Jean Vialleton 1926 – 2016 (PE n° 1081)

C’était le dimanche du Christ Roi. Les infirmières avaient préparé Jean pour qu’il puisse se rendre à la messe. Comme il y avait encore du temps, elles l’ont invité à s’allonger sur son lit. C’est à ce moment-là que le cœur a lâché. Sa mort a été à l’image de sa vie, toute en discrétion.

Jean est né le 10 avril 1926, à Dunières, ville située au nord-est de la Haute-Loire, dans le diocèse du Puy. Son père était pâtissier, sa mère s’occupait du ménage.

Il fit ses études primaires, d’abord chez des religieuses, puis chez les frères du Sacré Cœur, le tout couronné par le certificat d’études. Il fit ses études secondaires à « Note Dame de Vallebenoite », à Saint Étienne, où il était pensionnaire. C’est là qu’il obtint sa première partie de baccalauréat.

Cette période des études a été très perturbée, d’abord par l’absence de son père, parti un an à la guerre, ensuite par la maladie de sa maman, décédée en 1940. Au retour de la guerre, son père se remarie.

Pendant deux ans, Jean abandonne ses études et s’occupe de la jeunesse de sa paroisse. I1 les reprendra en 1945, au petit séminaire d’Yssingeaux, où il obtient sa deuxième partie de baccalauréat.

Comment Jean a-t-il connu les Pères Blancs ? Il n’en parle pas lui-même. Mais à cette époque-là, les Pères Blancs de Lyon visitaient souvent les collèges de la région.

En 1946, Jean entre à Kerlois et commence le cursus de la formation chez les Pères Blancs : deux ans de philo à Kerlois, un an de noviciat à Maison Carrée, suivi d’un an de service militaire à Tunis. Après son service, Jean fait ses 3 années de théologie à Thibar, suivies d’une année à Carthage. Il est ordonné prêtre en 1954.
Tous ses formateurs font remarquer que Jean est gêné dans ses relations par sa timidité ; ce qui le rend un peu brusque et sec. Il est très dévoué et réussit très bien avec les enfants. Ce sera une constante dans sa vie.

Après deux années d’études d’arabe et d’islamologie à La Manouba, Jean est envoyé au collège des Pères Blancs à Maison Carrée, où il enseigne de 56 à 63.

Puis il est nommé en Kabylie, à Beni Yenni d’abord, ensuite à Boghni et enfin à Tizi Ouzou. Pendant 22 ans Jean enseignera dans des collèges, donnant ainsi le témoignage d’un missionnaire au service des Algériens, par le biais de l’enseignement.

Sur sa demande, il quitte l’Algérie en octobre 78 pour le Rwanda ; il est affecté par son régional à la formation des petits séminaristes, d’abord à Kigali, puis à Kabgayi jusqu’en 91. En octobre 91, Jean fait la session de Jérusalem. Puis il est envoyé à Goma pour enseigner le français aux candidats P.B. En 1993, il rejoint Kigali ; c’est là qu’il est témoin du génocide d’avril 1994. Il est évacué par les parachutistes belges sur Nairobi d’abord, puis sur Paris.

A son retour en France, Jean a manifesté son désir de faire du ministère dans une paroisse du diocèse du Puy. Mgr Brincard, l’évêque du Puy, le nomme alors à Saint Romain Lachalm ; il y restera d’août 94 au mois de mai 2013.

Il y a une constante dans la vie de Jean, c’est qu’il s’est toujours occupé des jeunes, que ce soit durant sa formation, en Algérie ou au Rwanda. Sa nièce, venue aux obsèques, a témoigné que durant son séjour à Saint Romain Lachalm, il aimait se retrouver avec les jeunes ; il leur faisait le catéchisme.

En mai 2013, il est hospitalisé à Firminy, puis à Rosières ; il demande alors de rejoindre une maison de retraite P.B. En attendant, il est accepté au Puy, dans une maison de retraite pour le clergé.

Il a rejoint notre maison de Billère le 23 janvier 2015. C’est là qu’il est décédé le 20 novembre 2016.

« Viens, bon et fidèle serviteur, Entre dans la joie de ton maître. »

Maurice Cadilhac, M.Afr.

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