roger Tessier

Né à :
Montréal
le 08/09/1928
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
Montréal
11/08/194918/06/195528/01/1956
Nationalité :
Canadien
St-Martin
(Canada)
Eastview
(Canada)
Eastview
(Canada)

Bionotes

20/08/1956Secrétaire Prov.St MartinCanada
01/12/1958St MartinCanada
18/08/1960Revue Miss. d’Afr.QuébecCanada
26/08/1963Informat./Document.Montréal, L’AcadieCanada
12/01/1970VicaireLilongwe, Sacr. HeartMalawi
01/01/1973Press ManagerLikuni, D. LilongweMalawi
01/10/1980AMECEA Past. Inst.EldoretKenya
01/07/1984SECAMNairobi, St Charles L.Kenya
05/08/1989Rec.Montréal, St-HubertCanada
30/09/1990Media /ANB-BIANairobi, St Charles L.Kenya
01/10/1993Regional CouncillorKenya
01/09/1996Regional CouncillorKenya
01/09/2012MediaNairobi, Oluvimu 6Kenya
01/09/2019RésidenceSherbrookeCanada
06/03/2026DCD (97)SherbrookeCanada

Troisième dimanche de Carême, Année A

Jésus, source d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle

Exode 17, 3-7 / Psaume 94 (95) / Romains 5, 1-2.5-8 / Jean 4, 5-42

Aujourd’hui la parole de Dieu met l’accent sur la soif ; un des besoins quotidiens qui nous pousse à chercher de l’eau à boire. Cela étant, nous pouvons nous rendre compte de l’importance cruciale du besoin d’eau dans la vie humaine et pour tous les êtres vivants. Dans le langage populaire nous disons que : « L’eau, c’est la vie. »  Autrement dit, notre vie en dépend absolument. La soif d’eau est existentielle et personne n’est épargné. Dans l’histoire biblique, nous avons aussi des situations où le besoin d’eau se fait sentir d’une manière pressante. Les cas concrets de cette réalité sont illustrés dans la première lecture tirée du livre de l’Exode et dans l’extrait de l’évangile de saint Jean.

Première lecture

S’agissant de la première lecture, le peuple juif étant en route, au désert, vers la terre promise ressent la soif et commence à se révolter contre Dieu et Moïse. Ce peuple oublie déjà tout ce que le Seigneur a accompli tout au long de leur marche en demandant à Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait monter de l’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Malgré cette ingratitude, Moïse ne se décourage pas, tout en continuant à supplier le Seigneur. Par sa miséricorde et son amour infini, le Seigneur lui ordonne de frapper le rocher où sortira l’eau pour entacher leur soif. A travers ce geste, Dieu manifeste sa fidélité et son amour inébranlable pour son peuple. Le psalmiste illustre cela en ces termes : « Car l’Éternel est bon ; sa bonté dure toujours, et sa fidélité d’âge en âge » (Ps 100, 5).

A l’instar de ce peuple, nous avons aussi parfois une mémoire rebelle qui oublie vite les bienfaits de Dieu lorsque nous traversons le désert de la vie ou encore des situations difficiles. Lorsque nous souffrons, nous nous sentons abandonnés, désemparés, révoltés et peut-être soulignons-nous l’absence de Dieu dans notre vie en nous disant : « Pourquoi Dieu doit-il permettre à ce que cette maladie, cette guerre, cette déception ou encore ce moment de calvaire m’arrive ? » Eh bien, quelles que soient les situations difficiles que nous connaissons, le Seigneur demeure présent dans nos vies. Il ne cesse de nous combler de son amour par sa compassion envers nous. Cette péricope nous invite à la persévérance et à prier sans cesse spécialement pour ce temps de carême.

