Didier Michon 1935 – 2016 (PE n° 1078)

Didier est né en milieu rural dans la Nièvre, le troisième d’une famille de sept enfants. Son enfance et son adolescence à la campagne au milieu d’une famille unie et joyeuse ont marqué toute sa vie. Il a toujours maintenu un lien fort avec sa famille, même si les communications n’étaient pas aussi faciles dans les années 60 ; il racontait sa vie de mission et s’intéressait aux uns et aux autres. Toujours enchanté de recevoir sa famille en Afrique du Sud, ses retours en France étaient l’occasion de retrouver ses racines et de l’ouvrir à sa mission. Ses 15 derniers jours de vacances dans sa maison natale juste avant son retour à la rue Friant lui ont donné l’occasion de revoir avec bonheur sa famille et ses amis.

Il était entré à Kerlois près de Lorient en 1952 pour y faire deux années d’études de philosophie thomiste puis le 04/10/1955 il était à Maison-Carrée près d’Alger pour son année spirituelle. Cette année a été suivie d’une année de théologie à Thibar en Tunisie, puis comme tout bon Français à ce moment-là, il dû faire son temps de service militaire en Algérie pendant la période troublée de la lutte pour l’indépendance.

Après ce service militaire, ce fut le départ pour le Canada à Eastview, près d’Ottawa, pour y terminer sa théologie. En Juin 1961 il y fera son serment de Missionnaire d’Afrique et sera ordonné prêtre à Bonnelles le 29/06/1962. C’est en décembre de cette même année 62 qu’il va partir pour les territoires anglophones de l’Afrique de l’Est. Après un séjour de 6 mois au Malawi pour y apprendre la langue Chewa il sera à pied d’œuvre dans le diocèse de Chipata en Zambie en Juin 63. Il va exercer son travail de missionnaire dans cette région, successivement dans les missions de Chikowa, de Vubwi et de Msipazi.

En 1979, il fera une Session biblique à Jérusalem, à la suite de quoi il va être retenu en France pour plusieurs années. Il fera un court séjour à Toulouse pour l’animation vocationnelle. Il a gardé un merveilleux souvenir de plusieurs routes missionnaires avec environ 250 jeunes qui l’ont, selon ses propres dires, profondément marqué.

Il va être nommé ensuite assistant provincial en 1984 et séjournera donc à Paris, puis y fera un deuxième mandat comme assistant provincial. Voici le témoignage d’un frère de Dominique Mallet dont il fut l’assistant : C’était un homme de grande valeur, droit, fidèle, entreprenant au service de son apostolat, mu par une croyance inébranlable et par une sensibilité profonde mais parfaitement maîtrisée.

Ce n’est qu’en1990 qu’il va repartir pour l’Afrique. Désormais ce sera en Afrique du Sud dans ces temps de grands troubles alors que le pays cherchait son indépendance. Il dut apprendre une nouvelle langue, le zoulou, pour pouvoir œuvrer dans les missions de Lebombo et de Siyabuswa.

Lebombo était un lieu où vivaient de nombreux anciens réfugiés mozambicains et où l’Eglise commençait seulement à être établie. Didier s’est donné à son action missionnaire avec enthousiasme et avec un grand amour pour la population. Lebombo occupera toujours une place privilégiée dans son coeur.

Plus tard il se donnera avec le même enthousiasme dans la paroisse de Siyabuswa dans l’archidiocèse de Pretoria. Il terminera son apostolat en Afrique du Sud dans la communauté de Edenglen à Johannesbourg. Il y sera un des confrères chargé de l’accueil et exercera sa fonction avec chaleur et générosité.

Il est nommé en France en Août 2015 pour raisons de santé et va faire partie de l’équipe d’accueil à la rue Friant. Il a vécu son service jusqu’au bout puisque deux jours avant sa mort il a été trouvé dans le coma au bureau même de l’accueil.

Il nous a quittés pour notre Père Céleste dans la nuit du lundi au mardi 06 septembre 2016. De très nombreuses personnes étaient présentes à la messe de funérailles à la paroisse St Pierre de Montrouge à Paris et ont indiqué par cette présence l’attachement qu’elles avaient pour Didier.

Didier était un missionnaire convaincu, très attiré par la spiritualité des Focolari. Il se croyait appelé à annoncer sans cesse la Bonne Nouvelle par sa propre vie d’abord mais aussi par la parole. Voici quelques-autres des caractéristiques missionnaires de Didier que ceux et celles qui l’ont bien connu vont aisément reconnaître.

La première évidence qui s’imposait à tous ceux qui ont vécu avec lui était l’importance de la prière dans sa vie. Cette importance était si grande qu’un de ses confrères le comparait à un moine. Voici d’ailleurs comment il témoignait en réponse à la question : Quelle est la place de Dieu dans votre vie ? « Très importante : Tout d’abord il est à l’origine de ma vocation de prêtre et de missionnaire. Chaque matin j’essaie de passer une heure avec le Seigneur ; cela a toujours été une source de force pour moi dans ma vie et dans les moments les plus difficiles. » C’était également un homme fondamentalement paisible, joyeux, aimant rire et au sens de l’humour très délicat. Il aimait souligner des situations plaisantes et il aimait taquiner. Comme il le faisait de manière ni méchante ni caustique, ses remarques entrainaient automatiquement un sourire.

Une autre caractéristique fondamentale était que celui qu’il désirait voir mis en avant c’était Jésus et non pas lui-même. Il ne mentionnait jamais qu’il avait été assistant provincial de France car il ne désirait pas se mettre en avant lui-même. Il parlait alors seulement de son travail à Paris sans donner de précisions.

A la rue Friant, il avait accepté d’accompagner spirituellement certaines personnes et un groupe dit de vie chrétienne à la spiritualité inspirée de saint Ignace de Loyola. Son don de l’écoute a été mentionné à cette occasion par diverses personnes.

Il était bricoleur et s’intéressait aux arbres et aux cultures. Pendant sa vie de missionnaire cet équilibre l’a aidé dans son isolement relatif en Zambie et dans ses ennuis de santé en Afrique du Sud.

Une de ses passions était de vivre de belles liturgies où le chant occupait une place importante. Et en Zambie et en Afrique du Sud il a organisé de multiples sessions de formation à la Liturgie et a beaucoup travaillé à l’inculturation des chants. Il en parlait sans cesse en Afrique et il a à nouveau beaucoup insisté là-dessus quand il s’est présenté à ses confrères à la rue Friant. Didier a certainement participé de tout cœur et à sa manière au chant zoulou chanté par ses neveux et nièces lors de la messe des funérailles.

Une autre de ses passions était l’annonce de la Bonne Nouvelle par une prédication bien préparée et bien présentée. Voici quelques-unes des citations qu’il aimait particulièrement ; de Mère Teresa : La Bonne Nouvelle est que Dieu aime encore le monde à travers vous. Vous êtes la Bonne Nouvelle de Dieu, vous êtes l’amour de Dieu en action; de Danielou : L’amour engage terriblement ; il dérange toujours et il est toujours dangereux de mettre quelqu’un d’autre dans sa vie. C’est vrai pour l’amour humain et c’est plus dangereux encore quand ce quelqu’un est Dieu ; de Péguy : Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme perverse ; c’est d’avoir une âme habituée.

Didier, merci pour ton témoignage de passionné de la Bonne Nouvelle.

Jacques Amyot d’Inville

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