Dimanche des Rameaux, Année A

« Nous t’adorons, ô Christ, et nous te louons, car par ta Sainte Croix, tu as racheté le monde »

Isaïe 50, 4-7 / Psaume 21 (22) / Philippiens 2, 6-11 / Matthieu 26, 14 – 27, 66

Frères et sœurs,
La liturgie d’aujourd’hui est en effet extraordinaire. Elle est marquée par de nombreux contrastes. Voici le Messie, à dos d’âne, descendant du village de Béthanie vers la vallée du Cédron. Il effectue une descente stratégique, s’humiliant en voyageant à dos d’âne, nous portant tous avec lui, afin que, lorsqu’il se lève pour monter à Jérusalem, il élève chacun de nous vers Dieu. 

Jésus entre à Jérusalem, acclamé comme « le Roi qui vient au nom du Seigneur ». C’est l’un de ces moments glorieux de sa vie. Mais ensuite les choses changent si vite et prennent un tournant dramatique, comme cela arrive parfois dans nos vies ; l’heure des ténèbres s’installe, et finalement, Jésus est crucifié, il meurt et il est scellé dans un tombeau, couché dans un linceul, et laissé sur une corniche de pierre dans une carrière transformée en cimetière.

« J’ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m’arrachaient la barbe », dit Isaïe. Le Fils de Dieu est « livré à ses bourreaux sans ouvrir la bouche ». Il entre volontairement dans sa passion comme celui qui se soumet à la volonté de son Père. Il ne se plaint pas, mais laisse plutôt ses adversaires prendre le dessus sur lui ; pourtant, par son innocence et par sa sainte croix, il rachète le monde voué à la damnation.

En méditant sur l’Évangile d’aujourd’hui qui, au cours des premiers siècles, était lu le premier dimanche de l’Avent (pour marquer le début de l’année liturgique), et en suivant les différents épisodes, on voit Jésus subir un processus de dépouillement. Pas à pas, il est privé de presque tout. Il est dépouillé de la loyauté et de la compagnie des Douze, ses amis ; il est trahi par l’un d’entre eux, renié par un autre, et finalement abandonné par tous. Dans le jardin de Gethsémani, il renonce au désir de la vie terrestre : « Éloigne de moi cette coupe », s’écrie-t-il, mais ce n’est pas sa propre volonté qu’il suivra.

À son arrestation, il perd sa liberté physique. Aux procès devant le Sanhédrin puis devant Pilate, il est privé de justice élémentaire, du droit de se défendre ; il perd la protection de la loi. Oui, tout cela était une parodie de justice, un déni de l’État de droit et un mauvais traitement infligé au Fils de Dieu. Aujourd’hui, beaucoup vivent la même expérience : accusés à tort de crimes qu’ils n’ont pas commis, laissés à croupir dans les prisons sans recours. Qui plaide leur cause ?

Vu les mauvais traitements et les moqueries, Jésus perd la sympathie du peuple qu’il avait nourri, même si Pilate ne trouve aucun mal en lui. Il est méprisé par la cohorte des hommes religieux, raillé par les soldats, par les passants, et même par ses compagnons de captivité. Il est dépouillé de sa dignité, respect et réputation. Il est abandonné à la merci de ceux qu’il doit sauver ; pourtant il est là, « sans ouvrir la bouche ». À quel point ignorons-nous davantage ceux qui sont privés de leurs droits et dignité ? Et quel rôle jouons-nous pour que chacun se sente membre de la famille humaine, quel que soit son statut social ?

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », s’écrie-t-il. À ce moment, comme tout être humain, il semble perdre même le sentiment de la proximité du Père. Dans son cri, il porte les questions sans réponse de tant d’entre nous qui nous sentons abandonnés, livrés à la cruauté d’une société qui semble indifférente à l’appel des pauvres et des plus vulnérables. C’est le cri des migrants dont les espoirs se sont brisés dans les eaux impitoyables de l’Atlantique. C’est le cri des personnes qui ont fui leurs foyers en République démocratique du Congo, au Soudan, au Sud-Soudan, au Mali, au Burkina Faso, en Palestine, en Israël, en Iran, en Ukraine et dans d’autres régions du monde, à cause de guerres insensées. C’est le cri des nations ravagées par des coups d’État ; c’est en effet le cri de toute âme humaine aspirant à la justice et à la paix.

Jésus subit un processus de soustraction et de dépouillement. Il a été traité comme un objet jetable. Pourtant, dit sainte Catherine de Sienne, il entre dans sa passion comme un cerf assoiffé d’eau – avide de notre bien-être, et assurément de notre bonheur en Dieu. 

