Hugo Van den Haute 1930 – 2016 (PE n° 1081)

Hugo est né le 25 juillet 1930 à Ninove, dans le diocèse de Gand, dans une famille de huit enfants. La famille tenait un magasin de textile et une imprimerie. Hugo suit les deux premières années des humanités gréco-latines au collège Saint-Louis à Ninove et les quatre autres au collège Saint-Joseph des Jésuites à Alost. Il y rencontre des missionnaires et commence lui-même à rêver. “Chez les scouts et dans la KSA, dont je faisais partie, on nous enthousiasmait pour de tels idéaux.” En septembre 1949 il entre chez les Pères Blancs à Boechout. Après le noviciat à Varsenare il peut partir au Canada pour la théologie à Eastview. Il y prononce son serment missionnaire le 18 juin 1955 et est ordonné prêtre le 28 janvier 1956. Ses professeurs décrivent Hugo comme équilibré et homme de devoir, serviable et agréable en communauté ; il a une vie intérieure solide et ne s’impose jamais, il est capable de prendre des initiatives et de se débrouiller. Son humour est très apprécié. L’un d’eux résume son évaluation ainsi : « Hugo ne fera pas beaucoup de bruit mais beaucoup de bien ».

Après un mois au Royaume Uni pour y apprendre le ‘British way of life’ et six mois de sciences coloniales à Louvain – nous sommes le 30 mars 1957 – le voilà parti comme premier Père Blanc belge pour le diocèse de Tamale, au Ghana (c’est ainsi que l’on nomme le Gold Coast depuis le 30 mars, jour de l’indépendance). Le voyage le mène de Melsbroek à Hambourg et de là en cargo via Le Havre vers l’Afrique de l’Ouest et enfin en train et par bus de la ville portuaire de Takoradi à Tamale. Il y trouve ses confrères et quelques centaines de fidèles en adoration devant la Croix, car on est Vendredi Saint. Deux confrères le conduisent vers le Nord, à Wiagha. Il se souvient qu’il faisait 30 degrés ! Il devient « assistant parish priest ». Par commodité les gens l’appellent bientôt ‘Father Van’. Il apprend sa première langue ghanéenne, d’autres suivront. Il subit aussi ses premières attaques de la malaria. En décembre 1960, il déménage à Bawku, dans le diocèse de Navrongo, où il devient responsable des écoles. Pas pour longtemps, car après l’assassinat de Patrice Lumumba, le 17 janvier 1961, le Président Kwame Nkrumah, au pouvoir depuis quelques mois, oblige tous les Belges à quitter le Ghana dans les 48 heures. Le même jour Hugo part pour ce qui s’appelait encore la Haute-Volta, où il est accueilli au centre de langue moré à Gilongu. Il vient de passer l’examen de moré, en août 1961, quand arrive l’autorisation de rentrer au Ghana … Il semble que la raison principale du retour rapide des Belges fut l’importance pour le Ghana des bonnes relations commerciales avec les fabricants de chocolat. Hugo retourne à Bawku, jusqu’à sa nomination à Navrongo, en janvier 1964, comme inspecteur général des écoles. Hugo semble avoir été assez sévère et (trop) exigeant. Après son congé en Belgique et la grande retraite à Rome, il devient professeur de français et de latin au Petit séminaire de Navrongo. Deux ans plus tard il donne les même cours au Navrongo Secondary School, où il sera également professeur de religion. Une situation d’urgence se présente-t-elle, l’évêque sait qu’il peut toujours compter sur Hugo. Ainsi part-il pour quelques mois à Sirigu, avant de retourner en décembre 1971 à Bawku, où il devient curé en 1975. En 1977 il est curé à Garu. La région est souvent frappée par la famine. Aussi les pères combinent-ils les célébrations eucharistiques dans les villages avec des projections de diapositives visant à améliorer les méthodes agricoles. D’autres sujets sont aussi abordés (nutrition, hygiène, prévention de la malaria, les feux de brousse …). Hugo cherche en Europe des subsides pour ses divers projets. Pendant ses 57 années d’engagement missionnaire, il pourra compter sur la générosité de sa famille et de ses concitoyens de Ninove. Une vingtaine de « fêtes missionnaires » furent organisées au collège Saint-Louis. Inspiré par Hugo, son beau-frère Jef Lambrechts lance la ‘Fondation Felix’ pour financer divers projets.  En pastorale les efforts d’Hugo se concentrent sur la préparation des jeunes couples au mariage, sur la jeunesse et les jeunes foyers. « Dans ce domaine la formation des responsables est d’une importance capitale ».

En 1979 Hugo passe plusieurs mois en Belgique pour des raisons de santé, ce qui ne l’empêche pas de suivre la session /retraite à Jérusalem d’où il revient très motivé. Il retourne à Garu, où il sera curé. En 1984 on le retrouve à Wiagha comme curé, pour ensuite retourner à Garu jusqu’en 1996.

Sa dernière mais aussi plus longue nomination mène Hugo à la maison d’accueil des Pères Blancs à Bolgatanga, la capitale de la région Upper East et siège épiscopal de Navrongo-Bolgatanga. La communauté est constituée de ‘trois anciens’. “Tous les trois, nous sommes pères hôteliers pour les confrères de passage, qui viennent se reposer ou se ressourcer ou qui attendent simplement un entretien avec l’évêque ou qui doivent renouveler leur visa ou leur permis de conduire. Entretemps nous sommes tous les trois ‘on call’ pour les multiples communautés ecclésiales et pour les maisons religieuses des environs”. Il poursuit : “Depuis cinq ans je m’occupe d’un fonds qui dispense des bourses d’étude pour garçons et filles dans l’enseignement technique ou secondaire. Le projet est soutenu par la ‘Fondation Felix’ et vient d’être totalement repris par le clergé autochtone”. Hugo crée une bibliothèque, il importe des chaises roulantes, soutient une équipe de football et de volley, et plein d’autres choses.

En septembre 2014, on estime le moment venu de retourner en Belgique. Il a 84 ans. Sa santé pose problème et il souffre de plus en plus de la chaleur. Le départ du dernier Père Blanc belge est fêté par des milliers de Ghanéens. Vêtu de manière rituelle et paré des symboles traditionnels, il est triomphalement nommé chef de village et reconnu comme l’un d’eux.

Nommé dans notre communauté de Genk, il reste le confrère paisible et aimable, discret et serviable, solide et fidèle dans sa foi. Mais également up to date, car actif via courriel et skype ! Une attaque cardiaque le mène à l’hôpital début octobre 2016. Le samedi 12 novembre il s’éteint paisiblement à l’unité des soins palliatifs à l’hôpital Saint-Jean à Genk. La liturgie d’adieu eut lieu le samedi 19 novembre en l’église de Notre-Dame de Fatima à Bret-Gelieren (Genk), suivie de l’enterrement à Varsenare.

Jef Vleugels

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