Jaak Van Dyck 1925 – 2017 (Petit Echo n° 1088 – 2018/02)

Jaak est né le 11 novembre 1925 à Meeuwen dans la province du Limbourg, encore rattachée de ce temps-là au diocèse de Liège. C’était une famille d’agriculteurs, son père étant aussi secrétaire communal. Jaak commença les humanités classiques au collège de Bree mais fit les deux dernières années au Petit séminaire de Saint-Trond. En septembre 1944 il entra chez les Pères Blancs à Boechout. En septembre 1946 suivirent le noviciat à Varsenare et les études de théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 22 juillet et fut ordonné prêtre le 25 mars 1951. Le jugement que ses formateurs portent sur lui est fort positif : Jaak est sérieux et travailleur, homme du devoir, dévoué, un exemple de piété. Ce n’est pas un grand intellectuel, mais il a un solide bon sens et un jugement équilibré. Ce n’est certes pas un meneur d’hommes, mais il est agréable en communauté et il a bon cœur. C’est un homme très pratique et habile de ses mains. Il devra s’efforcer à vaincre sa timidité.

Après avoir accompli son ‘devoir militaire’ en suivant à l’université de Louvain des cours préparatoires à la vie en Afrique, il s’envole le 23 mars 1952 pour le Burundi. Il est nommé à Rumeza, dans ce qui fut encore le vicariat de Gitega. Comme tout missionnaire débutant il est chargé des écoles. L’année suivante, nous le trouvons à Gitwenge. Il a bien appris le kirundi. En avril 1953 il est économe et directeur des écoles à Rusengo. Les confrères l’apprécient et « il réussit ce qu’il entreprend », note le père Van Hoof, régional. En juin 1956 Jaak retourne à Gitwenge, poste assez isolé, où il se lance avec succès dans ses premières constructions. Pendant son congé en 1959-60, il suit la grande retraite et écrit : « Pour ma prochaine nomination je suis à 100% dans la sainte indifférence ». En mars 1960 il est envoyé pour quelques mois à Kisuru, mais en août il retourne à Rumeza. Le père Thévenon, régional, écrit : « Jaak est un chic type qui peut vivre dans n’importe quelles circonstances et avec n’importe quel confrère. Il préfère un poste en brousse à une grosse paroisse ». Entretemps, en 1961, le diocèse de Bururi a été fondé par Mgr. Martin. En juillet 1963 Jaak est nommé à Mpinga. Il construit l’église, trois écoles, le couvent des sœurs, une citerne. Jaak est pleinement épanoui, plus sûr de lui, toujours de bonne humeur, affable, calme et souriant. Il part en succursale quand c’est son tour et ne se laisse nullement absorber par le travail matériel. Notons que conférences et sermons n’ont jamais été son fort. En juin 1965 il devient supérieur à Bururi et une année plus tard à Rutovu. Il écrit au père Plessers, provincial de Belgique : « Demain nous commencerons les grandes interrogations en vue du baptême. Nous entendrons donc à nouveau quelques affirmations théologiques spéciales et nous essayerons de n’être ni trop sévères ni trop larges…» Il reste à Mutovu jusqu’en 1969. Il est ensuite envoyé pour quelques mois à Butwe pour les constructions. Les nominations se succèdent : Mpinga (1970), Butwe (1974), Martyazo (1978). En décembre 1981 il écrit au provincial de Belgique : « Ils ont à nouveau repris les expulsions dans notre diocèse, d’abord nos pères Xavériens, tout un doyenné, quatre paroisses des douze, tous les pères et tous les frères. Ici à Martyazo nous continuons vaillamment…» Le 30 septembre 1984 il subit le même sort, lui et d’autres confrères. Jaak décide d’opter pour le Rwanda si le retour au Burundi lui est refusé. En attendant, il rejoint notre communauté de Genk et prend un temps sabbatique. Le gouvernement burundais refuse de revenir sur sa décision et en mars 1985, le Conseil général de Rome décide de nommer Jaak au Rwanda.

Le 17 octobre 1985 voilà Jaak au Rwanda, où il débute à Muramba, dans le diocèse de Nyundo. Le passage au kinyarwanda n’est guère facile. En septembre 1987, Jaak est envoyé à Mwezi, dans le diocèse de Cyangugu. Cette paroisse est limitrophe de Mabayi au Burundi, mais les contacts sont rares. « Mwezi est encore une vraie paroisse de brousse ; 600 baptêmes à Pâques ; cet été deux succursales à construire ainsi qu’un pont ». Lors de son congé en 1989 Jaak accepte de devenir économe adjoint à Genk. Sa réponse en style télégraphique : « Bien reçu nomination; n’en ai encore jamais refusé une; n’est pas maintenant que je commencerai. Donc d’accord ». En août 1991 sa maman meurt; elle a 91 ans. Jaak déménage à Anvers pour aider aux expéditions à la Procure. Du Burundi on essaie de le récupérer. Mgr Makarakiza intervient personnellement, ce qui déconcerte quelque peu notre homme. « J’en ai mal dormi; c’est une question difficile pour moi ». Une décision claire du père Huybrechts, provincial, clôt l’affaire. Après une dizaine d’années d’humble services – courir les magasins, emballer, peindre les adresses – Jaak regagne Genk. Il visite encore à bicyclette ses frères et sa sœur à Meeuwen. En avril 2010, il s’installe dans la maison de Repos et de Soins à Munsterbilzen.

Tout se passe fort bien les premières années. Jaak est un joueur de cartes passionné, qui gagne d’ailleurs très souvent. Sa famille le visite régulièrement. Mais son estomac le dérange de plus en plus et il mange de moins en moins. A deux reprises Jaak est hospitalisé pour cause d’épuisement. Il baisse inexorablement. Il marche un temps à l’aide d’un déambulateur, ensuite c’est la chaise roulante. Vient le moment où il ne se nourrit plus que d’un peu de liquides, il parle difficilement, n’entend plus et est presqu’aveugle. Il s’éteint à l’hôpital de Genk le 8 octobre 2017. La liturgie d’adieu eut lieu en la chapelle de St-Joseph à Munsterbilzen, suivie de l’inhumation à Varsenare. Qu’il repose en paix.

Jef Vleugels, M.Afr.

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