Prix Mazingira pour Michel Dubois

Prix Mazingira pour Michel Dubois

Mini-Lien n°501

Ici, sur la Colline du Sanctuaire, Michel a planté 2400 pins.

Récemment, notre confrère Michel Dubois a reçu le prix « Mazingira » en reconnaissance pour sa contribution à l’environnement (mazingira en swahili) dans le Sud-Kivu (Bukavu). Il a, en effet, planté quelque 2400 pins sur la Colline de Lukananda, qui porte aussi le nom de Colline du Sanctuaire. Après avoir passé près de trente ans au Congo, notre frère Michel se trouve maintenant dans la communauté de Pau-Billère. Bravo, Michel, pour ce signe de reconnaissance que tu mérites amplement. Voici un transcript de la lettre qui lui a été envoyée :

Bonjour Monsieur Michel Dubois

La Société Civile Environnementale et Agro Rurale du Congo SOCEARUCO Sud-Kivu, a l’honneur de vous couronner par un prix d’honneur pour votre engagement dans la restauration du paysage de la ville de Bukavu et de la colline de Lukananda. Cet événement sera organisé à l’occasion du 50e anniversaire du parc national de Kahuzi Biega. C’est ainsi que notre comité de jury a décidé de récompenser les mérites des quelques personnes physiques et morales ayant contribué à la protection de l’environnement en RDC et au Sud-Kivu.

C’est dans ce contexte que nous vous contactons pour vous solliciter afin de désigner une personne qui pourra vous représenter et recevoir en votre nom le « Prix Mazingira » (édition 2020) qui vous est attribué. Notez que la remise de ce prix sera effectuée au quartier général du Parc national de Kahuzi Biega lundi 30/11/2020 à partir de 9 h à Tchivanga.

Mes cordiales salutations,

MSc Josué ARUNA

Noël, un trésor à transmettre

Noël, un trésor à transmettre

Emmanuel Lengaigne (Mini-Lien 501)

Multitude d'Anges - Brian Kershisnik

Nous venons de faire mémoire de la mort du Cardinal Lavigerie et nous nous préparons à célébrer la fête de la Société. En préparant cet éditorial, je me suis demandé : comment nos confrères des premières caravanes ont-ils vécu leur premier Noël ?

Ce ne fut sûrement pas un Noël avec de grandes foules et encore moins avec la famille. Ils ont dû vivre pour certains un Noël dépouillé sur des chemins inconnus au milieu de populations qu’ils ne connaissaient pas et une langue qu’ils ne maîtrisaient pas encore… Mais leur Noël était probablement plus proche du vécu de la naissance du Seigneur à Bethléem il y a 2000 ans.

L’incarnation ne s’est pas faite dans la facilité. Jésus n’est pas venu dans un monde où tout allait bien. Il est venu dans la simplicité apporter une parole d’espérance, une parole de vie, un message d’amour qui trouve une résonnance au fond de nous-mêmes.

Ce que nos confrères ont vécu au début de la Société et que nous avons pu vivre dans un quotidien qui pouvait paraître ordinaire est une prolongation de la venue du Sauveur dans le monde. Nous ne nous rendons pas toujours compte combien de personnes sont impressionnées par notre vie missionnaire. Si nous faisons mémoire des transformations de l’Église où nous avons servi en Afrique, nous pouvons nous réjouir et rendre grâce d’avoir pu y apporter notre contribution. Combien d’entre nous ont célébré Noël dans des petites chapelles qui maintenant sont devenues des paroisses ou même des diocèses ? Ce que nous avons vécu est un trésor dont nous sommes les dépositaires. Un trésor qui tend à être de moins en moins connu en Europe.

Depuis les origines de l’humanité, Dieu a déposé dans le cœur de chaque personne un désir de plénitude, d’absolu qui se manifeste de différentes manières. C’est ce désir qui nous a motivés dans notre engagement missionnaire. C’est ce même désir de plénitude qui se manifeste dans les nombreuses personnes de tous âges qui s’engagent au service des plus vulnérables. Si nous sommes attentifs, nous découvrons beaucoup de générosité autour de nous. Une attention aux autres qui s’est davantage manifestée pendant cette période de pandémie.