Nous, au contraire, nous mettons l’accent sur la réalisation de soi, sur la valeur ajoutée ; nous voulons nous enrichir : être plus, faire plus et posséder plus ; plus de réussites, plus d’expériences, plus de connaissances, plus d’argent, une bonne réputation ; en somme, tout ce qui gonfle notre ego. C’est ce que la société valorise, apprécie et nous pousse à désirer. Le Saint de Dieu, lui, est réduit à néant. Il « prend la condition d’esclave », dit saint Paul.

Enfin Jésus s’écrie d’une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ». Dans ce cri déchirant, le Christ, dit le catéchisme, confie au Père toutes nos souffrances, les souffrances de tous les temps. Il lui offre toutes les supplications et intercessions de l’histoire du salut. Et le Père l’a entendu, de sorte que, par son don de soi, il rachète le monde. Par ce cri, il rassemble les enfants de Dieu « comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ». Il le fait, comme le dit Julienne de Norwich, avec « la maternité de Dieu » dans son cœur. Il le fait tel le grand prêtre qui guide la cérémonie d’expiation des péchés, tel le Verbe incarné portant chacun de nous dans son corps défiguré par les coups. Il rassemble tous ceux d’entre nous dispersés par le changement climatique, les affrontements géopolitiques et économiques, les conflits armés et les divisions ethniques. Il rassemble tous ceux d’entre nous qui vivent dans l’incertitude. 

Alors, avec foi et simplicité, connectons-nous à l’instant présent et laissons la liturgie de cette semaine sainte pénétrer en nous et nous transformer, et elle le fera car la liturgie agit.

Par: Nicholas Iwuala, M.Afr.

Une marche contre le féminicide à Beira, Mozambique

Au cœur de Beira, capitale de la province de Sofala, un message retentissant a récemment résonné dans les rues : « Ça suffit ». Le 7 mars 2026, environ 700 femmes, aux côtés de membres d’organisations de la société civile, de groupes de femmes, de leaders communautaires et d’amis, sont descendues dans la rue pour une marche visant à dénoncer et à exiger la fin du féminicide dans la ville.

Organisé par la Commission archidiocésaine pour la justice et la paix de l’archidiocèse de Beira, en collaboration avec des partenaires tels que l’AMPDC (Association des femmes pour la promotion du développement communautaire) et d’autres entités locales comme le Grupo de Mulheres de Partilha de Ideias de Sofala (GMPIS), l’événement portait le slogan percutant : « Basta de Feminicídio! Unidos para Acabar com Toda a Violência contra Mulher e Rapariga » (Assez de féminicides ! Unis pour mettre fin à toute violence contre les femmes et les filles).

La marche s’inscrivait dans le cadre des célébrations de la Journée de la femme africaine et a servi de prélude à des mobilisations plus larges autour de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, amplifiant ainsi une voix unifiée contre la vague croissante de violence sexiste au Mozambique, en particulier à Beira.

Une crise qui s’aggrave exige une action urgente

Beira a connu une escalade alarmante des crimes contre les femmes, avec une multiplication des cas de féminicide ces derniers mois. Les rapports locaux et le suivi effectué par les observatoires ont mis en lumière de nombreux incidents tragiques rien qu’au début de l’année 2026, souvent liés à la violence domestique et à l’impunité. La Commission Justice et Paix de l’Église catholique, active dans l’archidiocèse depuis 38 ans sous l’égide des Missionnaires d’Afrique, a inscrit cet événement dans le cadre de sa mission, fondée sur la doctrine sociale de l’Église, les enseignements de Vatican II et un engagement en faveur de la dignité humaine, la paix, la justice sociale et l’État de droit.

Les Missionnaires d’Afrique se sentent profondément liés à la société mozambicaine et s’engagent activement pour répondre aux réalités quotidiennes auxquelles sont confrontées les communautés. La marche visait à encourager les victimes et les témoins, à signaler les cas aux autorités, notamment au Parquet général (PGR) et à la police, tout en faisant pression pour que des mesures de sécurité publique plus strictes soient mises en place, considérées comme essentielles pour parvenir à une véritable justice et à l’équité sociale.

La marche : une démonstration d’unité et de détermination

Les participants se sont rassemblés à la Praça dos Professores à Chipangara à 8 h 30, et le cortège s’est mis en route à 9 h. Le parcours a suivi l’Avenida Armando Tivane, a contourné la Rotunda do Goto, s’est poursuivie sur l’Avenida Samora Machel et s’est achevée à la Praça da Juventude, devant la Casa dos Bicos.

