Jo van de Ven 1941 – 2016 (PE n° 1077)

Jo est né le 15 mars 1941 à Nistelrode. Il a commencé sa formation missionnaire à St-Charles près de Boxtel, puis à Franklin, USA et à Ottawa, Canada où il a fait son serment le 25 juin 1965. Il a été ordonné à Princenhage le 2 juillet 1966. Il avait un bon jugement, était assez impulsif, et direct, mais pas toujours très diplomatique. Il était aimable, joyeux et toujours prêt à rendre service. Il aimait la musique et les sports et avait un don pour les langues.

En septembre 1966, il est allé au Portugal pour apprendre le portugais, et est parti au Mozambique, mais a été expulsé par la police secrète en juin 1967. En décembre 1967 il est arrivé en Ouganda dans les îles Ssese pour apprendre la langue et la culture Baganda. Il a très bien appris la langue avec ses dictons et proverbes; cela faisait plaisir de l’écouter. A la mi 1968, il a été nommé à la paroisse de Katimba dans le diocèse de Masaka. En 1970 il a été nommé curé des îles Ssese et en décembre 1973 aussi curé de Kalungu. Il est demeuré là jusqu’au 5 septembre 1983; une période où les Missionnaires d’Afrique demandaient des volontaires pour un nouveau projet dans le nord-est de l’Ouganda.

A l’occasion de son jubilé de 40 ans il écrivait: « Durant ces 40 ans, j’ai fait partie d’une équipe de pionniers et plus souvent qu’autrement en charge de ces fondations: Katimba et Kalungu dans le diocèse de Masaka, Usuk, Katakwi et Acumet dans le diocèse de Soroti; ensuite Nakapiripirit et Tapac dans le diocèse de Moroto. Je me sentais honoré que mes supérieurs m’aient confié des tâches de pionnier. Loin de me plaindre des difficultés et des défis importants qui font partis de ces projets, je me sentais heureux, épanoui et engagé. J’ai la conviction que j’ai été envoyé aux frontières de la chrétienté établie, une des priorités principales de notre Société ».

De retour de congé le 14 janvier 1979 il écrivait: « ma nostalgie pour la Hollande n’a pas duré longtemps, car la réception à mon retour était tellement accueillante que je me suis senti de nouveau chez moi ». Il signait toutes ses lettres avec les mots: « Avec la main et le cœur, Jo ».

Après avoir remplacé un confrère à Vuumba, il s’est rendu à Usuk-Katakwi, diocèse de Soroti, le 28 octobre 1984. Il a appris la langue et la culture Iteso avec le même talent. Cette région fait frontière avec les Karamojong considérés comme voleurs de bétail et ils étaient armés. C’est pourquoi le presbytère et le couvent de la paroisse avaient été abandonnés durant 5 ans; les édifices avaient été saccagés et les fenêtres cassées. Ils ont formé un groupe de construction pour réparer les édifices existants, ils ont construit 2 classes pour une école secondaire, une maternité avec 5 salles, et une communauté de Sœurs est arrivée en août 1985. Il y avait 32 villages avec chapelle dont 8 étaient actifs, et ensuite le nombre a augmenté à 26. Ils ont aussi augmenté le standard des catéchistes. Ils ont été agréablement surpris de constater que les relations entre les chefs traditionnels et les enseignants étaient bien meilleur que dans le sud et l’ouest de l’Ouganda. Il y avait parfois des raids de Karamojong ou des combats dans le contexte de la guerre civile qui perdurait. Jo écrivait en 1987: « toutes nos chambres avaient des marques de balles, parfois nous devions nous coucher au sol pour nous protéger, même l’évêque voulait que nous quittions la paroisse pour un temps, mais nous aimions la population, et la majorité des gens étaient honnêtes et désiraient la paix ».

Le 21 juillet 1989, il est allé à Acumet pour commencer une nouvelle paroisse au cœur de « la région des rebelles ». Il écrivait le 29 décembre 1990: « j’ai une sorte de presbytère, un couvent avec 3 Sœurs, une clinique et 22 villages avec chapelle… je maitrise bien la langue locale ».

Le 24 avril 1993, il est parti en congé. Après 10 ans de travail intense et dans un milieu difficile il avait besoin de repos physique et de renouveau spirituel. En novembre 1993, il a accepté une nomination comme curé dans une paroisse à Bakel, non loin de son lieu de naissance. En décembre s’est ajoutée la paroisse de Milheeze. Il a mis tout son cœur dans son travail, et à son départ les paroissiens auraient aimé qu’il reste. Il écrivait le 4 janvier 1995 : « je ressens une nostalgie pour l’Afrique et pour une communauté Père Blanc ». L’évêque l’a déchargé de ses fonctions en écrivant: « il a été une source d’inspiration et a bien coopéré avec ses collègues et avec l’administration ».

Le 10 juillet 1995, il est retourné en Ouganda de nouveau dans le nord-est, mais dans le diocèse de Moroto dans la paroisse de Nakapiripirit pour fonder une nouvelle paroisse à Tapac et est devenu le premier curé en janvier 1997. Cette paroisse couvrait 12 vallées et les habitants étaient de rite traditionnel avec seulement quelques catholiques et sans autres groupes religieux. Dans son introduction aux « anciens » des villages, il a reçu le nom de « taureau favori avec des cornes en forme de cœur ». La communauté a d’abord construit 3 écoles. Ici aussi les Karamojong volaient du bétail et avaient des armes. Jo a ensuite construit un centre paroissial avec l’eau courante et l’énergie solaire.

Le 10 décembre 2007, il est parti en congé pour récupérer physiquement et spirituellement. Il a visité des membres de sa famille et des amis au Canada et aux USA. Il a fait un cours de renouveau de 6 semaines à Tucson et ensuite un cours de 3 mois à Hawkstone-Hall en Angleterre.

En août 2008, le Provincial de l’Ouganda l’a invité à commencer une nouvelle paroisse à Nabulagala Kampala; l’endroit où sont arrivés les premiers missionnaires en Ouganda et ont baptisé les premiers catholiques dont 4 parmi les futurs martyrs. Quelques année plus tard Jo a laissé son poste de curé et a écrit qu’il était très heureux. Il avait toujours été intéressé par la période d’initiation chrétienne et il pouvait maintenant prêché des retraites aux paroisses voisines sur ce thème, un apostolat qu’il aimait beaucoup. Depuis un certain temps il avait des problèmes de santé et surtout de respiration. En 2011 il avait une capacité pulmonaire de 39%. Le supérieur du Secteur lui a demandé de rentrer en Hollande, il est arrivé à Heythuysen le 9 avril 2015, mais il ne réalisait pas la fragilité de son état de santé. Le 21 août 2016, après 2 jours à l’hôpital il est mort paisiblement. Une caractéristique de Jésus qui nourrissait Jo était: Jésus avait des discussions ouvertes avec les scribes et pharisiens. Il a été enterré à notre cimetière de St-Charles le 27 août 2016 en présence de parents et amis.

Marien van den Eijnden .

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