Ne pouvons-nous pas répondre à ce désir de plénitude que de plus en plus de personnes recherchent aujourd’hui en valorisant notre expérience et notre présence en Afrique ? Dans un monde sécularisé, notre expérience, le trésor dont nous sommes dépositaires, peut être une opportunité d’ouverture pour d’autres. Une manière aussi de continuer à participer à la venue du sauveur dans le cœur des hommes. Nous sommes dépositaires d’un trésor que nous pourrions davantage partager dans le monde.

Cette année, Noël ne sera pas comme nous l’aurions voulu. Nous aurons probablement quelques restrictions et nous le regrettons tous. Nous savons aussi que l’essentiel est ailleurs. Que la venue du Sauveur qui a eu lieu en un lieu et un temps donné est à renouveler en chaque personne, à chaque génération ! Noël c’est aussi lorsque quelqu’un accueille pour la première fois le Seigneur dans sa vie. Être témoin de cela est source de joie et d’Action de grâce.

Un siècle d’histoire de l’Eglise d’Afrique devant vous !

Un siècle d'histoire de l'Eglise d'Afrique devant vous !

Mini-Lien du Secteur France – 1er Novembre 2020 – Editorial

 « Évidemment, évidemment, on rit encore pour des bêtises comme des enfants… mais pas comme avant, pas comme avant », chantait France Gall sur des paroles de Michel Berger, après le départ d’un être qui lui était très cher. Ah le vide ressenti après un décès! Et il faut reconnaître que lorsqu’en ce 2 novembre nous visiterons les caveaux de nos confrères décédés, nous prendrons encore un peu plus conscience à quel point ils nous manquent.

Les noms sont gravés dans le granit, mais moins profondément que dans nos cœurs ou tout au moins dans nos mémoires. Plus rien en effet ne sera « comme avant ». Et cette triste année 2020 va marquer indélébilement nos mémoires : seulement en France – et l’année n’est pas terminée – 20 confrères nous ont quittés et c’est énorme.

Qui plus est, trop d’entre eux sont partis sans aucun confrère pour les accompagner, portés à la morgue par des fantômes en tenue de films d’horreur et puis tout aussi directement au cimetière sans passer par la case obligée d’une chapelle ou d’une église. Inhumain ! Non, ils ne se sont pas dévoués tant d’années en Afrique au service de l’Évangile, portés par un renoncement improbable propre aux Pères Blancs pour finir comme cela ! Ils ne méritaient pas ça ! Et pendant que les pompes funèbres faisaient leur travail, nous les « vivants » nous étions seuls dans nos chambres les yeux secs, mais le cœur bouleversé, murmurant sans fin comme pour stimuler notre espérance: « Ô mort, où donc est ta victoire ? »

Heureusement, la foi et la raison ont vite fait de prendre le dessus au point même de nous rendre plus forts ; la fête de la Toussaint est là pour nous le rappeler : « Oui, nous le savons », nos confrères sont vivants, et pour toujours, à l’apogée de leur vie active missionnaire et sacerdotale. Et leur départ, aussi douloureux a-t-il été, n’était que leur ultime épreuve, celle-là même qu’a vécue le Christ avant sa résurrection. Oui, ils sont vivants et nous y croyons profondément.

Comment alors, en ce 2 novembre, ne pas partager la fierté que nous sommes en droit de ressentir en voyant tout ce que Dieu a réalisé à travers eux en Afrique ou ailleurs ? Ce n’est pas pour rien qu’Il a choisi ses ouvriers dans une diversité et une richesse incroyables ; chacun d’eux a travaillé à sa façon à la vigne du Seigneur apportant à l’immense vitrail de la Mission ce petit coup de pinceau personnel qui lui donne toute sa luminosité : tous les champs humains comme spirituels ont été merveilleusement labourés depuis 150 ans. Et c’est bien cette diversité qui a fait de l’Église d’Afrique la perle qu’elle est aujourd’hui.

