Notre Dame d’Afrique SOS

Construite en 1872, la basilique est un lieu visité par près de 100 000 personnes chaque année, venues d’Algérie, de France, de Chine et du monde entier. Son entretien régulier lui permet d’être conservée en bon état. Le Père Bernard Lefebvre recteur de la Basilique de 2003 à 2012 a entrepris d’énormes travaux grâce à l’aide des bienfaiteurs et mécènes des deux côtés de la Méditerranée. Les dons privés et publics de la France et de l’Algérie ont été également très nombreux.

L’entreprise française A. GIRARD, spécialisée dans la restauration du patrimoine, a obtenu le marché pour ce travail de grande envergure.

En août 2014, la ville d’Alger a été frappée par un séisme de magnitude 4,1 sur l’échelle de Richter, ce qui a endommagé la façade principale et la statue de la Vierge.

Nous lançons de nouveau un appel aux dons qui nous permettra de poursuivre cette réparation urgente et de continuer nos œuvres de fraternité et de paix dans cette Algérie qui nous est si chère. Nous les Pères Blancs chargés du rayonnement de la basilique et de son animation spirituelle et culturelle, vous remercions d’ores et déjà très chaleureusement.

Pour ceux qui désirent nous aider :
libellez votre chèque à l’ordre de : SMA Pères Blancs
et envoyez-le à : Economat Pères Blancs, 5 rue Roger Verlomme, 75003 Paris
avec la mention : « Notre Dame d’Afrique à Alger »

Virements bancaires :
« SMA PERES BLANCS »
BIC : SOGEFRPP
IBAN FR 76 3000 3030 0000 0500 93 165 40
Si vous souhaitez un reçu fiscal, veuillez nous le demander.
Merci d’avance pour votre générosité.

Nouveau recteur de Notre Dame d’Afrique

Né en Irlande en 1964, le Père Michael O’Sullivan a suivi des études secondaires dans un internat des pères trappistes dans le comté de Tipperary, il entre chez les Pères blancs en 1983. Attiré par l’appel d’être missionnaire en milieu arabo-musulman, il fait un stage pendant deux ans à Ghardaïa, avant de poursuivre ses études théologiques à Toulouse. Ordonné prêtre en 1991, il passe une année à Adrar avant d’être envoyé à Rome pour des études.

Ensuite on lui demande de partir pour le Soudan où il passe sept années à Khartoum. Connaissant bien le rite melchite, il passe une année sabbatique en 2001 au monastère orthodoxe de Balamand au Liban, où il suit des cours de liturgie orientale en langue arabe. Il fait également plusieurs séjours comme prêtre vicaire aux Emirats arabes unis, au Qatar au Yémen.

En 2003 de retour à Rome, il soutient une thèse en islamologie. Il est alors envoyé à Jérusalem. Pendant son séjour de dix ans dans la Ville Sainte, il est nommé directeur de la Maison d’Abraham et représentant du Secours Catholique en Terre Sainte. Suivent quatre ans à Doubaï, au Vicariat de l’Arabie du Sud, comme économe diocésain dans ce vaste diocèse. Ses intérêts pour la musique l’ont conduit à chanter avec des chorales à Jérusalem et à Doubaï. Il est heureux de servir l’Eglise d’Algérie comme recteur d’un de ses lieux les plus beaux et les plus symboliques, la Basilique Notre-Dame d’Afrique.

Tiré de  « Notre-Dame d’Afrique – Lettre aux amis – Février 2018 »

Béatifications : réaction des Evêques d’Algérie

Notre Eglise est dans la joie. Le Pape François vient d’autoriser la signature du décret de béatification de « Mgr Pierre Claverie et ses 18 compagnes et compagnons ». La grâce nous est donnée de pouvoir faire mémoire de nos dix-neuf frères et sœurs en qualité de martyrs, c’est-à-dire, (selon le sens du mot lui-même), de témoins du plus grand amour, celui de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Devant le danger d’une mort qui était omniprésent dans le pays, ils ont fait le choix, au risque de leur vie, de vivre jusqu’au bout les liens de fraternité et d’amitié qu’ils avaient tissés avec leurs frères et sœurs algériens par amour. Les liens de fraternité et d’amitié ont ainsi été plus forts que la peur de la mort.