Portant des banderoles, scandant des slogans et unis dans la solidarité, la foule, composée majoritairement de femmes mais également d’hommes, de jeunes et de communautés confessionnelles, a transformé les avenues centrales de la ville en une tribune de visibilité et de résistance. La participation d’environ 700 femmes a montré l’ampleur de la mobilisation communautaire et l’urgence partagée de s’attaquer à un problème qui touche familles, quartiers et l’ensemble de la société.

La société civile a joué un rôle clé, les organisations de femmes amplifiant les appels à la responsabilisation, à de meilleurs mécanismes de protection et à un changement culturel pour éradiquer les causes profondes de la violence. L’événement a souligné que mettre fin au féminicide nécessite un effort collectif : de l’éducation et de la sensibilisation à des réponses juridiques solides et à des systèmes de soutien communautaire.

Le message central était sans équivoque : le féminicide doit cesser. Les participants ont exigé que les autorités agissent avec détermination, que la société rejette toute tolérance de la violence et que les femmes et les filles puissent vivre sans crainte. En rassemblant divers groupes sous la bannière commune de la justice et de la paix, la marche a démontré que la lutte contre la violence de genre transcende les clivages religieux, politiques ou sociaux ; c’est un impératif humain commun.

Beira a parlé haut et fort : Basta de feminicídio. La lutte se poursuit jusqu’à ce que chaque femme et fille puisse vivre en sécurité et dans la dignité.

Par: Elie Sango Nyembo, M.Afr.

L’équipe de Communication de GMG rencontre les nouveaux confrères de la quatrième phase

Le 18 mars 2026, l’équipe de communication du Groupe Maison Généralice (GMG), en collaboration avec le secrétaire de la formation initiale des Missionnaires d’Afrique à Rome, en Italie, a organisé une réunion en ligne qui a rassemblé vingt-sept (27) nouveaux membres de la Société qui achèvent actuellement leur formation initiale dans les cinq maisons de formation théologique réparties à travers le monde. Avant cette rencontre, l’équipe de communication avait rencontré les recteurs de la quatrième phase pour discuter de la faisabilité de cette rencontre. L’objectif de la rencontre était de les sensibiliser aux services qui leur sont disponibles en tant que Missionnaires d’Afrique, tels que l’accès aux plateformes de réseaux sociaux de la Société, au site web et au système de messagerie électronique. En outre, l’occasion a été saisie pour encourager les confrères dans l’excellent travail qu’ils réalisent dans la gestion des différentes plateformes de réseaux sociaux de leurs maisons de formation respectives, tout en les sensibilisant aux opportunités plus larges de collaboration avec l’équipe de communication pour la création de contenu destiné au site web de la Société (mafrome.org) et au bulletin interne (Petit Echo).

Au cours de cette réunion, les confrères ont apprécié l’occasion qui leur a été donnée d’échanger avec l’équipe de communication et de poser des questions qui les concernent. Lors de la séance de questions-réponses, leurs interrogations ont porté sur le logo de la Société, ses réseaux sociaux, le site web (mafrome.org) et l’application Lavigerie. Il était encourageant de constater que nombre d’entre eux sont enthousiastes à l’idée de partager leurs connaissances et leurs expériences avec le reste de la Société et le monde entier par le biais du Petit Écho et du site web de la Société.

Cette rencontre est la première du genre et sera suivie d’autres rencontres ciblant séparément chaque maison de théologie. Lors des rencontres suivantes, l’équipe de communication montrera aux confrères comment accéder aux systèmes de communication interne de la Société. Cela permettra de s’assurer qu’ils sont au courant de tous les développements au sein de la Société et qu’ils sont en mesure de contribuer à la circulation de l’information et des connaissances parmi les membres.

Le secrétaire de la formation initiale, le père Evariste Some, présent lors de la réunion en ligne sur Zoom, a exprimé sa gratitude aux confrères de nos maisons de théologie pour avoir adhéré à cette initiative et pour avoir activement enrichi la rencontre par leurs idées et leurs questions.

La réunion s’est terminée par le chant de l’hymne de la Société, le ‘Sancta Maria’.

Par: Vitus Danaa Abobo, M.Afr.

Des jeunes de Kasamba, en Zambie, sensibilisés aux questions de sauvegarde

Chaque année, le 12 mars, la Zambie célèbre sa jeunesse afin de rappeler aux jeunes leur importance, de les responsabiliser, de les aider à reconnaître leur contribution essentielle au développement national et de les encourager à participer activement à la construction de l’avenir du pays.

