Séance de travail sur les religions traditionnelles africaines : la voie à suivre

Fifth day of the Working Session on African Traditional Religions at Kungoni Centre, Malawi

De gauche à droite: Mathew W. Banseh (Centre for Social Concern (CfSC)), Bernhard Udelhoven (Lumimba parish) Zambia, Ignatius Anipu (Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC)) Mali, Philip Meraba (Faith and Encounter Centre, Zambia (FENZA)) Zambia, Anselme K.A. Tarpaga (Assistant général) Rome, Prosper Harelimana, Rome, Brendan O’Shea (Kungoni Centre of Culture and Art, Malawi), Malawi, Bruno Ssennyondo (Centre de Recherche pour la Sauvegarde et la promotion de la Culture Senoufo (CRSPCS)) Mali

Les Missionnaires d’Afrique ont conclu leur session de travail sur les religions traditionnelles africaines (RTA) à Kungoni, au Malawi ce vendredi 22 mars 2024. Ce fut une semaine de partage d’expériences, d’idées, connaissances et de perspectives pour l’avenir. Une question se pose. Quelle est la prochaine étape ? Une réflexion intense sur les RTA a conduit à cinq axes d’intervention : (1) l’animation des confrères, (2) la formation initiale, (3) la création d’une synergie entre les centres et les paroisses, (4) la recherche et les publications, et (5) la visibilité et la communication.

Le premier domaine d’intérêt ciblera les points suivants : sessions et ateliers, constitution d’un répertoire de questions préoccupantes grâce à la technologie moderne, et création de groupes centraux (commissions) pour enrichir les activités pastorales conformément aux RTA. Le deuxième domaine encouragera les candidats en formation à faire des recherches et à étudier intentionnellement les questions contemporaines relatives aux RTA. Il nourrira également les talents des candidats, encouragera l’enseignement de la philosophie et de la théologie africaines. Il a l’intention d’introduire des sessions sur les RTA dans notre système de formation, de revoir le Vade-mecum de Stage sur les RTA pour aider les stagiaires à approfondir des sujets spécifiques. Le troisième domaine permettra de s’assurer que la technologie moderne est bien utilisée pour stocker et partager des matériaux sur les RTA. Il s’abonnera à Jstor, Ebscom et à d’autres sites académiques pour une recherche de qualité. Il doit s’appuyer sur l’expertise nécessaire à la mise en valeur de nos centres. En outre, il visera à améliorer la collaboration entre les centres tels que Kungoni, FENZA, IFIC, etc., et les paroisses. Il renforcera le professionnalisme dans nos centres, éclairera les jeunes générations dans le domaine des RTA et autonomisera le personnel grâce à des programmes de renforcement des capacités. Les quatrième et cinquième domaines promouvront les publications académiques sur les questions relatives aux RTA, créant une plate-forme où les publications des Missionnaires d’Afrique sur les RTA peuvent être facilement accessibles. Il veillera à ce que les sites Web de nos différents centres soient reliés au site Web principal de la Société. Il encouragera le partage des événements sur les RTA qui se déroulent dans nos différentes zones de mission.

Les activités mentionnées ci-dessus impliquent de la créativité, du dévouement et du travail d’équipe. Ils appellent également à un suivi et à une évaluation rigoureux. Regarder en arrière pour évaluer nos performances et nos activités reste un exercice fondamental à réaliser en permanence. Il sera réalisé par nous-mêmes et, si nécessaire, avec l’intervention d’experts. Tout est fait pour accomplir, respecter et promouvoir ce que notre fondateur, le cardinal Charles Lavigerie, nous a exhortés à faire. Il nous a fortement conseillé de chérir la langue, la culture et la tradition des gens. 

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Transmettre des compétences pour mieux comprendre les Religions Traditionnelles Africaines

Qua­trième journée de la session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Comprendre les religions traditionnelles africaines (RTA) implique la volonté d’être avec les gens. Il exige également un travail académique rigoureux, avec des méthodes scientifiques reconnues.  Les méthodes de recherche et la technologie moderne sont des outils nécessaires pour explorer et mieux comprendre les RTA. Quels types de compétences ?