Mais la fête de Toussaint est aussi celle du pardon ou de l’oubli selon nos conceptions. Le départ de nos confrères en effet a aboli en nos mémoires tout le négatif qui leur était reproché de leur vivant. Et surtout, avec du recul, ce que nous pensions être des défauts n’a-t- il pas été finalement utile, voire nécessaire à la construction de l’Église d’Afrique ? C’est fou ce qu’elle a pu progresser grâce à toutes les imperfections de ses ouvriers !
Ce sont bien ces petites, mais nombreuses croix qui l’ont façonnée, et ce sont de multiples petites croix qui façonnent encore et toujours ce chef-d’œuvre en devenir. Ce sont les ombres qui depuis toujours font ressortir la splendeur de la lumière et des couleurs ! C’est alors que nous revient cet aveu réconfortant de Saint-Paul : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ! » « Tout est grâce ! » écrivait Bernanos.

Au cimetière de Bry comme dans d’autres cimetières, 10 caveaux « Missionnaires d’Afrique » sont alignés avec des dizaines de noms gravés dans la pierre, dans le ‘Livre de vie’. À un jeune couple venu se recueillir sur la tombe de leur oncle, je me suis permis de dire avec fierté : « Vous avez devant vous plus d’un siècle de l’histoire de l’Église d’Afrique. »

Rendons grâce à Dieu pour nos confrères décédés ! Qu’ils reposent en paix !

Père Clément Forestier, M.Afr.

Ecoutez ces belles paroles de Michel Berger, chantées par France Gall, en mémoire de nos confrères décédés depuis le 2 novembre 2019.

NomNation
De Laet RenéBel
Luca Jean-MarieBel
Devigne PaulBel
Claude Jean-PierreBel
Van Wielendaele LucienBel
Deneckere MarcBel
Desjardins MauriceCan
Laberge RobertCan
Landry PierreCan
Tremblay PaulCan
Bouchard GérardCan
Schäckel Heinz-JosefDeu
Elbert SiegfriedDeu
Weidelener AntonDeu
Tappeser JohannesDeu
Pantenburg Karl-H.Deu
Moser JosefDeu
Büth WolfgangDeu
Pehle BernhardDeu
Rosner GotthardDeu
Hohmann ReinhartDeu
Lieberich JoachimDeu
Beck JosefDeu
Cuello S. GabrielEsp
Martínez L. AntonioEsp
Bacaicoa A. EugenioEsp
Sotillo Blasco José VicenteEsp
Arconada del Valle Germán Esp
Chevalier Jean-YvesFra
Januel RenéFra
Faivre-Rampant LouisFra
Redouin MauriceFra
Ceillier Jean-ClaudeFra
Lafollie PierreFra
Frouin HenriFra
de Gaulle FrançoisFra
Liogier JoannèsFra
Chupin BrunoFra
Lelong MichelFra
Louvard JustinFra
Delannoy Jean-BernardFra
Ledeul RenéFra
Gruffat MauriceFra
Chardin JeanFra
Nicolas RobertFra
Mayaud CharlesFra
Baudon BernardFra
Kelly PeterGbr
Stones GeraldGbr
Aduol Maurice O.Ken
Reiles AloysLux
van Kessel HenkNld
van Haandel JanNld
Vulkers BernardNld
Louwen KarelNld
van Dieten GerNld
Delen WillyNld
Adriaan van de LaakNld
Zielinski DariuszPol
Zeller PaulSse
Gyr HansSse
Amport MarcelSse
Jobin BernardSse
Braun John JosephUSA

Roquetas de Mar – Mission dans les périphéries (PeBeFa n°32)

Roquetas de Mar - Mission dans les périphéries

Le phénomène de la migration n’est pas une réalité nouvelle. Même nos pays d’Europe ont été façonnés par la migration tout au long de l’histoire. Aujourd’hui, comme nous pouvons le constater autour de nous, ce phénomène a polarisé certains segments de la population. La mauvaise compréhension du problème de la migration, ainsi que la mauvaise explication des faits, rendent tout aussi insuffisantes les réponses données. Ni les politiques qui investissent des sommes incroyables dans le renforcement des frontières, ni les médias n’aident à voir avec sérénité et une vision positive l’arrivée de personnes nouvelles et différentes sur ces terres. La peur et la suspicion semblent avoir le dessus pour l’instant ; le défi de passer de l’hostilité à l’hospitalité demeure.