Nos frères et sœurs n’accepteraient pas que nous les séparions de ceux et celles au milieu desquels ils ont donné leur vie. Ils sont les témoins d’une fraternité sans frontière, d’un amour qui ne fait pas de différence. C’est pourquoi, leur mort met en lumière le martyre de nombre de ceux et celles, algériens, musulmans, chercheurs de sens qui, artisans de paix, persécutés pour la justice, hommes et femmes au cœur droit, sont restés fidèles jusqu’à la mort durant cette décennie noire qui a ensanglanté l’Algérie.

Aussi notre pensée rassemble dans un même hommage tous nos frères et sœurs algériens, ils sont des milliers, qui n’ont pas craint eux non plus de risquer leur vie en fidélité à leur foi en Dieu, en leur pays, et en fidélité à leur conscience. Parmi eux nous faisons mémoire des 99 imams qui ont perdu la vie pour avoir refusé de justifier la violence. Nous pensons aux intellectuels, écrivains, journalistes, hommes de science ou d’art, membres des forces de l’ordre, mais aussi aux milliers de pères et mères de famille, humbles anonymes, qui ont refusé d’obéir aux ordres des groupes armés. Nombre d’enfants ont aussi perdu la vie emportés par la même violence.

Nous pouvons nous arrêter à la vie de chacun de nos dix-neuf frères et sœurs. Chacun est mort parce qu’il avait choisi, par grâce, de rester fidèle à ceux et celles que la vie de quartier, les services partagés, avaient fait leur prochain. Leur mort a révélé que leur vie était au service de tous : des pauvres, des femmes en difficultés, des handicapés, des jeunes, tous musulmans. Une idéologie meurtrière, défiguration de l’islam, ne supportait pas ces autres différents par la nationalité, par la foi. Les plus peinés, au moment de leur mort tragique, ont été leurs amis et voisins musulmans qui avaient honte que l’on utilise le nom de l’islam pour commettre de tels actes.

Mais nous ne sommes pas, aujourd’hui, tournés vers le passé. Ces béatifications sont une lumière pour notre présent et pour l’avenir. Elles disent que la haine n’est pas la juste réponse à la haine, qu’il n’y a pas de spirale inéluctable de la violence. Elles veulent être un pas vers le pardon et vers la paix pour tous les humains, à partir de l’Algérie mais au-delà des frontières de l’Algérie. Elles sont une parole prophétique pour notre monde, pour tous ceux qui croient et œuvrent pour le vivre ensemble. Et ils sont nombreux ici dans notre pays et partout dans le monde, de toute nationalité et de toute religion. C’est le sens profond de cette décision du Pape François. Plus que jamais, notre maison commune qu’est notre planète a besoin de la bonne et belle humanité de chacun.

Nos frères et sœurs sont enfin des modèles sur le chemin de la sainteté ordinaire. Ils sont les témoins qu’une vie simple mais toute donnée à Dieu et aux autres peut mener au plus haut de la vocation humaine. Nos frères et nos sœurs ne sont pas des héros. Ils ne sont pas morts pour une idée ou pour une cause. Ils étaient simplement membre d’une petite Eglise catholique en Algérie qui, bien que constituée majoritairement d’étrangers, et souvent considérée elle-même comme étrangère, a tiré les conséquences naturelles de son choix d’être pleinement de ce pays. Il était clair pour chacun de ses membres que quand on aime quelqu’un on ne l’abandonne pas au moment de l’épreuve. C’est le miracle quotidien de l’amitié et de la fraternité. Beaucoup d’entre nous les ont connus et ont vécu avec eux. Aujourd’hui leur vie appartient à tous. Ils nous accompagnent désormais comme pèlerins de l’amitié et de la fraternité universelle.

Alger, le 27 janvier 2018

+ Paul Desfarges, archevêque d’Alger
+ Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran
+ John MacWilliam, évêque de Laghouat
+ Jean-Marie Jehl, administrateur de Constantine

Ecole de la différence – 7ème édition

Depuis 2011
l’École de la différence
est une expérience unique et
positive de la diversité culturelle
pour les jeunes en Algérie.

Les garçons et filles entre 20 et 30 ans, désirant participer doivent faire partie d’une association, club, groupe actif, réseau associatif, etc. déjà formé, de préférence dans les domaines suivants: éducation informelle, écologie, intereligieux, patrimoine, handicap, promotion de la culture, coopérative, action humanitaire, etc.

