Notice biographique de Rolf Rosin

Voici la notice biographique provisoire de Rolf Rosin. La notice biographique définitive sera publiée plus tard dans le petit écho.

Rolf a vu le jour le 6 mai 1940 à Karlsbad, dans la province de Sudetenland, créée comme une province autonome en 1918 par les germanophones. La Monarchie Autriche-Hongroie était en décomposition et pour ne pas être intégrée dans la République Tchèque, fondée le 28 octobre 1918 à Prague, les germanophones ont préféré une autonomie relative. Après la 2ème guerre mondiale, l’autonomie de Sudetenland fût supprimée et la plupart des germanophones se sont réfugiés en Allemagne. La famille de Rolf a choisi Bamberg en Bavière comme nouveau lieu de résidence.

Il a grandi avec deux frères dans une famille très chrétienne et musicale. Il a fréquenté le Deutsche Gymnasium à Bamberg et le 18 juillet il a passé son bac. Son professeur de religion a témoigné qu’il était un des plus attentifs aux thèmes religieux et n’était donc pas étonné que Rolf se soit décidé pour une vie missionnaire.

En septembre 1962, il est rentré au grand séminaire des Pères Blancs à Trêves. De 1964 à 1965 il a fait son noviciat à Hörstel et ensuite, pour la théologie, il est allé à Totteridge. Le 26 juin 1968, il prononça son serment missionnaire et fut ordonné prêtre à Bamberg le 29 juin 1969.

Il fut alors nommé en Zambie, au diocèse de Kasama. Il suivit le cours de langue à Ilondola et, en février 1970, il commença les activités pastorales dans les paroisses Mulobola, puis Chilubi et à Malole pendant plus que trente ans. Dans ses lettres aux parents, amis et bienfaiteurs, il parle surtout de trois réalités de sa vie en Zambie : la situation politique et économique, les paroisses avec quelques dizaines de succursales, les petits communautés chrétiennes et leur glorification en Europe.

Ses éducateurs ont constaté que Rolf se faisait remarquer pour bien faire les tâches demandées sans exagération. Dans son travail pastoral, il a souffert de cette qualité. A l’exception de six mois comme remplaçant de l’économe diocésain à Kasama et comme économe dans le centre de langue à Ilondola, il a travaillé dans les trois très grandes paroisses Ilondola, Chilugi et Lubishi. Toutes les trois constituées d’un centre et de quelques dizaines de succursales ou sous-centres, visités seulement deux à trois fois par an par le prêtre pour célébrer l’Eucharistie. L’Evêque venait irrégulièrement dans les succursales pour donner le sacrement de la confirmation. La pastorale était assurée par les catéchistes.

Après le Concile Vatican II. l’Eglise a développé la « petite communauté chrétienne » comme organisme vital de la pastorale en créant des petits groupes qui se réunissaient chaque semaine pour lire l’Evangile dans le contexte social donné. Rolf connaissait bien la situation en Zambie et lorsqu’il était en vacances en Allemagne et en Autriche, il s’étonnait de l’enthousiasme des chrétiens qui, de loin,  voyaient ces petites communautés chrétiennes comme des solutions miraculeuses aux problèmes pastoraux de l’Afrique comme de l’Europe. Il en reparlait dans toutes ses lettres aux amis.

Lorsque Rolf arrive en Zambie, le pays, devenu indépendant en 1964, est à la recherche de son identité. La politique proclame un « humanisme zambien » pour résoudre les difficultés économiques. Les responsables des Eglises chrétiennes publient en août 1979 une déclaration pour s’opposer au socialisme scientifique, caché dans « l’humanisme zambien », qui n’aidera pas à sortir du sous-développement et qui ne garantira pas les droits humains. Ralf, lui-même réfugié du communisme soviétique, revient régulièrement sur ce problème dans ses lettres. Ses préoccupations pour la situation politique et sociale ont sûrement son origine dans le fait qu’il est passé par la perte de son pays d’enfance, l’exil et l’intégration dans un autre milieux accompagné par la pauvreté matérielle.

Rolf interrompit son travail pastoral par trois fois, deux fois pour se rendre à Jérusalem, en 1979 pour faire la grande retraite et en 1999 pour le cours biblique, la troisième fois lorsqu’il revient en 1985 pour quatre ans en Europe. Il est nommé à Axams, à 10 km d’Innsbruck an Tirol où il vit dans une communauté, nouvellement implantée comme projet nouveau, avec deux confrères, P. Anton Mettrop, un confrère hollandais et le P. Walter Vogt. L’équipe est chargée de l’animation missionnaire et vocationnelle. Elle mettra en place tous les moyens pour se faire connaître et pas seulement dans les paroisses du diocèse et les mouvements catholiques mais aussi au-delà des frontières diocésaines. Les confrères ouvriront notamment les portes de leur maison en organisant des journées de réflexion pour les jeunes.

En décembre 1989, Rolf retourna dans le diocèse de Kasama, mais il dut interrompre plusieurs fois son séjour pour se soigner en Allemagne. En décembre 2006 il est nommé en province. De 2007 à 2018 il est en charge de l’économat à Haigerloch, dans la communauté des confrères âgés.

Pendant la dernière année de sa vie, il a dû endurer une épreuve de plus lorsque le secteur a vendu la maison de Haigerloch, la deuxième fondation après Trier. La communauté s’est installé dans une maison de la CARITAS à Hechingen, à une dizaine de kilomètre de Haigerloch. En février 2019, Rolf est rentré dans la clinique universitaire à Tübingen où il est mort le 2 mars dans la matinée et enterré le 8 mars dans la section des Missionnaires d’Afrique au cimetière de Haigerloch.

Hans Vöcking, M.Afr.

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