La Communauté de Roquetas de Mar est née pendant le mandat du Provincial P. Benito Undurraga (1992-1998). Lors de la rencontre de Noël des prêtres à Aguadulce en 1997, un Missionnaire d’Afrique a proposé à l’évêque une possible collaboration des Missionnaires d’Afrique avec le diocèse d’Almeria parmi les immigrants africains. L’évêque se montra très intéressé et suggéra aux Pères Blancs de faire une proposition. Plusieurs options furent envisagées : prendre en charge une paroisse ou se consacrer à l’intégration des Africains dans les différentes paroisses où ils se trouvent. Cette dernière formule fut choisie, et les missionnaires aidèrent les curés dans cette tâche. Fin 1999, le dialogue avec l’évêque d’Almería a repris et, au début de l’année 2000, un contrat a été signé pour trois ans, valable jusqu’en janvier 2003 et renouvelable tous les trois ans. Le 12 janvier 2000, les Pères Joaquín Alegrías (missionnaire au Malawi) et Gabriel Cuello (missionnaire au Mali) ont été installés provisoirement dans la paroisse du Parador (Roquetas de Mar) et, l’année suivante, ils ont déménagé à Roquetas de Mar, dans une maison du « quartier des 200 maisons », où se trouvent de nombreux migrants africains ; en même temps, on leur a confié la paroisse de Saint Jean-Baptiste, qui n’était pas encore construite.

La Communauté accueille les migrants (principalement des Subsahariens) qui viennent à Roquetas de Mar, pleins de rêves et d’illusions après avoir mis leur vie en danger au cours du long voyage sur la mer. C’est un projet d’accueil, d’attention à l’autre et d’aide à l’intégration de tant de frères et sœurs du désert et de la mer.

Ce projet comporte deux aspects : Le premier est directement pastoral, avec un catéchuménat de jeunes et d’adultes, et le second est de nature sociale. Dans ces deux domaines, nous collaborons avec un groupe de plus de vingt bénévoles : enseignants retraités ou en activité, médecins, avocats, religieux et prêtres.

Nous sommes une communauté internationale et interculturelle, Oscar, un Mexicain, qui a travaillé au Ghana ; Cesáreo Hoyuela, un Espagnol, missionnaire au Burkina Faso ; Alick Mwamba, un Zambien, missionnaire au Burkina Faso et au Mali, et un séminariste rwandais.  Nous vivons dans le « quartier des 200 maisons » qui, malgré sa mauvaise réputation dans le reste de la ville, est un lieu convivial, animé, coloré et multiculturel. Ici, vous avez un avant-goût de l’Afrique dans cette ville qui est réputée dans toute l’Espagne pour son tourisme.

Le quartier où nous vivons est aussi un lieu où les nouveaux arrivants d’Afrique sont souvent accueillis par des gens de leur propre pays : ils les accueillent, les nourrissent et les aident à faire leurs premiers pas dans ce nouveau pays, même pour trouver un petit travail dans l’agriculture. 

Accueillir et accompagner, promouvoir et intégrer comme le propose le Pape François, semble être la meilleure façon de décrire notre mission à Roquetas de Mar. Ces attitudes sont unies de manière concrète, d’une part, par la dimension sociale de notre présence (Centre Interculturel Afrique et tous ses services sociaux), et d’autre part, par une dimension spécifiquement religieuse (Catéchuménat pour les migrants africains dans plusieurs paroisses de notre région).

Les expériences de la mission en Afrique, qui nous ont transformés en ce que nous sommes aujourd’hui, sont autant d’aides dans notre ministère de compassion, qui est essentielle dans ces circonstances. 

Les migrants vivent dans un contexte social qui ne les valorise pas toujours ; ils vivent en groupe, mais loin de leur propre famille ; ils sont seuls et n’ont guère la possibilité de trouver un conjoint adéquat. Ils vivent avec la douleur de savoir que le « lait et le miel » qu’ils cherchaient sont à portée de leurs mains, sans encore leur appartenir. Ils sont tous des personnes fortes et résistantes.