Nous n’avons qu’un rocher, la source d’eau intarissable qu’est le Seigneur. C’est lui notre refuge, notre force et notre bouclier pour tenir face aux secousses de la vie.  Revenons vers lui, car il est la source de notre salut. Il nous appelle aujourd’hui à la conversion de notre cœur et surtout à identifier nos sécheresses spirituelles afin de recevoir l’eau du rocher qui étanche la soif qui nous agace.

Deuxième lecture

Dans cette perspective salvifique, la deuxième lecture tirée de la lettre aux Romains nous invite à goûter et à savourer cet amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint pour nous procurer la vie éternelle. C’est par amour que le Christ a versé son sang, et l’eau vive a jailli de son cœur pour nous délivrer de la mort et du péché. Cette lettre nous invite à l’espérance et à faire confiance au Seigneur qui a voulu que son fils unique soit la cause de notre rédemption.

Évangile

S’agissant de l’Évangile, nous avons une rencontre bouleversante entre Jésus et la femme samaritaine. Cette rencontre est marquée par une dynamique de conversion et de transformation profonde, étant donné que Jésus vient rompre la barrière culturelle de division entre juifs et samaritains. Pour lui, le salut est universel et aucune discrimination n’est tolérable. A travers ses paroles rassurantes, Jésus aide la femme samaritaine à se débarrasser de sa peur et à s’ouvrir au salut. Partant de cette rencontre constructive, cette femme reconnaît en la personne de Jésus, le prophète, le messie ou encore le sauveur du monde. 

Après cette reconnaissante révélatrice, elle lui demande de boire cette eau vive pour ne plus avoir soif. Jésus est pour elle, la source véritable d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle. Celui qui boit de cette eau n’aura plus jamais soif. Autrement dit, si nous acceptons d’accueillir Jésus et de nous laisser transformer par lui, nous nous ouvrons à la grâce surabondante et au salut. Accepter de rencontrer le Christ, c’est choisir de prendre une nouvelle direction qui nous ouvre à la pénitence et à combler notre cœur de la soif de Dieu.

Nous sommes tous assoiffés de quelque chose : soif du pouvoir, soif de gagner de l’argent, soif de sécurité, soit d’être aimé, soif d’un travail stable, etc. Lorsque ces différentes soifs ne sont pas satisfaites, il nous arrive de récriminer contre Dieu, et peut-être de chercher la solution ailleurs. Aujourd’hui, prenons conscience qu’en dehors de Jésus, la source véritable d’eau vive, nous ne pouvons qu’avoir des satisfactions éphémères. Changeons nos cœurs et mettons-nous à la recherche de cette eau vive pendant ce carême à travers la prière, un jeûne véritable, la pénitence et l’aumône.

Que Dieu nous aide à mettre sa parole en pratique et à témoigner de lui auprès de nos frères et sœurs. Bonne montée vers Pâques et fructueux temps de carême.

Par: Gilbert Serge Assani Kakusu, M.Afr.

Vivre une vie simple : un témoignage missionnaire

« Elle mit au monde son premier-né, un fils... et elle l'étendit dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans l'auberge » (Lc 2, 7)

Un héritage enraciné dans l’évangile

Le terme « mode de vie simple » est cher à notre Société missionnaire depuis l’époque de notre fondateur, le cardinal Charles Lavigerie. Mais bien avant lui, Jésus-Christ a été le premier à adopter et à incarner ce mode de vie. Par sa simplicité, Jésus a révélé le cœur de Dieu : humble, présent et engagé envers ceux qui sont dans le besoin. Notre appel à la simplicité n’est pas seulement une tradition institutionnelle, c’est une réponse à l’évangile. Dans un monde guidé par le consumérisme et la réussite matérielle, vivre simplement est un témoignage radical et essentiel. Cela nous aligne sur la mission du Christ et nous rapproche de ceux que nous servons. En tant que missionnaires, nous sommes invités à suivre cette voie, non par obligation, mais comme une manière joyeuse et libératrice d’être disciples.