L’Église en Zambie n’est pas en dernier lieu dans cette célébration de la jeunesse. Chaque année, les jeunes de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Kasamba, en Zambie, se rassemblent pour célébrer cette journée. Cette année encore, ils se sont réunis au niveau paroissial, et nous avons saisi cette occasion pour les sensibiliser et les former aux questions de ‘safeguarding’.

La participation a été massive et leur engagement durant la session a été remarquable. Les thèmes abordés comprenaient : les abus émotionnels, physiques, verbaux et sexuels. Les questions qu’ils ont posées ainsi que leurs contributions ont montré que ces réalités ne leur sont pas étrangères ; cependant, ils n’avaient jamais eu l’occasion d’en parler ouvertement. Nous les avons encouragés à ne pas garder le silence lorsqu’ils sont témoins de cas d’abus et nous leur avons expliqué les canaux appropriés pour signaler de telles situations.

La session a été organisée par le père Michael Okunola, M.Afr., aumônier des jeunes au niveau paroissial, et l’intervenante principale était Sœur Agnes Chisenga, FMDM (Franciscan Missionaries of the Divine Motherhood).

Par: Michael Okunola, M.Afr.

Cinquième dimanche du Carême, année A

« J’ouvrirai vos tombes... et vous vivrez »

Ézékiel 37, 12-14 / Psaume 129 (130) / Romains 8, 8-11 / Jean 11, 1-45

Chers frères et sœurs,
Ce dimanche, la liturgie nous confronte à la peur la plus profonde de l’être humain : la mort. Non seulement la mort physique, mais toutes les formes de mort intérieure, relationnelle et spirituelle qui touchent nos vies. Étonnamment, l’Église nous propose ces lectures avant Pâques pour une raison précise. Pourquoi ? Est-ce une erreur ? Cela ne peut certainement pas être une erreur. C’est simplement parce que le carême n’est pas seulement un chemin vers la Résurrection, c’est un voyage vers les lieux mêmes où nous avons besoin de résurrection. La Parole d’aujourd’hui n’est pas une promesse lointaine pour la fin des temps. C’est un appel à laisser la vie de Dieu entrer dans les lieux que nous avons scellés avec des pierres.

Dans la première lecture, Israël, exilé et brisé, s’écrie : « Nos os sont desséchés, notre espérance est perdue. » Dans ce désespoir, Dieu fait une promesse surprenante : « J’ouvrirai vos tombes et je vous ramènerai. » Remarquez comment tout commence avec Dieu. Il ne demande pas à Israël de s’améliorer. Il n’attend pas qu’Israël s’améliore. Il entre lui-même dans la tombe et apporte la vie de l’intérieur. C’est le modèle du salut. Dieu va là où nous ne pouvons pas aller. Il entre dans les lieux que nous craignons le plus, les échecs que nous cachons le plus, les blessures que nous enterrons le plus. Ainsi, nous remarquons que la résurrection ne commence pas par nos efforts, mais par l’initiative de Dieu.

Saint Paul reprend cette promesse et la porte à son sommet : « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous. » Le christianisme n’est pas une amélioration morale, c’est la présence divine en nous. Le même Esprit qui a insufflé la vie aux ossements desséchés, le même Esprit qui a ressuscité Jésus du tombeau, est déjà à l’œuvre chez les baptisés. Paul oppose deux modes de vie : une vie refermée sur elle-même, autonome, protectrice, spirituellement étouffante, et une vie ouverte à la puissance de Dieu, réceptive, abandonnée, libre. La résurrection ne concerne pas seulement l’avenir. C’est une transformation présente. L’Esprit est déjà en train de détacher les bandelettes de la peur, du péché et de la résignation.

L’Évangile nous présente la résurrection de Lazare, en fait le signe final et le plus grand avant la passion de Jésus. Ce n’est pas un spectacle, c’est une révélation d’identité : « Je suis la résurrection et la vie », dit Jésus. Et regardez comment Jésus révèle le cœur de Dieu. Il pleure, montrant que Dieu n’est pas indifférent à notre souffrance. Il lance un appel : « Lazare, sors ! », montrant que sa parole atteint même ce qui est mort. Et il ordonne à la communauté : « Déliez-le », montrant que la résurrection est personnelle mais jamais privée. La grâce de Dieu nous atteint souvent par les mains et le cœur des autres. Dieu nous implique dans la libération les uns des autres. Dieu choisit de nous guérir non seulement par la prière et l’effort personnel, mais aussi par la présence, la compassion et le courage des personnes qu’il place dans nos vies. C’est une belle vérité : Dieu pourrait nous libérer seul, mais il préfère nous libérer ensemble.