Voilà comment nous restons fidèles à notre vocation missionnaire et au charisme de notre fondateur Lavigerie qui nous a invités à « aimer l’Afrique et les Africains ». Notre mission se poursuit dans cette ville côtière du sud de l’Espagne, qui se trouve juste en face de l’Afrique. C’est la même mission dont nous avons accepté l’appel dans notre jeunesse pour annoncer la Bonne Nouvelle aux Africains.

Juan Manuel Pérez Charlín

En mémoire d’EUGENIO BACAICOA (PeBeFa N°32)

En mémoire d'EUGENIO BACAICOA (PeBeFa N°32)

Eugenio aimait se souvenir et répéter avec un sourire malicieux les paroles classiques de toutes les grands-mères du monde et surtout les siennes : « Mon petit-fils est le plus beau du monde et le plus intelligent de sa classe à l’école ». Et la vérité est que tous ceux d’entre nous qui ont eu la chance de vivre avec lui en Afrique ou en Espagne peuvent dire qu’Eugène était un grand confrère et ami, optimiste et de bonne humeur, un pilier solide dans la vie communautaire, que nous pourrions définir avec amour comme “un fanfarrón humilde”. C’est pourquoi il est né à Puente la Reina !

Un prêtre burkinabé, qu’Eugène a amené au séminaire dans sa jeunesse, se souvient également de lui de cette façon : « Le père Bacaicoa était un grand missionnaire dans mon diocèse, un animateur de communautés chrétiennes, proche des gens, un pasteur de jeunes, un guitariste et chanteur, un apôtre courageux.

Eugène est né en 1941 à Puente la Reina, en Navarre. Si vous ne le saviez pas lorsque vous l’avez salué pour la première fois, vous l’auriez appris très vite, tellement il était fier de sa famille et de sa ville natale, une étape obligée sur le chemin de Saint-Jacques, avec ses églises et ses couvents anciens, et son beau pont romain qui ouvre la route de Compostelle.

Eugène avait suivi la formation classique des Pères Blancs de l’époque : Petit Séminaire et Philosophie au Séminaire de Pampelune, Noviciat à Gap, en France, et Théologie à Heverlee, en Belgique. Après son ordination sacerdotale en 1968, il s’est rendu en Haute-Volta, aujourd’hui appelée Burkina Faso, dans le diocèse de Diebugu. En 1972, Eugène est nommé conseiller provincial.

Peu après, il est nommé curé de la paroisse et fait partie de la dernière communauté de Pères Blancs de ce diocèse. Eugène disait que lorsqu’il rentrait en Afrique après les vacances, il s’enfuyait de la maison de son père au petit matin pour éviter de faire passer un mauvais quart d’heure à ses parents âgés !

En 1977, Eugène est nommé à la promotion de la mission en Espagne, plus précisément à Bilbao. Plus tard, la province d’Espagne lui demandera à nouveau son service en 1987 en tant que responsable de l’Africanum et du petit groupe d’étudiants du centre de formation.

En 1993, Eugène retourne en Afrique, dans un autre pays, le Tchad, et pour une nouvelle mission : une école de catéchistes, à Bendone, dans le diocèse de Doba. A la fin de son contrat avec l’évêque pour ce travail, Eugène retourne au Burkina Faso. Il y est nommé en 1999 à un poste de grande responsabilité : Supérieur régional de Ouagadougou (1999-2005), dans un très grand territoire s’étendant jusqu’à Zinder au Niger. Il aura dû faire bien des voyages et de nombreux kilomètres pour visiter et animer les communautés de confrères, encore nombreux à l’époque. Le Père régional du Burkina Faso se souvient de lui en ces termes : « Nous pouvons dire que la vie missionnaire de notre confrère Eugène Bacaicoa a été très riche en responsabilités importantes au niveau de la formation, du ministère paroissial, et dans les tâches de gouvernance de la Société, aussi bien en Espagne qu’au Tchad et au Burkina Faso.