La simplicité comme liberté pour la mission

Trois mots clés ancrent cette réflexion : simplicité, vie et style. Lorsque nous méditons sur la vie de Jésus, nous voyons un homme qui vivait libre de toute possession afin de pouvoir se concentrer entièrement sur sa mission : « apporter la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer la libération aux captifs et le recouvrement de la vue aux aveugles, renvoyer libres les opprimés… » (Lc 4, 18-19). Le mode de vie simple de Jésus lui a permis de rester proche des gens, riches ou pauvres. Il a dîné avec Zachée (Lc 19, 1-10), accueilli des lépreux (Lc 17, 11-19) et guéri l’aveugle Bartimée (Mc 10, 46-52). La simplicité lui a ouvert les portes d’une rencontre authentique avec tous, quel que soit leur statut.

La simplicité comme source de vie

La simplicité n’est pas seulement une vertu, elle est source de vie. Le mode de vie de Jésus offrait guérison, espoir et transformation. Il rejetait le luxe, choisissait la compassion et privilégiait les personnes plutôt que les possessions. Dans les évangiles, nous le voyons clairement : au puits, Jésus a rencontré la Samaritaine avec une simple demande : « Donne-moi à boire » (Jn 4, 7). Cette rencontre a conduit à sa conversion et à son témoignage dans son village. Avec quelques pains et quelques poissons, il a nourri des milliers de personnes (Mt 14, 13-21). Par des gestes simples, Jésus a révélé un Dieu proche, accessible et aimant.

La simplicité crée des liens

Dans notre mission aujourd’hui, la simplicité nous permet d’être présents et attentifs. Elle invite les autres à se sentir valorisés, tout comme Jésus l’a fait. Elle remet en question l’individualisme et favorise la communion. En tant que missionnaires, nous sommes appelés à vivre comme Jésus, libres de tout attachement et pleinement disponibles pour l’œuvre de Dieu. Inspirés par les paroles de saint Paul, « Je me suis fait tout à tous… » (1 Co 9, 22), et par l’appel du cardinal Lavigerie à « être des disciples, rien d’autre que des disciples », nous nous rappelons que le véritable disciple se caractérise par la simplicité et la grâce.

La simplicité remet en question le consumérisme

« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre… Mais amassez-vous des trésors dans le ciel… Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mt 6, 19-21). Ces paroles nous interpellent profondément, surtout dans un monde où la valeur est trop souvent mesurée à l’aune de la richesse et des possessions. Dans cette culture consumériste, beaucoup assimilent la valeur personnelle à ce qu’ils possèdent. Cette mentalité risque de déformer l’évangile et de porter atteinte à la dignité humaine. Notre valeur ne réside pas dans le fait de posséder davantage, mais dans le fait de servir davantage. La simplicité nous aide à nous recentrer sur des valeurs telles que la solidarité, la générosité et la confiance en la providence de Dieu.

Intendance, et non propriété

Un homme de Dieu doit se rappeler que ce qu’il reçoit n’est pas pour son usage personnel, mais pour la mission. Bien que nous prêtions serment de pauvreté évangélique, on nous confie des ressources, non pas pour notre bénéfice personnel, mais pour servir le peuple de Dieu. Ce qui importe, ce n’est pas combien nous avons, mais avec quelle fidélité nous le gérons. Une intendance sage renforce notre crédibilité et notre témoignage, en particulier dans un monde où le matérialisme est omniprésent.

Une période critique pour l’Église

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un moment crucial de l’histoire de l’Église. Dans de nombreux pays occidentaux, le christianisme est en déclin et, avec lui, le nombre de donateurs de longue date qui soutenaient le travail missionnaire avec amour et sacrifice. Dans le même temps, le christianisme se développe en Afrique et dans d’autres régions, mais ces communautés nouvellement évangélisées apprennent encore l’importance de partager la responsabilité de la mission de l’Église. Cela exige sagesse et prévoyance. Nous devons gérer nos ressources en tant qu’intendants prudents, tout en inspirant les fidèles à adopter un esprit de générosité. La mission appartient à tous et est soutenue par un engagement commun.