Enfin, on peut se demander pourquoi l’Église proclame la résurrection avant Pâques. La réponse est que le carême n’est pas une marche funèbre. C’est une conversion à la vie. Avant de célébrer la victoire du Christ, nous devons reconnaître les domaines dans nos vies où nous en avons besoin. L’Église proclame la résurrection maintenant afin que nous osions espérer avant de voir, faire confiance avant de comprendre, ouvrir le tombeau avant que la pierre ne roule.

Chaque personne porte en elle un « Lazare » : une relation qui s’est refroidie, un rêve qui s’est évanoui, une habitude qui asservit, une peur qui paralyse, un péché qui étouffe. Où avez-vous dit, comme Israël : « Mon espoir est perdu » ? Où avez-vous scellé le tombeau ? Le Christ se tient aujourd’hui devant cet endroit.

Le Dieu qui a ouvert les tombes d’Israël, le Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, le Dieu qui a ramené Lazare à la vie, est le même Dieu qui nous parle aujourd’hui. La résurrection n’est pas seulement le destin du Christ. C’est aussi le nôtre, car le Christ l’a gagné pour nous. Le carême est donc le temps où nous osons y croire.

Frères et sœurs, alors que nous sommes à l’aube de la Semaine sainte, n’ayons pas peur de laisser le Christ s’approcher des endroits que nous gardons cachés. Il ne vient pas pour condamner nos tombes, mais pour les ouvrir. Il ne vient pas pour faire honte à nos ténèbres, mais pour y faire entrer la lumière. Il ne vient pas pour exposer notre faiblesse, mais pour y insuffler son Esprit. Si vous vous sentez fatigué, découragé ou si vous portez un fardeau qui vous semble trop lourd à soulever, souvenez-vous de ceci : Jésus ne vous demande pas de rouler la pierre vous-même. Il vous demande seulement de le laisser se tenir devant elle. Il vous demande seulement de laisser sa voix atteindre l’endroit que vous pensiez hors de portée du salut. Et quand il vous appelle, car il nous appelle, puissions-nous avoir le courage de faire ne serait-ce qu’un petit pas vers la lumière. Et puissions-nous nous permettre mutuellement de « dénouer » ce qui nous retient encore, car la résurrection est toujours un don partagé en communauté.

Le Dieu qui a ouvert les tombes en Israël, qui a ressuscité son Fils d’entre les morts, qui a ramené Lazare à la vie, désire faire de même en nous. Pas un jour. Pas seulement à la fin des temps. Mais maintenant, pendant ce carême, dans cette eucharistie, à cet instant précis. Osons croire que rien en nous n’est trop mort pour Dieu, et que rien en Dieu n’est trop petit pour nous. Que ce carême devienne le temps où nous le laissons enfin nous ramener à la vie.

Laissez le Christ se tenir devant les lieux que vous avez scellés, car rien en vous n’est trop mort pour sa résurrection.
Amen.

Par: Jean Damascène Bimenyimana, M.Afr.

Si c’est excitant d’y penser, imagine-toi le vivre !

Nouvelle politique de sauvegarde pour la Province d’Afrique Centrale inauguré

Du 26 au 31 janvier 2026, les délégués à la protection des mineurs et des adultes en situation de vulnérabilité de la Province d’Afrique Centrale (PAC) se sont réunis au Centre Missionnaire Lavigerie (CML) à Kigali, au Rwanda. Lors de cette rencontre, le Vice-Provincial et le coordinateur provincial pour la protection ont assuré la modération des travaux. À l’ordre du jour figuraient : l’accueil des participants et leur présentation nominative; la lecture du procès-verbal de la rencontre de 2025 tenue à Bujumbura, au Burundi; ainsi que le partage des expériences des différents délégués de secteur.

