Le capitaine de la Flotille de l’Espoir nous quitte

Notre confrère Ludwig Peschen nous offre son très bel hommage à Bernard Joinet, qu’il connaissait très bien pour avoir travaillé et vécu les dernières années avec lui.

Notre cher Bernard Joinet est donc parti, quel homme droit et juste ! Un homme de vérité. Sa présence encourageante m’a toujours fait du bien.

J’aimerais évoquer une histoire des premières heures de sa « flottille de l’espoir ». En 1995, on se rencontre pour la première fois, à Dakar au Sénégal, pour l’ICASA, la Conférence internationale et scientifique au sujet de l’AIDS en Afrique. A ce moment-là, on discutait encore sur la valeur du préservatif pour la prévention du SIDA en Afrique. Possible et raisonnable, oui ou non ???

Bernard avait un point de vue très nuancé, bien sûr : les préservatifs peuvent être importants pour réduire l’incidence du SIDA, mais ne sont pas le seul moyen pour enrayer l’épidémie !

Une conférence avait alors lieu dans une méga salle du centre à Dakar, pleine à craquer. Les promoteurs et vendeurs de préservatifs espéraient faire une grande publicité, et du commerce bien sûr dans la suite, si un prêtre catholique, en col Romain, adoptait leur position. Bernard Joinet prend la parole sur le podium, et il commence par expliquer une recherche faite au Rwanda, dans des milieux de prostituées. Suivant cette recherche, on aurait découvert que 80% de clients de prostituées étaient alcoolisés au moment de leur visite, pour se mettre dans l’ambiance. Alors Joinet s’adresse au public et il demande d’une façon provocante, à voix haute:

« Avez vous déjà vu un homme alcoolisé qui aurait su mettre un préservatif au bon endroit, au bon moment… ? »

Les vendeurs de préservatifs ont quitté la salle, la queue entre les pattes (sic), et la salle a hurlé de rire…

Cher Bernard, grand merci pour ton courage, ton humour et pour ton esprit de vérité,

Ludwig Peschen, M.Afr.
le 11.2.2019

2 réponses sur “Le capitaine de la Flotille de l’Espoir nous quitte”

  1. En 1977, Bernard m’a rejoint à Ussongo où il écrit « Tanzanie, manger d’abord » et je resterai dans ses livre « mon curé … » Je suis venu volontairement ici à Billère où j’ai pu encore vivre avec lui quelques mois et Dimanche encore, je lui donnais l’eucharistie dans notre chapelle provisoire. il nous quitta lundi matin au lever du jour, comme il terminait son livre « Les africains m’ont libéré » :  » à Dar es Salaam au bord de l’océan face au soleil levant » 1984.
    On a été tous les deux membre du Parti socialiste français, section Tanzanie, pour aider les Tanzaniens à rentrer en politique, moi dans la brousse et lui avec les grands de ce monde …
    De 1985 à 1988, il a été élu délégué au conseil supérieur des Français de l’étranger, puis choisi comme conseiller pour représenter les religieux par le ministère des affaires étrangères. As-tu vu le livret de photos que j’ai envoyé à vos archives? Mapambano yanaendelea !
    Georges Paquet

    1. Merci Georges pour ce beau témoignage que tout le monde peut lire. Non je n’ai pas vu le livret de photos, mais je demanderai à voir. Bonne continuation et salutations aux confrères.

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