Maria Wennekamp aka ‘Mama Alphonsa’ (1881 – 1972) (PE n° 1090 – 2018/04)

Fondations solides d’une Eglise

Le 27 décembre 2017, le diocèse de Bukoba en Tanzanie célébrait les 125 ans d’existence de la paroisse de Kashozi et de la première église du diocèse. Les M. Afr. qui ont commencé cette paroisse, ont participé à la célébration. Nos sœurs Victoria Gaa, Amani Ndatabaye et Marie Sakina, y ont représenté l’entité Afrique de l’Est et Centrale (ECA).

Mgr Jean Joseph Hirth et les pères sont arrivés à Mushonzi, Bukoba, en 1892, venant de l’Ouganda. Ils se sont installés à Kashozi qu’ils appelaient Marienberg. En 1901, Mgr Hirth fit appel aux SMNDA pour rejoindre les pères à Kashozi. En 1902, quatre sœurs sont arrivées et se sont occupées de l’orphelinat et du refuge. Elles ont commencé un dispensaire et soignaient les malades.

« Mama Alphonsa » a vécu 50 ans à Kashozi et 22 à Kagondo, dans la même région de Bukoba. Sa longue vie montre bien les défis des débuts de la mission. A deux reprises on mentionne dans sa nécrologie que Mère Marie-Salomé elle-même l’a encouragée à tenir bon.

A l’âge de 21 ans, Maria Wennekamp fait le ménage de la chambre de son frère et tombe sur un bulletin de Mgr Lavigerie pour demander des missionnaires. Maria se décide. Elle entre au postulat à Esch en Hollande, car en Allemagne il n’y avait pas encore de Sœurs Blanches. Le groupe de 15 postulantes se retrouve en octobre 1903 à Saint-Charles pour le noviciat. Après sa profession en 1906, Sr Alphonsa est nommée à l’orphelinat de Saint-Charles.

Puis, en 1908, elle est nommée pour Save au Rwanda et le 10 octobre 1908, elle s’embarque à Marseille avec trois compagnes. Le 29 octobre, le petit groupe arrive à Mombasa. Sœur Alphonsa et une autre sœur passent la période de Noël et du Nouvel An à Kisubi, Ouganda, et le 31 janvier 1909, elles se mettent en route. La caravane avance par étapes de 6 à 8 heures. Au bout de 16 jours, la caravane atteint Issavi. « Nous étions les premières femmes blanches qui étaient venues là ». Les sœurs se mettent à visiter les familles et à apprendre le kinyarwanda. Au bout d’un an, Sœur Alphonsa doit quitter Issavi, nommée à Kagondo, Tanzanie ; c’est là qu’elle prononce ses vœux perpétuels le 2 mai 1911.

Sr Alphonsa travaille à ce qu’on appelait « l’internat », une sorte de refuge groupant une centaine de personnes, enfants se préparant à leur première communion, jeunes filles confiées aux sœurs jusqu’à leur mariage, vieilles femmes achevant leur vie dans la paix. Sœur Alphonsa est chargée des jeunes filles : répartition et surveillance du travail, « classe » de lecture… Les après-midi, elle part en « excursion » avec une autre sœur. Deux fois par semaine, on part pour toute la journée et on passe la nuit à la succursale pour pouvoir faire « la classe » le lendemain. Tout cela à pied, bien sûr !  

Sœur Alphonsa est connue et aimée de la population, mais le 14 décembre 1922, elle se met en route pour Kashozi. Elle y restera près de 50 ans ! Kashozi a, comme presque tous les postes, école, catéchuménat, hôpital et dispensaire, orphelinat-refuge… et s’occupe en plus des indispensables travaux d’intérieur.

L’apostolat de Sr Alphonsa, c’est la préparation à la première communion, le premier apostolat parmi d’autres, car, à côté, elle travaille à la buanderie, au raccommodage, à la confection des ornements d’église, à la fabrication des hosties… Sans préparation spéciale, c’est en enseignant la foi aux enfants baptisés qu’elle s’est formée peu à peu. Chaque jour, les enfants ont une instruction. Tous les trimestres, un nouveau groupe remplace l’autre. Une année, elle se trouve à faire le catéchisme en compagnie d’un séminariste en probation, l’Abbé Rugambwa.

Sœur Alphonsa conservera les mêmes occupations jusqu’en 1953. Pendant ce temps, la mission se développe et le pays s’achemine à grands pas vers l’indépendance. Les événements se succèdent : réception du Dr Nyerere, annonce de la nomination au cardinalat de Mgr Rugambwa.
En communauté, avec le changement de langue dans le pays, il se trouve que les plus anciennes ne savent pas l’anglais et d’autres, presque pas de français ; on utilise donc le ruhaya, mais les enseignantes, elles, doivent se lancer dans le kiswahili et ne savent pas le ruhaya…

Vers 1964, à 83 ans, Sœur Alphonsa ralentit ses activités, fait un peu de couture, veille sur le poulailler. Sa surdité la gêne de plus en plus, surtout pour les relations avec les gens qu’elle connaît depuis si longtemps. En 1969, c’est à elle que revient de poser la première pierre du « Home Craft Centre ». Deux ans plus tard, un autre gros détachement : on lui demande de quitter Kashozi pour retourner à Kagondo.

A Kagondo, le 11 avril 1976, elle fête ses 70 ans de profession et, en octobre 1981, le centième anniversaire de naissance. De nombreux « fils prêtres », viennent à la fête, mais Mama Alphonsa est déjà très fatiguée et ne demande que de se reposer.

Le samedi 22 mai 1982, à midi et demi, elle s’endormit pour toujours. Les funérailles eurent lieu le lundi 24, avec 29 concélébrants. Mgr Gervasi Nkaranga souligne dans son homélie que c’est à de telles vies données que l’Eglise de Tanzanie doit d’être solidement établie.

Sr Alphonsa (Maria Wennekamp), allemande
Née le 17 octobre 1881 à Herten, Allemagne ; décédée le 22 mai 1982 à Kagondo, Tanzanie.
Première profession le 16 avril 1906 à Saint-Charles, Algérie.
A Kagondo de 1910 jusqu’en 1922, de 1922 à 1971 à Kashozi (Marienberg), et de 1972 à sa mort de nouveau à Kagondo

Compilation par Sr Gisela Schreyer,
archiviste SMNDA

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