Frères et sœurs en Christ, aujourd’hui nous célébrons le baptême du Seigneur, un moment clé dans l’histoire du salut. Imaginez la scène au Jourdain : Jésus descend dans les eaux troubles, et soudain, les cieux s’ouvrent. Dieu le Père déclare avec une voix tonnante : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je mets toute ma complaisance ! » (Mt 3, 17).
Cette parole n’est pas seulement pour Jésus ; elle résonne pour chacun de nous. Mais dans notre monde si bruyant, rempli de voix qui nous appellent, nous séduisent et nous égarent, et parfois même la voix de notre propre cœur nous trompe, comment discerner et suivre vraiment Jésus baptisé ?
Pensez à nos vies quotidiennes partout dans le monde. Nous sommes entourés de tant d’influences qui nous promettent le bonheur mais nous éloignent de la vérité. Il y a les politiciens avec leurs discours creux, comme ceux qui, avant les élections, distribuent des promesses en échange de nos voix, nous faisant oublier que la vraie justice vient de Dieu, pas des alliances fragiles. Il y a nos amis qui nous tirent vers le bas, comme ce jeune homme qui, pour suivre la bande, a abandonné ses études et s’est enfoncé dans l’alcool ou la drogue, rêvant d’une vie facile qui n’a apporté que maladie et regret.
Les réseaux sociaux nous intoxiquent : combien de nos jeunes passent des heures sur TikTok ou Instagram, comparant leur vie à des villas illusoires et des vies de stars, finissant par désespérer au lieu de cultiver les dons que Dieu leur a confiés ? La musique moderne nous distrait de l’essentiel, avec ses rythmes qui célèbrent l’argent, le plaisir et la violence, plutôt que la louange du Ps 29 qui fait trembler les cèdres. Et n’oublions pas notre propre ego, ce menteur intérieur qui nous murmure : « Tu mérites plus ; prends ce que tu veux sans te soucier des autres. » Ces voix promettent monts et merveilles, mais elles nous éloignent de Jésus, nous laissant vides et discordants comme un orchestre désaccordé.
C’est ici que surgit le vrai défi du discernement, frères et sœurs, un discernement qui doit devenir notre boussole quotidienne.
D’abord, les influences extérieures nous interrogent durement : qui parle vraiment en elles ? Est-ce la voix de Dieu qui appelle à la justice et à l’amour, ou le monde qui crie au ‘chacun pour soi’ ? Je me souviens d’une sœur de paroisse tentée par un emploi bien payé dans la nuit, où l’argent coulait à flots mais l’âme se noyait dans le péché ; elle a discerné, prié, et choisi plutôt d’enseigner le catéchisme aux enfants, trouvant la vraie richesse.
Ensuite, nos choix quotidiens nous lancent un défi : reflètent-ils l’amour humble de Jésus, ou nos ambitions égoïstes ? Quand un mari maltraite sa femme après une dispute, est-ce Jésus qu’il suit ou qu’il écoute ? Nos peurs et désirs profonds nous interpellent aussi : sont-ils alignés sur l’évangile, ou dictés par la peur de manquer qui nous pousse à la corruption ?
Enfin, le bruit incessant du monde (klaxons, bars, musique, discours politique et même ragots) nous pousse-t-il vers Dieu ou vers le vide spirituel ? Frères et sœurs, osons nous poser ces questions aujourd’hui : quel bruit domine votre cœur ?
Le baptême de Jésus nous offre précisément la force pour répondre à cet appel, en ravivant la flamme de notre propre baptême. Il nous rappelle d’abord que Dieu nous aime infiniment, comme il aime Jésus : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi je mets ma complaisance ! » Imaginez un père après des années de labeur, regardant son fils avec fierté ; multipliez cela par l’amour éternel de Dieu pour vous ! Cette vérité a transformé la vie d’un catéchumène que j’ai baptisé au Malawi : orphelin, abandonné, il a entendu cette parole et s’est redressé, devenant artisan de paix dans sa communauté, ne comptant même plus les fautes de ses ennemis.
Le baptême de Jésus nous encourage ensuite à rester fidèles au nôtre : sommes-nous vraiment disciples de Jésus-Christ, ou du monde discordant ? Il nous dit encore : comme je suis oint par l’Esprit pour servir les pauvres et les opprimés, toi aussi, sois oint pour aimer et servir sans compter ! Jésus s’est même identifié à nous, pécheurs, en descendant dans les eaux du Jourdain ; face à cet amour fou, comment répondons-nous ? Enfin, l’Esprit-Saint qui descend comme une colombe sur Jésus descend aussi sur nous au baptême : sommes-nous ouverts à sa conduite douce mais ferme, ou la repoussons-nous par notre tiédeur ?
Et voilà que notre propre baptême se révèle comme un appel brûlant à la mission, un envoi quotidien dans notre monde. Nous sommes tous enfants de Dieu, appelés à refléter Jésus dans nos familles, nos communautés et nos lieux de travail, que ce soit en ville ou à la campagne. J’ai rencontré une autre veuve : après la mort de son mari, elle était tentée avec les papas de son quartier car elle était si belle et attirante ; elle me dit elle-même qu’elle coucha avec 10 des 12 qui la voulaient et fut tentée même d’avorter des jumeaux. Son baptême l’a poussée à pardonner au responsable de l’accident qui prit la vie de son mari, et de changer complètement sa vie ; aujourd’hui elle prie pour lui, transformant la haine en lumière ; elle a changé de manière radicale.
Chaque jour, notre baptême nous lance cet ordre divin : « Va, aime, pardonne, sers comme Jésus ! » Le faisons-nous vraiment, ou restons-nous assis dans nos églises comme de simples spectateurs ? Notre baptême est un envoi missionnaire pour partager l’amour de Dieu dans un monde assoiffé, où la faim n’est pas seulement physique mais spirituelle. Vivons-le comme un feu ardent qui brûle en nous, prêt à éclairer les ténèbres du désespoir, à réchauffer les cœurs endurcis par l’égoïsme, et à transformer nos sociétés fracturées. Sommes-nous prêts à laisser Jésus nous façonner, comme l’argile dans les mains du potier, pour qu’il agisse puissamment à travers nous ?
Frères et sœurs, Jésus baptisé doit être notre référence unique, la voix qui surpasse toutes les autres sans exception. Que le Seigneur nous aide à discerner sa voix douce au milieu du vacarme, à vivre pleinement notre baptême, et à marcher derrière lui vers la vie éternelle ! Amen
Par: Marcellin Mubalama, M.Afr.