Gérer les dons de Dieu de manière responsable

Les ressources que nous recevons dans nos missions sont des dons de Dieu, qui nous sont confiés grâce à la générosité des fidèles. Elles ne sont pas destinées à notre confort personnel ou à notre prestige, mais à servir la construction du Royaume de Dieu ici et maintenant. Nous sommes des intendants, pas des propriétaires. Nous devons gérer ces dons de manière transparente et humble, comme Jésus l’a enseigné : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons seulement fait notre devoir » (Lc 17, 10). Pour bien gérer ces ressources, nous devons être priants, créatifs et collaboratifs. Ce n’est pas une tâche personnelle, mais une responsabilité communautaire. C’est pourquoi une formation régulière est essentielle pour aider les prêtres et les responsables pastoraux à raviver un sens commun de la mission.

Un mode de vie simple est plus qu’un choix moral, c’est un témoignage vivant de la foi. Il montre au monde qu’une autre voie est possible : une voie enracinée dans l’humilité, l’amour, la solidarité et le service. En choisissant un « mode de vie simple », nous suivons l’exemple du Christ et restons fidèles à l’héritage de notre fondateur. Nous proclamons, par notre vie, que la véritable richesse ne réside pas dans les biens matériels, mais dans l’amour donné librement, les ressources partagées humblement et une mission embrassée avec joie.

Par: Kanto Karlus Hembram, M.Afr.

Deuxième dimanche du Carême, année A

Écouter la voix de Dieu

Genèse 12, 1-4a / Psaume 32 (33) / 2 Timothée 1, 8b-10 / Matthieu 17, 1-9

Au deuxième dimanche de carême, année A, notre mère l’Église nous invite à méditer sur la transfiguration de notre Seigneur Jésus, moment où les trois disciples élus, Pierre, Jacques et Jean, ont été témoins de la révélation divine et glorieuse de Jésus-Christ sur la montagne. Cette scène impressionnante et magnifique rappelle la rencontre de Moïse avec Dieu sur le mont Sinaï, puis, plus tard dans l’histoire, celle d’Élie. Ces deux figures de l’Ancien Testament, Moïse représentant la Loi et Élie représentant les Prophètes, ont chacun fait l’expérience de la présence de Dieu sur la montagne sainte. Leur présence signale l’accomplissement de la Loi et des Prophètes en Jésus-Christ, illustrant ainsi l’intention théologique de Matthieu d’affirmer à ses compatriotes juifs que c’est bien en Jésus-Christ que s’accomplit l’attente messianique juive.

Les événements de la nuée lumineuse et de la voix de Dieu sont l’expression de la présence de Dieu, en réponse à laquelle la prosternation des disciples exprime leur révérence et leur admiration devant l’expérience du mysterium tremendum stupéfiant, la théophanie. Il ne fait aucun doute que tout ce dont ils ont besoin est le contact vivifiant et réconfortant de Jésus, suivi de ses paroles rassurantes : « Levez-vous, n’ayez pas peur ». La vision glorieuse de Jésus par les disciples a pour but de renforcer leur foi et leur espérance dans l’attente de la passion prochaine du Christ, afin de leur permettre de surmonter le scandale de la croix.

Ce qui constitue l’essence du récit de la transfiguration de Matthieu réside dans la proclamation et la désignation par Dieu de son Fils bien-aimé comme son porte-parole, le seul enseignant divin autorisé et accrédité, celui dont les disciples doivent écouter la voix. Il s’ensuit que tout enseignement chrétien doit provenir de cette source même, du Christ, l’enseignant par excellence.

