Notice biographique de Fernand Gruber (1934-2018)

Voici la notice biographique provisoire de Fernand Gruber, la définitive paraîtra plus tard dans le Petit Echo.

Fernand est né le 10 Juin 1934 à Ingwiller, diocèse de Strasbourg, dans le Bas‑Rhin.

Alsacien, et fier de l’être, Fernand a toujours aimé se retrouver dans sa famille, auprès de ses deux sœurs, de sa maman. Celle-ci est restée veuve, car Georges son mari, a été mobilisé par les Allemands en 1944, et on n’a jamais eu de nouvelles de lui par la suite ; sans doute disparu sur le front de Russie. Malgré bien des recherches, consultant bien des archives, Fernand n’a pas réussi à élucider le sort de son père, ce qui l’a fortement et durablement marqué.

Son école primaire se fit d’abord en allemand de 1940 à 1944 ; puis, de 1945 à 1948, en français. Quant à ses études secondaires, elles se déroulèrent d’abord au petit séminaire des Pères Blancs à Altkirch en Alsace, pour se poursuivre à Bonnelles en Seine-et-Oise.

Ce fut ensuite le cursus normal : philosophie à Kerlois – noviciat à Maison Carrée ; sa théologie, commencée à S’Heerenberg (Pays Bas), fut interrompue par le service militaire en France et en Allemagne ; démobilisé, il se rendit alors à Totteridge pour trois années de théologie. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1963 à Strasbourg.

Commencèrent alors six longues années d’études. Etant donné les aptitudes intellectuelles de Fernand, qu’accompagnaient de bonnes connaissances linguistiques (français, allemand, anglais), les responsables de la Société voulurent préparer Fernand à un service particulier de la mission : on l’orienta vers l’étude des problèmes posés dans nos missions par la présence d’Eglises aux dénominations diverses, protestantes surtout, et d’une manière plus générale, c’était le faire entrer dans le domaine de l’œcuménisme.

Ce furent d’abord des études de théologie catholique à Paris où il obtint en1965 une licence en théologie . Puis une année passée à la faculté de théologie protestante de Paris en vue du doctorat. On le retrouve ensuite à l’Institut Œcuménique du Conseil Œcuménique des Eglises à Céligny en Suisse ; après quoi il passe un semestre auprès d’organismes oecuméniques aux Etats-Unis. Et, pour finir, deux années d’études à l’Institut Supérieur d’Etudes Œcuméniques de Paris . Nous sommes alors en Juin 1969. Les portes de l’Afrique vont s’ouvrir pour Fernand. Ce fut la Zambie qui  l’accueillit.

Dès septembre 1969 Fernand est au centre de langue d’Ilondola où il apprend le Bemba qu’il parle très correctement ; ce qui lui permet d’être à l’aise comme vicaire à Chiboté, dans le diocèse de Mansa. Il a aimé le contact quotidien avec les paroissiens, s’intéressant à leur genre de vie et à leurs préoccupations. Il dut cependant assurer un « intérim » au petit séminaire de Bahati durant deux ans. Après quoi il se retrouva vicaire à la paroisse de Nsakaluba — et professeur de religion au collège pour garçons.

Mais ses compétences en matière doctrinale le firent nommer au Grand Séminaire national de Zambie, à Kabwe, puis à Lusaka. Il y enseigna la théologie dogmatique et pastorale, la liturgie, l’oecuménisme et.. la Bible. Tout en étant doyen des études, et responsable d’une paroisse rurale.

C’est avec regret qu’il quitta la Zambie pour se rendre à Sainte Anne de Jérusalem, le 16 septembre 1981. Son activité principale jusqu’en juillet 1998 concerna la « Revue Proche-Orient Chrétien » dont il était le secrétaire administratif. Responsable de la bibliothèque, il fut aussi « vicaire » de la paroisse allemande de Jérusalem. Cela dura 18 ans.

A partir de septembre 1998, sa vie va se dérouler en Europe. D’abord en France, où il fut secrétaire provincial cinq ans. Puis, en décembre 2003 en Allemagne, à Francfort où il s’adonna au ministère paroissial.

Fatigué, il s’établit alors à Mours, où, pendant cinq ans, il assura le service « accueil », tout en faisant du ministère dans les environs. Il s’y donna totalement ; et le frère Muratet, économe de la maison, nous dit : « Fernand laisse un excellent souvenir au service de la communaué Pères Blancs comme des visiteurs ; il a su faire lever beaucoup d’affection, d’amitié, d’estime ».

Le temps de la retraite sonna en 2012. D’abord à Bry-sur-Marne, de 2012 à 2015. Puis, souhaitant se rapprocher de sa famille et de la zone alsacienne, il fut nommé à la maison de retraite des Missions Africaines, à St. Pierre. Il fut hospitalisé durant l’été 2018 à l’hôpital de Sélestat d’où il nous quitta, le 16 juillet 2018.

Le frère Gabriel Muratet qui fit l’homélie lors des obsèques, souligna le rayonnement de Fernand jusqu’à la fin de sa vie. En est témoin ce groupe d’hommes, lui disant sous le porche de l’église : « nous ne sommes pas tous de bons pratiquants, mais nous venons ce jour à l’église pour recueillir l’héritage moral que nous laisse cet enfant du pays, le missionnaire Fernand Gruber. Il va nous manquer »

Merci, Fernand, d’avoir été un excellent confrère et un bon ouvrier dans les différents champs d’apostolat qui furent les tiens. Dieu t’accueille dans sa demeure, où tu as retrouvé ton père, dont le souvenir est resté vivant en toi toute la vie, et ta maman.

Jean-Marie Vasseur, M.Afr.

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