Maurits De Weerdt 1935 – 2017 (PE n° 1081)

Maurits est né le 9 avril 1935 à Anvers. Son père, avocat renommé et professeur à l’université de Louvain, mourut quand Maurits n’avait que quatre ans… Maurits fit les humanités gréco-latines au collège Notre-Dame à Anvers. Après une année de ‘Sciences naturelles et médicales’ aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur, Maurits entra chez les Pères Blancs, à Boechout, en septembre 1955. Après le noviciat à Varsenare, Maurits partit (à Londres) pour les études de théologie à Totteridge. Il y prononça son serment missionnaire le 11 juillet 1961 et fut ordonné prêtre à Heverlee le 29 juin 1962.

Les professeurs qui l’ont suivi durant ces années voient en Maurits un homme tranquille, calme et pondéré, plutôt taciturne, lent et flegmatique, mais également homme de valeur, consciencieux et au jugement équilibré. Il a de solides convictions, il est bon organisateur, sans être pour autant un chef né. Il sait prendre des initiatives, est serviable, respecte les opinions d’autrui et est capable d’une belle empathie. A l’époque des premières nominations, il opte pour un ‘travail paroissial dans n’importe quel pays africain’.

En décembre 1962 Maurits part pour la Zambie et consacre quatre mois à l’étude de la langue à Ilondola. Il est nommé vicaire à Chibote, ensuite à Kasaba ; en 1966 le voilà curé à Kasaba, ensuite à Chibote. Partout il lance et accompagne avec enthousiasme les réformes du Concile Vatican II. En 1996, lorsqu’il part pour son premier congé, Mgr. Pailloix, évêque de Mansa, écrit à son sujet : “C’est un homme de valeur et un prêtre de grande qualité. Nous avons peu d’hommes de son calibre et nous ne pouvons-nous passer de lui.” L’image qu’évoquent spontanément de lui ceux qui l’ont connu à cette époque est celle d’un pasteur affable. Il entretenait d’excellentes relations avec le personnel de la paroisse et de l’évêché : l’évêque, les prêtres diocésains, les catéchistes, les missionnaires d’autres congrégations, les responsables laïcs, le personnel des hôpitaux et des écoles… En 1967 Maurits, qui est alors curé de Kashikishi, est élu membre du Conseil régional. En 1974 il participe au Chapitre à Rome. L’année suivante il est élu et nommé régional et s’installe à Kasama. Il exercera deux mandats et participera au Chapitre de 1980. Il prend alors un temps sabbatique, suit la session/retraite à Jérusalem et passe quelques mois aux Etats-Unis, où il suit une session à la Washington Theological Union avant de travailler pendant plusieurs mois dans une paroisse en Floride. Une fois de retour et bien qu’il eût préféré reprendre du service dans la pastorale ordinaire, Maurits accepte de se charger de la formation des catéchistes au Catechists Training Centre (C.T.C.) à Lubwe. Il remplira cette fonction de 1984 à 1992. Il multiplie en même temps les sessions de formation pour les responsables laïcs, hommes et femmes, envoyés par leurs communautés de base. Il répond volontiers aux appels des paroisses. Jean-Pierre Sauge, régional, témoigne : “ La serviabilité de Maurits était connue de tous. C’était un homme dévoué, un confrère fidèle et agréable, un homme de bon conseil aussi, bien qu’assez direct de temps en temps.” En octobre 1992 il peut retourner travailler à la base : il devient cofondateur et responsable d’un tout nouveau projet missionnaire lancé par les Pères Blancs dans la région des mines, au cœur d’un quartier populaire, la nouvelle paroisse de Kitwe dans le diocèse de Ndola. Il y travaillera 11 ans, heureux au milieu ‘de son peuple’. En mai 2003 la Société lui demande de faire partie de l’équipe des formateurs de notre S.O.L.A Study House à Bangalore en Inde. Cinq années durant, au rythme d’un permis de séjour qui n’est valable que six mois par an, il se consacrera à la formation de nos jeunes candidats. Pendant les mois ‘libres’ il retourne en Zambie pour donner un coup de main dans l’une ou l’autre paroisse manquant de personnel… Lui-même garde un bon souvenir de son travail en Inde. Il écrit en 2012 : “Ma courte vie missionnaire en Inde fut très intéressante, une vraie découverte d’un autre monde. J’enseignais l’anglais aux ‘come and see’- étudiants de la première année, et un peu de français aux candidats de la troisième année, mais ça c’était une autre paire de manches… ».

Début 2012 le père André-Léon Simonart, provincial de la Province d’Europe, demande à la Zambie de bien vouloir céder Maurits au Secteur Belgique qui est à la recherche d’un économe pour la communauté d’Anvers. Maurits accepte, tout en faisant remarquer qu’il n’a aucune expérience dans ce domaine. L’idée lui était d’ailleurs déjà venue, avoue-t-il, de rentrer définitivement au pays. Sa dernière tâche à Ndola était le quartier urbain de Chipulukusu… En septembre 2013 il prit sa nouvelle fonction à la ‘rue de l’Empereur’. Au début, on le croyait simplement distrait, absorbé dans des affaires personnelles. Après quelques mois il fut évident que sa santé mentale l’empêchait d’assumer encore quelque tâche que ce fût. Tout en restant dans la communauté, il devint de plus en plus ‘absent’. Le 24 septembre le transfert à la Maison de Repos et de Soins ‘Notre-Dame d’Anvers’ s’imposa. Son état empira petit à petit. Le mercredi 11 janvier 2017, Maurits s’éteignit doucement.

La liturgie de la résurrection fut célébrée le mardi 17 janvier en la chapelle Sainte-Anne attenant à notre maison d’Anvers. Il repose maintenant en paix.

Jef Vleugels, M.Afr.

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