Bernhard Hagen 1936 – 2016 (PE n° 1077)

De retour d’une visite au Ghana cette année, Bernhard a senti un malaise. Il s’est rendu chez le médecin à Rheine qui a détecté un sérieux problème cardiaque. On l’a transporté en hélicoptère à la clinique cardiaque à Bad Rothenfelde. Il a été opéré le même jour pour un triple pontage. Cela a réussi, mais il a eu par la suite une crise de paludisme entrainant l’arrêt des reins et du foie. Les médecins l’ont mis dans un coma artificiel, mais il ne s’est jamais réveillé.

« Les seules choses importantes dans la vie sont les traces d’amour que nous laissons derrière nous quand nous partons ».  (Albert Schweitzer)

Bernhard est né en Allemagne du nord (Haren-Altenberge dans le Emsland) et était le deuxième d’une famille de 8 enfants. Son rêve de jeunesse était de devenir missionnaire. Après avoir terminé l’école secondaire, il a joint les Pères Blancs pour la philosophie à Trèves, suivi par l’année spirituelle à Hörstel, et ensuite la théologie à Totteridge, Londres de 1966 à 1970. L’évêque de Osnabrück, Helmut Herman Wittler, l’a ordonné prêtre le 27 juillet 1970 dans sa paroisse natale.

Il est parti au Ghana 3 mois plus tard. Il était un des missionnaires pionniers du nouveau diocèse de Damongo. Il a commencé plein d’enthousiasme, avec énergie, zèle et prêt à surmonter toutes les difficultés. Sa première nomination a été à Bola où il s’est senti envoyé aux personnes de milieu rural. Ensemble avec le père Peter Roth et le frère Rudolf Keith ils ont formé une équipe solide et ils ont fait un très bon travail, même si cela était exigeant. Il y avait de grandes distances à parcourir avec des routes très mauvaises et des gens très simples, mais les pronostics étaient encourageantes. Cela était le cas spécialement pour la tribu des Loby qui était ouverte à tout ce qui était travail de développement; cela rendait le travail plus léger.

En 1979 on a demandé à Bernhard de fonder une nouvelle paroisse à Tuna à seulement 70km de Bole, mais beaucoup plus sous développé. Cela était un défi important d’apprendre une nouvelle langue, de connaitre les personnes, de les comprendre et de s’adapter à leur culture. Il fallait d’abord construire la maison de la mission, ensuite la prise en charge des soins de santé, l’approvisionnement d’eau et la construction d’écoles. Beaucoup de temps était consacré aux projets d’infrastructure. Les confrères formaient une très bonne équipe. Frère Keith travaillait sans relâche et était économe local.

Les années 1975 – 1990 ont été d’une importance particulière pour Bernhard. Il y a eu une période d’instabilité dans le pays et des conflits sanglants entre les tribus. Il n’était pas facile de proclamer l’Évangile dans ce contexte. Bernhard ne s’est pas découragé, c’était pour lui un défi de travailler pour l’amélioration des conditions de vie des gens, spécialement de la jeunesse. Ses trois priorités principales étaient: 1) l’amélioration au niveau social, surtout la santé et l’éducation; 2) le développement économique; 3) l’éducation religieuse et le travail de paroisse. Tous ces aspects étaient nécessaires pour un développement harmonieux.

Notre confrère a reçu un grand appui d’un cercle d’amis de sa paroisse d’origine (Aktionskreis Pater Hagen) et de Hörstel (Arbeitskreis Kulmasa) où Bernhard a vécu ses dernières années. Ils l’ont aidé fidèlement durant 34 ans. Aujourd’hui la paroisse de Tuna s’est tellement développée que Kulmasa et Kalba sont devenues des paroisses indépendantes et d’une manière spéciale Kalba avec ses 64 villages et plus de 20.000 habitants.

En 1993, Bernhard a demandé à ses supérieurs de demeurer en Allemagne pour raison de santé et souffrait aussi des crises de paludisme. Durant la Post Capitulaire de 1992, les Pères Blancs avaient décidé de concentrer leur apostolat à 3 groupes de langue: Sisala, Dagomba et Garu. Bernhard ne connaissait aucune de ces langues. Concernant le travail de construction, il y avait maintenant des laïcs qualifiés. Il était donc prêt à rester en Allemagne et à travailler à l’animation missionnaire en autant que sa santé le permettait. Durant son séjour au Ghana, il avait fait un effort pour construire des ponts entre l’Allemagne et le Ghana. De retour en Allemagne, dans sa position de responsable du département de la mission du diocèse de Muenster (1994-2003), il a développé ces bonnes relations. Il a fait de grands efforts pour développer et approfondir le partenariat entre les diocèses de Muenster et Tamale. Personne n’oubliera les réunions « bushmeetings » pour les jeunes de Hörstel (ancien noviciat) où Bernhard savait créer un intérêt mutuel et une responsabilité commune pour motiver les participants à supporter avec enthousiasme le travail au Ghana. Une dame a publié une biographie de Bernhard où elle montre le dévouement de notre confrère.

Les chrétiens de Tuna – Kalba – Kulmasa et ceux qui connaissaient bien le diocèse de Muenster étaient très attristés du décès de ce grand missionnaire. L’évêque de Damongo a écrit: « Je désire mentionner avec une grande gratitude sa contribution pour le développement de l’Église du nord Ghana, spécialement dans mon diocèse où il a passé presque toute sa vie missionnaire. Nous nous souviendrons toujours de son zèle missionnaire et son engagement au travail d’évangélisation et parmi les pauvres.» Que Dieu accorde à son fidèle serviteur la récompense de la vie éternelle!

Günther Zahn

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