Les trois lectures d’aujourd’hui montrent comment la vie et le destin de l’humanité sont définis et façonnés par la réponse à l’invitation de Dieu, en écoutant sa voix. Plus précisément, écouter ou obéir à la voix de Dieu est le point de départ de tout cheminement de foi. C’est ce qui se passe dans la première lecture pour Abraham, sans domicile et sans enfant, qui est parti dans l’inconnu, écoutant la voix de Dieu. C’est aussi l’appel adressé au jeune Timothée dans la deuxième lecture par Paul, son maître et mentor emprisonné, qui l’exhorte à persévérer et à écouter l’évangile, pour trouver force et courage, surtout dans les moments d’épreuves et de souffrances. C’est ce qui arrive dans l’évangile aux trois disciples qui reçoivent la voix d’en haut leur ordonnant d’écouter le Fils bien-aimé de Dieu.

Une sagesse traditionnelle recommande, lorsque vous êtes invité à un dîner, d’éviter de vous rassasier avec l’entrée ou le plat préliminaire, afin de garder suffisamment d’appétit pour le plat principal. À la vue de Jésus glorieux, Pierre veut en quelque sorte transformer l’entrée en plat principal. Il souhaite rester plus longtemps et continuer à savourer cet événement splendide et captivant. Au cours de notre parcours missionnaire, nous avons certainement vécu des moments doux et impressionnants de prière, de contemplation, de célébration, de rencontres et même de ministère que nous aurions souhaité voir durer plus longtemps. Aujourd’hui, on nous rappelle que ces expériences vivifiantes et transformatrices doivent plutôt nous rendre plus agiles pour descendre de la montagne et partager les fruits abondants avec nos frères et sœurs qui attendent avec impatience notre présence et notre affection. Écouter la voix de Dieu nous rappelle qu’il n’est pas nécessaire de s’attarder dans ces états d’extase et d’euphorie, mais plutôt d’aller à la rencontre du peuple de Dieu sur les pentes les plus glissantes de la montagne de la vie, ce peuple submergé par le scandale de l’indifférence humaine. Ce sont les habitants des bidonvilles, les prisonniers, les enfants des rues, les sans-abri, les veuves et les veufs, les orphelins, les victimes du terrorisme et de l’esclavage moderne, les victimes de l’injustice économique et de la persécution politique, etc. C’est en eux que le scandale de la croix se perpétue dans le monde d’aujourd’hui.

Que notre cheminement spirituel actuel pendant le carême nous aide donc à sortir de notre zone de confort. Osons sortir de nos chapelles et sacristies bien décorées, de nos demeures luxueuses, de nos salons magnifiquement meublés et de nos chambres et bureaux climatisés. Renonçons à nos projets privés et juteux, à nos repas somptueux, à nos longues heures passées sur les plateformes numériques et à nos séries Netflix interminables.

Écouter la voix de Dieu nous rappelle que cette mission n’est pas notre affaire privée, mais qu’elle appartient au Maître. Elle existait avant nous et elle existera certainement après nous, jusqu’à la fin des temps. À cet égard, saint Jean-Baptiste est très inspirant lorsqu’il nous rappelle que l’épouse n’est pas à nous, mais qu’elle appartient à l’époux, au Christ (Jn 3, 29). Ainsi, le langage possessif et les expressions telles que « ma paroisse », « mon projet », « mon stagiaire », « mes chrétiens », « mes chorales », « mes danseurs », « mes acolytes » ne devraient pas avoir leur place dans notre entreprise missionnaire. Elles ne reflètent pas l’essence christocentrique de notre mission. Nous n’avons rien acquis par nous-mêmes, mais tout nous a été confié par la grâce de Dieu en tant qu’amis du Fils de Dieu. 

En conclusion, rappelons-nous toujours que nous faisons partie des privilégiés, car nous participons à la noble mission du Christ consistant à proclamer le message salvifique de l’amour et de la compassion de Dieu. Embrassons-la avec joie et une espérance inébranlable malgré les défis. Le Christ nous assure que la joie qu’elle procure, personne ne peut nous l’enlever (Jn 16, 22). Nous ne sommes certainement pas seuls. Comme il l’a fait pour Abraham, Dieu nous invite à prendre courage et à faire confiance au processus sans compter les coûts, mais en comptant sur les bénédictions abondantes de Dieu.

