Migrants « religieux catho », chez nous … (PE n°1090 – 2018/04)

Je suis en contact avec le monde des migrants en France, depuis l’an 2000 à Paris, avec surtout ceux qui attendent 10 ans dans la clandestinité,  avant d’espérer un titre de séjour – puis depuis 2012, à Lyon, avec l’accueil des demandeurs d’asile, qui eux sont plus protégés ayant un document officiel en attendant la réponse de l’administration – ce qui peut être très long. Tous ces étrangers viennent sans préparation à ce qu’ils vont vivre ici : souvent très affaiblis par le voyage, ils sont complètement déboussolés car ils ne sont pas reçus tout de suite, pensant trouver un pays de rêve… La nourriture, la façon de se saluer, de s’habiller, tout est nouveau pour beaucoup, sauf un peu pour ceux qui ont réussi à revenir après une expulsion.

Alors que, pour nous, membres de communautés religieuses tout est plus facile si un confrère vient d’un autre continent, il a eu de nombreuses années pour se préparer à la vie internationale ; de plus il n’aura pas de difficulté pour le logement et pour l’accueil dans nos grandes maisons, avec des confrères à sa disposition pour tout problème. C’est pourquoi, il doit être sans faute (comme ceux qui vont en Afrique ou ailleurs) pour bien parler la langue locale, s’adapter aux coutumes locales du moment qu’elles ne sont pas opposées ou trop éloignées de la façon de témoigner du message de Jésus… Prêtre en Tanzanie, je m’habillais, jamais en short, car c’était à l’époque, là où j’étais, la tenue des garçons des écoles primaires et ne convenant pas à un adulte. Je mangeais toujours la nourriture locale – avec bien sûr de temps en temps en communauté, un plat préparé par un confrère d’une autre culture culinaire ;  jamais je n’ai pris avec moi une boîte de conserve dans les villages, pour manger seul dans mon coin, comme je l’ai vu faire par un confrère européen. C’est à nous, de montrer que partout, toute personne, avec un peu d’effort peut vivre et s’intégrer dans une autre culture que la sienne, tout en gardant sa personnalité et faisant participer les autres à toutes les richesses du pays dont elle est originaire.

« Je crois qu’à partir du moment où l’on arrête de dire  « chez moi, on fait comme ça », on peut entrer en relation et découvrir les richesses d’un peuple. »

Sœur Amanda, Colombienne en France (La Vie, 03 août 2017)  

« L’arrivée de tant de frères et sœurs dans la foi, offre aux Églises en Europe une opportunité de plus pour réaliser pleinement sa catholicité …les migrants ont le devoir de connaître, respecter, assimiler aussi la culture, ainsi que les traditions de la nation qui les accueille. » pape François       congrès à Rome « repenser l’Europe » (28 octobre 2017)

On avait des émigrés qui partaient en coupant tous les ponts avec leur passé – on parle maintenant des migrants qui sont en contact permanent avec leur proches restés au pays et qui parfois retournent au pays de leurs ancêtres…  

Georges Paquet

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