Jean-Marie Provost (1922 – 2017) (PE n° 1091 – 2018/05)

Jean-Marie est né le 17 octobre 1922 à Bourbourg , dans le diocèse de Lille. Mais assez rapidement, sa famille (il sera l’aîné de 10 enfants), gagnera la région parisienne, si bien qu’il fera ses études secondaires dans le Petit Séminaire de Paris, à Conflans.

Jean-Marie commença le cursus de sa formation chez les Pères Blancs en octobre 1941, à Thibar. Mais celle-ci fut interrompue par trois années de vie militaire. Appelé aux Chantiers de Jeunesse en novembre 1942, il est ensuite mobilisé au moment du débarquement américain en 1943. Il est versé dans l’aviation et reçoit une formation en Angleterre. Aussi nous ne le trouverons au noviciat de Maison-Carrée qu’en septembre 1946. De là, il gagna à nouveau Thibar pour la théologie, et après son serment le 27 juin 1950, il fut ordonné prêtre à Carthage le 24 mars 1951.

Ce fut enfin l’Afrique de l’Ouest, au Ghana où il travailla pendant 36 ans.

Nommé dans le diocèse de Navrongo, il rejoint sa première mission à Kaléo dès le mois de décembre 1951. Il n’y resta que deux ans, ayant reçu une nouvelle nomination pour Nandom, en pays Dagara, où i1se mit courageusement à l’étude d’une nouvelle langue. En 1959 il se retrouve à Ko, en vue de l’ouverture d’une nouvelle mission à Tumu. La fondation se fera en 1960. Il mènera de front la construction du poste et le travail d’évangélisation. Et c’est là qu’il reçoit sa nomination pour l’animation missionnaire, en France, à partir de la rue Friant. Il lui faudra attendre 1967 pour retrouver le Ghana après la grande retraite à la villa Cavalletti. Il se rendra successivement à Ko, Hamilé, Namdom, Fielmon, Lassia-Tuolu. Cette succession de nominations a été rendue possible parce que les responsables connaissaient l’ardeur apostolique de Jean-Marie, son aisance à rencontrer de nouveaux visages, une certaine facilité à apprendre les langues, mais surtout en raison de sa grande disponibilité.

Malheureusement de sérieux problèmes de dos le condamnent à une certaine immobilité. Il devra même garder le lit pendant six semaines. Et durant un congé, en 1988, consultant les médecins, il lui est conseillé de rester en France. Cela lui fut difficile à accepter. Après avoir aidé à l’accueil tant à Angers qu’à Lyon, après la retraite session de Jérusalem, il va se rendre à Fréjus pour le travail paroissial. Tout de suite il sera à l’aise et va conquérir l’estime de tous les paroissiens. Pendant quatre ans, il prendra sa part dans les différents services, tout en étant fidèle aux recommandations du corps médical lui prescrivant la marche, le vélo et la natation. Il était connu de tous, parents et enfants ; on aimait le voir parcourir les rues de la ville avec son air un tantinet « titi » parisien, ce qui lui ouvrait bien des portes. Comme on aimait ses homélies dominicales : sans fioritures, il essayait de faire le lien entre l’évangile et le quotidien des paroissiens. Aussi fut-il très regretté quand, après quatre ans de présence dans le Var, il fut nommé responsable de la maison de Nantes.

Là, pendant 6 ans il sût accueillir avec sa grande jovialité les nombreux confrères de passage. Mais le ministère paroissial lui manquait. Aussi fut-il heureux d’aller pour deux ans à Maisons-Alfort. Finalement sa santé lui demanda de rejoindre une maison de retraite. Ce fut d’abord Bry-sur-Marne en mai 2001, puis Billère en mai 2015. Dans ces deux maisons, il put se soigner, se promener un peu. Mais surtout il conquit l’estime de tous, résidents comme personnel soignant, par sa joie communicative, sa simplicité. Il aimait aussi chaque année participer à la réunion familiale regroupant ses nombreux frères et sœurs, neveux et nièces, qui tenaient une grande place dans sa vie. Il les aimait tous comme ceux-ci savaient l’entourer de leur affection. Et de fait ils étaient nombreux lors de ses obsèques à venir, parfois de loin, dire d’une manière ou d’une autre combien ils appréciaient leur « tonton ».

C’est le 31 octobre qu’il a rejoint la maison du Père. Il avait 95 ans. Nul doute que le Seigneur Jésus qu’il a tant aimé et servi, aussi bien au Ghana qu’en France, ne lui ait donné rapidement la place qui revient aux bons et fidèles serviteurs. Merci, Jean-Marie, pour ta gentillesse, toujours teintée d’humour, pour la gaieté que tu savais répandre autour de toi.

Michel Groiselle, M.Afr.

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