Antonio Molina 1932 – 2015 (PE n° 1082)

Antonio José Molina Molina est décédé à Murcia (Espagne) le lundi 11 mai 2015. Il était membre de la communauté de Ntra. Sra. de África de Madrid. Le 25 avril il avait célébré ses 60 ans d’ordination sacerdotale dans la paroisse de la Estrella de Madrid, entouré de l’affection autant du curé que des paroissiens. Le 8 mai, le P. Antonio partait à Murcia pour fêter ce même événement avec les siens mais le Seigneur décida que la fête se passe au ciel…L’eucharistie d’adieu eut lieu le mardi 12 mai à la paroisse du Notre Dame du Carmel de Murcia, remplie de membres de sa famille, d’amis et de paroissiens ; parmi eux, des confrères Pères Blancs de Madrid et de Roquetas de Mar (Almería).

Antonio avait été ordonné prêtre un jour de Pâques, le 10 avril 1955, avec 26 autres jeunes Pères Blancs de diverses nationalités. Il eut la joie d’être accompagné de ses parents.

60 années plus tard, en célébrant son jubilé, il nous disait : « Avec 60 ans derrière moi, je regarde le rétroviseur de ma vie missionnaire et je me vois parmi les membres de la ‘brigade avancée’ des Pères Blancs ». En effet, après un cours d’étude du portugais, à Lisbonne, il arrive au Mozambique : il passe trois ans à Murraça, dont quatre mois à l’étude du Chi-Sena ; en janvier 1957, il est à la fondation de Charre et en 1958 nommé au séminaire de Zóbue.

C’est là qu’il reçoit sa première nomination pour diriger à Madrid le bulletin ‘PADRES BLANCOS’, ancêtre de la revue AFRICANA. On lui confie, en plus, la charge de l’animation missionnaire. Ils n’étaient que quatre confrères à l’époque à Madrid.

En octobre 1961, il reçoit une nouvelle nomination pour le Mozambique. En ce moment, il était difficile d’obtenir un visa d’entrée dans la colonie. En l’attendant, Antonio continue son étude du portugais et il aide dans les paroisses voisines. Au mois d’août 1962, il part en bateau pour l’Afrique avec le P. Vicente Sotillo. Il est nommé pour quelques mois à Bárue, puis, à nouveau, au séminaire de Zóbue, comme économe et professeur, jusqu’au mois de juillet 1967, moment où le séminaire passe aux mains des jésuites portugais.

Pendant qu’il était en Espagne, conseillé par le Supérieur du Mozambique, Antonio est allé à Bruxelles, à l’Institut International ‘LUMEN VITAE’ en vue de faire une spécialité en Catéchèse et Pastorale, se préparant ainsi à travailler dans le nouveau Centre « NAZARÉ », ouvert près de Beira. Antonio arrive à Beira pour l’année scolaire 1968-69. Il y travaille comme professeur et économe d’un ensemble de 30 familles de catéchistes jusqu’au mois de mai 1971, moment où les Pères Blancs ont quitté le pays.

Afin de pouvoir « digérer » tant d’émotions, Antonio demande au Supérieur général de pouvoir finir sa licence en Pastorale et Catéchèse à Louvain. C’est là qu’on lui propose de se rendre en Haute-Volta (aujourd’hui, Burkina Faso) comme directeur du CFC (Centre de Formation des Catéchistes) de Tionkuy (diocèse de Dedougou). Après son initiation dans la langue bambara, au Centre de Langue de Falajè (Mali), il retourne à Tionkuy en 1973 pour prendre la direction du CFC.

Quand, en 1975, le Mozambique obtient son indépendance, le Supérieur général des Pères Blancs invite les anciens missionnaires du pays à se préparer pour y retourner. Antonio était prêt à le faire et, dans ce but, il revient à Madrid. Le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique), cependant, bien que reconnaissant pour le travail fait par les Pères Blancs, ne voulait pas de leur présence auprès du peuple.

En 1976, quand le P. Juan Bautista Latorre laisse l’économat provincial d’Espagne, le Supérieur général, le P. Jean-Marie Vasseur, demande à Antonio de rendre provisoirement ce service à la Province. Service ‘provisoire’ qui durera tout le temps du mandat, comme provincial, du P. Bartolomé Burgos (1976 – 1982). Ainsi, en septembre 1982, les deux partent ensemble pour la grande retraite et la session biblique à Jérusalem.

En janvier 1983, avec une voiture Renault-4, Antonio prend la route vers le Burkina Faso et se rend à la mission de Tugán. En septembre 1988, il reçoit une nouvelle nomination : professeur de latin au Petit Séminaire de Tionkuy jusqu’au mois de juin 1991 où on lui propose d’aller au Brésil pour compléter l’équipe de Curitiba. Antonio avoue : « Ce fut le moment le moins dur de mon obéissance »; en fait, il « avait toujours rêvé de connaître ces ‘Églises pionnières’ depuis le Concile Vatican II, et il ne voyait pas le moyen de pouvoir le réaliser ». Ce furent huit années intenses, notamment les cinq dernières, pendant lesquelles il était délégué des OPM (Oeuvres pontificales missionnaires) de l’Etat du Paraná (Conférence Episcopale Régionale Sur-2 avec quatre archevêques et 17 évêques). Pendant ces cinq années, partirent les trois premiers prêtres brésiliens ‘Fidei Donum’ pour un diocèse au nord du Mozambique.

Au mois d’août 1999, Antonio retourne en Espagne. On lui propose d’aller en Belgique comme secrétaire général de la revue internationale ‘VIVANT UNIVERS’, de la province belge des Pères Blancs, charge qu’il occupa jusqu’au passage de la revue à un groupe de laïcs.

À la fin de l’année 2002, le P. Antonio rentre définitivement à Madrid où il reste jusqu’à sa mort en 2015. Il écrit : « Seigneur, aide-moi à vieillir ! Donne-moi d’être encore utile à ma communauté et au monde qui m’entoure, aidant avec ma prière et mon optimisme au règne de l’harmonie et de la paix ».

Pendant ces 13 dernières années de sa vie, le P. Antonio a collaboré avec AFRICA –Fundación SUR à la réalisation d’un programme hebdomadaire de radio, appelé: ‘La Otra Cara de África…’ qui raconte ce que les médias ne disent pas, à savoir : les choses positives et heureuses de l’Afrique. Il était en plus rédacteur de la revue AFRICANA et correcteur des textes originaux et des épreuves, sans oublier un engagement pastoral : il a assuré la célébration de la messe dominicale de 11 heures, pendant 12 ans, à la paroisse de Ntra. Sra. de la Estrella.

Antonio confesse : “Partout, autant en Afrique qu’en Europe ou en Amérique, je me suis senti missionnaire selon le style des Pères Blancs. Je rends grâce à Dieu parce que Jésus a fait de nous des pasteurs, et parce que, à sa façon, notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie, avait quelques-uns des charismes du Pape Francisco”.

Secteur d’Espagne

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