Mon Conseil général (PE n° 1092 – 2018/06)

Un fantassin rencontre rarement son général et un ouvrier n’a aucune idée de qui est son P.D.G. C’est plus ou moins comme cela que je perçois notre Conseil général. Ils vivent loin, quelque part à Rome, et semblent toujours sur la route, comme des hommes de feu essayant de résoudre des questions brûlantes. Ils sont absolument nécessaires et utiles pour maintenir une certaine cohérence dans nos activités au niveau de toute la Société. Ils exercent probablement aussi une certaine influence sur mon mode de vie et mon travail, même si je n’en suis pas conscient. Une réponse claire à la question de ma perception du Conseil Général reste donc difficile à donner.

C’est pourquoi j’ai adressé aux 35 confrères vivant ici à la maison, une affiche demandant leur éclaircissement. Après trois semaines, aucune réaction n’a pu être enregistrée. Il semble donc y avoir un problème de communication ou d’information. Bien sûr, les documents officiels donnent une description assez détaillée de leur rôle, mais la question soulevée était celle de la perception. Où vois-je le Conseil au travail ? Où puis-je recevoir des informations sur l’évaluation de leurs déplacements, les problèmes qu’ils rencontrent et les solutions qu’ils ont trouvées ? Où puis-je faire l’expérience de leur travail d’équipe et de leur impact sur les progrès de la mise en œuvre des documents du Chapitre ? Ma perception reste plutôt vague !

Au cours de l’année 2017, la plupart des membres du Conseil Général ont introduit un sujet d’information ou de discussion dans le Petit Echo. Là, je les ai vus au travail, mais pas en équipe, sinon qu’exprimant leurs pensées ou leurs connaissances personnelles sur un sujet donné. Malheureusement, nous n’avons jamais beaucoup lu sur les résultats de ces réflexions. Les mots clés du Chapitre étaient Justice et paix, intégrité de la création, dialogue et rencontre. J’ai rarement découvert des références explicites à ces sujets. Dans ma propre expérience missionnaire, j’ai découvert que notre impact ne dépendait pas du nombre d’écoles, d’églises ou d’hôpitaux construits. Pas du montant d’argent investi ou du développement de projets. Notre simple présence dans l’amour et le dévouement ont finalement été le déclic qui a fait découvrir aux gens que l’évangile a révélé une vision totalement nouvelle de la vie qui les libère de la peur et de la mort. Une présence physique quotidienne qui n’est transmise ni par Internet ni par les médias sociaux, dont l’illusion devient chaque jour plus claire. Une approche plus critique de notre pratique missionnaire qui, à mon sens, devrait être perçue à travers les déplacements des membres du Conseil général n’apparaît pas très clairement dans les quelques contacts qui s’offrent à moi pour le moment.

Vivant dans une maison de repos en Europe, je voudrais entendre ou lire du Conseil, les obstacles dans la mise en œuvre de notre vision. Comment vivons-nous notre spiritualité sur le terrain ? La règle de trois dans les communautés est-elle un rêve ou une réalité ? Internet et les médias sociaux sont-ils une bénédiction ou une malédiction ? Combien de temps consacrons-nous, dépensons-nous ou gaspillons-nous chaque jour derrière l’écran ? Est-il toujours significatif de discuter de l’autorité et de l’obéissance entre nous ? La tâche missionnaire est-elle encore un exercice communautaire ou une entreprise privée ? Voilà quelques-unes des questions que je me pose et auxquelles j’aimerais avoir des réponses du Conseil.

Le plan stratégique du Chapitre consacre une colonne spéciale à l’évaluation. Les fantassins aimeraient recevoir des informations plus détaillées sur les succès, mais aussi sur les échecs de ce qui se passe dans la Société aujourd’hui. Les succès nous rendent reconnaissants, mais les échecs nous font prier et méditer sur nos défauts. Ils nous aident à réfléchir sur notre propre façon de faire ou nous donnent l’inspiration pour ajuster notre approche. N’appelons pas les développements positifs une tendance et les échecs des exceptions individuelles. Les lettres personnelles envoyées à Rome sont certainement aussi une possibilité de jauger l’atmosphère et de nous informer de tout ce qui semble se passer. Ne gardez pas beaucoup de squelettes dans les placards ou la saleté sous les tapis, au cas où il y en aurait dans vos bureaux.

Geert Groenewegen, M.Afr.

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