Mon expérience au Maniema

Extraits d’un article du 15 mars 2018 de Bertin Bouda, en communauté à Lubumbashi

Après ma retraite annuelle à Goma, j’ai eu l’occasion de faire un tour au Maniema dans le cadre de mon congé local pour profiter (de) visiter les confrères qui y sont nommés dans leur mission et toucher du doigt les réalités missionnaires du milieu. Ce fut une aventure missionnaire intéressante bien que défiante. Ma première escale fut Tokolote à Kindu. J’y ai passé quatre jours. Durant mon séjour à Kindu, j’ai eu l’occasion de prier avec la communauté chrétienne de Tokolote pendant les messes matinales et la messe dominicale. La messe du matin regroupait une trentaine de personnes. J’estimerais la participation à la messe du dimanche à environ 500 personnes. J’ai aussi eu la joie de concélébrer à la messe d’ordination presbytérale de deux fils du diocèse de Kindu ; une occasion qui a rassemblé le presbyterium qui a partagé un repas après une messe d’action de grâce présidée par les nouveaux prêtres au lendemain de leur ordination. Les prêtres présents (presque tous, m’ont-ils dit) étaient au nombre de moins de cinquante.

Ma deuxième escale fut Mingana. De Kindu à Mingana (180 km), nous avons fait plus de sept heures à moto avec le stagiaire Isac qui me conduisait. Nous avons roulé sur une route dont certains endroits laissaient à désirer et presque impraticables parfois dus à la boue et (aux) eaux de pluie qui y élisent domicile. J’ai fait trois jours à Mingana et j’ai pris toute une journée pour me récupérer un peu de la fatigue. Mingana est un village où il n’y avait aucun réseau téléphonique à notre arrivée. Pour pouvoir téléphoner, il fallait se déplacer à environ dix kilomètres vers Kunda (Vodacom y fonctionne du matin à environ 18 heures). La nature est plaisante et pleine de potentialités pour l’agriculture et le jardinage dans le Maniema. Étonnement, les seules nourritures communes sont la pâte faite à base de farine de manioc et le riz. À Mingana, j’ai eu la joie de présider à deux messes matinales et de participer au chemin de la croix avec une centaine de chrétiens (enfants et adultes). Mon séjour à Mingana m’a permis de visiter les œuvres dans la paroisse (centre de santé et écoles) accompagné par Isac. Je constate d’une part qu’il y a toujours un grand besoin d’évangélisation et d’activités missionnaires même si d’autre part, je suis surpris de savoir que c’est une paroisse qui a déjà fêté ses 75 ans de création.

Ma dernière escale fut Kipaka à 65 km de Mingana. J’y ai fait deux jours. J’ai eu l’occasion de présider aux deux messes du premier dimanche de carême. La première messe avait une participation d’environ deux cents personnes (notons qu’il avait plu le matin et la messe commençait avant la fin de la pluie, et on m’a dit que quand il pleut, plusieurs chrétiens ne viennent pas à la messe) ; la deuxième messe était pour les enfants. (…)

Le Maniema est un milieu qui a beaucoup besoin d’appuis missionnaires. Il y a des paroisses de très grandes superficies en milieux ruraux et il y a peu d’agents pastoraux (prêtres et religieux et religieuses). (…)

Je remercie la Province de l’Afrique Centrale et les confrères du secteur Maniema qui ont aidé et facilité ma visite au Maniema. Shukrani ! Mungu awabariki wote !

Pris de l’ INFO-PAC n° 75 de mars 2018

 

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