Pendant toutes ces années, Eugène a gardé un secret que seuls ses amis connaissaient : le dimanche après-midi, il s’isolait dans son bureau pour suivre le journal sportif de la Radio nationale d’Espagne. Avec lui, nous devions nous réjouir ou souffrir suivant les résultats de ses deux équipes si pleines de fougue : Osasuna et Barça.

En 2005, Eugenio est rentré définitivement en Espagne en raison de la fragilité de sa peau, qui l’obligeait de se tenir à l’écart du soleil africain. Depuis sa résidence à l’Africanum de Madrid, désormais sans étudiants, il donnait un coup de main aux différents services d’animation de la province espagnole, principalement en collaboration avec le SCAM (Servicio Conjunto de Animación Misionera) et l’animation de groupes de prière de jeunes ayant un esprit missionnaire et s’intéressant à l’Afrique.

Après la fermeture définitive de l’Africanum, Eugène a offert son service pastoral au diocèse de Madrid, étant nommé coordinateur de la Mission du Vicariat I de Madrid et étant nommé curé de El Berrueco et de deux autres villages voisins dans les montagnes madrilènes.  Il y vécu heureux pendant quelques années d’apostolat, de silence et de prière. Rêvant peut-être d’un des autres charismes des moines, il produisit une liqueur d’origine navarraise : le Pacharán. Il disait que c’était la meilleure des liqueurs et il la gardait pour ses visiteurs et ses amis.

Le dernier poste de sa vie de missionnaire fut Pampelune, en 2017. On dit que les éléphants reviennent mourir à l’endroit où ils sont nés. Au cours des derniers mois, l’état de santé d’Eugène s’est progressivement détérioré. C’est pourquoi il a été admis le 26 juin à la résidence Beloso Alto à Pampelune.

Les bons soins qu’il y a reçus n’ont pas suffi à lui permettre de reprendre une vie normale. Eugène s’est lentement effacé, et il s’est rendu discrètement à la maison du Père le 21 juillet 2020.  Nous l’avons accompagné de nos souvenirs et de notre prière fraternelle. Qu’il repose éternellement dans la paix du Seigneur.

Juan Jose Osés

Centenaire du Père Jean Longin

Centenaire du Père Jean Longin à Billère

Malgré tous les imprévus de santé et de la situation actuelle, nous voici donc arrivés à ce fameux « 20 Août » …..

Le P. Patrick Bataille a pu venir pour quelques jours et c’est lui qui préside la célébration eucharistique. Jean est assis à côté de Sœur Emmanuelle qui a 102 ans. C’est Jean qui lira l’évangile (Mt 18, 2-5), tandis que le P. Jean-Marie Vasseur fera l’homélie pour remercier le Seigneur de l’appel de notre confrère. Les chants sont animés par le Frère Gabriel Muratet toujours en grande tenue P.B. En fin de célébration, M. Poumeyrol, colonel en retraite viendra nous rappeler l’engagement de Jean
pendant la dernière guerre qui l’a mené de Corse à Mont Cassino, à Marseille et jusqu’en Alsace… il lui remettra le livre « Promotion Corse et Provence 1964-66 de l’école militaire de St Cyr ». Mme Cathy Roques, la directrice adjointe, viendra dire tous ses vœux à notre centenaire au nom de tout le personnel en nous invitant à passer à la salle à manger pour un grand repas festif terminé au champagne , le vrai !

Jean remercie tous et toutes qui lui ont fait une si belle fête et me  demande de vous dire de l’excuser de ne pas pouvoir vous remercier en particulier. Voici le texte qu’il nous a lu :

« Le passé ? Dieu le pardonne ! 
L’avenir ? Dieu le donne !
Vis le jour d’aujourd’hui,
En communion avec lui.
Demain est à Dieu : remets – le à Lui.
Le moment présent est une frêle passerelle. »

(texte trouvé sur Sœur Odette Prévost, petite sœur du Sacré-Cœur de Charles De Foucauld 10.11.95)

Georges Paquet P.B.
(au noviciat de Gap 1965-66, avec le Père Jean)

PP. Jean Longin, Georges Paquet, Jean-François Galtier