Integrité du ministère : Session de Ouagadougou

A Ouagadougou, au Burkina Faso, 17 membres de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) se sont retrouvés du 30 janvier au 10 février 2017 pour une formation en français sur la protection des enfants et des adultes vulnérables. Les participants sont les délégués de leur société missionnaire venant des quatre coins de l’Afrique et de l’Amérique latine. Ils œuvrent dans leur pays de mission pour faire que les lieux de mission (paroisses, centre pastoraux, projets missionnaires, maisons de formation, etc.) soient des lieux sûrs pour les enfants et les adultes vulnérables. Certains confrères formateurs et aussi en responsabilité de gouvernance s’étaient joint à cette réunion. La formation fut organisée dans le cadre du partenariat signé entre le Centre pour la Protection des Enfants (CCP) de l’Université Grégorienne et la Société des Missionnaires d’Afrique (M.Afr.). La formation est co-animée par Stéphane Joulain et Bernard Ugeux, membres de la Société des Missionnaires d’Afrique et la Sœur Mary Lembo, CSC, membre du CCP à Rome.  Une formation identique en anglais avait déjà eu lieu en juillet 2016 à Nairobi au Kenya.

Témoignage de Musangu Betu Sylvain

Lorsque j’ai été choisi pour représenter le Mali à cette formation, j’étais très curieux de savoir le contenu. Je suis parmi ceux qui pensent que la Société en fait un peu trop. Tout en étant conscient de l’immoralité de l’abus sexuel sur les mineurs, je me demandais pourquoi poursuivre les confrères pour un acte commis il y a 20 à 30 ans ? Pourquoi condamner seulement les prêtres et où se trouve la responsabilité des présumées victimes? Plusieurs questions de ce genre en faveur des prêtres abuseurs trottinaient dans ma cervelle. Un autre confrère m’a dit « vous allez à la formation pour après faire la chasse aux confrères ». Je pense qu’il était opportun d’organiser cette formation pour les Délégués à la Protection des enfants et d’adultes vulnérables afin qu’ils soient en mesure de répondre judicieusement aux questions des confrères. Beaucoup de confrères ne maîtrisent pas assez cette problématique ainsi que la position de la société.

Les présentations, les différentes lectures, les cas étudiés et les partages en groupes m’ont ouvert l’esprit pour comprendre la portée de la problématique. Grand était mon étonnement de constater la complexité et la gravité du sujet. Maintenant je suis convaincu qu’abuser d’un/une mineur(e) est une chose exécrable qu’on puisse faire à un enfant. Les conséquences de l’abus et le traumatisme qu’il génère si la victime n’est pas soignée à temps ou si elle n’a pas la capacité de la résilience, voilà ce que beaucoup ignorent. Une formation comme celle-ci aide à comprendre pourquoi certaines victimes après tant d’années demandent que justice soit faite. On ne peut pas rester indifférent devant cette tragédie. Le seul sentiment légitime qu’on puisse avoir pour la victime c’est la compassion et la recherche d’une restauration. Ainsi j’ai compris pourquoi les formateurs n’ont cessé de nous rappeler que notre mission principale était celle de « protéger les mineurs et des personnes vulnérables ». Cette mission n’incombe pas seulement aux Délégués de la protection des enfants, mais à tout pasteur épris de justice, d’amour du prochain et de respect de la dignité de la personne humaine. Jésus notre maître, en voyant les injustices dans sa société, a pris l’option préférentielle pour les plus faibles. Il faut que les plus faibles de notre société trouvent auprès de nous pasteurs l’ombre de la protection. Il est plus qu’urgent de nous engager au niveau pastoral et spirituel à éradiquer ce fléau qui gangrène notre Église et nos milieux de vie.

Musangu Betu Sylvain, M.Afr.

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