Henk Kager 1928 – 2017 (PE n° 1082)

Henk est né le 10 août 1928 à Hoogkarspel. Il a fait sa formation missionnaire à ‘s-Heerenberg, où il a fait son serment missionnaire le 21 juin 1954. Il a été ordonné à Galashiels le 26 mai 1955. Il avait un bon jugement et pouvait être assez strict Il travaillait de façon ordonnée et était perfectionniste. Il avait un caractère fort et était un grand travailleur, il était accueillant et toujours prêt à rendre service.

En septembre 1955, il est allé à l’université pour étudier les mathématiques, la physique et l’astronomie et a obtenu un doctorat en juin 1963. A partir de septembre 1963 il a enseigné les sciences à notre petit séminaire en collaboration avec les Pères MSC « Santpoort-Driehuis ». Il écrivait le 17 juillet 1965 : « le contact avec les étudiants est fascinant ». Il donnait aussi des sessions d’étude aux professeurs de la région.

Le 16 octobre 1967, il est parti en Tanzanie comme professeur de sciences à Nyegezi (Mwanza) avec comme recteur un prêtre diocésain, Ferdinand Mwalimu, qui avait étudié la Sociologie. Il écrivait le 20 décembre 1967 : « Ma nature est de planifier et de rechercher une certaine sécurité pour le futur ». Il avait peur d’être remplacé par un prêtre diocésain, mais il a enseigné dans cette même école durant 27 années jusqu’à 66 ans !

Il y avait un laboratoire de sciences, mais avec très peu d’instruments. Sur une période de 2 ans, il a trouvé des fonds pour équiper le laboratoire de science et de chimie à un niveau standard. Il a aussi préparé avec d’autres professeurs des manuels de travail pour les sujets de science.

En 1976, le séminaire s’est développé pour accueillir les étudiants de niveau « V et VI ». C’était un rêve qui devenait réalité pour Henk, mais cela signifiait beaucoup de travail pour la préparation des leçons et des travaux de laboratoire pour les étudiants.

Il y avait un club de yacht à Mwanza sur le bord du lac Victoria à 18 km de Nyegezi, et Henk a appris la voile comme moyen de relaxation. Il a été élu 11 fois le Commodore. En plus d’être responsable du club et de participer aux réunions, il devait organiser régulièrement des compétitions de voile.

Au moment de son jubilé d’argent il écrivait le 17 février 1980 : « Après 12 ans à Ngegezi je continue de me plaire ici, c’est tellement beau ». Les confrères du diocèse de Mwanza l’ont élu pour être leur représentant au Conseil régional de la Tanzanie et du Kenya. Il a aussi été membre du conseil financier pendant plusieurs années.

Le budget du séminaire était réparti comme suit : un quart venait des frais de scolarité, un quart d’une subvention de Rome et la moitié provenait du diocèse. En 1982, les fonds étaient à sec. Durant les mois de juin et juillet quatre professeurs ont fait le tour des paroisses du diocèse, expliquant la situation durant l’Eucharistie et demandant des dons en argent ou en espèces. Les paroissiens ont collecté de l’argent, du riz, du manioc, des oignons, des fèves et des pois. Cette collecte est devenue un événement annuel, un pas vers l’autofinancement.

Au séminaire, les étudiants avaient des champs de légumes, de maïs et du manioc. Ils ont aussi commencé à faire la pêche et l’élevage de porcs. Henk a commencé un projet de fabrication d’enveloppes à vendre. On a aussi réparé une machine à moudre le maïs et trouvé une autre pour décortiquer le riz dans le but de générer des revenus.

En 1983, l’énergie électrique ne fonctionnait plus régulièrement, ce qui était un problème pour les études le soir. Ils ont donc installé un système de panneaux solaires. Cela a nécessité beaucoup de travail et un gros investissement pour installer les panneaux solaires, les batteries, et tout le matériel ; mais les factures d’électricité ont diminué. La pompe à eau fonctionnait à l’électricité ; on a construit un réservoir de 100.000 litres pour recueillir l’eau de pluie ; il finissait de se remplir avec la pompe quand il y avait de l’électricité.

Henk écrivait le 16 décembre 1984 : « je me demandais si je devais continuer à enseigner jusqu’à ma pension spécialement qu’il y a si peu de prêtres… Je trouve plaisir dans l’enseignement des mathématiques et des autres matières et ce n’est pas un problème de continuer. Durant toutes ces années j’ai conservé le sens de la prière et de la pastorale et cela reste ma première priorité ». Dans cette lettre il mentionnait qu’au moment de son arrivée en 1967, seul le recteur était prêtre diocésain tanzanien ; le reste du staff était composé de Pères Blancs. Maintenant en 1984, il était le seul Père Blanc, mais il disait : « je ne sens aucune tension à cause de ces changements ». En plus de son horaire complet d’enseignement, il est devenu vice recteur et a aussi suppléé comme recteur en attente de la nomination d’un nouveau recteur.

Le 6 juin 1994, il a été nommé économe régional pour la Tanzanie et le Kenya, et aussi économe local et responsable des visiteurs de la communauté. cela lui a donné plus de travail qu’il ne pensait. Il écrivait en mars 2001 : « je suis un perfectionniste et je veux finir tout le travail qui est sur mon bureau » que ce soit en semaine ou le dimanche. Il y avait rarement de l’électricité durant la journée et quand il remarquait qu’il y en avait la nuit, il se levait pour aller faire les photocopies.

Il est retourné définitivement aux Pays-Bas le 28 juin 1995. Il avait écrit peu de temps avant : « j’ai donné mes meilleures années à l’Afrique, cela sera toujours une source de joie pour moi ». Après quelques mois de repos, il s’est rendu à Vaassen pour former une nouvelle communauté dont il devint le supérieur. Il était heureux à cet endroit, mais on a fermé la communauté en 2002. Après 6 mois à Dongen il a été nommé à Heythuysen. Il avait parfois l’impression que sa spécialisation universitaire dans un domaine particulier causait une certaine distance avec les confrères ; il en parlait donc rarement.

Il faisait du vélo tous les jours. Le dimanche il allait régulièrement dans une paroisse et préparait soigneusement son homélie. Il était toujours prêt à résoudre des problèmes d’ordinateurs. Chaque année il faisait un pèlerinage de plus d’une semaine, certaines années plus longtemps. Il a arrêté à l’âge de 80 ans à cause de la fatigue, mais il a continué à aller à Médjugorie. Il prenait beaucoup de plaisir à lire.

En septembre 2016, il a fait une mauvaise chute et n’a pas bien récupéré ; il est resté infirme. Il est décédé dans son appartement le 20 janvier 2017. La parole de Jésus qui l’a inspiré durant toute sa vie a été : « Rabbi, nous savons que tu es le maître venu de Dieu » (Jn 3,2).

Il a été enterré au cimetière St-Charles le 26 janvier 2017 en présence de parents et amis.

Marien van den Eijnden, M.Afr.

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