À cette occasion, le coordinateur de la Société pour la protection, Lowrent Kamwaza, a donné une conférence en ligne rappelant le devoir et les responsabilités des délégués à la protection. Par ailleurs, au cours de cette réunion, nous avons inauguré le nouveau document de la PAC sur la politique de protection intitulé : « Prévenir et protéger : Politique des Missionnaires d’Afrique dans la Province d’Afrique Centrale (PAC) pour la prévention des abus et la protection des enfants et des personnes en situation de vulnérabilité ». Cette politique est le fruit d’une large consultation auprès des confrères de la Province (PAC), un processus qui a atteint son point culminant lors de la session sur la sauvegarde organisée par le Conseil Général en faveur des confrères de la PAC engagés dans le domaine de la sauvegarde, en février 2025 à Bujumbura, au Burundi. Nous remercions le Provincial de la PAC pour la promulgation de cette politique si importante pour le ministère de la sauvegarde dans la Province.

Pour la diffusion de cette politique, la responsabilité est confiée à chaque délégué de secteur à la protection, qui devra d’abord l’expliquer aux confrères de son secteur avant sa distribution. Cette rencontre s’est terminée dans une lueur d’espoir, avec la conviction que la protection est et doit rester l’affaire de tous. Ensemble, nous pouvons bannir le phénomène des abus hors de nos murs.

Par: Arsene Somda, M.Afr.
Coordinateur Provincial à la Protection de la PAC

Piet Bergmann R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père Jozef de Bekker, Délégué Provincial du secteur des Pays-Bas,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le vendredi 13 mars 2026 à Heythuysen (Pays-Bas)
à l’âge de 100 ans dont 74 ans de vie missionnaire
en Tanzanie et aux Pays-Bas.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Piet Bergmann

Né à :
Boxmeer
le 29/10/1925
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
‘sHertogenbosch
07/09/194726/07/195131/05/1952
Nationalité :
Néerlandais
‘s-Heerenberg
(Pays-Bas)
‘s-Heerenberg
(Pays-Bas)
Monteviot
(Grande-Bretagne)

Bionotes

01/06/1952Nommé:Tanganyika
06/10/1954De Tunis arrive àUrambo, D.TaboraTanganyika
03/11/1955ItagaTanganyika
20/11/1956NzegaTanganyika
14/07/1959TaboraTanganyika
01/10/1961EschNederland
20/09/1962SupérieurTaboraTanzania
01/04/1967Dir.: Inst.for deafTabora, Bishop’s HouseTanzania
01/09/1971Dir.: Inst.for deafTabora, Bishop’s HouseTanzania
07/12/1996Regional Counc.Tanzania
01/07/2018Nommé PEPHythuysenNederland
13/03/2026DCD (100)HythuysenNederland

Quatrième dimanche du Carême, année A

« Voir comme Dieu voit : un voyage de l’aveuglement à la lumière »

1 Samuel 16, 1b.6-7.10-13a / Psaume 22 (23) / Éphésiens 5, 8-14 / John 9, 1-41

Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, notre mère l’Église nous invite à célébrer le dimanche Laetare, un moment de réjouissance au cœur du carême. Nous nous réjouissons non pas parce que notre cheminement de carême est facile, mais parce que Dieu est déjà à l’œuvre, nous façonnant, nous guérissant et nous conduisant vers la lumière de Pâques. Le dimanche Laetare nous rappelle que la grâce surpasse le péché, que la lumière vainc les ténèbres et que Dieu voit en nous des possibilités que nous ne percevons pas encore, car Il ne regarde pas les apparences, mais le cœur. Le mot latin Laetare signifie « Réjouis-toi », faisant écho à l’antienne ancienne : « Laetare, Jérusalem, Réjouis-toi, ô Jérusalem » (Is 66, 10-11). Les vêtements liturgiques roses d’aujourd’hui et les lectures pleines du mot ‘Lumière’ murmurent tous le même message : Dieu est déjà à l’œuvre en nous, avant même que Pâques ne se lève.

Il existe une célèbre nouvelle qui peut nous aider à entrer dans le mystère d’aujourd’hui. Un voyageur rencontra un jour un aveugle assis au bord de la route, souriant tandis que le soleil réchauffait son visage. Curieux, il lui demanda : « Comment peux-tu sourire alors que tu ne peux pas voir la beauté qui t’entoure ? » L’aveugle répondit : « Je ne peux pas voir le monde avec mes yeux, mais je le vois avec mon cœur. Et parfois, le cœur voit plus clairement que les yeux. » Les lectures d’aujourd’hui nous invitent à cette vision plus profonde.