Par: Theobald Muchunguzi, M.Afr.

Premier dimanche du Carême, Année A

Genèse 2, 7-9 ; 3, 1-7a / Psaume 50 (51) / Romains 5, 12-19 / Matthieu 4, 1-11

Au début du carême, la liturgie nous propose le récit du premier combat de Jésus, le récit dit des tentations, comme invitation pressante à entrer dans notre propre combat intérieur.

L’évangile de Matthieu rapporte comment Jésus, immédiatement après son baptême, est conduit au désert par l’Esprit. Sans doute Matthieu pensait-il au désert de Judée, l’endroit où avait eu lieu la prédication de Jean-Baptiste. Un endroit à l’écart, où on pouvait vivre dans la solitude, à l’abri des curieux. Au temps de Jésus certains groupes juifs, les Esséniens, s’étaient retirés dans ce désert de Judée pour rassembler le peuple fidèle de Dieu. Mais Jésus ne se retire pas au désert pour y rester. Le passage de Jésus au désert n’a de signification que par rapport à son activité publique qui se passera au milieu des gens, parcourant leurs villes et villages.

Jésus, une fois au désert, passe 40 jours, jeûnant. La tradition juive attribuait aussi 40 jours dans le désert à Moïse, pendant lesquels il avait été nourri miraculeusement par Dieu. Jésus, comme un nouvel Moïse qui conduit son peuple vers sa libération et vers la vraie connaissance de Dieu, jeûne, non comme ascèse pour se rendre capable d’affronter le diable, mais signifiant ainsi, à l’instar de Moïse, son écoute attentive et sa soumission complète à la volonté du Père de qui il attend tout.

Alors survient le diable pour le tenter, et il vient pour vraiment le tenter. Il n’est pas question d’éprouver Jésus pour le fortifier. Il veut le faire tomber d’une manière très concrète : il veut le faire abandonner sa vocation de Fils obéissant.

Jésus a faim. C’est normal, il est vrai homme ! Le diable lui propose alors de supprimer cette difficulté en utilisant son autorité de Fils de Dieu pour son propre compte, le détournant ainsi de sa vocation de Fils obéissant qui compte exclusivement sur son Père.

Jésus à chaque tentation ne répond pas de manière indépendante ! Il répond toujours en s’appuyant sur les Écritures. Ceci nous montre le fondement de son attitude : il choisit de rester homme, de rester un juif fidèle qui compte sur la Parole de Dieu. Ainsi peut-il retorquer au diable que la vie d’un homme ne saurait être satisfaite de pain seulement.

Dans la deuxième tentation, le diable propose à Jésus de faire un miracle éclatant, d’utiliser son pouvoir de Fils pour quelque chose que le Père ne lui aurait pas demandée. Il veut que Jésus se montre autonome par rapport à son Père.

Jésus répond, toujours à travers les Écritures, comme expression de sa complète obéissance. Jésus, s’il est le Messie, s’il est le Sauveur, ne le sera pas de manière égocentrique. Il suivra, en tout, la volonté de son Père.

La troisième tentation est faussée à la racine même. Le diable offre tous les royaumes du monde à Jésus ; or, le monde ne lui appartient pas. Le monde appartient à Dieu seul, son créateur. Ce que le diable offre à Jésus est son emprise sur les pouvoirs de ce monde, en contradiction avec le plan primordial de Dieu. Le pouvoir que le diable offre n’est qu’illusoire car fondé sur la division dont il est le maître.

Jésus comprend cette tentation comme un choix à faire entre une forme faussée de pouvoir et le service filial : « le Seigneur ton Dieu, tu adoreras, et c’est lui seul que tu serviras. » Jésus assume de manière radicale et rappelle à tout instant sa condition de Serviteur.