Au cours de la 7ème Ecole de la différence chaque jeune devra présenter, dans un atelier, les activités, réalisations accomplies et projets en cours menées par son association.

Les candidatures et demandes de renseignement doivent entre envoyées avant le 1er février 2018.

Télécharger le dépliant ici : Le dépliant s’ouvrira dans une « fenêtre externe Google ». Pour le télécharger cliquez sur la flèche ↓  en haut à droite.

Farid Khodja chante l’amour et la paix à la basilique Notre-dame d’Afrique

Le public algérois avait rendez-vous, dans la soirée de jeudi, avec un répertoire du patrimoine andalou, revisité et adapté en une version très lyrique, proposé par Farid Khodja et son ensemble de musiciens. Organisé à la basilique Notre-Dame d’Afrique, ce récital a présenté aux mélomanes, venus nombreux, des adaptations et une fusion instrumentale notable, en plus d’avoir pris une tournure très lyrique portée par la voix de Farid Khodja et l’acoustique des lieux. Accompagné d’une cellule instrumentale traditionnelle …

Lisez davantage ici : https://www.algeriepatriotique.com/2017/11/18/khodja-notre-dame-dafrique/

Ici : http://www.aps.dz/culture/65749-farid-khodja-chante-l-amour-et-la-paix-a-la-basilique-notre-dame-d-afrique

Ou encore ici : http://elwatan.com/culture/farid-khodja-instaurer-un-climat-de-tolerance-a-travers-la-musique-arabo-andalouse-15-11-2017-356748_113.php

Quelques photos à découvrir ici : http://djelfalger.blogspot.it/2017/11/farid-khodja-en-concert-notre-dame.html

Une vidéo pour ceux qui ont peu de temps …

… ou une plus longue pour les passionnés :

Merci à José Maria Cantal Rivas !

L’IBLA, un dynamisme nouveau dans une Tunisie nouvelle (PE n° 1084)

Créé en 1926 à Bou Khris (près de La Marsa) par les Pères Blancs, l’Institut des Belles Lettres Arabes, IBLA, est né de la volonté de mieux connaitre et promouvoir la culture tunisienne dans tous ses aspects. Il s’intéresse ainsi aux sciences humaines et sociales en Tunisie et, plus largement, dans le monde arabe. Sa mission est d’encourager l’ouverture intellectuelle en Tunisie, tout en développant le dialogue interculturel et interreligieux, dans le but de parvenir à la compréhension mutuelle et à la paix.

L’IBLA s’installe dans son siège actuel en 1932, à proximité de la médina de Tunis, où il s’intègre progressivement dans la société tunisienne. La partie de formation en langue arabe classique et islamologie est transférée à La Manouba en 1949, puis à Rome en 1964 pour devenir l’Institut Pontifical d’Études Arabes et d’Islamologie (PISAI). Cependant, le fonds documentaire reste à Tunis où il sert depuis des décennies de source académique et intellectuelle aux chercheurs universitaires et autres, à travers une Bibliothèque de Recherche. En 2010, elle comptait plus de 34 000 titres et 600 revues, ainsi que 130 000 références dans son catalogue. Cette même année, il y avait 430 chercheurs inscrits, pour la plupart des universitaires tunisiens en études de master ou doctorat, ainsi que des professeurs. Parallèlement, l’IBLA développe d’autres activités, avec notamment la Revue IBLA. Fondée en 1937, elle s’intéresse aux sciences humaines et sociales en Tunisie et est la plus ancienne des revues existant à ce jour en Tunisie. Elle entretient aujourd’hui des échanges avec une centaine d’institutions dans le monde, ce qui nourrit la Bibliothèque de Recherche. A partir des années 1950, l’IBLA ouvre également ses portes aux adolescents des quartiers populaires avoisinants et crée progressivement une Bibliothèque des Jeunes. Il s’agit de leur offrir un espace chaleureux et un accompagnement bienveillant pour les soutenir dans leurs études.