Première lecture

Dans la première lecture, Samuel est envoyé pour oindre un nouveau roi. Il regarde les fils de Jessé, forts et impressionnants, mais Dieu l’interrompt : « L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Dieu choisit David, le plus jeune, celui que personne n’attendait. Dieu voit les choses différemment, en effet. Il voit du potentiel là où nous voyons de l’insignifiance. Il voit des possibilités là où nous voyons des impossibilités. Il voit des capacités là où nous voyons des handicaps. Il voit de la grâce là où nous voyons des échecs. Il voit de la lumière là où nous voyons des ténèbres. Il voit de l’espoir là où nous voyons du désespoir. Il voit un avenir là où nous voyons des limites. Dieu ne nous voit pas à travers le prisme de la nationalité, de la couleur de peau, de l’accent, des qualifications ou du statut social. Il voit le cœur. Il voit ce que nous ne voyons pas. Si seulement nous pouvions voir comme Il voit ! Malheureusement, la plupart d’entre nous n’en sommes pas encore là, comme l’illustre l’histoire suivante.

Un de mes amis m’a récemment appelé, la voix empreinte de frustration et de consternation. « Mon père, que se passe-t-il dans l’Église ? Pourquoi reculons-nous ? Comment peuvent-ils nous donner un évêque qui n’a même pas de doctorat ? Dans le monde d’aujourd’hui ? Avec tous les défis à relever ? » Sa déception était réelle, presque douloureuse, comme si quelque chose qu’il chérissait avait été secoué. Je l’ai écouté en silence, le laissant exprimer sa confusion et sa douleur. Pour lui, les titres universitaires signifiaient compétence, crédibilité et progrès. Il craignait que sans eux, l’Église perde du terrain, perde le respect, perde sa capacité à diriger. Lorsqu’il s’est enfin interrompu, je lui ai répondu gentiment, non pas avec un argument, mais avec la Parole de Dieu elle-même : « L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Il s’est tu. Il n’était pas immédiatement convaincu, mais désarmé. Car au fond, il savait que les critères de Dieu ne sont pas toujours les nôtres. Les titres importent, oui ; la formation importe ; la compétence importe. Mais la sainteté, l’humilité, la sagesse pastorale, la capacité d’écouter, de guider, d’aimer, tout cela ne peut être mesuré par des diplômes et des titres universitaires. Au cours de la conversation, je lui ai rappelé que Dieu nous surprend souvent, tout comme il a surpris Samuel lorsqu’il a choisi David, le plus jeune, le moins attendu, celui que personne n’aurait choisi en se basant sur les apparences et les qualifications. L’homme est resté sans voix. Sa frustration s’est atténuée. Peut-être n’a-t-il pas obtenu toutes les réponses, mais il a terminé l’appel avec une question différente dans son cœur : Que voit Dieu que je ne vois pas ?

Évangile

Dans l’Évangile de Jean d’aujourd’hui, Jésus rencontre et guérit un homme aveugle de naissance. Ce miracle est plus qu’une guérison physique ; c’est un « signe » de qui est Jésus : la Lumière. Et la guérison se déroule progressivement : de la boue sur les yeux, faite d’un mélange de poussière et de salive, signe de l’acte créateur du Créateur ; le lavage à la piscine, un voyage de la confusion à la clarté, et enfin le moment où l’homme proclame : « Seigneur, je crois ». Entre-temps, ironiquement, les pharisiens, qui ont une vue physique parfaite, deviennent de plus en plus aveugles spirituellement.

Nous assistons à un renversement spectaculaire des rôles : l’homme qui commence dans l’obscurité physique finit les yeux grands ouverts sur la vérité, tandis que les chefs religieux, qui prétendent voir clairement à travers la Loi, finissent dans l’obscurité totale parce qu’ils refusent de reconnaître l’œuvre de Dieu. Ce contraste nous invite chacun à nous demander : où suis-je aveugle ? Où est-ce que je résiste à la lumière ? Où est-ce que je m’accroche à mes propres idées, à mes propres jugements, à mes propres peurs ?

Deuxième lecture

Saint Paul nous rappelle dans la deuxième lecture que nous étions autrefois dans les ténèbres, mais que nous sommes maintenant lumière dans le Seigneur. Cela signifie que chaque pas que nous faisons vers le Christ est un pas qui nous éloigne des ténèbres qui nous définissaient autrefois. Lorsque nous permettons à sa lumière d’éveiller ce qui sommeille en nous, tout dans notre vie commence à s’éclairer et à porter les fruits de la bonté, de la justice et de la vérité.