À chaque tentation, Jésus est clair. Il n’y a pas de place, ni dans ses paroles ni dans ses attitudes, pour les malentendus ou l’ambiguïté. Il nomme le diable de manière explicite et l’écarte avec autorité : « arrière Satan ! » C’est une autorité qui surgit de son humilité et de la liberté que donne le fait de reconnaître sa dépendance du Père.

L’Esprit nous pousse aujourd’hui, au début du carême, à entrer dans la dynamique du désert, à faire silence en nous, pour écouter la volonté du Père. Pour les pères du désert et dans la tradition des moines du désert, l’avantage d’être au désert était que le diable n’avait pas où se cacher et qu’on le voyait venir de loin. Cette image nous parle encore aujourd’hui ! Ce moment de désert auquel nous invite le carême, est aussi le moment privilégié pour voir quelles sont les tentations qui nous détournent de notre vocation primordiale. Peut-être que dans le bruit et les activités de la vie de chaque jour, nous n’arrivons pas à les repérer. Peut-être que nous nous sommes habitués à une certaine ambiguïté dans nos attitudes ou à des discours intérieurs qui nous réconfortent dans une zone de clair-obscur. La première tentation pourrait nous parler du désir de contrôler et d’utiliser les biens matériels, la deuxième du désir de célébrité ou même de forcer la main de Dieu, la troisième du désir de pouvoir… Ce que l’attitude de Jésus nous montre est que la racine de la tentation est toujours la même, nous séparer du Père et nous détourner de notre vocation filiale, être des serviteurs qui attendent tout de Lui.

Demandons alors la grâce du silence, de la vérité et de l’humilité de celui qui place toute sa confiance dans le Seigneur seul et qui espère tout de Lui.

Par: Gonzalo Martín Bartolomé, M.Afr.

Rudolf Kriegisch R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père Ludwig Peschen, Délégué Provincial du secteur d’Allemagne,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le jeudi 19 février 2026 à Balingen  (Allemagne)
à l’âge de 96 ans dont 66 ans de vie missionnaire
en Tanzanie, au Kenya et en Allemagne.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Rudolf Kriegisch

Né à :
Zuckmantel
le 29/09/1929
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
Ostrava-Opava
05/09/195520/06/195919/09/1959
Nationalité :
Allemand
Alexandria Bay
(United States of America)
Eastview
(Canada)
Eastview
(Canada)

Bionotes

30/03/1960EtudesFrankfurtDeutschland
13/01/1962TaboraTanzania
07/07/1962VicaireUrambo, D. TaboraTanzania
26/04/1963Petit Sémin.ItagaTanzania
01/12/1969Parish PriestUpugeTanzania
01/11/1972Parish PriestKaliuaTanzania
13/10/1977Etudes (Liturgy)TrierDeutschland
01/12/1978Parish PriestKaliuaTanzania
01/01/1984O.R. CatechumenateMakokolaTanzania
01/01/1985N.L.C. +Prof.MakokolaTanzania
01/01/1990Facilitator Pr. Ren. PEldoretKenya
17/07/1990Curate, then P.P. inteKaliuaTanzania
01/02/1994FondationNguruka, D. TaboraTanzania
27/07/2000Session Psychoth.MünsterschwarzachDeutschland
27/07/2000Parish PriestNguruka, D. TaboraTanzania
01/05/2004RésidenceMünchenDeutschland
01/09/2023ResidenceHechingenDeutschland
19/02/2026DCD (96)BalingenDeutschland

Le Centre culturel et artistique de Kungoni célèbre son 50e anniversaire

Session de formation de ‘Safeguarding’ pour les Missionnaires d’Afrique oeuvrant dans la province du Ghana/Nigeria

Célébration de la Sainte Joséphine Bakhita et de la Journée Internationale de prière et de réflexion contre la traite des personnes à Bruxelles, 2026

Samedi après-midi, le 7 février, une soixantaine de personnes, dont des membres d’une dizaine de congrégations religieuses, se sont rassemblées à l’église Saint-Sacrement-la Viale Europe, à Bruxelles, pour commémorer Sainte Bakhita et pour prier et dénoncer la traite des personnes et l’esclavage moderne.

