L’accompagnement des jeunes confrères (PE n° 1093 – 2018/07)

Je viens de lire les articles du Petit-Écho de mai 2018 qui parle de « L’accompagnement des jeunes confrères ». C’est un thème qui me touche en profondeur car j’ai vécu mes 21 dernières années en Zambie en communauté avec des jeunes confrères (stagiaires aussi) ; parfois, il ne s’y trouvait que des jeunes (autrement dit, j’étais le seul «ancien» de la communauté). D’emblée, je peux dire que je m’y suis toujours senti à l’aise, peut-être parce que je me situais sur pied d’égalité avec eux. Pour moi, ils étaient des adultes comme moi et je m’attendais à ce qu’ils se comportent en adultes. Cela ne veut pas dire que je n’avais (ou n’ai) rien à leur dire. C’est justement cela qui me pousse à me mettre devant mon ordinateur et à écrire quelque chose sur ce thème de « l’accompagnement des jeunes confrères ». Je ne me pose pas en spécialiste de l’accompagnement des jeunes confrères ; c’est à ces jeunes confrères qu’en fait je m’adresse pour leur confier l’une ou l’autre chose qui m’inquiétait un tant soit peu lorsque j’étais avec eux.

Si, au moment de quitter la Zambie, en mai 2015, ils m’avaient demandé quels conseils ou quelles paroles je tenais à leur laisser, je leur aurais dit les deux choses suivantes :

  • Première chose : Lire … Lire … Lire.
  • Deuxième chose : Consulter … Demander … Poser des questions.

Vous ne lisez pas assez ! Je ne vous vois pas lire ! C’est la lecture qui vous maintiendra en alerte. Les moments les plus bienfaisants que j’ai vécus au long de ma vie missionnaire c’est la demi-heure ou l’heure que j’ai passé, chaque jour, en fin de journée, à la lecture. Lecture variée et pas nécessairement toujours sérieuse. Peut-être que c’est mon état de mal-entendant qui m’a forcé et me force encore, à la lecture. Mais justement, il faut savoir faire le silence et entendre, grâce à la lecture, ce que les bruits de nos journées nous empêchent d’entendre.

Consulter … Poser des questions … je crois que je peux compter sur les doigts d’une main les cas où une jeune est venu me consulter sur ceci ou sur cela. Et pourtant, ce ne sont pas les occasions de poser des questions qui manquaient. Est-ce une question de timidité ?- je ne crois pas ! Je ne crois pas que ce qu’on appelle « generation gap » soit une excuse valable. Poser des questions, demander est tout simplement une affaire de sagesse. Ce ne sont pas les proverbes pointant dans cette direction qui manquent. En Zambie, on dit « Au gué d’une rivière, fais appel à celui qui sait (sous-entendu, avant de traverser) ! » Ou encore « Celui qui pose des questions ne se laisse pas intoxiquer par des champignons ! »

Pour terminer, me vient à l’esprit une vieille expression française qui dit : « A bon entendeur, salut ! »

Jean-Pierre Sauge, M.Afr.

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