Notre discussion d’aujourd’hui a porté sur la manière d’utiliser les compétences pratiques, les méthodes de recherche et la technologie moderne. Nous avons besoin de ces compétences pour découvrir, comprendre et faire connaître le patrimoine culturel ancré dans les RTA. Les compétences pratiques se concentrent sur les actions (humaines) des personnes, c’est-à-dire leur comportement et les actions qui affectent ou sont affectées par de grands moments de la vie, telles que les pratiques au moment de la naissance et de la mort, l’observation des expressions religieuses et culturelles dans les moments heureux ou tristes, etc. Les méthodes de recherche étudient les modèles de pensée et de compréhension du bien et du mal en Afrique, la cosmologie, l’herméneutique, la théodicée, ce que signifie être une « personne humaine » (concept « Ubuntu »), etc. Des méthodes rigoureuses mettent en évidence des lacunes en matière de recherche, c’est-à-dire ce qui n’a pas été découvert, résolu ou exploré, dans le domaine des RTA. La technologie moderne aide à créer un répertoire du patrimoine culturel africain. Il y a tellement de matériaux sur les RTA qui doivent être bien conservés selon les normes modernes. La technologie est un outil pour préserver ce que nous avons déjà. Il est également utilisé pour découvrir ce que nous ne savons pas encore.

Les premiers missionnaires avaient des compétences impressionnantes. Ils nous ont laissé un héritage. Nous avons beaucoup appris d’eux. Il est temps de transmettre progressivement aux jeunes générations ce que nous avons reçu et ce que nous savons sur les RTA. « Le bonheur n’est pas parfait tant qu’il n’est pas partagé. » Partageons ce que nous avons, ce que nous savons et ce que nous chérissons du patrimoine africain. Ceux qui sont nés à notre époque ont soif d’identité et d’authenticité. Sommes-nous prêts à les aider à découvrir qui ils sont vraiment ?

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Vers un plan stratégique consolidé pour la rencontre et le dialogue avec les Religions Traditionnelles Africaines (RTA)

Troisième journée de la session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Les Religions Traditionnelles Africaines (RTA) incarnent les valeurs spirituelles, sociales et morales nécessaires pour vivre une vie meilleure et digne, tant au niveau individuel que sociétal. Les Missionnaires d’Afrique en sont conscients. Ils y voient une grande opportunité d’enrichir leur action pastorale. Comment accéder aux valeurs des gens ? Cette courte réflexion se propose d’apporter quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, nous devons apprendre la langue locale. La discussion d’aujourd’hui nous a fait comprendre que l’apprentissage de la langue et de la culture des gens est une porte d’entrée vers le domaine de leurs croyances et de leurs valeurs. Grâce aux interactions quotidiennes, on a accès à ce que les gens apprécient et respectent le plus. Par exemple, l’interaction avec les jeunes révèle leurs aspirations et leurs idéaux pour l’avenir. De cette façon, on découvre ce qui les motive et les interpelle. S’il le faut, on peut trouver avec eux des réponses à leurs préoccupations, spirituelles, mentales et psychologiques.

Deuxièmement, en tant que missionnaires, nous devons aller vers les gens et passer du temps avec eux. Être avec et pour les gens est une autre avenue à chérir. Un missionnaire en apprend davantage sur les gens lorsqu’il est solidaire avec eux dans leurs joies et leurs luttes quotidiennes. Il y a des événements qui aident à découvrir et à comprendre les valeurs traditionnelles et culturelles des gens. Par exemple, assister à des événements importants tels que les mariages, les cérémonies de baptême, les fêtes des récoltes, les funérailles, les cérémonies de réconciliation, etc., restent des moyens clés pour découvrir, comprendre, apprécier et respecter les traditions et les coutumes des gens. De tels événements ouvrent un enrichissement mutuel entre l’Évangile et les traditions des peuples.

Enfin et surtout, nous devons nous laisser former par les gens et leur mode de vie. Parfois, nous nous inquiétons de ce qu’il faut offrir et enseigner aux gens. Laissons-nous former par les cultures des peuples ? Prenons-nous le temps d’être fascinés par leurs chants, leurs danses, leurs poèmes, leurs artefacts, leurs mythes, leur vision du monde, leur compréhension de l’origine de la vie et de l’au-delà ?

Pour vivre efficacement cette proximité avec les gens, nous avons besoin d’un plan stratégique. Il clarifiera les manifestations contemporaines des RTA qui appellent notre attention. Il indiquera aussi ce que nous pouvons réellement faire en tant que confrères dans nos paroisses, nos maisons de formation, nos centres culturels et sociaux. Il a l’intention d’ouvrir une fenêtre pour des recherches et des publications rigoureuses qui nous enrichiront, nous et les personnes que nous sommes appelés à servir. 