Le 5 janvier 2010, un dramatique incendie emporte le directeur de la Bibliothèque de Recherche, le Père Gian Battista Maffi (PB), et entraine aussi la perte de la moitié de la documentation ainsi que d’importants dégâts au bâtiment. Une grande vague de solidarité se manifeste alors en Tunisie et à l’étranger, aussi bien de la part d’individus que d’institutions, tel que le Ministère de la Culture de Tunisie, l’Institut Français en Tunisie, la Bibliothèque Nationale et l’Institut du Monde Arabe à Paris, ou encore diverses ambassades. À Tunis, la Bibliothèque Nationale et les Archives Nationales ont restauré environ 160 ouvrages anciens. Nous avons lu cela comme un signe des temps, nous aidant à discerner l’importance de notre action. Cela nous a ainsi encouragés à fournir tous les efforts possibles pour relancer les activités de l’IBLA et répondre de cette façon aux besoins exprimés par les milieux dans lesquels nous œuvrons. C’est grâce à ces multiples soutiens que l’IBLA a entamé sa restauration et a rouvert officiellement les portes de sa Bibliothèque de Recherche en octobre 2014. Depuis, c’est l’action dédiée aux adolescents qui est progressivement relancée, à travers un nouvel Espace Jeunes, qui vise à favoriser le développement intégral de leur personne. Quant à la Revue IBLA, elle a continué rigoureusement ses activités, malgré les temps difficiles que l’Institut a traversés.

L’IBLA est animé par des Pères Blancs provenant de divers pays et travaillant main dans la main avec les Tunisiens et toute autre personne. Pour cela, ils apprennent le dialecte tunisien et se spécialisent pour certains en islamologie et langue arabe classique. L’IBLA se veut ainsi un lieu de rencontre, de dialogue et d’échanges, un espace de respect et de connaissances partagées où chacun, quel que soit son pays, sa culture ou sa religion, puisse en même temps être acteur et récepteur. Il répond de cette façon à la mission de l’Eglise au Maghreb, qui a à cœur d’apporter sa part à la vie culturelle et intellectuelle ainsi qu’à la construction de la société. Par sa modeste présence et ses activités, l’IBLA contribue ainsi à renforcer l’ouverture intellectuelle, interculturelle et interreligieuse et à promouvoir le vivre-ensemble.

Une étagère de la Bibliothèque

A présent, l’IBLA souhaite plus que jamais être ce pont entre les cultures et les religions, entre le savoir des livres d’hier, la richesse du monde intellectuel d’aujourd’hui et l’énergie de la jeunesse qui prépare demain. La Bibliothèque de Recherche recouvre progressivement son fonds documentaire et compte actuellement près de 24 000 titres ainsi que des centaines de périodiques. Plus de 500 chercheurs se sont inscrits depuis sa réouverture en octobre 2014. Des conférences viendront bientôt enrichir les activités de l’IBLA, qui entend ainsi participer activement à la vie intellectuelle et culturelle en Tunisie. L’Espace Jeunes est, quant à lui, en pleine relance. Environ 80 adolescents participent depuis 2016 aux cours de soutien scolaire en anglais et en français. Ils trouvent en l’IBLA un espace de calme et de confiance où étudier, socialiser et enrichir leur quotidien. Après la fin des travaux de rénovation de l’Espace Jeunes, d’ici l’été 2017, de nouvelles activités vont aussi voir le jour : ateliers informatiques et artistiques, nouvelle bibliothèque jeunes ou encore projections et débats. Au-delà de la dimension éducative, ces activités permettent de tisser des liens avec les familles des quartiers avoisinants, dont la majorité vit dans la pauvreté et la précarité. Cela permet aussi de servir la mission de rencontre, de dialogue et de solidarité avec les personnes vivant en périphéries existentielles. Enfin, la Revue IBLA, sous la direction du M. Faouzi Bedoui et de son comité de rédaction entièrement tunisien, a fêté ses 80 ans avec un stand et une table ronde organisée le 26 mars 2017 à la Foire Internationale du Livre de Tunis (qui s’est tenue du 24 mars au 2 avril 2017). C’est grâce au travail bénévole et dévoué du comité que la Revue poursuit ses activités avec son esprit de rigueur et de bienveillance, promouvant ainsi les cultures tunisienne et arabo-musulmane.