Le thème de 2026 mis en avant était « La paix commence avec la dignité : un appel mondial pour mettre fin à la traite des personnes ».

Dans son mot d’introduction, Sœur Françoise Coppieters, religieuse de l’Assomption, souhaita la bienvenue à toutes les personnes présentes, au nom de RENATE, le réseau des religieuses et religieux engagés dans la lutte contre la traite et l’exploitation des êtres humains en Europe. Elle établit le lien entre la fête de sainte Joséphine Bakhita et la Journée internationale. S’appuyant sur quelques chiffres et statistiques, elle donna un aperçu de l’existence de la traite à l’échelle mondiale et en Belgique.

Ensuite, Madame Monka Kuseke et ses deux filles, Bakhita et Julienne, ont mis en scène les moments décisifs de la vie de sainte Bakhita, de son enfance, à sa captivité, sa vie d’esclave, jusqu’à sa libération et sa vocation chrétienne et religieuse.

Cinq bougies, chacune représentant un groupe vulnérable – les enfants maltraités, les filles et les femmes exploitées, les migrants, les réfugiés – ainsi qu’une des cinq valeurs fondamentales – la paix, la foi, l’amour, la justice et l’espoir – furent alors apportées en procession jusqu’à l’autel.  En vertu de ces valeurs, toutes et tous sont invités à s’engager pour la dignité humaine.

La récitation du Psaume 115 et la lecture de l’Évangile selon Saint Luc 4, 14-21 rappelèrent l’importance de briser les chaînes des personnes en captivité en vue de leur libération !

Sœur Marie-Joséphine Fernando, religieuse du Bon Pasteur, parla de l’association SAWA, qui propose l’aide et l’accompagnement aux personnes prises dans des réseaux de la prostitution. Elle témoigna très concrètement du long parcours d’une femme libérée retrouvant sa dignité après avoir décroché un emploi.

Le refrain de Taizé, « Abana fi yadayka ousalimou rouhy », en arabe, qui signifie « Père, entre tes mains je remets mon esprit », créa un climat de prière internationale. Cette intention pour le monde entier s’est poursuivie lors de la prière d’intercession.

Chaque bougie représentait un continent et les prières exprimaient les drames que vivent des personnes : l’exploitation dans les mines en Afrique ; la traite des filles et des femmes partout dans le monde ; le bafouement de la dignité humaine dans tant de pays, même démocratiques ; des abus subis par les personnes poussées à se prostituer ; l’exploitation de la vulnérabilité des personnes sans-papiers due à l’absence de statut légal. La prière libre, très émouvante, permit à chacun et chacune de déposer une petite bougie sur la carte du monde.

La prière s’est terminée par le Notre Père récité dans les différentes langues parlées par les membres de l’assemblée. Avant de conclure, la prière de sainte Joséphine Bakhita fut distribuée et lue avec recueillement.

La bénédiction, chantée en langue malgache par sœur Lucie Vololoniaina, religieuse du Bon Pasteur, reflétait la dimension interculturelle de la célébration. Les cinq bougies furent finalement soulevées et dirigées vers les quatre points cardinaux avec souhaits lus par sœur Bénédicte Goorissen, religieuse du Sacré-Cœur.

Après la célébration, tous les convives poursuivirent l’échange autour d’un verre d’amitié. Des contacts furent noués et des informations et adresses échangées. La rencontre s’acheva dans une ambiance très cordiale et bienveillante !

Que Sainte Joséphine Bakhita puisse accorder la paix en dignité à toutes et à tous!

Par: Andreas Göpfert, M.Afr.
Membre de RENATE et de l’équipe de préparation

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