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Trouver une Compréhension Commune des Religions Traditionnelles Africaines

Deuxième journée de la session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Après avoir découvert en profondeur les croyances culturelles des tribus Chewa, Ngoni et Yao, aujourd’hui, notre discussion a porté sur notre compréhension des Religions Traditionnelles Africaines (RTA). Le Dr Rodian Munyenyembe de l’Université de Mzuzu s’est concentré sur «la compréhension et l’engagement dans les configurations contemporaines des Religions Traditionnelles Africaines». Ignatius Anipu, M.Afr. a parlé de «l’engagement des Missionnaires d’Afrique avec les Religions Traditionnelles Africaines ».  

Le Dr Munyenyembe a mis l’accent sur quelques pistes pour un dialogue fructueux telles que «la sensibilité culturelle, la patience et la persévérance, la clarification des idées fausses, la contextualisation de l’Évangile, l’éducation et l’apprentissage, et le fait d’être des bâtisseurs de ponts». Dans sa présentation, Anipu a mis l’accent sur certains domaines cruciaux ou prioritaires pour un dialogue constructif avec les RTA. Il a fait valoir que l’apprentissage de la langue et de la culture locales de la population, la pratique d’un dialogue diversifié avec les RTA, la promotion de la vie humaine, la promotion de la réconciliation et de la consolidation de la paix, etc., sont des conditions préalables à une véritable rencontre avec les RTA.

Les confrères ont eu le temps de poser des questions, de faire des commentaires et d’offrir leurs idées raisonnées en lien avec les sujets présentés. Il a été remarqué que la Société des Missionnaires d’Afrique a contribué et a encore beaucoup à offrir dans le domaine de la rencontre avec les RTA. Cependant, il existe encore des lacunes conceptuelles et missionnaires : ne pas avoir une nomenclature unifiée des RTA, négliger les croyances traditionnelles et les valeurs culturelles, détacher la rencontre et le dialogue avec les RTA de la pastorale paroissiale ordinaire, ne pas prêter attention aux réalités du «monde invisible» qui affectent la vie quotidienne des personnes, etc. Associer les RTA à ce qui est mauvais, mystérieux ou dangereux pour la vie chrétienne est un autre défi qui attire l’attention. 

Dans les prochains jours, les participants tenteront de trouver des solutions durables aux problèmes déjà identifiés. À la fin de la semaine, une feuille de route aura été élaborée pour améliorer l’efficacité et l’efficience missionnaires en matière de rencontre et de dialogue avec les RTA.

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.

Les Missionnaires d’Afrique ouvrent une session de travail sur les religions traditionnelles africaines au Centre Kungoni, Malawi

Lundi 18 mars 2024, les Missionnaires d’Afrique ont ouvert une session de travail d’une semaine sur les religions traditionnelles africaines (RTA) au Centre Kungoni, au Malawi. Des confrères de Rome, du Mali, de Zambie et du Malawi sont réunis pour travailler et partager leurs expériences. Dans son allocution d’ouverture, Anselme Tarpaga, Assistant Supérieur général chargé de la Rencontre et du Dialogue (RD), a souhaité la bienvenue aux participants et les a remerciés d’avoir épargné leur temps pour la session. Il leur a rappelé que l’objectif de la session est de réexaminer les recommandations du 29e Chapitre général sur les RTA. Il s’agit également d’un suivi des suggestions qui ont été faites lors de la réunion en ligne du 17 juin 2023 sur la RD.

C’est l’occasion de créer une synergie entre le Centre de la culture et de l’art de Kungoni, au Malawi ; Centre Sénoufo de Sikasso, Mali ; Institut de Formation Islamo-Chrétienne (IFIC), Bamako, Mali ; Foi et Rencontre Zambie (FENZA) ; et Centre pour les préoccupations sociales (CfSC), Lilongwe, Malawi. Les confrères investis d’une connaissance et d’une compréhension considérables des RTA et d’autres experts partagent des idées sur la manière de promouvoir l’interaction entre la foi chrétienne et les RTA. Tout est fait pour promouvoir une culture du dialogue, de la cohésion sociale et de la coexistence pacifique.

Il convient de noter que le Centre de culture et d’art de Kungoni fait partie de la mission Mua, fondée par les Missionnaires d’Afrique en 1902. Claude Boucher Chisale, M.Afr., a fondé le centre dans les années 1970. Il abrite un grand patrimoine culturel des tribus Chewa, Ngoni et Yao. Des gens de tous horizons visitent le centre pour en apprendre davantage sur la culture, la langue et d’autres événements importants de l’histoire du Malawi. On s’attend à ce que la session apporte de nouvelles idées qui améliorent l’interaction entre l’Évangile, l’identité des personnes, leur richesse et les valeurs traditionnelles qui sont parfois négligées. 

Par: Prosper Harelimana, M.Afr.