Aujourd’hui, l’équipe de l’IBLA comprend le Directeur, Père Bonaventura Mwenda (PB) ; le gestionnaire financier, Père Ismaël Mendez Almaguer ; Père André Ferre (PB) ; Père Robbin Simbeye (PB) ; les stagiaires Calvin Akunga (PB) et Simon Ouedraogo (PB) ; le directeur de la Revue, M. Faouzi Bedoui ; l’aide-bibliothécaire et coordinatrice éditoriale de la Revue IBLA, Mme Nadia Jlassi ; l’aide-bibliothécaire, Mme Asma Dellai ; la rédactrice de projets, Mme Lucie Jacquet, et l’employée de maison, Mme Arbia Alaoui.

L’équipe de l’IBLA

Dans une Tunisie post-Révolution, l’IBLA essaie de s’adapter pour continuer à accompagner au mieux l’évolution de la société, comme il a su le faire depuis 1926. De nombreux défis restent encore à relever : actualiser le fonds documentaire de la Bibliothèque de Recherche, maintenir la rigueur scientifique de la Revue IBLA, malgré la baisse du niveau académique en Tunisie, répondre aux besoins d’une jeunesse rencontrant des difficultés à trouver sa place dans la société, accompagner les Tunisiens à vivre leur liberté (houriyya) et leur libre-arbitre (ikhtiyar), intégrer les nouvelles technologies dans les activités de l’IBLA ou encore faire face aux dépenses de fonctionnement de l’Institut. Pour cela, l’IBLA s’appuie sur son réseau et développe ses relations dans le quartier et le milieu académique, tout en recherchant des partenaires et bienfaiteurs au niveau national et international. En ces temps de renouveau, rencontres et dialogues restent le gouvernail de l’IBLA, puisque c’est à travers cela que son action trouve tout son sens.

Bonaventura Benjamin MWENDA,
directeur de l’IBLA.

L’IBLA, un dynamisme nouveau dans une Tunisie nouvelle

Ghardaïa en Algérie : une paroisse différente ou comme n’importe quelle autre ? (PE n° 1084)

Je me fâche quand des confrères semblent insinuer que la vie paroissiale dans les pays à prédominance non-chrétienne serait tronquée, amoindrie, voire inexistante. A Ghardaïa en Algérie, nous vivons comme les toutes premières paroisses des Actes des Apôtres, sinon comme les « sept paroisses » ordinaires du livre de l’Apocalypse. Notre paroisse ressemble aussi à celles de nos confrères missionnaires d’Afrique de la province de l’Afrique du Nord et de certaines paroisses du Mali et du Niger. Mais pourquoi la paroisse de Ghardaïa ne ressemblerait-elle pas à toutes les autres paroisses tenues par des communautés de missionnaires d’Afrique ? Même s’il y a des différences de gradualité, de fréquentation et d’accents.

Une paroisse vit le mystère du Christ dans ses assemblées saintes, surtout dominicales, dans sa vie religieuse et spirituelle, dans la formation et l’accompagnement des laïcs pour la mission de transformation graduelle de notre monde en Royaume des cieux ; bref, dans l’optique de «Justice et Paix», de dialogue et d’écoute du monde en quête d’absolu. Autrefois on nous enseignait qu’il y a ‘assemblée sainte’ à partir d’Abel, le juste : «Ecclesia ab Abele». Cela veut dire que là où il y a innocence meurtrie (oppression, esclavage, injustice, etc.), que là il y a déjà «Eglise» : l’assemblée de ceux qui suivent l’Agneau.  Une paroisse comme la nôtre n’a qu’à se solidariser avec ces multiples «Abels en pleurs, en sang et en sueur» pour devenir de plus en plus «Eglise», avec les invités des places publiques et des carrefours.

Une bonne partie des fidèles de notre paroisse vit sa vie sacramentelle et spirituelle dans le cadre de sa propre communauté religieuse et missionnaire. Dans notre paroisse, ce sont les communautés des missionnaires d’Afrique et des Soeurs missionnaires de Notre Dame d’Afrique (Pères blancs et Soeurs blanches). L’évêque, père blanc et successeur d’ordinaires M.Afr. depuis le Cardinal Lavigerie, se joint à nos  communautés eucharistiques et participe aux offices communautaires. Le vendredi, jour férié en Algérie, nous célébrons l’eucharistie partiellement en arabe. Plusieurs migrants chrétiens, libres ce jour, y assistent. Parfois l’arrivée plus tardive de migrants chrétiens et non-chrétiens nous pousse à trouver un autre moment de la journée pour rassembler les migrants chrétiens présents pour un office linguistiquement et sacramentellement adapté. Après cela nous ‘tartinons’, parce que le curé est hollandais !