Frères et sœurs, l’aveuglement prend de multiples formes, et la plus subtile est l’aveuglement du cœur. Souvent, nous ne la remarquons pas, mais elle façonne silencieusement notre perception de Dieu, des autres et même de nous-mêmes. En cette période de renouveau, nous sommes invités à laisser le Seigneur ouvrir nos yeux. Parfois, notre vue est obscurcie par l’ignorance, surtout lorsque nous cessons de rechercher la vérité et nous contentons de nos propres suppositions. Parfois, notre vue est assombrie par le cynisme, lorsque nous nous attendons au pire et nous fermons aux voies surprenantes de Dieu. Parfois, notre vue est endurcie par le ressentiment, lorsque nous nous accrochons à de vieilles blessures et refusons de laisser la grâce nous adoucir. Beaucoup de gens ont du mal à reconnaître la dignité de ceux qui les entourent. Beaucoup portent en eux des blessures ou des peurs qui obscurcissent leur vision intérieure. Pourtant, Jésus s’approche de chacun de nous avec douceur. Il nous promet d’ouvrir nos yeux « afin que nous puissions voir ».

Frères et sœurs, nous devons garder à l’esprit que la guérison de l’aveugle n’est pas seulement un miracle, c’est un appel. Jésus le touche, lui parle, l’envoie, le recherche à nouveau et finalement se révèle à lui. Cela montre que la foi grandit lorsque nous permettons au Christ de nous rencontrer, et que nous le rencontrons à travers les autres dans la prière, dans la lutte, dans la joie et dans l’espérance que nous partageons. En ce dimanche Laetare, le Seigneur nous appelle à marcher vers la lumière.

Laissons Dieu nous regarder avec la vérité de son amour, un regard qui guérit la honte, les blessures et les peurs cachées. Demandons la vision intérieure par une simple prière : « Seigneur, fais-moi voir comme tu vois », afin que la compassion devienne notre instinct, l’espérance notre lentille et la miséricorde notre façon de nous voir nous-mêmes et de voir les autres. Retournons à la piscine de Siloé en renouvelant notre prière, en laissant la Parole de Dieu guider nos choix et en permettant à la réconciliation de purifier ce qui s’est obscurci. Parlons avec courage et faisons écho à la confession de l’homme guéri : « J’étais aveugle, et maintenant je vois ». L’appel est urgent : nous ne devons pas attendre un moment plus propice ou un chemin plus clair. C’est aujourd’hui qu’il faut se tourner vers le Christ, la Lumière du monde. Avec Lui, ce que nous considérons comme une faiblesse peut être précisément le lieu où Dieu veut montrer sa puissance. Puissions-nous marcher avec Lui, et notre vue sera rétablie. Et puissions-nous prendre la main de nos voisins et les conduire vers la Lumière, le Christ, afin qu’ils puissent eux aussi voir les merveilles de Dieu dans leur vie, et voir comme Il voit.  Amen !

Par: Jean Damascène Bimenyimana, M.Afr.

Felix Phiri R.I.P.

Société des Missionnaires d’Afrique
Le Père  Christian Mulenga, Provincial d’Afrique Australe
vous fait part du retour au Seigneur du Père

le mercredi 11 mars 2026 au Caire (Egypte)
à l’âge de 57 ans dont 29 ans de vie missionnaire
en Egypte, en Tunisie, en Grande-Bretagne, en Italie, au Kenya et en Zambie.

Téléchargez ici le faire-part de décès du Père Felix Phiri

Né à :
Kalushi
le 11/08/1968
Année SpirituelleSerment MissionnaireOrdination sacerdotale
Diocèse :
Ndola
22/09/199107/12/199616/08/1997
Nationalité :
Zambien
Fribourg
(Suisse)
Toulouse
(France)
Chikungu
(Zambie)

Bionotes

01/07/1997Prem. Nom.Maghreb
21/09/1997Etudes arabe (Combon)CaireEgypte
30/07/1998Etudes PISAIRoma, Maison Général.Italia
30/06/1999Bibliot. Jeunes + JCATTunis, IblaTunisie/Mgh
01/09/2001EtudesRoma, PISAIItalia
01/05/2002NomméLondon, Woodville GdnGrande-Bretagne
01/07/2006NomméRoma, PisaiItalia
01/08/2011Prof. PISAIRoma, Maison Général.Italia
15/09/2012SabbaticalZambia
01/09/2013LecturerNairobiKenya
01/07/2014Sector SuperiorNairobiKenya
16/05/2016Député au chapitreRomaItalia
01/09/2016ProvincialLusaka, WoodlandsZambia
01/09/2022ProfesseurRoma, PISAIItalia
01/09/2023IRDISNairobi, Charles LwangaKenya
11/03/2026DCD (57)CaireEgypte
Mafrome
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