C’est le dimanche surtout que notre paroisse apparaît dans sa plus grande diversité pour les chrétiens vivant sur le territoire d’une douzaine de kilomètres carrés. On trouve alors l’évêque, si présent, les pères blancs avec le(s) stagiaire(s) et parfois des étudiants africains des universités algériennes, les Soeurs blanches, les laïcs qui sont souvent des engagés de la Délégation de la Coopération Catholique (France) et les migrants africains chrétiens des environs.

Les paroissiens ne sont pas seulement les fidèles, habitant le territoire de la douzaine de kilomètres carrés autour de la cathédrale, mais aussi la diaspora mouvante de Noumérate (25 km), Metlili (35 km), Mansoura (70 km), Zelfana (65 km), Oued Nichou (25 km), Berriane (45 km), Oued Soudan (55 km), Djelfa (300 km) où l’on cherche les modalités d’établir une aumônerie d’étudiants chrétiens et où, dans ce cadre, l’on devrait pouvoir obtenir l’agrément pour un lieu de culte ; finalement Laghouat (195 km), où il y a un pied-à-terre du diocèse et où rien n’empêche la tenue d’offices chrétiens mensuels, tenant prudemment compte du caractère de clandestinité des migrants africains.

La paroisse n’est pas seulement une communauté autour d’un bénitier. C’est une communauté de communautés, animée par le désir de transformer lentement mais sûrement la vie du monde non-chrétien autour d’elle en monde régi par les Béatitudes en vue du Royaume des cieux, règne de justice et de paix.

Fait partie de la paroisse de Ghardaïa l’effectif des collaborateurs de l’administration du diocèse (dont l’évêque en premier lieu), qui s’investit dans toutes les paroisses et communautés religieuses et missionnaires du grand diocèse du Sud de l’Algérie, Laghouat-Ghardaïa, souvent sans ministres ordonnés. Apparemment le personnel administratif des bureaux diocésains ne s’occupe pas directement ni tangiblement de la grande mission de l’Eglise de transformer ce monde en Royaume des cieux ; que ferais-je moi-même pour la pastorale des migrants chrétiens et l’œuvre de conscientisation et d’« empowerment » des migrants africains sans le travail ingrat de tous ces collaborateurs rapprochés de l’évêque ? Mais de fait, ils portent bien la chaleur et le poids du jour. Ils participent aussi activement à l’œuvre culturelle, une des options prioritaires du diocèse dans le cadre du CCDS (Centre Culturel et de Documentation Saharienne), aux cours de soutien scolaire et même, dans le cadre de la coordination des initiatives, aux actions pour les migrants africains.

Font partie de la paroisse de Ghardaïa les migrants africains chrétiens, individuels et/ou en petits groupes. Ceux qui sont à distance du culte de l’Eglise sont actuellement au nombre de cinq, mais cela fluctue. Dans les succursales, pour le moment, j’évalue leur nombre entre 40 et 50. Mon grand regret c’est que nos structures de travail missionnaire traditionnel nous empêchent d’être pleinement au service sacramentel et spirituel de ces missionnaires laïcs (migrants africains chrétiens sur le terrain, missionnaires malgré eux) qui sont les premiers évangélisateurs du monde des migrants et du monde du travail dans le grand Sud de l’Algérie. La force des paroisses Père blanc a toujours été la transformation du laïcat en communautés évangélisatrices dynamiques : des communautés qui font la différence, où qu’elles soient, et qui recrutent par leur attirance.

Johan Miltenburg, M.Afr.

A visionner également :

https://youtu.be/XvaIjNh8w9o

Installation de Mgr John MacWilliam à Ghardaïa

Quelques jours après son ordination épiscopale dans l’église abbatiale de Worth en Angleterre, John était installé officiellement évêque de Laghouat-Ghardaïa dans la petite chapelle de Ghardaïa. Il y aura une troisième célébration, une messe d’action de grâce, présidée par John à Notre Dame d’Alger le 2 juin prochain.

 
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